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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae)
au Canada

polémoine de Van Brunt

Espèce menacée 2002

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 24 p.

Rapports précédents :

Sabourin, A., et D. Paquette. 1992. Rapport du CSEMDC sur le statut de la polémoine de Van-Brunt (Polemonium van-bruntiae) au Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 56 p.

Note de production :

Dans les anciennes listes du COSEPAC, la polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) était
appelée « polémoine de van Bruntie ». Le COSEPAC aimerait se montrer reconnaissant envers
André Sabourin pour avoir rédigé le rapport de situation sur la polémoine de Van Brunt (Polemonium
vanbruntiae
) aux termes d'un contrat avec Environnement Canada.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :


Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environment Canada
Ottawa, ON
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web de COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the Van Brunt’s Jacob’s-ladder Polemonium vanbruntiae in Canada.

Illustration de la couverture :

Polémoine de Van Brunt – Réjean Roy

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003
No de catalogue CW69-14/37-2003F-IN
ISBN 0-662-88443-4

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Assessment Summary

Sommaire de l’évaluation – Mai 2000

Nom commun : polémoine de Van Brunt

Nom scientifique: Polemonium vanbruntiae

Statut : Espèce menacée

Justification de la désignation : Quelques populations existantes qui occupent de très petits habitats en péril à cause des répercussions agricoles et des pressions liées à l’exploitation forestière et à d’autres activités récréatives.

Répartition : Québec

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1994. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2002. Dernière évaluation fondée sur la mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Polémoine de Van Brunt
Polemonium vanbruntiae

Information sur l’espèce

La polémoine de Van Brunt (Polemonium vanbruntiae) est une plante herbacée vivace de la famille des Polémoniacées. Les tiges sont dressées, hautes de 40 à 140 cm. Les feuilles sont composées de 7 à 21 folioles oblongues à ovées. Les fleurs, en panicule, sont bleu-violet, mesurent de 15 à 25 mm de diamètre et ont cinq pétales et cinq sépales; les étamines sont jaunes et longuement exsertes. Le fruit est une capsule ovoïde à graines noir brunâtre.

Répartition

La polémoine de Van Brunt ne se trouve que dans le centre des Appalaches, de la Virginie-Occidentale jusqu’à l’Extrême Sud du Québec et à l’Est du Maine. Au Canada, elle n’est connue actuellement que du Québec, dans les régions de l’Estrie et des Bois-Francs, au fond des vallées des rivières Nicolet et Stoke; il y aussi une récolte historique au Nouveau-Brunswick.

Habitat

Cette plante se trouve dans des habitats humides comme les aulnaies riveraines, les clairières humides, les herbaçaies riveraines et les champs humides abandonnés. Ce sont des habitats ouverts ou semi-ouverts, inondés au printemps, aux sols riches, souvent situés près de bas de pentes et au bord de ruisseaux. C’est une plante des montagnes qui se rencontre dans des microclimats frais.

Biologie

L’espèce se reproduit par les graines, ou végétativement par les rhizomes. Les fleurs sont pollinisées par une grande variété d’insectes, surtout les abeilles et les bourdons. La germination des graines ne se fait qu’après une période de conditions froides et sèches.

Taille et tendances des populations

Actuellement, il y a seulement huit populations canadiennes connues, toutes québécoises, avec un total d’environ 20 000 individus. Bien qu’on ait trouvé deux nouvelles populations au Québec en 2001, deux autres sont jugées disparues, et l’espèce connaît un déclin autant de sa zone d’occurrence que de sa zone d’occupation.

Facteurs limitatifs et menaces

L’empiétement par les industries agricoles et forestières est le principal facteur limitant et menaçant la polémoine de Van Brunt. Des populations ont ainsi disparu en partie ou totalement. Les travaux modifiant le drainage, notamment en matière d’infrastructures routières, peuvent aussi être nuisibles et exposer l’habitat à des inondations prolongées ou à un assèchement.

Importance de l’espèce

Le Polemonium vanbruntiae est la seule espèce du genre qui soit indigène du Canada à l’est de l’Alberta. Elle est rare et sporadique dans toute son aire de répartition. Elle a des caractéristiques primitives et serait peut-être une relique. Sa grande beauté lui confère un potentiel horticole pour les jardins humides.

