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Programme de rétablissement du loup à tête large et du loup tacheté et plan de gestion du loup atlantique au Canada [finale] 2008


6. Description de l'habitat

On connaît mal les caractéristiques de l’habitat présent dans une grande partie de l’aire occupée par le loup de mer en raison de la vaste superficie et des grandes profondeurs qui la caractérisent. On connaît mal les associations du loup de mer à son habitat (Simpson et Kulka, 2003), et l’étendue de l’habitat essentiel à la survie n’a pas encore été définie (Kulka et al., 2004). Les associations connues sont basées sur l’occurrence du loup de mer dans des relevés scientifiques au chalut ainsi que sur les profondeurs et températures de l’eau mesurées durant ces relevés. L’analyse des données de ROXANN (classification des types de fond), recueillies depuis 1992, a permis de relier les espèces aux types de sédiment trouvés à proximité des sites de relevé au chalut. À partir de ces données acoustiques, on a calculé des indices de rugosité et de dureté du lit de la mer afin de classifier les sédiments (boue, sable, sable et coquillages, coquillages et cailloux, petites roches, fond dur ou sédiment de nature indéterminée) (Naidu et Seward, 2002, données non publiées). Ces études, rapportées dans Kulka et al. (2004), ont été entreprises au centre de l’aire de répartition des trois espèces dans la région s’étendant des Grands Bancs au plateau continental du Labrador.

6.1 Associations du loup de mer à son habitat

Les trois espèces de loup de mer fréquentent une grande partie des eaux atlantiques canadiennes et une variété d’habitats benthiques, mais elles sont au centre de leur aire de répartition sur le plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve, où elles atteignent la densité la plus élevée et couvrent la superficie la plus grande. On les trouve à une vaste gamme de profondeurs, c’est-à-dire d’environ 25 m à plus de 1 500 m, A. denticulatus fréquentant la plus vaste gamme de profondeurs et A. lupus, la plus faible. La température est un élément important de l’habitat du loup de mer. Les trois espèces sont associées à une plage étroite de températures au fond supérieures à la moyenne, se situant entre 1,5 et 5,0 °C, mais elles évitent généralement les eaux de moins de 0 °C. À ce titre, les loups peuvent être classés comme des « disciples de la température » – ils se déplacent pour pouvoir rester dans des eaux de températures semblables, ce qui les amènent à modifier leur aire répartition. Étant donné cette association étroite avec la température, le refroidissement qui s’est produit vers la fin des années 1980 et au début des années 1990 a peut-être contribué aux changements de l’aire de répartition observés pour le loup de mer pendant cette période (Kulka et al., 2004).

Une idée fausse communément répandue est que les espèces du loup de mer sont toutes trois associées à des habitats constitués de crevasses rocheuses. D’après Kulka et al. (2004), chacune des espèces occupe une niche légèrement différente. Les différences principales entre les espèces, décrites plus en détails ci-après, figurent comme suit : A. lupus occupe des eaux méridionales moins profondes, plus souvent associées à des fonds durs que les deux autres espèces; A. denticulatus passe plus de temps loin du fond, et les fonds sur lesquels il se tient, dans des eaux plus profondes, sont plus diversifiés; A. minor occupe une niche intermédiaire pour ce qui est de la profondeur et de la température.

6.1.1 A. denticulatus

A. denticulatus est un poisson démersal des mers nordiques froides. Au centre de sa répartition, des Grands Bancs au plateau continental du Labrador, il vit à des profondeurs variant de 38 à 1 504 m (profondeur maximale observée), les concentrations les plus denses habitant les eaux extracôtières, entre 500 et 1 000 m (profondeur légèrement moindre durant les mois les plus chauds), à des températures oscillant entre 2 et 5 °C (Kulka et al., 2004). Il est présent sur une vaste fourchette de types de fonds, incluant la boue, le sable, les cailloux, les petites roches et les fonds durs (Kulka et al., 2004). À la différence des autres loups de mer, A. denticulatus a été observé loin du fond aux stades juvénile et adulte dans le nord-est de l’Atlantique (Shevelev et Kuzmichev, 1990). Dans les eaux atlantiques canadiennes, il passe beaucoup de temps entre deux eaux, comme le démontre son régime alimentaire composé en grande partie d’organismes bathypélagiques (colonne d’eau en dessous de 200 m) et infrapélagiques (au-dessus de 200 m) (Roman et al., 2004, et recherches en cours). Comme les autres loups de mer, il ne forme pas de concentrations aussi denses que certaines espèces d’intérêt commercial. Des expériences de marquage effectuées par Templeman (1984) semblent indiquer qu’il migre peu. Dans le nord-est de l’Atlantique, on a vu l’espèce défendre une zone entourant un appât et la localisation acoustique a permis de démontrer que la taille de cette zone était relativement restreinte (Godø et al., 1997). Voir les tableaux 1 et 2 pour plus de détails.

