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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) au Canada

Taille et tendances des populations

Le nombre d’individus matures de Polemonium vanbruntiae présentement connus au Canada est estimé à environ 20 000, tous au Québec. En 2001, deux nouvelles populations ainsi que deux nouvelles sous-populations furent découvertes au Québec. Cependant, ces découvertes ne veulent pas dire que l’espèce colonise de nouveaux sites, mais plutôt que ceux-ci n’avaient pas été explorés. La densité d’individus au mètre carré varie de 1 à 20, selon nos observations personnelles; des calculs de densité plus stricts, effectués en 2001, expliquent certaines différences de taille estimative des populations comparativement au rapport de 1992, surtout pour l’emplacement de Développement-Boisvert-Est. Si on tient pour acquis que les populations récemment découvertes avaient toujours existé mais étaient passées inaperçues lors des relevés antérieurs, on peut conclure qu’il y a eu un léger déclin de l’effectif total des populations canadiennes de l’espèce, à cause de la disparition récente de certaines populations et du déclin de trois autres.

Le déclin des zones d’occurrence et d’occupation correspond principalement à une tendance historique. Les découvertes récentes correspondent pour l’essentiel à des populations qui n’avaient pas encore été répertoriées. Sur une note positive, il faut noter que l’agriculture diminue dans certaines régions, comme le haut de la rivière Nicolet, et que certains champs humides abandonnés ont par la suite été envahis par la polémoine de Van Brunt.

Certains emplacements peuvent subir des changements cycliques quant au nombre d’individus, surtout ceux qui ont beaucoup d’individus croissant dans des champs humides agricoles abandonnés. Ceux-ci vont probablement subir l’envahissement progressif des arbres, à moins d’une reprise de l’activité agricole. C’est le cas des emplacements de Développement-Boisvert-Est, de Saint-Camille et de la rivière Stoke, qui abritent environ les trois quarts des individus.

L’espèce a probablement toujours été rare au Canada, puisque la disponibilité des habitats spécialisés qui lui conviennent semble avoir toujours été plutôt limitée, et ceci dans une région restreinte; le fait que ce soit une plante très voyante l’aurait fait remarquer dans d’autres régions si elle y avait été présente. On ne dispose pas des données voulues pour calculer le déclin global des populations, mais il est certain qu’un déclin du nombre des individus (voir plus haut) est survenu depuis dix ans dans deux des emplacements, celui de Saints-Martyrs et celui de la rivière Stoke. Le nombre d’individus disparus doit se situer entre 500 et 1000, mais il s’agit d’une estimation grossière, qui n’est pas fondée sur des inventaires systématiques réalisés sur le terrain. Il est possible que ce déclin se poursuive, mais les efforts visant à acquérir des sites ou à négocier des ententes de conservation avec les propriétaires pourraient le freiner et même l'arrêter.

L’effectif total du Polemonium vanbruntiae au Canada est composé de quelques petites populations et de quelques grandes populations, réparties entre quatre vallées, celles des rivières Nicolet, Nicolet-Nord-Est, Nicolet-Centre et Stoke.

Voici la taille estimative et la cote de qualité des occurrences (emplacements) actuellement connues au Canada (au Québec). Les critères utilisés pour évaluer la qualité des occurrences sont présentés au tableau 1.
EmplacementNombre d’individus maturesCote de qualité
Saints-Martyrs
900
C
Développement-Boisvert-Est
13 000
A
Développement-Boisvert-Ouest
330
C
Saint-Adrien
1
D
Saint-Camille
2 000
C
Ham-Sud
300
C
Rivière Stoke
3 000
C
Mont-Carrier-Sud
70
D

 

Tableau 1. CritèresNote de tableaua utilisés pour évaluer la qualité des occurrences du Polemonium vanbruntiae
Cote de qualitéDescription
Cote Apopulation de plus de 10 000 individus dans un habitat peu ou pas perturbé par les activités humaines et stable à long terme
Cote Bpopulation de 1 000 à 10 000 individus dans un habitat peu ou pas perturbé par les activités humaines et stable à long terme
Cote Cpopulation de 100 à 999 individus dans un habitat perturbé ou non par les activités humaines ou population d’au moins 1 000 individus dans un habitat fortement perturbé par les activités humaines (agriculture, exploitation forestière) et non stable à long terme
Cote Dpopulation de moins de 100 individus dans un habitat perturbé ou non par les activités humaines ou population de moins de 1 000 individus dans un habitat fortement perturbé par les activités humaines (agriculture, exploitation forestière) et non stable à long terme

Notes de tableau

Note de tableau a

Proposés par l’auteur et inspirés de la méthodologie de l’organisme américain The Nature Conservancy. La cote de qualité d’une occurrence actuelle est établie à partir de la taille et de l’état de la population de l’espèce (superficie occupée, densité, nombre d’individus fertiles et végétatifs) et du contexte environnant (intégrité de son habitat et qualité du paysage environnant sous l’angle de l’influence exercée sur la viabilité de l’occurrence). La cote D est considérée comme le seuil de viabilité présumé pour l’espèce.

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