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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné long au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

La taille des populations n’a jamais été déterminée, mais elle est probablement beaucoup plus grande dans certaines régions des États-Unis qu’au Canada. Par exemple, Greeley (1938) a analysé 701 spécimens provenant de l’État de New York; des ménés longs se trouvaient dans 27,1 p. 100 des sites du bassin versant de l’Allegheny et dans 13,8 p. 100 des sites du bassin versant de la Chemung (Susquehanna). Une cinquantaine d’années plus tard, la répartition des ménés longs dans l’État avait peu changé. Des relevés dans la rivière Allegheny ont permis de repérer des ménés longs dans 47 (27 p. 100) des 174 sites. Un léger déclin a été enregistré dans seulement un ruisseau (Daniels, comm. pers., 2005).


Activités de recherche

Aucun relevé ciblant le méné long n’a été réalisé au Canada avant 1979, mais plusieurs relevés récents portent sur des sites ayant fait l’objet de mentions historiques de ménés longs ou ayant abrité des habitats propices. Nombre des mentions historiques de ménés longs proviennent de relevés approfondis effectués dans plusieurs bassins versants du sud de la province de 1946 à 1959 par le ministère de la Planification et du Développement de l’Ontario (MPDO). Avant 1970, on procédait aux relevés au moyen de sennes et de filets-trappes. Dans les 1970, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) a effectué, dans le cadre de relevés de cours d’eau, des échantillonnages systématiques de poissons à l’aide de divers types d’engins (dont des appareils portatifs de pêche à l’électricité) dans la plupart des rivières, des ruisseaux et de leurs affluents dans le sud de l’Ontario. En 1979, on a axé les efforts de relevé sur l’échantillonnage du méné long et de 12 autres espèces considérées comme en péril pour justifier leur ajout à la liste du COSEPAC des poissons rares, menacés, en voie de disparition ou disparus du Canada (McKee et Parker, 1982). Le Musée royal de l’Ontario a échantillonné 69 sites en 1985 (38 sites avec mentions historiques de ménés longs) à la recherche expressément de ménés longs. Au cours des 8 dernières années, le Musée royale de l’Ontario, les offices de protection de la nature, Pêches et Océans Canada (MPO), le MRNO et Ontario Streams ont effectué de nombreux relevés dans l’ensemble de l’aire de répartition ontarienne du méné long pour confirmer la répartition de l’espèce et étudier son abondance dans certains sites. En plus de ces activités de recherche ciblées, des mentions de ménés longs ont été fournies par des consultants, des organismes de gestion et des étudiants menant des travaux à d’autres fins. L’information recueillie a été consignée dans une base de données (Holm et Andersen, 2005); elle est résumée dans les tableaux 1 à 22 de l’annexe. Il est important de noter que la plupart des mentions récentes de ménés longs sont issues d’activités de recherche ciblant l’espèce, alors que les premières mentions proviennent de travaux généraux.

Les échantillonnages répétés peuvent mener à divers problèmes : prélèvement accidentel au mauvais endroit ou dans un habitat non propice, différences entre les méthodes adoptées et l’intensité des activités, variation des conditions environnementales (p. ex. niveaux d’eau, vitesse du courant, température, moment de l’échantillonnage, turbidité), identification erronée de l’espèce et déplacement de l’habitat à mesure que le parcours naturel du cours d’eau change avec le temps ou qu’il est modifié intentionnellement. Par conséquent, certaines différences entre les résultats du premier échantillonnage et ceux des échantillonnages suivants peuvent découler de facteurs autres que le changement de statut du méné long dans le cours d’eau.


Abondance

La taille totale des populations canadiennes n’est pas connue, et il serait très difficile de l’estimer avec précision. D’après le nombre d’échantillonnages fructueux et le nombre total d’individus prélevés, les populations les plus saines se rencontrent, ou se rencontraient, dans les bassins de la Humber, de la Rouge, de la Don, de la Credit et de la Saugeen. Malgré l’existence de ces populations saines, le méné long est encore considéré comme une espèce rare dans ces bassins (Parker et al., 1988).


