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Programme de rétablissement de la cimicaire élevée (Actaea elata) au Canada - 2017

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la cimicaire élevée (Actaea elata var. elata) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la cimicaire élevée et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie-Britannique, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement de la cimicaire élevée ci-joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie-Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la cimicaire élevée et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote 1 de bas de page soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de rétablissement de la cimicaire élevée (Actaea elata var. elata) en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

Environnement et Changement climatique Canada adopte le plan de rétablissement de la Colombie­Britannique (partie 2), à l’exception de la section 7.1 (Description de l’habitat de survie et de rétablissement de l’espèce), de l’annexe 2 (Polygones d’habitat de survie de la cimicaire élevée) et de l’annexe 3 (Pratiques de gestion exemplaires de l’habitat de la cimicaire élevée). Il substitue à la section 7.1 une section sur l’habitat essentiel.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

1 Habitat essentiel

En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Pour la désignation de l’habitat essentiel, il est de première importance de prendre en compte la superficie, la qualité et l’emplacement de l’habitat requis pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

Le plan de rétablissement provincial de la cimicaire élevée de 2015 comprend une description écrite et géospatiale de l’habitat de survie et de rétablissement de l’espèce. Environnement et Changement climatique Canada accepte la description de l’habitat de survie et de rétablissement fournie dans le plan de rétablissement provincial et l’utilise comme fondement pour la désignation de l’habitat essentiel dans le programme de rétablissement fédéral, en y apportant des modifications (voir ci-après) pour satisfaire à certaines exigences particulières de la LEP. Il est possible que les limites plus précises soient cartographiées, et que de l’habitat essentiel additionnel soit ajouté dans le futur si de l’information additionnelle soutient l’inclusion de zones au-delà de celles qui sont actuellement désignées.

L’habitat essentiel de la cimicaire élevée ne peut être désigné que partiellement à l’heure actuelle. L’habitat essentiel ne peut pas encore être désigné pour six populations, car une grande incertitude est associée à leur emplacement et/ou leur statut est inconnu : rivière Chilliwack (population 8), mont Cheam (population 9), pic Cheam (population 10), mont Sumas (population 11), mont Liumchen (population 12) et sentier Tamihi (population 13). En outre, de l’habitat connectif additionnel de plus grande échelle entre les populations de cimicaire élevée est nécessaire, pour la dispersion et la dynamique des populations et pour permettre aux populations de s’adapter à la modification des conditions de l’habitat associée au changement climatique et/ou aux menaces locales. Une fois que les lacunes dans les connaissances concernant ces facteurs auront été comblées, de l’habitat essentiel devrait être désigné en vue du maintien de la connectivité à grande échelle. Le calendrier des études (section 1.2) décrit les activités requises pour la désignation de l’habitat essentiel additionnel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. La désignation de l’habitat essentiel sera mise à jour quand on disposera de meilleures informations pour ce faire, soit dans une mise à jour du programme de rétablissement, soit dans un ou plusieurs plans d’action.

1.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Emplacement géospatial des zones qui renferment l’habitat essentiel

La cimicaire élevée se rencontre dans les forêts anciennes et matures humides, dans le bassin versant du lac Cultus et de la rivière Chilliwack, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. L’habitat essentiel est désigné pour sept populations existantes; les numéros de population indiqués correspondent à ceux utilisés dans le plan de rétablissement provincial :

  • mont Vedder nord (population 1)
  • mont Vedder sud (population 2)
  • ruisseau Tamihi amont (population 3)
  • ruisseau Chipmunk (population 4)
  • mont Elk (population 5)
  • mont Thom (population 6)
  • Operators of Specialized Engineering Equipment (Opsee) (population 7)

La zone renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée est établie en fonction de trois éléments cumulatifs : (1) la zone occupée par les individus ou les colonies de l’espèce, incluant une zone d’incertitude large de 5 m à 25 m visant à compenser les erreurs de localisation possibles liées aux divers appareils GPS utilisés; (2) une zone de 50 m (c.-à-d. la distance relative à la zone de fonctions essentiellesNote 2 de bas de page) visant à englober les zones immédiatement adjacentes, et (3) une distance additionnelle de 200 m destinée à soutenir les processus écosystémiques de plus grande échelle qui se déroulent dans les forêts conifériennes mixtes matures et sont essentiels à l’établissement et au maintien des conditions du microhabitat convenant à la cimicaire élevée ainsi qu’au maintien d’un certain degré de connectivité entre les sous-populations de l’espèce.

Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

La cimicaire élevée se rencontre dans les forêts anciennes et matures humides composées d’un mélange de douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii) ou de thuyas géants (Thuja plicata) et de pruches de l’Ouest (Tsuga heterophylla), avec une certaine proportion d’érables à grandes feuilles (Acer macrophyllum). La cimicaire élevée est une espèce à rhizome qui pousse dans les ouvertures du couvert forestier (parcelles où le sous-étage reçoit une forte luminosité), à l’intérieur des forêts matures à anciennes. La cimicaire élevée préfère les habitats humides et pousse généralement près de cours d’eau ombragés (ruisseaux/rivières), sur des pentes humides ou dans des zones de suintement présentant des conditions hydrologiques stables attribuables à la présence d’humidité sous la surface. Comme l’espèce se rencontre dans les ouvertures du couvert forestier, type d’habitat naturel et relativement transitoire dans les forêts matures et anciennes, il est important de reconnaître que le caractère convenable du microhabitat et, de même, l’abondance et la répartition locales de l’espèce peuvent changer dans l’espace et dans le temps à l’échelle plus vaste de l’écosystème forestier. Ainsi, le maintien de l’intégrité du contexte plus vaste de l’écosystème forestier (c.-à-d. maintien de la dynamique naturelle des ouvertures du couvert forestier, de la teneur en eau et de l’humidité) est important pour la survie et le rétablissement de l’espèce.

Les zones renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée (total de 1 304,7 ha) sont présentées aux figures 1 à 5. La zone de fonctions essentielles et les zones englobant le contexte plus vaste de l’écosystème, décrites précédemment, comprennent les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel de l’espèce; les polygones jaunes (unités) présentés sur les cartes représentent donc une bonne approximation de l’habitat essentiel réel. À l’intérieur de ces polygones, l’habitat non convenable, comme les zones situées à une altitude supérieure à 1 600 mNote 3 de bas de page, et les éléments anthropiques existants (par exemple, les surfaces des bâtiments, les surfaces de roulement des routes asphaltées et des voies ferrées) ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques dont la cimicaire élevée a besoin et ne sont donc pas désignés comme de l’habitat essentiel. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence, qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel, à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale.

Figure 1. L’habitat essentiel de la cimicaire élevée au Canada est représenté par les polygones en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Les polygones détaillés montrent la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel au mont Vedder nord (population 1; 577,2 ha). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel de l’espèce au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre les 19 carrés du quadrillage de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée au mont Vedder nord, en Colombie­Britannique. Les carrés du quadrillage se situent dans le sud de la Colombie-Britannique, dans la région de Chilliwack. Les occurrences sont concentrées dans deux aires continues. L’aire principale est répartie entre 17 carrés du quadrillage, et la deuxième aire, entre 4 carrés.  

Figure 2. L’habitat essentiel de la cimicaire élevée au Canada est représenté par les polygones en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Les polygones détaillés montrent la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel au mont Vedder sud (population 2; 160,3 ha). Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel de l’espèce au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre les 6 carrés du quadrillage de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée au mont Vedder sud, en Colombie­Britannique. Les carrés du quadrillage se situent dans le sud de la Colombie-Britannique, dans la région de Chilliwack. Les occurrences sont concentrées dans trois aires. La première aire est répartie entre trois carrés du quadrillage. La deuxième aire est répartie entre deux carrés et se situe entre les deux autres aires. La troisième aire est répartie entre quatre carrés du quadrillage.  

