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Chat-fou du Nord (Noturus stigmosus)

Mise à jour

Évaluation etRapport
de situation du COSEPAC

sur le 

chat-fou du Nord

Noturus stigmosus

au Canada

 

chat-fou du Nord

 texte:ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION 2002

 COSEPAC logo

 
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le
rapport comme source (et les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chat‑fou du Nord (Noturus stigmosus)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.
vii + 17 p.

HOLM, E., et N.E. MANDRAK. 1998. Rapport de situation du COSEPAC sur le chat‑fou du Nord (Noturus stigmosus) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chat‑fou du Nord (Noturus stigmosus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.Pages1-17.

Rapport préceedent :

GOODCHILD, C.D. 1993. COSEWIC status report on the northern madtom Noturus stigmosus in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 18 p.

Note de production :

Le rapport de situation de 1998 n’a jamais été terminé. Lors de la réunion de novembre 2002, le rapport de 1998 a été réévalué avec les nouveaux critères du COSEPAC. Un addenda a été rédigé par  Al Dextrase et Erling Holm pour la réévaluation.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the on the Northern Madtom Noturus stigmosus in Canada.

Illustration de la couverture :

Chat-fou du Nord –  ©1996 Joseph R. Tomelleri.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003

No de catalogue CW69-14/307-2003F-IN

ISBN 0-662-89064-7

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2002

Nom commun : Chat-fou du Nord

Nom scientifique :Noturus stigmosus

Statut : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce a une aire de répartition canadienne très limitée (deux localités existantes), touchée par la détérioration de la qualité de l'eau et les interactions négatives éventuelles avec une espèce exotique.Une population (rivière Sydenham) est disparue depuis 1975.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce examinée en avril 1993 et classée dans la catégorie des espèces pour lesquelles les données sont insuffisantes. Réexamen en avril 1998 et espèce désignée « préoccupante ». Réexamen du statut : l'espèce a été reclassée dans la catégorie de risque plus élevé « en voie de disparition » en novembre 2002. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant, auquel a été ajouté un addenda.

 

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COSEPAC Résumé

Chat-fou du Nord

Noturus stigmosus

Le chat-fou du Nord, Noturus stigmosus, est l’une des 25 espèces du genre Noturus appartenant à la famille des barbottes ou Ictaluridés. Au moment de la rédaction du rapport de situation original, un seul spécimen d’origine canadienne était connu; par conséquent, aucun statut n’avait été attribué à l’espèce.  

Répartition

Le chat-fou du Nord vit dans les bassins du Mississippi, de l’ouest du lac Érié et du lac Sainte‑Claire.

 Au Canada, le chat-fou du Nord n’a été observé que dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et un affluent de ce dernier, soit la rivière Thames. Du côté américain de la rivière Detroit, sa présence est connue depuis 1903. Au Canada, il a été signalé pour la première fois en 1963, lorsqu’un spécimen unique a été capturé dans le lac Sainte‑Claire près de l’origine de la rivière Detroit.  

Protection

Au Canada, il n’existe aucune protection juridique spécifique au chat-fou du Nord. Aux États-Unis, il est inscrit sur la liste nationale des espèces préoccupantes. Il est protégé par la loi au Michigan et en Ohio et est classé comme espèce préoccupante au Kentucky, au Mississippi, en Virginie‑Ocidentale et au Tennessee. Cote mondiale : G3. Cotes nationales : É.-U ‑ N3; Canada ‑ N1.Cotes régionales : IL (SH-historique), IN(S1), KY (S1), MI (S1), MS (S3?), OH (S1S2), PA (S1), TN (S3), WV (S1), ON(S1).

Taille et tendances des populations

Aucune étude sur la taille et les tendances des populations canadiennes de chats‑fous du Nord n’a été réalisée. Toutefois, de récentes captures de spécimens au Canada (37 spécimens à 14 sites) et des observations de mâles gardant des larves révèlent que des populations reproductrices viables sont établies dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et la rivière Thames.

 Habitat

Le chat-fou du Nord habite de préférence dans de gros ruisseaux ou de grandes rivières au courant allant de modéré à fort, dont l’eau varie de claire à turbide. Il se rencontre sur des fonds de sable, de gravier et de pierres parfois couverts de limon, de détritus et de débris accumulés, et il est occasionnellement associé à des macrophytes.

 Biologie

 Les nids sont aménagés sous de grosses pierres et dans des débris anthropiques comme de gros bidons, des bouteilles de lait et des boîtes, et les pontes varient entre 61 et 141 œufs. Des femelles gravides et des œufs récemment pondus ont été observés le 24 juillet 1996. Le 13 août, on a observé des larves et des juvéniles d’une longueur totale approximative de 9 mm, gardés par des mâles. La température était de 23 °C pendant cette période.  

Alimentation

Aucune information sur l’alimentation du chat-fou du Nord n’a été publiée, mais elle ressemblerait à celle d’espèces apparentées; ce poisson s’alimenterait de manière opportuniste.

Déplacements

Il n’existe pas d’information publiée sur les déplacements ou la migration du chat-fou du Nord.

Comportement et adaptabilité

Le chat-fou du Nord se nourrit et fraye probablement la nuit. Le long de transects d’observation en plongée dans la rivière Detroit et le lac Sainte‑Claire, un petit nombre d’individus ont été observés la nuit près de l’île Peche, alors qu’aucun n’a été vu pendant le jour.