Protection actuelle ou autres désignations

Au Canada, la plante ne se rencontre dans aucun territoire public protégé. Par contre, un site important vient d’être acheté par un organisme privé voué à la conservation, et ce dernier a entrepris et projette d’autres négociations d’achats. L’espèce est désignée menacée autant au Canada qu’au Québec, où elle entre sous la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Sommaire du rapport de situation

Bien que le Polemonium vanbruntiae soit menacé au Canada et en déclin de façon générale, de nouvelles populations ont été découvertes récemment, et des sites potentiels restent à explorer. De plus, des démarches pour sa conservation ont récemment commencé à se concrétiser, et devraient au moins stabiliser la situation.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce dispare (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Footnote1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Footnote2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Footnote3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Footnote4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Footnotes

Footnote 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Footnote 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Footnote 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Footnote 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Polemonium vanbruntiae Britton

Synonymes pertinents :

Polemonium van-bruntiae Britton, Polemonium caeruleum L. subsp. vanbruntiae (Britt.) Davidson

Nom de l’ordre :

Solanales

Nom de la famille :

Polémoniacées

Noms français :

polémoine de Van Brunt, polémonium de Van Brunt

Noms anglais :

Van Brunt’s Jacob’s-ladder, Appalachian Jacob’s-ladder, Eastern Jacob’s-ladder

Commentaire taxinomique :

L’épithète spécifique latine était jusqu'à récemment « van-bruntiae ». Suivant la nomenclature latine internationale, l’épithète « vanbruntiae » a été utilisée officiellement pour la première fois dans une publication francophone en 1998, par le ministère de l’Environnement du Québec (Couillard, 1998; Gouvernement du Québec, 1998). Cependant, des auteurs américains avaient déjà utilisé Polemonium vanbruntiae dans leurs publications en anglais (Johnson et Murray, 1988; Thompson, 1991).

Description

Plante herbacée vivace, à rhizome horizontal. Tiges dressées, hautes de 40 à 140 cm, glabres, robustes, simples. Feuilles alternes, glabres, longues de 2 à 50 cm, larges de 1,5 à 10 cm, composées; folioles entières, acuminées, opposées ou presque, courtement pétiolées, distantes de 1 à 3,5 cm; les feuilles inférieures comportent de 15 à 21 folioles, ovées, longues de 15 à 60 mm et larges de 5 à 25 mm, tandis que les feuilles supérieures comportent de 7 à 15 folioles, oblongues-lancéolées. Les bractées de l’inflorescence sont glabres ou pubescentes-glanduleuses (figure 1).

Inflorescence en panicule plutôt étroite, légèrement pubescente-glanduleuse. Fleurs peu nombreuses, de 2 à 8 par rameau, inodores; corolle bleu-violet, vert jaunâtre à la base, mesurant de 15 à 25 mm de diamètre, glabre, tubulée à la base, avec cinq lobes longs de 12 à 20 mm et larges de 7 à 10 mm; calice variant de vert-pourpre à l’anthèse à vert jaunâtre à maturité, persistant, à cinq sépales longs de 8 à 17 mm et larges de 4 à 6 mm, pubescents, à poils longs jusqu'à 2 mm, faiblement glanduleux; pédicelles densément pubescents-glanduleux, longs de 2 à 15 mm; étamines 5, longuement exsertes, longues de 12 à 18 mm et dépassant la corolle de 4 à 7 mm; anthères jaune orangé, longues de 2 à 5 mm; filets blancs, villeux à la base; style exsert, bleu-violet, un peu plus long que les étamines; stigmate le plus souvent trilobé. Le fruit est une capsule ovoïde, longue de 5 à 7 mm, large de 3 à 4 mm, renfermant le plus souvent trois loges, parfois de quatre à sept; graines noir brunâtre, de un à dix par loge, légèrement ailées. 2n = 18, 36.

Figure 1. Le Polemonium vanbruntiae (dessin de Réjean Roy).

Figure 1.    Le Polemonium vanbruntiae (dessin de Réjean Roy).

Le Polemonium vanbruntiae peut être confondu avec le P. caeruleum et le P. reptans, deux espèces introduites cultivées au Canada, qui s’échappent parfois près des jardins et dans des habitats perturbés. Voici les principales différences entre les trois espèces :
 P. caeruleumP. reptansP. vanbruntiae
1. Étamines et stylelégèrement exserts ou égalant la corolle.inserts ou égalant la corolle.longuement exserts.
2. Tigeshautes de 20 à 90 cm, dressées.hautes de 15 à 50 cm, étalées ou couchées.hautes de 40 à 140 cm, dressées.
3. Folioles des feuilles inférieuresde 19 à 29, lancéolées à oblongues, mesurant jusqu'à 10 mm de largeur.de 11 à 17, lancéolées à ovées, mesurant jusqu'à 20 mm de largeur.de 15 à 21, ovées, mesurant jusqu'à 25 mm de largeur.
4. Sépaleslongs de 5 à 9 mm.longs de 5 à 8 mm.longs de 8 à 17 mm.
5. Habitatbords de routes et terrains vagues.bois riches.habitats humides ouverts ou semi-ouverts.