Figure 3. L’habitat essentiel de la cimicaire élevée au Canada est représenté par les polygones en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Les polygones détaillés montrent la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel au ruisseau Tamihi amont (population 3; 19,6 ha) et au mont Elk (population 5; 291,6 ha). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel de l’espèce au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre les 12 carrés du quadrillage de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée au mont Elk et dans la partie amont du ruisseau Tamihi, en Colombie-Britannique. Les carrés du quadrillage se situent dans le sud de la Colombie-Britannique, dans la région de Chilliwack. Six aires sont réparties entre neuf carrés du quadrillage dans la partie nord de la carte, qui correspond au mont Elk. L’occurrence du ruisseau Tamihi amont correspond à une aire répartie entre deux carrés du quadrillage, dans la partie sud de la carte.

Figure 4. L’habitat essentiel de la cimicaire élevée au Canada est représenté par les polygones en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Les polygones détaillés montrent la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel au ruisseau Chipmunk (population 4; 19,6 ha). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel de l’espèce au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre les 2 carrés du quadrillage de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée au ruisseau Chipmunk, en Colombie­Britannique. Les carrés du quadrillage se situent dans le sud de la Colombie-Britannique, dans la région de Chilliwack. L’occurrence est concentrée dans une aire qui se trouve en majeure partie dans un des carrés du quadrillage, au centre de la carte.

Figure 5. L’habitat essentiel de la cimicaire élevée au Canada est représenté par les polygones en jaune (unités), là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Les polygones détaillés montrent la zone à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat essentiel au mont Thom (population 6; 39,7 ha) et à Opsee (population 7; 196,7 ha). Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km (bordé de rouge) montré dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel de l’espèce au Canada. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 5

La figure 5 montre les 10 carrés du quadrillage de 1 km × 1 km renfermant l’habitat essentiel de la cimicaire élevée au mont Thom et à Opsee, en Colombie­Britannique. Les carrés du quadrillage se situent dans le sud de la Colombie-Britannique, dans la région de la vallée du Fraser. Les occurrences sont concentrées dans quatre aires. Trois des aires sont réparties entre huit carrés du quadrillage, dans la région d’Opsee, au sud de la rivière Chilliwack. L’occurrence du mont Thom se trouve au nord de la rivière Chilliwack et est répartie entre deux carrés du quadrillage.

1.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Le calendrier des études ci-dessous (tableau 1) décrit les activités requises pour achever la désignation de l’habitat essentiel de la cimicaire élevée; les numéros des populations correspondent à ceux utilisés dans le plan de rétablissement provincial.

Tableau 1. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel de la cimicaire élevée
Description de l’activitéJustificationÉchéance
Réaliser des relevés exhaustifs répétés dans les sites associés à des mentions pour lesquelles l’emplacement comporte une grande incertitude et le statut de la population est inconnu, soit la rivière Chilliwack (population 8) et le mont Cheam (population 9), en vue de déterminer l’emplacement de ces mentions. Il a été impossible de cartographier ces sites et de déterminer leur régime foncier.L’habitat essentiel de deux populations n’a pas pu être désigné, car le statut de celles-ci est inconnu et les mentions de ces populations comportent une grande incertitude quant à leur emplacement. Aucun relevé exhaustif ciblé n’a été réalisé récemment. Faute de renseignements sur le statut et l’emplacement de ces populations, on ignore si l’habitat essentiel désigné pour la cimicaire élevée est suffisant.2017-2022
Réaliser des relevés exhaustifs répétés dans les sites associés à des mentions historiques, soit le pic Cheam (population 10), le mont Sumas (population 11), le mont Liumchen (population 12) et le sentier Tamihi (population 13), pour reconfirmer la présence de l’espèce et trouver tout individu additionnel de l’espèce poussant dans les parcelles restantes d’habitat convenable, et évaluer la faisabilité de restaurer l’habitat dans ces sites, de façon à ce que la cimicaire élevée puisse s’y rétablir (par dispersion naturelle à partir des populations adjacentes et/ou réintroduction délibérée).L’habitat essentiel de quatre populations n’a pas pu être désigné, car celles-ci sont « historiques »; on ignore si ces sites renferment encore de l’habitat convenable pour la cimicaire élevée et/ou s’ils pourraient être rendus convenables par des mesures de restauration. De plus, aucun relevé exhaustif ciblé n’a été réalisé récemment. Il faut recueillir plus de renseignements sur le statut et l’emplacement de ces populations ainsi que sur le caractère convenable de l’habitat dans ces divers sites, pour pouvoir désigner suffisamment d’habitat essentiel pour la cimicaire élevée.2017-2022
Combler les lacunes dans les connaissances concernant la longévité, la dynamique des populations, la vigueur génétique, la pollinisation, la dormance et les effets de la modification des conditions de l’habitat associée au changement climatique et/ou aux menaces locales.Il faut recueillir plus de renseignements pour désigner adéquatement l’habitat essentiel de l’espèce et ainsi maintenir la connectivité à grande échelle entre les populations.2017-2022