6.1.2 A. minor

La répartition d’A. minor ressemble beaucoup à celle d’A. denticulatus, à l’exception du fait qu’il descend moins profondément dans les fosses ou sur les pentes des plateaux. A. minor a été observé à des profondeurs variant de 56 à 1 046 m, mais on trouve les concentrations les plus denses entre 200 et 750 m, à des températures oscillant entre 1,5 et 5,0 °C (Kulka et al., 2004). Tout comme A. denticulatus, il est présent sur une vaste fourchette de types de fonds (boue, sable, cailloux, petites roches et fonds durs) (Kulka et al., 2004). Des expériences de marquage et d’autres études révèlent que les migrations sont locales et limitées (Templeman, 1984). A. minor, qui se nourrit d’organismes benthiques, consomme une grande variété d’échinodermes, de crustacés et de mollusques qu’il trouve sur les fonds durs et sableux. Voir les tableaux 1 et 2 pour plus de détails.

6.1.3 A. lupus

A. lupus est surtout une espèce démersale qui habite des eaux moins profondes que les deux autres espèces. On l’observe généralement à partir du rivage jusqu’à une profondeur de 918 m (plus grande profondeur signalée sur le plateau continental du Labrador), et il tolère des températures oscillant entre -1,0 et 10,0 °C. On trouve les concentrations les plus denses entre 150 et 350 m, à des températures oscillant entre 1,5 et 4,0 °C. Bien que cette espèce soit observée aussi loin au nord que sur le plateau continental du Labrador, on trouve les densités les plus élevées sur le secteur sud des Grands Bancs et sur le Plateau néo-écossais. Cette espèce est celle, parmi les trois espèces, qui est la plus fréquente dans ce secteur et dans le golfe du Saint-Laurent. À la différence des deux autres espèces, A. lupus est souvent observé par des plongeurs près du rivage. Il forme également des concentrations denses dans les eaux extracôtières. Ses déplacements sont limités, mais des migrations saisonnières dans les eaux côtières peuvent avoir lieu au printemps, saison durant laquelle on peut observer des poissons adultes dans des eaux peu profondes (entre 0 et 15 m). Il s’alimente sur les fonds rocheux de buccins, d’oursins, d’ophiures, de crabes, de pétoncles et parfois de sébastes. Ses gros œufs, pondus en masses sur le fond, souvent dans les crevasses rocheuses, sont surveillés par le mâle. Les larves restent la plupart du temps près du fond, se rendant rarement à la surface, et demeurent habituellement à proximité du site d’éclosion (rapport non publié du COSEPAC). Voir les tableaux 1 et 2 pour plus de détails.

Tableau 2.Profondeurs et températures moyennes au fond, par division de l’OPANO, d’après les données des relevés scientifiques de printemps (a) et d’automne (b), aux sites de capture du loup de mer.

a) Relevés de printempsDivision de l’OPANO
A. denticulatus3L3N3O3P
Profondeur moyenne (m)406483452385
Temp. moyenne au fond (°C)2,63,74,44,0
A. minor3L3N3O3P
Profondeur moyenne (m)301376285213
Temp. moyenne au fond (°C)1,93,04,63,9
A. lupus3L3N3O3P
Profondeur moyenne (m)274167109141
Temp. moyenne au fond (°C)2,02,02,12,5
b) Relevés d’automneDivision de l’OPANO
A. denticulatus2G2H2J3K3L3M3N3O
Profondeur moyenne (m)416398350386398465477544
Temp. moyenne au fond (°C)2,62,72,22,82,13,83,14,3
A. minor2G2H2J3K3L3M3N3O
Profondeur moyenne (m)305264251309279340324301
Temp. moyenne au fond (°C)2,61,81,72,41,43,92,44,5
A. lupus2G2H2J3K3L3M3N3O
Profondeur moyenne (m)296286261292278268208129
Temp. moyenne au fond (°C)2,62,42,02,41,83,92,62,9

On a observé le loup de mer sur six types de sédiment (Tableau 3). Les nombres en caractères gras indiquent les valeurs les plus élevées pour chaque espèce et pour chaque période de relevé. Dans les relevés scientifiques d’automne du MPO, le nombre moyen de prises au chalut était le plus élevé sur des sédiments constitués d’un mélange de sable et de coquillages pour A. denticulatus et A. minor et sur des sédiments rocheux pour A. lupus. Chacune des trois espèces a été signalée sur tous les types de sédiment sauf la boue, sur laquelle seules des prises d’A. minor ont été enregistrées. Dans les relevés scientifiques de printemps, le nombre moyen par trait standard pour A. lupus était le plus élevé sur des sédiments rocheux, comme dans le relevé d’automne. Par contre, pour A. denticulatus et A. minor, le nombre le plus élevé par trait standard a été enregistré sur du sable grossier. Kulka et al. (2004) étudient également les différences interannuelles dans l’association du loup de mer avec les divers sédiments.