Fluctuations et tendances

Les échantillonnages ont permis, dans la majorité des bassins versants, de qualitativement identifier les tendances de l’abondance. Ainsi, il y a déclin ou disparition dans 21 de 24 bassins versants canadiens (voir le tableau 1 de l’annexe). L’abondance est probablement restée relativement stable dans 3 cours d’eau (les ruisseaux Carruthers et Gully, et la rivière Two Tree) et dans la rivière Humber Est du bassin versant de la Humber. Des données indiquent que l’aire de répartition s’est peut-être étendue dans la portion de la rivière Humber Ouest du même bassin. Bien qu’il y ait réduction de l’aire de répartition et, probablement, déclin de l’abondance dans le ruisseau Sixteen Mile, le cours principal de la Humber, la rivière Rouge et le ruisseau Fourteen Mile, les populations sont encore passablement abondantes dans de longs tronçons de ces cours d’eau. L’espèce est probablement disparue dans cinq cours d’eau (les ruisseaux Highland, Mimico, Etobicoke et Clarkson, et un cours d’eau du secteur de Niagara). Les ménés longs ont peut-être également disparu de l’ensemble ou de portions de cinq autres cours d’eau (les ruisseaux Petticoat, Pringle et Morrison, et des portions du ruisseau Duffins et de la rivière Credit). Six ruisseaux (Morrison, Bronte, Spencer, Irvine, Meux et Kettleby) réputés abriter des populations saines ou stables en 1985 ont connu d’importants déclins ou des disparitions (Holm et Crossman, 1986; Parker et al., 1988).

Bassin versant du lac Ontario

Ruisseau Pringle

On n’a observé aucun méné long depuis 1959, et ce, en dépit des activités d’échantillonnage en 1985 (Holm et Crossman, 1986) et 1999 (Andersen, 2002) (voir le tableau 1 de l’annexe). Andersen (2002) a conclu que l’espèce a disparu du ruisseau Pringle ou que sa répartition est sévèrement limitée.

Ruisseau Lynde

Des individus ont pour la première fois été capturés dans 5 sites de la portion supérieure des deux bras du ruisseau Lynde en 1959 (voir le tableau 2a de l’annexe). En 1983, l’espèce a été signalée dans 10 nouveaux sites du bras est, mais des visites à 2 sites du MPDO en 1985 n’ont pas permis de capturer d’individus. Lors d’échantillonnages réalisés entre 1999 et 2001 (Andersen, 2002; Andersen, données inédites), on n’a observé l’espèce que dans 1 des 5 sites du MPDO (voir le tableau 2a de l’annexe), mais on l’a capturée dans 10 autres nouveaux sites des 2 bras du ruisseau (voir le tableau 2b de l’annexe). D’après les résultats des relevés, l’aire de répartition s’est contractée dans le bras est et s’est maintenue dans le bras ouest. Deux mentions datant de 1959 de Crossman and Holm (1986) dans le cours inférieur du Lynde (2,4 km au nord-ouest de Whitby) semblent être erronées (voir le dépôt no 525 du ROM). En 2000, un des sites a fait l’objet d’un échantillonnage, qui n’a pas permis de repérer de ménés longs (Anderson, comm. pers., 2001).

Ruisseau Carruthers

Il s’agit du nom local d’un petit affluent du lac Ontario situé juste à l’ouest d’Ajax. On y a pour la première fois observé l’espèce dans les tronçons inférieurs en 1978 (Centre d’information sur le patrimoine naturel, occurrence d’élément). En 2001, un échantillonnage dans deux sites se trouvant à une dizaine de kilomètres en amont a permis de capturer 90 ménés longs (Ruthven, comm. pers., 2000). La présence de l’espèce dans le site de 1978 n’a pas été confirmée depuis, mais les efforts d’échantillonnage ne sont pas bien connus.