1.3 Activités susceptibles d'entrainer la desctruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.

Le plan de rétablissement provincial fournit une description des facteurs limitatifs et des menaces potentielles associés à la cimicaire élevée. Le tableau 2 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de la cimicaire élevée; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 2. Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de la cimicaire élevée au Canada. Les numéros de menaces de l'UICN sont fondés sur le système unifié de classification des menaces proposé par l'IUCN–CMP (Union internationale pour la conservation de la nature et Partenariat pour les mesures de conservation; CMP, 2010).
Description de l’activitéJustificationInformation supplémentaire
Activités d’exploitation forestière et/ou abattage de tout érable à grandes feuilles dans l’aire renfermant l’habitat essentiel.L’exploitation forestière peut entraîner la perte directe d’habitat, en éliminant ou en enfouissant les caractéristiques biophysiques nécessaires à la cimicaire élevée, et/ou la perte indirecte d’habitat, en modifiant les conditions locales du microsite (notamment la luminosité et l’humidité), de sorte que l’habitat ne conviendrait plus à la cimicaire élevée; la perte d’habitat forestier dans les aires avoisinantes empêche également le développement naturel de nouvelles ouvertures dans le couvert forestier, nécessaire au recrutement. L’exploitation forestière peut avoir d’autres effets indirects associés à la dégradation de l’habitat, notamment l’augmentation du risque d’établissement de plantes exotiques envahissantes et/ou l’empiètement des plantes concurrentes.

Menace 5.3 (IUCN-CMP)

L’exploitation forestière constitue une menace dans plusieurs sites. Jusqu’à maintenant, la coupe à blanc a détruit au moins deux populations de l’espèce en Colombie-Britannique. Cette activité contribue à une régénération lente et à la fragmentation de l’habitat.

Conversion des paysages naturels pour l’utilisation par les humains et le développement : construction de nouvelles structures, résidences, routes, voies ferrées, ouvrages de franchissement ou de déviation de cours d’eau (y compris les ponceaux).La conversion des paysages pour l’utilisation par les humains et le développement peut entraîner la perte directe d’habitat, en éliminant ou en enfouissant les caractéristiques biophysiques nécessaires à la cimicaire élevée. Elle peut également entraîner la perte indirecte d’habitat, en modifiant les conditions locales du microsite (comme la luminosité et l’humidité, le régime hydrologique), de sorte que l’habitat ne conviendrait plus à la cimicaire élevée.

Menaces 1.1, 1.3, 4.1 (IUCN-CMP)

L’aménagement des terres et l’urbanisation se poursuivent à un rythme accéléré dans la vallée du Fraser, particulièrement à proximité de Promontory et du lac Ryder, à Chilliwack et dans les régions avoisinantes. Le développement favorise l’établissement des espèces exotiques envahissantes et la réalisation d’activités récréatives non gérées.

