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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) au Canada

Résumé

Polémoine de Van Brunt
Polemonium vanbruntiae

Information sur l’espèce

La polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) est une plante herbacée vivace de la famille des Polémoniacées. Les tiges sont dressées, hautes de 40 à 140 cm. Les feuilles sont composées de 7 à 21 folioles oblongues à ovées. Les fleurs, en panicule, sont bleu-violet, mesurent de 15 à 25 mm de diamètre et ont cinq pétales et cinq sépales; les étamines sont jaunes et longuement exsertes. Le fruit est une capsule ovoïde à graines noir brunâtre.

Répartition

La polémoine de Van Brunt ne se trouve que dans le centre des Appalaches, de la Virginie-Occidentale jusqu’à l’Extrême Sud du Québec et à l’Est du Maine. Au Canada, elle n’est connue actuellement que du Québec, dans les régions de l’Estrie et des Bois-Francs, au fond des vallées des rivières Nicolet et Stoke; il y aussi une récolte historique au Nouveau-Brunswick.

Habitat

Cette plante se trouve dans des habitats humides comme les aulnaies riveraines, les clairières humides, les herbaçaies riveraines et les champs humides abandonnés. Ce sont des habitats ouverts ou semi-ouverts, inondés au printemps, aux sols riches, souvent situés près de bas de pentes et au bord de ruisseaux. C’est une plante des montagnes qui se rencontre dans des microclimats frais.

Biologie

L’espèce se reproduit par les graines, ou végétativement par les rhizomes. Les fleurs sont pollinisées par une grande variété d’insectes, surtout les abeilles et les bourdons. La germination des graines ne se fait qu’après une période de conditions froides et sèches.

Taille et tendances des populations

Actuellement, il y a seulement huit populations canadiennes connues, toutes québécoises, avec un total d’environ 20 000 individus. Bien qu’on ait trouvé deux nouvelles populations au Québec en 2001, deux autres sont jugées disparues, et l’espèce connaît un déclin autant de sa zone d’occurrence que de sa zone d’occupation.

Facteurs limitatifs et menaces

L’empiétement par les industries agricoles et forestières est le principal facteur limitant et menaçant la polémoine de Van Brunt. Des populations ont ainsi disparu en partie ou totalement. Les travaux modifiant le drainage, notamment en matière d’infrastructures routières, peuvent aussi être nuisibles et exposer l’habitat à des inondations prolongées ou à un assèchement.

Importance de l’espèce

Le Polemonium vanbruntiae est la seule espèce du genre qui soit indigène du Canada à l’est de l’Alberta. Elle est rare et sporadique dans toute son aire de répartition. Elle a des caractéristiques primitives et serait peut-être une relique. Sa grande beauté lui confère un potentiel horticole pour les jardins humides.

Protection actuelle ou autres désignations

Au Canada, la plante ne se rencontre dans aucun territoire public protégé. Par contre, un site important vient d’être acheté par un organisme privé voué à la conservation, et ce dernier a entrepris et projette d’autres négociations d’achats. L’espèce est désignée menacée autant au Canada qu’au Québec, où elle entre sous la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Sommaire du rapport de situation

Bien que le Polemonium vanbruntiae soit menacé au Canada et en déclin de façon générale, de nouvelles populations ont été découvertes récemment, et des sites potentiels restent à explorer. De plus, des démarches pour sa conservation ont récemment commencé à se concrétiser, et devraient au moins stabiliser la situation.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce dispare (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Footnote1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Footnote2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Footnote3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Footnote4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Footnotes

Footnote 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Footnote 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Footnote 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Footnote 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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