Ruisseau Petticoat

Aucun méné long n’a été capturé dans le ruisseau Petticoat depuis 1954, année où le MPDO a observé l’espèce dans 2 sites. Des tentatives d’échantillonnage en 1975, 2003 et 2005 dans un des sites et plusieurs autres tentatives dans d’autres sites n’ont permis de capturer aucun méné long. Récemment, lors de nombreux relevés estivaux, l’eau ne s’y trouvait pas, sauf dans les tronçons inférieurs du ruisseau Petticoat (Lawrie, comm. pers., 2005). L’absence de ménés longs lors de ces échantillonnages et de mentions de ménés longs pendant une période de 50 ans laisse croire que l’espèce a disparu du ruisseau.

Ruisseau Duffins

Présente dans 5 affluents du bras principal, l’espèce n’a récemment été observée que dans 3 d’entre eux (le ruisseau Michell en 2003, un affluent du ruisseau Brougham en 1999 et le ruisseau Ganatsekiagon en 1996). Même si des individus sont trouvés dans de nouveaux sites, les échantillonnages menés de 1979 à 2003 indiquent un déclin de la fréquence d’occurrence dans les sites historiques ainsi que du nombre total d’individus capturés (tableaux 3a et 3b de l’annexe). Un important déclin ou la disparition de l’espèce a été observé dans le ruisseau Reesor, le ruisseau Urfe et le chenal principal du ruisseau Duffins.

Ruisseau Highland

Le méné long a pour la dernière fois été observé dans les tronçons inférieurs du ruisseau Highland en 1952 (ROM 15637). L’espèce n’a pas été capturée depuis, malgré au moins quatre tentatives (voir le tableau 4 de l’annexe). Elle a probablement disparu de ce ruisseau.

Rivière Rouge

Les ménés longs sont encore répandus dans la rivière Rouge. Des individus ont récemment été pris en grands nombres dans les affluents du cours supérieur de la rivière. Les résultats des échantillonnages dans 30 sites historiques ont cependant révélé un déclin soutenu du nombre de sites abritant des ménés longs. Le nombre de ménés longs capturés est relativement élevé, mais l’effort consacré à leur capture est également considérable (voir le tableau 5a de l’annexe). On rencontre encore l’espèce en nombres relativement grands dans de nouveaux sites de la Rouge, mais les activités de recherche ne sont pas déterminés (voir le tableau 5b de l’annexe). L’espèce était encore présente dans le ruisseau Morningside en 2003, mais des échantillonnages en 1997 et en 2003 ont permis de récolter 4 fois moins d’individus, et un déclin dramatique de l’abondance relative a été constaté (4,5 p. 100 en 1984 et 1985 par rapport à 0,1p. 100 en 1997 et 2003).

Rivière Don

L’aire de répartition du méné long a dramatiquement diminué dans les deux bras de la rivière Don, et l’espèce est peut-être sur le point de disparaître du bras ouest de la rivière. Des individus ont pour la première fois été pris dans le cours inférieur du bras est en 1926. De nouvelles captures ont été réalisées en 1935. En 1949, l’espèce était encore répandue dans le cours supérieur des deux bras; en effet, le MPDO l’a observée dans 23 sites (figure 6). L’espèce semble survivre dans le cours supérieur du bras est, mais des efforts considérables d’échantillonnage ont capturé peu d’individus (voir le tableau 6a de l’annexe). En outre, la présence du méné long n’a été rapportée que dans très peu de nouveaux sites (voir le tableau 6b de l’annexe). Un déclin plus important du nombre de sites et du nombre d’individus capturés est observé dans la Don Ouest (voir les tableaux 7a et 7b de l’annexe). La population était toujours présente en 1998, mais les activités de relevé de 2002 à 2003 donnent à penser que l’espèce a peut-être disparu.