Tableau 3. Taux de capture moyens pour le loup de mer dans les relevés scientifiques de printemps et d’automne du MPO selon le type de fond généralement observé, d’après l’analyse des données de ROXANN. Les valeurs les plus élevées figurent en caractères gras.

 AutomnePrintemps
Type de sédimentA. dent.A. minorA. lupusA. dent.A. minorA. lupus
Boue00,6000,20
Sable grossier0,1129510,1856240,963190,2346790,3009520,57690
Mélange de sable et de coquillages0,2424750,2605840,7078210,2190480,2983381,139231
Sable graveleux0,1979570,0927600,9059660,1587420,0593150,609833
Roches0,0521490,1236021,4223960,0558520,0913521,296845
Roches et rochers0,0474530,0666911,4026530,0164850,0383400,583581
Indéterminé   000,5

Ces données fournissent des renseignements préliminaires sur l’utilisation de l’habitat par le loup de mer en ce qui concerne trois caractéristiques de l’habitat, à savoir la température, la profondeur et le type de sédiment. Elles ne suffisent toutefois pas à établir de façon définitive les caractéristiques de l’habitat nécessaires à l’atteinte et à la conservation de populations de loup de mer viables.

6.2 Habitat essentiel

D’après Kulka et al. (2004), il est difficile d’observer directement des associations physiques entre des espèces océaniques largement réparties, comme le loup de mer, et leur habitat. Il est beaucoup moins compliqué de définir l’habitat essentiel à la survie d’une espèce vivant dans un environnement confiné et directement observable, tel un marais ou un étang, que de définir l’habitat essentiel à la survie d’espèces qui habitent de vastes étendues non observables sous la surface des océans.

Trois facteurs entravent la définition de l’habitat essentiel en haute mer en général et pour le loup de mer en particulier : 1) les connaissances insuffisantes sur le cycle biologique du loup de mer; 2) l’information limitée concernant l’influence de processus multi-échelles sur la dynamique des populations de loup de mer; 3) les données insuffisantes concernant des cibles acceptables pour l’abondance et l’aire de répartition du loup de mer. En conséquence, il est difficile de définir des habitats essentiels pour le loup de mer, et ce, surtout parce que chaque stade de développement peut être associé à différentes exigences qui sont actuellement inconnues.

Kulka et al. (2004) définissent les changements spatiaux de l’étendue de l’habitat pour les trois espèces sur les Grands Bancs et le plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve en cartographiant et en superposant les aires de répartition où ces trois espèces ont été et sont actuellement observées (voir la Figure 5 de l’article en question). Pour chacune des trois espèces, l’aire occupée par le passé mais qui ne l’est plus aujourd’hui (habitat potentiel) couvre principalement les parties intérieures du plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve, au large des côtes de Terre-Neuve et du Labrador. La zone actuellement inoccupée couvre la plus grande superficie pour A. denticulatus et la plus faible superficie pour A. lupus.

Étant donné que l’abondance de deux espèces, A. lupus et A. minor, augmente dans une partie de l’aire de répartition et est stable ailleurs et que l’abondance d’A. denticulatus est stable sur la plus grande partie de son aire de répartition, il est possible que la zone actuellement occupée suffise à maintenir la viabilité. Cependant, la réoccupation d’une partie ou de la totalité de l’aire de répartition autrefois occupée, conjuguée à une augmentation de l’abondance, constituerait une cible souhaitable et un indicateur de rétablissement.

L’habitat minimal nécessaire pour maintenir ou accroître la taille actuelle de la population des trois espèces de loup de mer est actuellement inconnu. Les premières données sur l’habitat du loup de mer ont été recueillies (Simpson et Kulka, 2003, Kulka et al., 2004 – voir la description de l’habitat essentiel ci-devant). Ces données, bien que peu concluantes, permettent de décrire de façon préliminaire l’habitat de prédilection du loup de mer, mais ne suffisent pas à établir de façon définitive les caractéristiques de l’habitat nécessaires à l’atteinte et à la conservation de populations de loup de mer viables. Par contre, comme nous l’avons mentionné ci-devant, la zone actuellement occupée semble suffire à au moins maintenir la taille actuelle de la population.