Facteurs limitatifs

L’absence apparente du chat-fou du Norddu côté canadien, le plus pollué, de la rivière Sainte‑Claire, ainsi que du côté américain, aussi le plus pollué, de la rivière Detroit laisse penser que l’espèce évite les eaux de moindre qualité dans ces rivières. Il se pourrait que sa dispersion vers le nord soit limitée par des températures trop basses pour la fraye (la température propice serait d’au moins 23 ºC).Toutefois, le réchauffement planétaire pourrait permettre à l’espèce d’étendre son aire de répartition vers le nord.

Importance de l'espèce

Les espèces du genre Noturus présentent un comportement cryptique et sont dotées de glandes à venin associées à leurs épines pectorales, caractéristique unique chez l’ichtyofaune du Canada.

Évaluation

Au Canada, le chat-fou du Nord se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition. Récemment, il n’a été trouvé que dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et dans le cours inférieur de la rivière Thames, un des affluents du lac Sainte‑Claire.Des populations reproductrices sont établies dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et la rivière Thames. Ces populations devraient persister dans la mesure où leur habitat ne subit pas d’altérations importantes.


COSEPAC logo


 MANDAT DU COSEPAC 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


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Mise à jour sur la situation du chat-fou du nord (noturus stigmosus) au canada

Le chat-fou du Nord, Noturus stigmosus, est un membre de petite taille de la famille des Ictaluridés. Il est réparti en populations dispersées dans les bassins versants du Mississippi et de l’Ouest du lac Érié, et n’a été capturé que récemment au Canada. Lors de la rédaction du rapport de situation original, les renseignements étaient insuffisants pour attribuer un statut au chat-fou du Nord. Des captures récentes indiquent que des populations reproductrices sont présentes dans les eaux canadiennes du lac Sainte‑Claire, de la rivière Detroit et de la rivière Thames. Par contre, comme la stabilité, la taille et l’aire de répartition de ces populations sont inconnues, il est recommandé que le chat-fou du Nord soit classé comme espèce vulnérable au Canada.

Figure 1. Chat-fou du Nord, Noturus stigmosus Taylor, 1969, longueur totale de 77 mm, rivière Detroit

 Figure 1. Chat-fou du Nord, Noturus stigmosus Taylor, 1969, longueur totale de 77 mm, rivière Detroit

Le chat-fou du Nord, Noturus stigmosus Taylor 1969 (figure 1) est l’une des 25 espèces du genre Noturus appartenant à la famille des barbottes ou Ictaluridés (Robins et al., 1991). Un seul spécimen d’origine canadienne était connu au moment où le rapport de situation original a été rédigé (Goodchild, 1993); par conséquent, aucun statut n’avait été attribué à l’espèce.

Les espèces du genre Noturus se distinguent de celles des autres genres de la famille Ictaluridés par leur nageoire adipeuse consistant en une longue crête basse prolongeant la nageoire caudale (Scott et Crossman, 1973; Page et Burr, 1991). Cependant, chez le chat-fou du Nord, la nageoire adipeuse apparaît presque complètement séparée de la nageoire caudale par une profonde encoche.

La peau du chat-fou du Nord est tachetée et se caractérise par la présence sur le dos de trois marques en selle irrégulières de couleur sombre situées à l’avant de la nageoire dorsale, à l’arrière de la nageoire dorsale et à la nageoire adipeuse. Les nageoires dorsale et adipeuse du chat-fou du Nord ont des bords distaux pâles, contrairement à celles du chat-fou tacheté, Noturus miurus. Trois ou quatre barres en croissant irrégulières sont présentes sur la nageoire caudale; la barre médiane s’étend habituellement des rayons caudaux supérieurs aux rayons caudaux inférieurs et atteint le pédoncule caudal. Deux taches pâles dont le diamètre fait environ les trois quarts de celui de l’œil sont habituellement présentes juste devant la nageoire dorsale. La longueur maximale totale de ce poisson est de 132 mm. Chez les mâles en période de fraye, la tête s’aplatit, un pigment sombre se répand et des renflements voyants apparaissent à l’arrière des yeux, sur la nuque, ainsi que sur les lèvres et les joues. Cette description est une compilation de caractères diagnostiques fondés sur des observations de spécimens du Musée royal de l’Ontario (ROM) et d’autres observations effectuées par Page et Burr (1991), Etnier et Starnes (1993), et Trautman (1981).

Seules cinq espèces de Noturus ont été capturées dans les eaux canadiennes (Coad, 1995). L’une d’elles, le chat-fou livré (Noturus insignis), n’est probablement pas indigène au Canada (Mandrak et Crossman, 1992), bien que certains auteurs (McAllister et Coad, 1974; Goodchild, 1993) aient suggéré qu’elle pourrait l’être. Le Noturus miurus et le Noturus stigmosus, avec leur coloration tachetée et leurs marques en selle dorsales, diffèrent du Noturus insignis, du Noturus flavus et du Noturus gyrinus, dont la coloration brune ou grise est plus uniforme. Les deux chats-fous qui sont tachetés se distinguent également des chats-fous de couleur unie par le bord postérieur de l’épine pectorale, qui est très dentelé plutôt que faiblement dentelé. Scott et Crossman (1973) ont indiqué que le Noturus stigmosus est très semblable au Noturus miurus et qu’il faudrait donc bien vérifier l’identification des spécimens du Sud‑Ouest de l’Ontario. Les caractères susmentionnés distinguent le Noturus stigmosus du Noturus miurus, lequel se caractérise par la présence d’une tache sombre à l’extrémité de la nageoire dorsale et d’une bande sombre qui s’étend jusqu’au bord supérieur de la nageoire adipeuse. Tous les spécimens étiquetés Noturus miurus (40) de la collection de poissons du Musée royal de l’Ontario ont été examinés, et aucun n’était un Noturus stigmosus. Aucun des spécimens de Noturus miurus du Musée canadien de la nature non plus ne semble être un Noturus stigmosus (Goodchild, 1993).