Figure 6 : Échantillonnage dans la rivière Don, en 1949, illustrant la présence du méné long (cercles pleins)

 Figure 6 : Échantillonnage dans la rivière Don, en 1949, illustrant la présence du méné long.

Les cercles vides correspondent aux endroits d’où l’espèce était absente (superficie : ~33 km sur 37 km).


Figure 7 : Sommaire des résultats des travaux d’échantillonnage dans la rivière Don (deux bras)

 Figure 7 : Sommaire des résultats des travaux d’échantillonnage dans la rivière Don.

Les cercles pleins représentent les endroits où le méné long était présent de 1995 à 2004 (les dates de capture [format AAAAMMJJ] sont inscrites dans les vignettes). Les cercles vides représentent les emplacements où l’espèce était présente autrefois et où les travaux d’échantillonnage récents n’ont donné aucun résultat (les dates de l’échantillonnage sont inscrites dans les vignettes). À noter que trois vaines tentatives d’échantillonnage ont eu lieu en 2002-2003 dans le bras ouest de la rivière, à l’endroit marqué par un cercle plein (superficie : ~ 32 km2).

Rivière Humber

En 1946, le MPDO a effectué un relevé à l’échelle du bassin. On n’a capturé des ménés longs que dans la Humber Est (8 sites) et le ruisseau Black (un site) (TRCA, 2000). Après 1946, les relevés montrent que l’espèce a étendu son aire de répartition dans les bras principal et ouest de la rivière. Des individus ont d’abord été signalés dans le bras principal, près de Bolton, en 1959. Lors de relevés dans les années 1970, on a rapporté l’espèce dans plusieurs autres sites du bras principal et dans 2 sites du bras ouest. Dans les années 1980, l’aire de répartition du méné long était plus vaste dans la Humber Ouest (figure 8). Dans les années 1990, l’espèce a été trouvée dans un nouveau site des eaux d’amont du cours principal, mais des tentatives de la capturer dans le reste du cours principal sont restées vaines. Les activités de recherche dans 8 sites du MPDO dans la Humber Est continuent de trouver des ménés longs, mais en nombres réduits après 1994 (voir le tableau 8a de l’annexe). En 1991, un jeune méné long a été capturé dans le ruisseau Black, près de son embouchure (ROM 62630). Cette capture révèle la présence possible d’un petit nombre de ménés longs dans le ruisseau de 1946 à 1991. Il se peut aussi que ce jeune ait dérivé vers l’aval à partir d’une population saine de la Humber Est. On continue à signaler l’espèce en grands nombres dans de nouveaux sites de la rivière Humber jusqu’en 2003 (voir le tableau 8b de l’annexe).


Figure 8 : Répartition du méné long dans la rivière Humber au fil des ans

Figure 8 : Répartition du méné long dans la rivière Humber au fil des ans.

Les cercles vides correspondent aux sites d’échantillonnage pour la période indiquée au coin inférieur gauche. Les cercles pleins indiquent les localités où l’espèce était présente. De 1921 à 1938 : Musée royal de l’Ontario; 1946 : ministère de la Planification et du Développement de l’Ontario (résumé dans Wainio et Hester [1972] et la Toronto Region conservation Authority [2000]); 1959 : Wainio et Hester (1972); de 1970 à 1999 : Toronto Region conservation Authority (2000) (superficie : ~ 45 km sur 53 km).

Ruisseau Mimico

De 1935 à 1949, des ménés longs occupaient la moitié inférieure du ruisseau Mimico, où on les a observés dans 4 sites. Plusieurs tentatives de relevé depuis 1985 dans ces sites et autres n’ont toutefois pas permis de trouver d’individus (voir le tableau 9 de l’annexe), et l’espèce est réputée disparue.

