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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) au Canada

Répartition

Répartition mondiale

Le Polemonium vanbruntiae est une espèce endémique du centre des Appalaches, dans l’Est de l’Amérique du Nord (figure 2). Son aire de répartition va de la Virginie-Occidentale, au sud, jusqu'à l’Extrême-Sud du Québec et à l’Est du Maine, au nord. Il est sporadique dans toute son aire, et il est le plus fréquent dans l’État de New York. Au cours des dix dernières années, il ne semble pas y avoir eu de découvertes démontrant une extension de son aire de répartition (Thompson, 1991; Sabourin et Paquette (1992, 1994); NatureServe (2001).

Figure 2. Répartition du Polemonium vanbruntiae en Amérique du Nord. (La population indigène qui existait autrefois au Nouveau-Brunswick ne figure pas sur la carte.)

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Répartition canadienne

Au Canada, le Polemonium vanbruntiae n’est présentement connu qu’au Québec. Une population historique (1885) a déjà été signalée dans le Sud-Ouest du Nouveau-Brunswick, à Trout Brook, comté de Charlotte (Sabourin et Paquette, 1992, 1994; ministère de l’Environnement du Québec, 2001), mais elle n’a pas été revue (Hinds, 1986; Blaney, comm. pers., 2001); une autre population signalée dans cette région, à Hoyt, comté de Sunbury, est, selon Hinds (1983), possiblement introduite.

Au Québec, l’espèce a été observée dans les régions des Bois-Francs et de l’Estrie, soit à l’extrémité sud-est de la province. Les populations actuellement connues se trouvent dans trois municipalités régionales de comté (MRC) : Arthabaska, Asbestos et Le-Val-Saint-François.

Emplacements actuellement connus

Voici les emplacements comportant des populations canadiennes de l’espèce, ainsi que le nombre exact de populations présentes dans chacun des emplacements. Il y a présentement, au Canada, huit emplacements connus du Polemonium vanbruntiae, renfermant en tout 12 populations. Selon le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, tout emplacement, ou occurrence, est délimité par une distance minimale de un kilomètre.

  • MRC Arthabaska
  • Saints-Martyrs : une population; dernière observation le 11 septembre 2001 par Alain Meilleur.
  • Développement-Boisvert-Est : trois populations; dernière observation le 2 novembre 2001 par Alain Gouge.
  • Développement-Boisvert-Ouest : une population; dernière observation le 12 juin 2001 par André Sabourin et Alain Gouge.

Note : Ces deux derniers emplacements sont séparés par 1,5 km.

  • MRC Asbestos
  • Saint-Adrien : une population; dernière observation le 12 juillet 2001 par André Sabourin, Denis Paquette et Geoffrey Hall.
  • Saint-Camille : deux populations; dernière observation le 12 juillet 2001 par André Sabourin et Denis Paquette.
  • Ham-Sud : une population; dernière observation le 12 juillet 2001 par André Sabourin, Denis Paquette et Geoffrey Hall.
  • MRC Le-Val-Saint-François
  • Rivière Stoke : deux populations; dernière observation le 11 juillet 2001 par André Sabourin et Denis Paquette.
  • Mont-Carrier-Sud : une population; dernière observation le 11 juillet 2001 par André Sabourin et Denis Paquette.

Nos recherches de l’année 2001 nous ont permis de découvrir deux nouveaux emplacements au Québec, soit ceux de Saint-Camille et de Ham-Sud. Cependant, comme ces nouveaux emplacements se trouvent sur la rivière Nicolet-Centre et ainsi à l’intérieur de l’aire de répartition connue auparavant pour l’espèce, ce n’est pas vraiment une extension d’aire.

Emplacements disparus

Au Québec, le Polemonium vanbruntiae n’a pas été revu depuis 1943 dans la région d’Arthabaska, ou elle ne semble plus présente (Sabourin et Paquette, 1992, 1994). Cette région se trouve un peu au nord-ouest de l’aire de répartition où cette plante est actuellement connue.