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Taxinomie

Classe :                                              Actinoptérygiens (poissons à nageoires rayonnées)

Ordre :                                                Siluriformes (poissons-chats)

Famille :                                             Ictaluridés (barbottes)

Nom scientifique :                             Noturus stigmosus Taylor, 1969

Nom commun             :                      chat-fou du Nord

Code d’espèce du MRNO[1] :            244

Jusqu’en 1969, le Noturus stigmosus était considéré comme synonyme du Noturus furiosus (« chat‑fou de Caroline »). Taylor (1969) a décrit le Noturus stigmosus comme une espèce distincte et l’a intégré au sous-genre Rabida, dans le « groupe furiosus », qui comprendrait trois autres espèces de Noturus (Noturus munitus, Noturus furiosus et Noturus placidus). Il a évalué que le Noturus munitus était son plus proche parent. Des analyses récentes de données morphologiques, allozymiques et chromosomiques confirment l’existence du « groupe furiosus », groupe monophylétique s’étendant à sept espèces (Noturus furiosus, Noturus munitus, Noturus placidus, Noturus stigmosus, Noturus eleutherus, Noturus flavater et Noturus flavipinnis). Les liens entre les membres du « groupe furiosus » ne sont pas clairs et dépendent des caractères analysés et de la méthode d’analyse (Grady et Legrande, 1992). Aucune sous-espèce du Noturus stigmosus n’a été reconnue, mais selon Mayden et al. (1992), cette espèce est peut‑être polytypique, ce qui pourrait justifier sa division en plusieurs espèces.

 



[1]Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario

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Répartition

Le chat-fou du Nord vit dans les bassins du Mississippi, de l’Ouest du lac Érié et du lac Sainte‑Claire (figure 2). Dans le bassin du Mississippi, on le trouve dans plusieurs affluents des États du Mississippi et du Tennessee, dans le tronçon du fleuve constituant la frontière entre l’Arkansas et le Tennessee, ainsi que dans la plus grande partie du bassin de la rivière Ohio au Kentucky, en Indiana, en Ohio et dans certains secteurs de l’Illinois, de la Pennsylvanie et de la Virginie‑Occidentale. Il est présent dans plusieurs affluents de l’Ouest du lac Érié en Indiana, au Michigan et en Ohio, ainsi que dans la rivière Sainte‑Claire, le lac Sainte‑Claire et la rivière Detroit, qui forment la frontière entre le Michigan et l’Ontario (Rohde, 1980; Stauffer et al., 1982; Cincotta et al., 1986).

Figure 2. Répartition nord-américaine du chat-fou du Nord. D’après Rochde (1980) et Page et Burr (1991)

Figure 2. Répartition nord-américaine du chat-fou du Nord. D’après Rochde (1980) et Page et Burr (1991).

Au Canada, le chat-fou du Nord n’a été observé que dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et un affluent de ce dernier, soit la rivière Thames (figure 3). Du côté américain de la rivière Detroit, sa présence est connue depuis 1903 (University of Michigan Museum of Zoology; UMMZ 132009). Au Canada, il a été signalé pour la première fois en 1963, lorsqu’un spécimen unique a été capturé dans le lac Sainte‑Claire près de l’origine de la rivière Detroit (Trautman, 1981). Un autre spécimen a été capturé en 1994 près du site de la première capture, du côté canadien de la rivière Detroit (ROM 68328). En 1996, quelque 50 individus ont été capturés ou observés dans la région de l’île Peche. La même année, trois juvéniles ont été capturés à la senne pendant la nuit dans le lac Sainte‑Claire à l’embouchure de la rivière Belle, à environ 19 kilomètres à l’est de la rivière Detroit.

Figure 3. Répartition canadienne du chat-fou du Nord

Figure 3. Répartition canadienne du chat-fou du Nord.

L’absence d’observation de l’espèce au Canada dans la rivière Detroit et le lac Sainte‑Claire entre 1963 et 1994 s’explique probablement par le fait qu’il y a eu peu de chalutage et de sennage nocturne et par des identifications incorrectes sur le terrain. Les spécimens capturés en 1963 et en 1996 l’ont surtout été par chalutage, technique peu utilisée du côté canadien du lac Sainte‑Claire et de la rivière Detroit (Don MacLennan, MRNO, Lake St. Clair Fisheries Management Unit, comm. pers.). Les spécimens recueillis dans le passé pourraient avoir été mal identifiés étant donné que le chat-fou du Nord ne figure pas dans les clés taxinomiques couramment utilisées au Canada (voir par exemple Scott et Crossman, 1973).