Ruisseau Etobicoke

Dans les années 1940, on trouvait des ménés longs dans les cours inférieur et moyen du ruisseau Etobicoke ainsi que dans ses affluents (voir le tableau 10a de l’annexe). On ne semble pas avoir réalisé d’échantillonnages dans 3 sites des tronçons moyens, qui ont été considérablement modifiés par l’agrandissement de l’aéroport Pearson et le développement urbain adjacent. Malgré les activités considérables de relevé dans les 2 sites du cours inférieur de l’Etobicoke depuis la fin des années 1940, aucun individu n’a été capturé (voir les tableaux 10a et 10b). L’espèce est par conséquent réputée avoir disparu du ruisseau.

« Ruisseaux de Clarkson »

Aucun méné long n’a été pêché dans les ruisseaux de Clarkson depuis 1927. En 1985, 9 sites dans 2 ruisseaux de cette localité ont été échantillonnés : 7 dans le ruisseau Sheridan et 2 dans le ruisseau Turtle (Holm et Crossman, 1986). D’autres tentatives de capture dans ces ruisseaux en 1986 (dépôt no 5021 du ROM), 1994 (dépôt no 6186 du ROM), 1996 (dépôt no 6420 du ROM) et 2004 (Coker, comm. pers., 2004) sont restées vaines.

Rivière Credit

Dans le réseau de la rivière Credit, le méné long a une vaste aire de répartition, mais demeure rare. L’espèce a été signalée dans le bras principal et plusieurs affluents : ruisseau Roger, ruisseau Silver et 3 de ses affluents (ruisseaux Black, Nichols et Snows), ruisseau Huttonville, ruisseau Fletcher’s et ruisseau Levi’s. De récents essais d’échantillonnage ont permis de trouver des individus dans un affluent du ruisseauCaledon et dans le ruisseau Springbrook.Le relevé le plus approfondi a été réalisé en 1954 par le MPDO et a permis d’observer l’espèce dans 12 sites. Selon les résultats des tentatives d’échantillonnage de 1965 à 2003 dans ces sites, il y a déclin tant de la fréquence que du nombre d’individus (voir le tableau 11a de l’annexe). Des échantillonnages répétés dans le ruisseau Levi’s n’ont permis de repérer aucun méné long, alors que ceux dans le ruisseau Silver et ses affluents n’ont permis de capturer qu’un seul spécimen en 2005. On constate également un déclin dans la plupart des autres ruisseaux de la rivière Credit. Un seul méné long a été pris en 2003 dans le ruisseau Fletcher’s, et de nombreuses tentatives de pêcher l’espèce, surtout dans les tronçons moyens très urbanisés, ont été infructueuses. Des données indiquent qu’une partie du déclin s’est produit très récemment. Les échantillonnages réalisés depuis 1999 (8 essais) par l’Office de protection de la nature de la vallée de la Credit n’ont prélevé aucun méné long dans le ruisseau Huttonville, dans un site où toutes les tentatives de captures antérieures à 2000 avaient été fructueuses. L’état de la population d’un affluent, le ruisseau Caledon, est inconnu; le ruisseau était asséché au moment de la visite de 1999 (Grewal, comm. pers., 1999).

Ruisseau Morrison

En 1954, les ménés longs étaient répandus dans les deux bras du ruisseau Morrison; ils étaient présents dans 6 des 7 sites échantillonnés par le MPDO. Les essais d’échantillonnage entre 2000 et 2003 dans 5 de ces sites n’ont trouvé aucun individu (voir le tableau 12a de l’annexe). Deux spécimens ont été observés dans un nouveau site en 2000 (voir le tableau 12b de l’annexe), mais ils ont été capturés après une activité de pêche à l’électricité sur 1,7 km. Deux autres essais en 2003, dans ce même site ou à proximité, n’ont permis de capturer aucun individu. L’espèce est, par conséquent, soit disparue, soit sur le point de disparaître.