Activités récréatives : création et/ou expansion d’espaces ou de sentiers récréatifs (randonnée pédestre, vélo de montagne, VTT, etc.).La conversion des paysages pour les activités récréatives peut entraîner la perte directe d’habitat, en éliminant ou en enfouissant les caractéristiques biophysiques nécessaires à la cimicaire élevée. Elle peut également entraîner la perte indirecte d’habitat, en modifiant les conditions locales du microsite (comme la luminosité et l’humidité, le régime hydrologique), de sorte que l’habitat ne conviendrait plus à la cimicaire élevée.

Menaces 1.3, 6.1 (IUCN-CMP)

L’aménagement d’espaces récréatifs sur les monts Vedder et Elk est de plus en plus préoccupant.

Activités d’entretien des bords de routes (ou autres aménagements linéaires), comme l’élimination de la végétation, le remblayage ou le dépôt de matériaux au-delà de la surface de roulement des routes existantes.Le nivelage des routes et le fauchage et débroussaillage sur leurs bords peuvent entraîner l’élimination ou l’enfouissement de l’habitat nécessaire aux individus et aux graines de la cimicaire élevée.

Menace 7.3 (IUCN-CMP)

Les activités d’entretien des bords de routes constituent une menace pour au moins une population connue de l’espèce au mont Elk (population 5) et probablement aussi pour d’autres au mont Vedder (populations 1 et 2) et au mont Thom (population 6).

Utilisation de pesticides et d’herbicides; utilisation de pesticides et d’herbicides sur les terres adjacentes aux aires renfermant l’habitat essentiel, qui cause une pollution accidentelle, par exemple en raison du non-respect des pratiques de gestion exemplaires destinées à empêcher la dérive.Les mesures visant à lutter contre les plantes envahissantes ou les ravageurs agricoles par des méthodes mécaniques ou chimiques (herbicides non spécifiques) peuvent rendre l’habitat toxique et le modifier de sorte qu’il ne conviendrait plus à la cimicaire élevée.

Menace 9.3 (IUCN-CMP)

Les herbicides utilisés pour l’entretien des routes, l’agriculture, la lutte contre les espèces envahissantes et la sylviculture sont préoccupants à plusieurs sites. Les pesticides appliqués sur les terres agricoles environnantes et le défrichage peuvent réduire la présence de pollinisateurs pour les espèces indigènes comme la cimicaire élevée.

2 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d’action visant la cimicaire élevée seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d’ici 2022.

3 Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le plan de rétablissement provincial de la cimicaire élevée renferme une section décrivant les effets des mesures de rétablissement sur d’autres espèces (section 9). Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section du plan de rétablissement provincial à titre d’énoncé sur les effets des activités de rétablissement sur l’environnement et les espèces non ciblées. Les activités de planification du rétablissement de la cimicaire élevée seront mises en œuvre en considérant toutes les espèces en péril partageant le même habitat, de façon à éviter les impacts négatifs sur ces espèces ou leur habitat.

4 Références

CMP (Conservation Measures Partnership). 2010. Threats Taxonomy [en anglais seulement].

Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Ces zones protégées par le gouvernement fédéral sont les suivantes : un parc national du Canada dénommé et décrit à l'annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, un refuge d'oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Voir le paragraphe 58(2) de la LEP.

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Note 2 de bas de page

La zone de fonctions essentielles est la superficie minimale de fragment d'habitat nécessaire au maintien des propriétés constitutives du microhabitat de l'espèce (par exemple, luminosité, teneur en eau et humidité nécessaires à la survie). En s'appuyant sur les résultats de recherches, on a pu recommander l'inclusion d'une zone de fonctions essentielles minimale de 50 m dans l'habitat essentiel de toute occurrence de plante rare (voir : Programme de rétablissement de la phacélie rameuse (Phacelia ramosissima var. ramosissima) au Canada – 2012).

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Note 3 de bas de page

La cimicaire élevée a généralement été signalée à des altitudes faibles à moyennes (30 à 950 m), mais elle peut se rencontrer à des altitudes allant jusqu'à 1 600 m.

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