En juillet 1991, un spécimen adulte a été capturé par le Musée royal de l’Ontario dans la rivière Thames près de Wardsville. En août 1997, la capture d’un individus juvénile au site de capture de cet adulte a révélé que le chat-fou du Nord était établi dans cette rivière. Les deux spécimens ont été capturés par sennage dans le sens du courant à un moment où le niveau de l’eau était assez bas pour qu’on puisse marcher dans la rivière. Ces captures ont été effectuées à environ 90 kilomètres du plus proche lieu de signalement au lac Sainte‑Claire, soit Belle River. Il ne semble y avoir jusqu’à Wardsville aucun obstacle (barrage ou autres) qui empêcherait la dispersion de l’espèce dans la rivière Thames.

Le chat-fou du Nord a récemment été signalé du côté michiganais du cours inférieur de la rivière Sainte‑Claire, dans l’Algonac State Park, et semble s’y être établi (voir figure 3) (D. Jude, University of Michigan, comm. pers.). Il est probable que cette population soit parvenue à cet endroit depuis la rivière Detroit par l’intermédiaire du lac Sainte‑Claire. Des échantillonnages effectués par le Musée royal de l’Ontario en 1996 (chalutages diurne et nocturne entre 2 et 10 mètres, et sennage diurne et nocturne entre 0,1 et 1,3 mètre) n’ont pas permis de le capturer du côté canadien de la rivière Sainte‑Claire.

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Protection

Au Canada, il n’existe aucune protection juridique spécifique au chat-fou du Nord. Le rapport original du COSEPAC sur le chat-fou du Nord a conclu que l’information scientifique disponible n’était pas suffisante pour attribuer un statut à l’espèce (Goodchild, 1993).

L’espèce ou son habitat peuvent être protégés par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, la Loi sur les pêches du Canada, la Loi sur les ressources en eau du Canada, la Loi sur les espèces sauvages du Canada, la Loi sur la protection de l’environnement de l’Ontario, la Loi sur les évaluations environnementales de l’Ontario, la Loi sur la chasse et la pêche de l’Ontario, la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario et la Loi sur les ressources en eau de l’Ontario. Dans sa section sur le patrimoine naturel (section 2.3), la récente Déclaration de principes provinciale de l’Ontario, faite en vertu de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario, réduit la protection accordée aux espèces classées comme vulnérables. Seuls les habitats des espèces menacées ou en voie de disparition sont protégés contre le l’exploitation ou l’altération (Ian Buchanan, ministère des Richesses naturelles, comm. pers.).

La population de chats-fous du Nord de la rivière Detroit se trouve dans l’un des 43 « secteurs préoccupants ». Les États-Unis et le Canada ont reconnu que plusieurs utilisations bénéfiques de la rivière Detroit ont été détériorées. Par exemple, il y a eu dégradation de populations de poissons et d’autres espèces sauvages ainsi que perte d’habitats (Hartig et al., 1996). Un plan d’assainissement a été entrepris et, dans la mesure où il est entièrement mis en œuvre, permettra vraisemblablement d’améliorer la qualité de l’eau, d’accroître la quantité d’habitat propice aux poissons et d’améliorer les perspectives de survie du chat-fou du Nord.

Aux États-Unis, le chat-fou du Nord a été inscrit sur la liste des espèces préoccupantes par Mayden et al. (1992). Johnson (1987) a indiqué qu’il était protégé par la loi au Michigan et en Ohio et qu’il était classé comme espèce préoccupante au Kentucky, au Mississippi et en Virginie‑Occidentale. Il est considéré par Etnier et Starnes (1993) comme une espèce préoccupante au Tennessee. Il a été déclaré espèce menacée au Kentucky par la Kentucky Nature Protection Commission, mais Burr et Warren (1986) ont recommandé de le reclasser comme espèce préoccupante.

Nous avons obtenu auprès du Eastern Regional Office (bureau situé à Boston) de l’organisme The Nature Conservancy les statuts attribués au chat‑fou du Nord à l’échelle mondiale et en Amérique du Nord par les administrations fédérales, les États américains et les provinces canadiennes qui abritent l’espèce, en date du 9 juin 1997. Les cotes attribuées au chat-fou du Nord indiquent qu’il est rare à extrêmement rare dans la totalité de son aire de répartition :

Cote mondiale :                     G3

Cotes nationales :                 É.-U. : N3 Canada : N1

Cotes régionales :               IL (SH-historique), IN (S1), KY (S1), MI (S1), MS (S3?), OH (S1S2), PA (S1), TN (S3), WV (S1), ON (S1)

1 = extrêmement rare, 2 = très rare, 3 = de rare à peu commun, 4 = commun, 5 = très commun

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Taille et tendances des populations

Aucune étude sur la taille et les tendances des populations canadiennes de chats‑fous du Nord n’a été réalisée. Toutefois, de récentes captures faites au Canada (37 individus à 14 sites) et des observations de mâles gardant des larves (MacInnis, 1998) révèlent que des populations reproductrices viables sont établies dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et la rivière Thames. Les nouvelles observations, y compris celles effectuées du côté américain de la rivière Sainte‑Claire, suggèrent que l’espèce est en train d’étendre son aire de répartition. Cependant, ces nouvelles observations ont été réalisées dans le cadre d’un programme d’échantillonnage intensif par chalutage et sennage nocturne ciblant tout spécialement le chat-fou du Nord. Il n’est donc pas sûr que la taille de la population soit en augmentation.