Ruisseau Sixteen Mile

En 1957, les ménés longs étaient communs dans la moitié supérieure des 3 bras du cours moyen du ruisseau Sixteen Mile. Ils étaient présents dans 9 sites du bras ouest, dans 4 sites du bras central et dans 1 site du bras est (MPDO, 1957). Lors des échantillonnages de 1995 à 2003, aucun méné long n’a été vu dans la plupart des sites d’amont des 3 bras. Des individus ont toutefois été observés dans les tronçons moyen et inférieur du bras ouest et dans des affluents du tronçon moyen du bras central. Trois sites dans les tronçons supérieurs du bras central du ruisseau Sixteen Mile où des ménés longs avaient été pêchés en 1957 et 1975 ont été échantillonnés en 2001, mais aucun poisson n’a été capturé (Watson-Leung, comm. pers., 2001). En dépit de la contraction apparente de son aire de répartition, l’espèce vit bien dans de nombreux affluents du Sixteen Mile. Des échantillonnages dans des sites historiques ont récemment été très fructueux (voir le tableau 13a de l’annexe), et on continue de trouver l’espèce dans de nouveaux sites (voir le tableau 13b de l’annexe).

Ruisseau Fourteen Mile

En 1957, le MPDO a capturé des ménés longs dans 3 des 8 sites qu’il a échantillonnés. L’espèce se rencontrait depuis l’embouchure du ruisseau jusqu’aux eaux d’amont. Toutefois, les relevés de 1985 ont signalé la présence de ménés longs dans seulement 1 de 3 de ces sites, et il est probable que l’espèce a disparu des sites proches de l’embouchure ainsi que d’un petit affluent est du ruisseau. Entre 1998 et 2003, 15 échantillonnages dans 12 sites ont permis de capturer 288 ménés longs (voir les tableaux 14a et 14b de l’annexe), révélant la présence d’une population saine dans l’ensemble de l’aire de répartition historique dans le ruisseau.

Ruisseau Bronte (Twelve Mile)

L’espèce a pour la première fois été capturée en 1958 dans le cadre de relevés menés par le MPDO, mais les données sur l’emplacement des sites sont manquantes. Des relevés réalisés dans les années 1970 ont trouvé des individus dans 5 sites, dans une grande partie du ruisseau Mountsberg (Badenoch) et dans 6 sites du bras principal, dans un tronçon de 20 km. On a observé une dizaine de spécimens dans au moins 5 des sites, et 20 et 23 spécimens dans 2 sites respectivement (voir le tableau 15a de l’annexe). Entre 1995 et 2000, des relevés dans 7 de ces sites ont permis de capturer seulement 1 individu (voir le tableau 15a de l’annexe) dans le bras principal. La plupart des relevés récents ont été effectués dans le ruisseau Mountsberg, d’où l’espèce a pratiquement disparu. Depuis 1979, l’espèce a été pêchée dans seulement un nouveau site (voir le tableau 15b de l’annexe) du bras principal.

Ruisseau Spencer

Selon Parker et al. (1988), la population de ménés longs du ruisseau Spencer était stable en 1985. Ils ont fondé leur conclusion sur des relevés des années 1970, qui avaient révélé que l’espèce était répandue dans la moitié supérieure du ruisseau et dans un affluent, le ruisseau Flamborough. Les ménés longs semblent toutefois n’être aujourd’hui présents que dans le bras principal du ruisseau, et ce, en très petits nombres. En 1993, des échantillonnages dans 11 sites de l’aire de répartition historique ont permis la capture de ménés longs dans 4 sites d’un tronçon de 1 kilomètre du bras principal. L’espèce était absente de 3 sites en amont, de quatre sites en aval et d’un site du cours inférieur du ruisseau Flamborough (Staton et al., 1993). Dans le cadre d’échantillonnages en 1995 (Thompson et al., 1995), on a rapporté la présence de ménés longs dans 2 sites du bras principal ainsi que dans un nouveau site du ruisseau Fletcher’s, un affluent d’eaux froides se jetant dans le cours supérieur du ruisseau Spencer. Aucun spécimen ne confirme cependant la présence de l’espèce dans ces deux sites, et ces mentions résultent peut-être d’une mauvaise identification (Duncan comm. pers., 1998). En 1998, 2001 et 2004, des relevés n’ont trouvé aucun méné long dans 3 sites qui en abritaient dans le passé (voir le tableau 16a de l’annexe). Seul un méné long a été prélevé dans un site à proximité des sites de capture de 1993, et ce, après des activités de pêche considérables (Holm, 1999).