Rappelons que l’espèce n’a pas été revue depuis 1885 à Trout Lake, dans le   Sud-Ouest du Nouveau-Brunswick (Hinds, 1986). Par contre, sa situation dans cette région demeure incertaine, faute de recherches significatives. Ainsi, on n’est pas sûr si la population de Hoyt (Hinds, 1983) est introduite ou indigène. Des recherches seraient donc nécessaires dans le Sud-Ouest de la province, surtout dans les vallées des rivières Magaguadovic, Oromocto, Digdeguash et St. Croix.

Les deux disparitions d’Arthabaska et de Trout Lake réduisent l’aire de répartition globale de l’espèce.

D’autre part, au Québec, nos recherches du 4 juillet 2000 (André Sabourin et Alain Gouge) et du 12 juillet 2001 (André Sabourin et Denis Paquette) nous font croire à la disparition de l’emplacement de Wotton. Cette population se trouvait à l’intérieur de l’aire de répartition actuellement connue; ce n’est donc pas une réduction de celle-ci. De plus, une petite sous-population d’environ 100 individus qui se trouvait à la rivière Stoke semble avoir disparu. L’endroit a été nivelé au bulldozer et drainé en 2002, probablement en vue d’une mise en culture (Geoffrey Hall, comm. pers., 2002).

Zone d’occurrence

La zone d’occurrence du Polemonium vanbruntiae est de 644 kilomètres carrés (46 sur 14 km) au Canada et est essentiellement localisée au Québec. La tendance historique à long terme semble avoir été une diminution de la zone d’occurrence, surtout avec la disparition supposée des populations d’Arthabaska, au Québec, et de Trout Lake, au Nouveau-Brunswick.

La zone d’occupation est beaucoup plus réduite, soit d’environ 5,1 hectares au Québec. Chaque emplacement est occupé de la façon suivante :

Saints-Martyrs
0,45 ha (150 x 30 m)
Développement-Boisvert-Est
1,5 ha (200 x 30 m; 200 x 30 m; 100 x 30 m)
Développement-Boisvert-Ouest
0,9 ha (300 x 30 m)
Saint-Adrien
1 m²(1 x 1 m)
Saint-Camille
1,01 ha (100 x 100 m; 10 x 10 m)
Ham-Sud
0,15 ha (50 x 30 m)
Rivière Stoke
1,1 ha (200 x 50; aire de 50 x 30 m disparue en 2002).
Mont-Carrier-Sud
200 m²(20 x 10 m)

La tendance actuelle de la zone d’occupation est un déclin. Cette zone a connu une augmentation, surtout avec les découvertes de 2001 aux emplacements de Saint-Camille et de Ham-Sud (> 1 ha), qui font plus que compenser la disparition de celui de Wotton, qui était minuscule (< 10 ), selon Sabourin et Paquette (1992, 1994), et la disparition d’une sous-population à la rivière Stoke (0,15 ha), en 2002. En 2001, de nouvelles sous-populations ont été trouvées à Développement-Boisvert-Ouest, ce qui a triplé l’aire d’occupation connue en 1992 (0,3 ha, ou 150 sur 20 m); à Développement-Boisvert-Est, une troisième population a été trouvée, la plus petite, celle du centre.

Cependant, bien qu’il y ait eu une augmentation récente du nombre d’emplacements, les nouveaux emplacements correspondent sans doute à des populations qui existaient déjà mais n’étaient pas connues. Étant donné la disparition récente d’emplacements ou de parties d’emplacement, on peut dire qu’il y a eu un léger déclin de la zone d’occupation globale de l’espèce au Québec. Ce déclin correspond probablement en grande partie à une tendance historique et aurait débuté avec l’implantation de l’agriculture et de l’exploitation forestière dans la région.

Par ailleurs, aucune autre découverte récente (depuis 10 ans) n’a été mentionnée par les personnes-ressources, autant au Québec (Couillard, comm. pers., 2001) qu’au Nouveau-Brunswick (Blaney, comm. pers., 2001).