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Habitat

Le chat-fou du Nord habite de préférence dans de gros ruisseaux ou de grandes rivières au courant modéré à fort, dont l’eau varie de claire à turbide. Il se rencontre sur des fonds de sable, de gravier et de pierres parfois couverts de limon, de détritus et de débris accumulés, et il est occasionnellement associé à des macrophytes (Taylor, 1969; Smith, 1979; Trautman, 1981; Cooper, 1983; Burr et Warren, 1986; Robison et Buchanan, 1988). En Ontario, il a été capturé au chalut dans la rivière Detroit à des profondeurs de 1 à 3 m sur des fonds lisses et fermes souvent couverts de macrophytes, notamment  du genre Chara. Les eaux n’étaient pas troubles en surface, mais la turbidité s’accroît avec la profondeur dans cette rivière (B. Ray, University of Windsor, comm. pers.). Le chat-fou du Nord a également été capturé à la senne la nuit dans le lac Sainte‑Claire, près de l’embouchure de la rivière Detroit et aux environs de Belle River, sur un substrat sablonneux dépourvu de couverture. Deux spécimens ont été capturés à la senne dans les eaux fortement turbides de la rivière Thames (disque de Secchi < 0,2 m) sur un fond constitué de sable, de gravier et de fragments de roches dans des zones sans argile ni limon. Le courant était modéré, la profondeur maximale de capture était de 1,2 m, la température de l’eau se situait entre 23 et 26 °C, la conductivité de l’eau était de 666 S/cm, et le pH de 7,9. Dans la rivière Sainte‑Claire, il a été capturé au chalut à des profondeurs variant entre 3 et 7 mètres (D. Jude, University of Michigan, données inédites).

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Biologie

Potentiel reproductif

Les nids sont aménagés sous de grosses pierres et dans des débris anthropiques comme de gros bidons, des bouteilles de lait et des boîtes. Au Michigan, on a observé que le Noturus stigmosus se reproduisait un peu plus tôt que le Noturus miurus, et ses pontes, plus volumineuses, variaient entre 61 et 141 œufs (Taylor, 1969).

À l’été 1996, MacInnis (1998) a observé et filmé la nidification de 21 chats-fous du Nord adultes dans le lac Sainte‑Claire dans le cadre d’une recherche sur le gobie à taches noires (aussi appelé gobie arrondi), Neogobius melanostomus. Des femelles gravides et des œufs récemment pondus ont été observés le 24 juillet 1996 dans des nids artificiels destinés aux gobies placés près de l’île Peche (voir figure 3). Ces nids étaient installés à un emplacement caractérisé par un courant faible, un fond sablonneux et une épaisse couche de macrophytes aquatiques (principalement des Chara). Les œufs avaient un diamètre d’environ 3 mm et le volume de la ponte variait entre 32 et 160 œufs, selon des estimations prudentes. Le mâle gardait tant les œufs que les alevins nouvellement éclos et n’abandonnait pas le nid en présence d’une perturbation. Des larves et des juvéniles d’une longueur totale approximative de 9 mm gardés par des mâles ont été observés le 13 août. La température était de 23 °C pendant cette période. Un chat-fou tacheté mâle nichant a également été observé pendant la même période, mais il abandonnait son nid en présence d’une perturbation.

Alimentation

Aucune information sur l’alimentation du chat-fou du Nord n’a été publiée, mais selon Rohde (1980), elle ressemblerait à celle de diverses espèces apparentées.

Une analyse inédite récente du contenu stomacal révèle que le chat-fou du Nord se nourrit d’aliments variés, probablement de façon opportuniste. Le contenu stomacal de 11 individus de la rivière Detroit et d’un individu de la rivière Thames a été analysé. Le régime des individus de la rivière Detroit était surtout composé de chironomides, de poissons (ménés pâles, Notropis volucellus), d’éphéméroptères, en particulier l’Hexagenia bilineata et peut-être le H. limbata, de crustacés (malacostracés, dont un amphipode, et un ostracode). En outre, les individus contenaient en quantités moindres des nématodes, des lépidoptères et des phryganes (comme le Triaenodes aba, l’Hydropsyche scalaris et probablement des Polycentropus). L’individu de la rivière Thames contenait surtout des phryganes (surtout des Potamyia flava, mais aussi un Hydropsyche scalaris) et des éphéméroptères (des genres Emphemerella et probablement Stenonema).

Le contenu stomacal de 25 chats-fous du Nord adultes (longueur totale de 82 à 130 mm) capturés dans la rivière Sainte‑Claire a été analysé par G. Crawford, de la University of Michigan (D. Jude, University of Michigan, données inédites[1]). Ces individus ont été capturés près du Algonac State Park (Michigan) en mai et jenuin 1994. Le contenu était surtout constitué d’éphéméroptères (principalement des Baetisca et occasionnellement des Hexagenia et des Baetis). Les phryganes (surtout représentées par des Phryganea, des Banksiola et quelques Hydropsyche) étaient également présentes en quantités substantielles. Des chironomides et des plécoptères étaient présents dans une moindre mesure, et trois petits gobies à taches noires ont été trouvés dans l’estomac d’un spécimen. Les tubes digestifs des juvéniles (longueur totale de 31 à 37 mm) capturés au même endroit contenaient surtout des diptères, mais aussi de bonnes quantités d’éphéméroptères.