Péninsule du Niagara

L’espèce a pour la dernière fois été observée en 1960, dans un cours d’eau de la péninsule du Niagara (près de la 7e écluse du canal Welland). Il s’agissait peut-être du ruisseau Ten Mile ou d’un affluent du ruisseau Twelve Mile. Ces cours d’eau traversent St. Catherines, et il est peu probable qu’une population de ménés longs existe encore. Aucun échantillonnage n’a par contre été effectué dans le site.

Bassin versant du lac Simcoe

Rivière Holland

De 1976 à 1980, des ménés longs ont été signalés dans 3 sites d’un petit affluent de la rivière Holland, le ruisseau Kettleby. En 1994, l’espèce a été observée dans un autre affluent, soit le ruisseau Sharon (un site), ainsi que dans un troisième affluent non désigné du canal Holland Sud, immédiatement à l’ouest du ruisseau Kettleby (un site) (Gamsby & Mannerow Limited, 1995). Des échantillonnages extensifs menés entre 1988 et 2003 dans les ruisseaux Kettleby et Sharon (voir les tableaux 17 et 18 de l’annexe) ont prélevé un seul méné long dans un site du ruisseau Kettleby. D’après ces échantillonnages, l’aire de répartition du méné long dans le réseau de la Holland semble être en 2003 grandement réduite par rapport aux années précédentes. Aucune tentative de capture n’a été effectuée dans l’affluent sans nom du canal Holland, à l’ouest du ruisseau Kettleby depuis 1995.

Bassin versant du lac Érié

Ruisseau Irvine

Dans les années 1970, les ménés longs étaient largement répandus dans le ruisseau Irvine (dépôt no 2701 du ROM; Parker et McKee, 1980). Les résultats d’échantillonnages menés de 1997 à 2005 dans 5 sites historiques et de nombreux nouveaux sites dans le ruisseau Irvine (Holm, 2003; Mandrak, comm. pers., 2005) donnent à penser que l’espèce a disparu de 3 des sites (voir le tableau 19a de l’annexe), et ce, bien que des individus aient été capturés en grands nombres dans 3 nouveaux sites entre 2001 et 2003 (voir le tableau 19b de l’annexe). De nouvelles données indiquent toutefois que l’abondance dans un site où 25 ménés longs avaient été pêchés en 2001 (Holm, 2003) est maintenant considérablement réduite. Trois échantillonnages de ce site entre 2003 et 2005 ont prélevé seulement 2 spécimens (Barnucz, comm. pers., 2005).

Bassin versant du lac Sainte-Claire

Rivière Thames

Il existe une mention dans la rivière Thames (dans un « ruisseau près de Sebringville »), mais on n’a pas retrouvé le spécimen de référence (Kott, comm. pers., 2000). Le Musée royal de l’Ontario et l’Office de protection de la nature de la vallée de la Thames supérieure ont effectué des échantillonnages extensifs dans des affluents de la rivière Thames, dans la région de Sebringville, en 1997, mais ils n’ont trouvé aucun méné long. Même si la mention originale est valide, il semble peu probable que l’espèce soit encore présente.