6.3 Tendances relatives à l’habitat

Kulka et al. (2004) décrivent les réductions touchant la répartition du loup de mer dans la région s’étendant des Grands Bancs au plateau continental du Labrador. A. denticulatus, qui occupait 57 % de la zone étudiée entre les Grands Bancs et le plateau continental du Labrador, a reculé à une faible proportion de 19 % entre 1990 et 1995, pour augmenter à 23 % après 1995. Les zones inoccupées ou les anciennes zones d’occupation affichent les températures les plus froides. La zone occupée par A. minor a également diminué pendant la période de déclin. L’étendue de l’aire occupée, qui a moins varié (entre 48 % et 23 %) que pour A. denticulatus, s’établit actuellement à environ 31 %. L’aire de répartition examinée pour A. lupus a davantage varié dans sa partie nord, comme ce fut le cas pour les deux autres espèces. La zone occupée, qui s’établissait précédemment à 55 % de la zone étudiée, a descendu jusqu’à 38 % et s’établit actuellement à environ 56 %. La population de cette espèce, qui habite la partie peu profonde des Grands Bancs, est restée relativement inchangée.

L’indice de l’aire occupée pour A. lupus sur le Plateau néo-écossais était inférieur dans les années 1990 à la suite d’un déclin survenu dans les années 1980 et est demeuré faible mais stable depuis 2000 (McRuer et al., 2001). Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, cet indice a augmenté au début des années 1980 et est demeuré depuis à des valeurs légèrement supérieures. La concentration d’A. lupus a légèrement augmenté sur le Plateau néo-écossais pendant les années 1980 et est restée stable pendant toutes les années 1990. Par contre, dans le sud du golfe du Saint-Laurent, la répartition a augmenté dans les années 1980 et est demeurée légèrement plus élevée pendant toutes les années 1990 (McRuer et al., 2001).

D’après Kulka et al. (2004), la température est un élément important de l’habitat du loup de mer. Des variations de la température ont eu une incidence sur la répartition, voire sur l’abondance. Les trois espèces sont associées à une plage étroite de températures au fond supérieures à la moyenne, mais évitent les eaux de moins de 0 °C. Ceci explique pourquoi elles sont absentes du nord des Grands Bancs ainsi que des bancs situés au nord-est de l’île de Terre-Neuve, où des températures inférieures à zéro sont enregistrées tout au long de l’année. Sur le plan spatial, la partie intérieure du plateau, où chacune des trois espèces a subi son plus grand déclin, correspond aux régions les plus froides de l’aire de répartition de chacune des trois espèces. À leur période d’abondance la plus faible (1990-1995), chacune des espèces s’est principalement limitée aux endroits les plus chauds disponibles sur le bord du plateau. C’est pendant cette période que certaines des plus basses températures ont été enregistrées au fond (Colbourne et al., 2004). Kulka et al., (2004) avancent que les températures défavorables enregistrées sur une partie de l’aire de répartition pourraient avoir restreint l’étendue et la taille de la population du loup de mer.

Concernant le type de fond, on s’attend que les sédiments demeurent relativement inchangés, sauf pour ce qui est d’une certaine perturbation imputable aux activités de pêche au chalut sur une partie relativement petite de l’aire (Kulka et Pitcher, 2001).

6.4 Protection de l’habitat

À l’heure actuelle, l’habitat essentiel du loup de mer n’a pas été défini avec exactitude et l’effet des engins de pêche sur l’habitat benthique du loup de mer est mal compris. Ainsi, aucun plan précis de protection ne peut être mis en place pour la conservation et la protection de l’habitat du loup de mer dans les eaux de l’est du Canada. D’après Kulka et Pitcher (2001), une superficie correspondant à environ 20 % du secteur s’étendant du plateau des Grands Bancs au plateau continental du Labrador, principalement le plateau extérieur, a été chalutée chaque année au début des années 1980. L’aire chalutée a diminué à environ 5 % dans les années 1990. C’est donc dans ce secteur qu’aurait eu lieu la perturbation de l’habitat benthique. Cela dit, la nature et l’ampleur des perturbations et les effets potentiels sur les espèces de loup de mer ne sont pas connus.

7. Rôle écologique

Chez le loup de mer, les œufs, les larves et les individus juvéniles peuvent être la proie d’un certain nombre d’espèces. Néanmoins, chez au moins une des espèces (A. lupus), le mâle surveille les œufs jusqu’à l’éclosion. Les adultes ont moins de prédateurs en raison de leur taille et de leurs dents proéminentes, et aussi du fait qu’ils peuvent passer une partie de leur temps dans des crevasses rocheuses. Le rôle de chaque espèce de loup de mer en tant que proie est indéterminé, bien que les larves et les jeunes semblent constituer une source de nourriture pour plusieurs espèces. Dans le nord-est de l’Atlantique, on a vu A. denticulatus défendre contre des morues et des aiglefins une zone entourant un appât sur le lit de la mer; la localisation acoustique des déplacements de l’individu a permis de démontrer que la taille de cette zone était relativement restreinte (Godø et al., 1997).