Déplacements

Il n’existe pas d’information publiée sur les déplacements ou la migration du chat-fou du Nord.

Comportement et adaptabilité

Le chat-fou du Nord se nourrit (Goodchild, 1993) et fraye (Coad, 1995) probablement la nuit. Le long de transects d’observation en plongée dans la rivière Detroit et le lac Sainte‑Claire, un petit nombre d’individus ont été observés la nuit près de l’île Peche, alors qu’aucun n’a été vu durant le jour (B. Ray, University of Windsor, comm. pers.).



[1]  Ces données ne peuvent être publiées sans la permission de David Jude, de la University of Michigan.

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Facteurs limitatifs

La répartition restreinte et les faibles effectifs du chat-fou du Nord laissent croire que l’espèce a des besoins écologiques particuliers (Goodchild, 1993). Vu la persistance apparente de populations de chats-fous du Nord dans la rivière Detroit, un des secteurs les plus fortement pollués des Grands Lacs, on peut penser que cette espèce est relativement tolérante aux perturbations dues aux activités humaines. Toutefois, son absence apparente du côté canadien, le plus pollué, de la rivière Sainte‑Claire (Griffiths et al., 1991), ainsi que du côté américain, aussi le plus pollué, de la rivière Detroit (David Jude, comm. pers.) laisse croire que l’espèce évite les eaux de moindre qualité dans ces rivières. Il se pourrait que sa dispersion vers le nord soit limitée par des températures insuffisamment élevées pour la fraye (la température propice serait d‘au moins 23 ºC).Toutefois, le réchauffement planétaire pourrait permettre à l’espèce d’étendre son aire de répartition vers le nord. Par ailleurs, les populations de gobie à taches noires, en expansion rapide dans le lac Sainte‑Claire et la rivière Detroit, menacent certaines espèces indigènes telles que le chabot tacheté, Cottus bairdi (Jude et al., 1996). L’impact de ce gobie sur le chat-fou du Nord est cependant inconnu.

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Importance de l'espèce

Les espèces du genre Noturus présentent un comportement discret et sont dotées de glandes à venin associées à leurs épines pectorales, caractéristique unique chez l’ichtyofaune du Canada (Scott et Crossman, 1973). Le COSEPAC a déjà attribué à une des quatre espèces de Noturus indigènes au Canada, le chat-fou tacheté, le statut d’espèce vulnérable (Campbell, 1995), et nous recommandons d’attribuer ce même statut au chat‑fou du Nord. La diversité génétique manifestée dans le comportement, l’écologie et la morphologie du genre Noturus pourrait donc être en péril au Canada.

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Évaluation

Au Canada, le chat-fou du Nord se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition. Récemment, il n’a été trouvé que dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et le cours inférieur de la Thames, un des affluents du lac Sainte‑Claire.Bien qu’il soit nécessaire d’effectuer des échantillonnages supplémentaires pour déterminer la stabilité, la taille et l’aire de répartition des populations, il semble que des populations reproductrices se soient établies dans la rivière Detroit, le lac Sainte‑Claire et la Thames. Ces populations devraient persister dans la mesure où leur habitat ne subit pas d’altérations importantes.

Aucune autre population reproductrice n’est connue au Canada. Si les populations canadiennes décrites dans le présent rapport étaient détruites par des activités humaines, les seules populations connues de chat-fou du Nord établies au Canada seraient perdues. Il est donc recommandé d’attribuer au Noturus stigmosus le statut d’espèce vulnérable au Canada.

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Résumé technique

Noturus stigmosus

Chat-fou du Nord  

Northern Madtom

Répartition canadienne Ontario

 

Information sur la répartition

·        Zone d’occurrence (km2)< 1 600 km2

·aucune tendance discernable

·        Zone d’occupation (km2)< 700 km2

·aucune tendance discernable

·        Nombre d’emplacements existants : 2

·aucune tendance discernable

·        Tendance de l’habitat : En déclin

 

Information sur la population

·           Durée d’une génération : 2 ans

•  Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada :

Inconnu, mais
probablement quelques milliers ou des
centaines

·        Tendance de la population totale : Inconnue

•     La population est-elle fragmentée? Non

· nombre d’emplacements existants : 2

·nombre d’emplacements aujourd’hui disparus : 1

·  L’espèce connaît-elle des fluctuations d’effectif? Non

 

Potentiel de sauvetage

•    L’espèce existe-t-elle à l’extérieur du Canada? Qui

•   Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Possible, mais peu probable étant donné l’état des populations voisines

•    Des individus immigrants survivraient-ils au Canada? Oui

•    Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants? Oui, mais la température
et la qualité de l’eau limitent
la possibilité d’une expansion géographique.

 

Menaces

Détérioration de la qualité de l’eau et introduction d’espèces exotiques

 

Source 

•   HOLM, E., et N.E. MANDRAK, 1998. Rapport de situation du COSEPACsur le chat-fou du Nord (Noturus stigmosus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.