Bassin versant du lac Huron

Rivière Saugeen

En 1953 et 1954, les relevés du MPDO ont permis d’observer des ménés longs dans 5 sites d’un tronçon de 13 km du ruisseau Meux, dans un site des eaux d’amont de la rivière Saugeen Sud et dans 20 sites d’un tronçon d’environ 40 km du cours supérieur de la Saugeen et de ses affluents. En 1972, l’espèce a été vue dans un autre site du cours supérieur de la Saugeen (voir le tableau 20b de l’annexe) et, en 2001, on l’a trouvée dans 3 autres sites des eaux d’amont du ruisseau Meux (voir le tableau 21b de l’annexe). Des relevés effectués de 1985 à 2004 dans le cours supérieur de la Saugeen ont capturé des ménés longs dans seulement 3 sites en 2000, dans un tronçon de 2,4 km, dans les eaux d’amont de la rivière Saugeen (voir le tableau 20a de l’annexe). L’abondance des ménés longs dans le ruisseau Meux était encore relativement élevée en 1985, année où une centaine d’individus ont été prélevés dans 4 sites (voir le tableau 21a de l’annexe). Des échantillonnages extensifs en 2004 ont toutefois permis la capture, dans les 5 sites du MPDO, d’un seul méné long (voir le tableau 21a de l’annexe). Dans leur étude de 1992-1993, Cam Portt and Associates (Coker, comm. pers., 2001) ont trouvé 15 individus avant l’aménagement d’un passage au-dessus du ruisseau, mais aucun après (1993). Holm et Crossman (1986) ont invalidé la mention d’un méné long en 1977 dans le ruisseau Greenock rapportée par Parker et McKee (1980). Cette mention est fondée sur l’observation de 2 spécimens par l’échantillonneur (D. Krewtzweiser) et documentée dans une fiche de catalogue (CMN1979-1205A) du Musée canadien de la nature; toutefois, aucun spécimen de référence n’existe. Les sites dans la localité décrite, ou à proximité de celle-ci, qui ont été échantillonnés en 1985 et 2004 n’abritaient pas de ménés longs (Holm et Crossman, 1986; Forder, 2005). Les tentatives ratées de capturer des ménés longs dans la Saugeen Sud, la plus grande partie du cours supérieur de la Saugeen et le ruisseau Meux montrent que l’aire de répartition a dramatiquement rétréci dans la rivière Saugeen au cours des 46 dernières années. De 26 sites, l’espèce n’a été recapturée que dans sept (27 p. 100) d’entre eux depuis 1954. D’après une estimation de la longueur occupée du cours d’eau, l’aire de répartition du méné long a subi un déclin dans la rivière Saugeen, passant de 54 km à 3 km (soit 6,5 p. 100 de l’aire de répartition estimée au début des années 1950).

Ruisseau Gully

En 1980, 8 ménés longs ont été prélevés dans 2 sites parmi trois de ce petit affluent du lac Huron (voir le tableau 22 de l’annexe). Des tentatives de recapture dans les deux sites en 2001 n’ont permis de pêcher que 6 spécimens dans l’un d’eux. D’autres échantillonnages de la truite-arc-en-ciel en 1998 n’ont pas révélé la présence de ménés longs (Malhiot, comm. pers., 2001).

Rivière Two Tree

Quatre spécimens ont été pêchés lors de deux tentatives (sur quatre) d’échantillonnage, ce qui indique que l’abondance du méné long dans la rivière Two Tree est faible.


Effet d'une immigration de source externe

Les ménés longs sont confinés à de petits cours d’eau (souvent dans des eaux d’amont), et il n’y aucune mention confirmée dans les Grands Lacs. Par conséquent, il est peu probable qu’une immigration à partir de populations canadiennes adjacentes, et encore moins à partir des populations américaines, soit possible. Les populations les plus saines sont celles de l’Ohio (SNR), de la Pennsylvanie (S4) et de l’État de New York (S3). Une immigration à partir d’un de ces États est improbable, car les poissons auraient à passer par de grandes étendues exposées des Grands Lacs. Les populations du Michigan sont adjacentes à la rivière Detroit, mais le méné long est en déclin dans l’État, où il est désigné « espèce en voie de disparition » (endangered) (Goforth, 2000).