 

Statuts actuels 

•   Classement CDC - Cote mondiale - G3; É‑U., cote nationale :- N3; cotes régionales : IL - S, IN - S1, KY - S1, MI - S1, MS - S3?, OH - S1S2, PA – S1, TN - S3, WV - S1

•   d’espèce préoccupante à l’échelle nationale aux États-Unis; protection juridique : MI et OH; statut d’espèce préoccupante : KY, MS, TN et WV.

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Remerciements

Le Musée royal de l’Ontario, le Fonds mondial pour la nature (Canada), le Service canadien de la faune et la Section 25 de Développement des ressources humaines Canada ont financé le travail sur le terrain et la préparation du présent rapport. A. MacInnis et B. Ray, de la University of Windsor, nous ont apporté une aide précieuse sur le terrain, en plus de nous fournir des données inédites et des renseignements sur la répartition de l’espèce. W. Ramshaw et A. Salomon ont préparé les cartes en utilisant le logiciel ARC/VIEW GIS fourni par ESRI Canada Limitée. D. Boehm, K. Banks, S. Newton, M. Ciuk, K. Ditz, R. Guppy et W. Ramshaw ont participé au travail sur le terrain. P. MacCulloch a identifié les invertébrés présents dans les contenus stomacaux. Nous exprimons notre gratitude à D. Jude, de la University of Michigan, pour ses données inédites sur les chats-fous du Nord recueillis aux États-Unis. Le manuscrit a été amélioré grâce aux commentaires d’E. Crossman, d’A. Dextrase, d’A. Peden et de J. Nelson.

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Ouvrages cités

Burr, B. M., et M. L. Warren Jr. 1986. A distributional atlas of Kentucky fishes. Kentucky Nature Preserves Commission, Scientific and Technical Series Number 4.

Campbell, R. R. 1995. Rare and Endangered fishes and marine mammals of Canada: COSEWIC Fish and Marine Mammal Subcommittee Status Reports IX. Canadian Field-Naturalist 107(4):395-401.

Cincotta, D. A., R. L. Miles, M. E. Hoeft et G. E. Lewis. 1986. Discovery of Noturus eleutherus, Noturus stigmosus, and Percina peltata, in West Virginia, with discussions of other additions and records of fishes. Brimleyana 12:101-121.

Coad, B. W. 1995. Encyclopedia of Canadian Fishes. Musée canadien de la nature, Ottawa, et Canadian Sportfishing Productions Inc., Waterdown (Ontario).

Cooper, E. L. 1983. Fishes of Pennsylvania and the northeastern United States. The Pennsylvania State University Press, University Park (Pennsylvanie).

Etnier, D. A., et W. C. Starnes. 1993. The fishes of Tennessee. The University of Tennessee Press, Knoxville (Tennessee).

Goodchild, C. D. 1993. Status of the Northern Madtom, Noturus stigmosus, in Canada. Canadian Field-Naturalist 107(4):417-422.

Grady, J. M., et W. H. LeGrande. 1992. Phylogenetic relationships, modes of speciation, and historical biogeography of the madtom catfishes, genus Noturus Rafinesque (Siluriformes: Ictaluridae). Pages 747-777 in Systematics, historical ecology, and North American freshwater fishes (R.L. Mayden, éd.). Stanford University Press, Stanford (Californie).

Griffiths, R. W., S. Thornley et T. A. Edsall. 1991. Limnological aspects of the St. Clair River. Hydrobiologia 219:97-123.

Hartig, J. H., D. P. Dodge, D. Jester, J. Atkinson, R. Thomas et K. Cullis. 1996. Toward integrating remedial action planning and fishery management planning in Great Lakes Areas of Concern. Fisheries 21(2):6-13.

Hubbs, C. L., et K. F. Lagler. 1964. Fishes of the Great Lakes Region. The University of Michigan Press, Ann Arbor (Michigan).

Johnson, J. E. 1987. Protected fishes of United States and Canada. American Fisheries Society, Bethesda (Maryland).

Jude, D. J., J. Janssen et G. Crawford. 1996. Ecology, distribution, and impact of the newly introduced round and tubenose gobies on the biota of the St. Clair and Detroit rivers, in The Lake Huron Ecosystem: Ecology, Fisheries, and management (M. Munawar, T. Edsall et J. Leach, éd.). Ecovision World Monograph Series, S. P. B. Academic Publishing, Pays‑Bas.

Mandrak, N. E., et E. J. Crossman. 1992. A Checklist of Ontario Freshwater Fishes : annotated with distribution maps. Musée royal de l’Ontario.

Mayden, R. L., B. M. Burr, L. M. Page et R. R. Miller. 1992. The native freshwater fishes of North America. Pages 827-863 in Systematics, historical ecology, and North American freshwater fishes (R.L. Mayden, éd.). Stanford University Press, Stanford (Californie).

MacInnis, A.J. 1998. Reproductive biology of the Northern Madtom, Noturus stigmosus (Pisces: Ictaluridae) in Lake St. Clair. Canadian Field‑Naturalist 112(2): 245-249.

McAllister, D. E., et B. W. Coad. 1974. Poissons de la région de la capitale du Canada.Publication diverse spéciale 24. Musée national des sciences naturelles.

Page, L. M., et B. M. Burr. 1991. A field guide to freshwater fishes. Houghton Mifflin Company, Boston (Massachusetts).

Robins, C. R., R. M. Bailey, C. E. Bond, J. R. Brooker, E. A. Lachner, R. N. Lea et W. B. Scott. 1991. Common and scientific names of fishes from the United States and Canada. American Fisheries Society Special Publication 20, Bethesda (Maryland).

Robison, H. W., et T. M. Buchanan. 1988. Fishes of Arkansas. The University of Arkansas Press, Fayetteville (Arkansas).

Rohde, F. C. 1980. Noturus stigmosus Taylor, Northern Madtom. Page 469 in Atlas of North American freshwater fishes (D.S. Lee, C.R. Gilbert, C.H. Hocutt, R.A. Jenkins, D.E. McAllister et J.R. Stauffer Jr, éd.). North Carolina State Museum of Natural History, North Carolina Biological Survey Number 1980-12.

Scott, W. B., et E. J. Crossman. 1974. Poissons d’eau douce du Canada. Bulletin 184 de l’Office des recherches sur les pêcheries du Canada.

Smith, P. W. 1979. The Fishes of Illinois. University of Illinois Press, Urbana (Illinois).

Stauffer, J. R., Jr., B. M. Burr, C. H. Hocutt et R. E. Jenkins. 1982. Checklist of the fishes of the central and northern Appalachian Mountains. Proceedings of the Biological Society of Washington 95(1):27-47.

Taylor, W. R. 1969. A revision of the catfish genus Noturus Rafinesque with an analysis of higher groups in the Ictaluridae. U. S. National Museum Bulletin 282:1-315.

Trautman, M.B. 1981. The fishes of Ohio. Ohio State University Press, Columbus (Ohio).

 


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Les auteurs

Erling Holm est conservateur adjoint au Centre pour la biodiversité et la biologie de la conservation du Musée royal de l’Ontario, où il gère une collection de poissons comptant environ un million de spécimens. Il est détenteur d’un baccalauréat en sciences de la University of Toronto et a travaillé au ministère des Richesses naturelles avant de se joindre au personnel du Musée en 1977. Il a effectué du travail sur le terrain en Ontario, au Québec, au Pérou et en Guyana. Il s’intéresse notamment à la taxinomie et à l’écologie des poissons d’eau douce du Canada et de l’Amérique du Sud et des poissons marins de l’Indo-Pacifique.

 Nicholas Mandrak est professeur au département de biologie de la Trent University, à Peterborough (Ontario), où il donne des cours sur la biogéographie, la biologie de la conservation et les poissons de l’Ontario. Ses recherches portent principalement sur la biogéographie, la biologie de la conservation et l’écologie des espèces de poissons d’eau douce indigènes et introduites. La University of Toronto lui a décerné son doctorat en 1994.

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Chat-fou du Nord (Noturus stigmosus) – addenda à Holm et Mandrak (1997)

Rédigé par Alan Dextrase (MRNO) et Erling Holm (Musée royal de l’Ontario), Décembre 2002

Depuis la dernière évaluation du statut du chat‑fou du Nord (Noturus stigmosus) par le COSEPAC (Holm et Mandrak, 1997), il y a eu deux nouvelles mentionsde l’espèce au Canada. En 1999, un individu a été capturé par un pêcheur commercial dans le lac Sainte‑Claire, près de l’île Walpole (ROM 72038). Le chat-fou du Nord a déjà été capturé près de la rive sud du lac Sainte‑Claire, mais l’individu de 1999 a été pêché environ 20 km au nord des lieux de capture précédents dans ce lac. Cette mention n’indique donc pas une expansion de l’aire de répartition de l’espèce, mais plutôt l’existence d’un nouveau site dans un emplacement déjà connu. La seconde « nouvelle » observation résulte de l’examen d’un individu ayant été capturé dans la rivière Sydenham près de Florence en 1975 (NMC 75-1623). Cet individu avait d’abord été identifié comme un chat-fou tacheté (Noturus miurus), mais Erling Holm a établi en 1999 qu’il s’agit bien d’un chat-fou du Nord. En dépit d’échantillonnages répétés à ce même emplacement (1989, 1991, 1997, 1999, 2001, 2002), aucun chat‑fou du Nord n’y a été capturé, et il est possible que l’espèce ait disparu de la rivière Syndenham. Aucune nouvelle information sur les populations existantes n’est disponible. Les nouvelles observations sont incluses dans la version publiée du rapport de situation du COSEPAC (Holm et Mandrak, 2002).

Holm et Mandrak (1997) laissent entendre que l’espèce pourrait tolérer les perturbations causées par les activités humaines, mais non la pollution, étant donné l’absence de cette espèce du côté canadien de la rivière Sainte‑Claire. Le chat-fou du Nord, qui peut supporter une turbidité modérée, a disparu de la rivière Sydenham, cours d’eau fortement turbide. La population existant à proximité, dans la rivière Thames, se trouve dans une zone d’agriculture intensive et est exposée à des stress (liés aux fortes charges en sédiments et en nutriments) semblables à ceux qui pourraient avoir contribué à la disparition de la population de la rivière Syndenham.

Holm, E., et N. E. Mandrak. 1998. Updated status of the northern madtom, Noturus stigmosus, in Canada. Rapport de situation du COSEPAC – Ébauche. 18 p.

Holm, E., et N. E. Mandrak. 2002. Updated status of the northern madtom, Noturus stigmosus, in Canada. Canadian Field-Naturalist 115: 138-144.

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