Les ouvrages facilement accessibles qui donnent les meilleures descriptions sont : Davidson (1950); Fernald (1950); Gleason et Cronquist (1991); Thompson (1991); Sabourin et Paquette (1992, 1994); Couillard (1998); Coursol (2001); ministère de l’Environnement du Québec (2001); NatureServe (2001). La figure 1 illustrant le Polemonium vanbruntiae a été dessinée par Réjean Roy.

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Répartition

Répartition mondiale

Le Polemonium vanbruntiae est une espèce endémique du centre des Appalaches, dans l’Est de l’Amérique du Nord (figure 2). Son aire de répartition va de la Virginie-Occidentale, au sud, jusqu'à l’Extrême-Sud du Québec et à l’Est du Maine, au nord. Il est sporadique dans toute son aire, et il est le plus fréquent dans l’État de New York. Au cours des dix dernières années, il ne semble pas y avoir eu de découvertes démontrant une extension de son aire de répartition (Thompson, 1991; Sabourin et Paquette (1992, 1994); NatureServe (2001).

Figure 2. Répartition du Polemonium vanbruntiae en Amérique du Nord. (La population indigène qui existait autrefois au Nouveau-Brunswick ne figure pas sur la carte.)

1

Répartition canadienne

Au Canada, le Polemonium vanbruntiae n’est présentement connu qu’au Québec. Une population historique (1885) a déjà été signalée dans le Sud-Ouest du Nouveau-Brunswick, à Trout Brook, comté de Charlotte (Sabourin et Paquette, 1992, 1994; ministère de l’Environnement du Québec, 2001), mais elle n’a pas été revue (Hinds, 1986; Blaney, comm. pers., 2001); une autre population signalée dans cette région, à Hoyt, comté de Sunbury, est, selon Hinds (1983), possiblement introduite.

Au Québec, l’espèce a été observée dans les régions des Bois-Francs et de l’Estrie, soit à l’extrémité sud-est de la province. Les populations actuellement connues se trouvent dans trois municipalités régionales de comté (MRC) : Arthabaska, Asbestos et Le-Val-Saint-François.

Emplacements actuellement connus

Voici les emplacements comportant des populations canadiennes de l’espèce, ainsi que le nombre exact de populations présentes dans chacun des emplacements. Il y a présentement, au Canada, huit emplacements connus du Polemonium vanbruntiae, renfermant en tout 12 populations. Selon le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, tout emplacement, ou occurrence, est délimité par une distance minimale de un kilomètre.

  • MRC Arthabaska
  • Saints-Martyrs : une population; dernière observation le 11 septembre 2001 par Alain Meilleur.
  • Développement-Boisvert-Est : trois populations; dernière observation le 2 novembre 2001 par Alain Gouge.
  • Développement-Boisvert-Ouest : une population; dernière observation le 12 juin 2001 par André Sabourin et Alain Gouge.

Note : Ces deux derniers emplacements sont séparés par 1,5 km.

  • MRC Asbestos
  • Saint-Adrien : une population; dernière observation le 12 juillet 2001 par André Sabourin, Denis Paquette et Geoffrey Hall.
  • Saint-Camille : deux populations; dernière observation le 12 juillet 2001 par André Sabourin et Denis Paquette.
  • Ham-Sud : une population; dernière observation le 12 juillet 2001 par André Sabourin, Denis Paquette et Geoffrey Hall.
  • MRC Le-Val-Saint-François
  • Rivière Stoke : deux populations; dernière observation le 11 juillet 2001 par André Sabourin et Denis Paquette.
  • Mont-Carrier-Sud : une population; dernière observation le 11 juillet 2001 par André Sabourin et Denis Paquette.

Nos recherches de l’année 2001 nous ont permis de découvrir deux nouveaux emplacements au Québec, soit ceux de Saint-Camille et de Ham-Sud. Cependant, comme ces nouveaux emplacements se trouvent sur la rivière Nicolet-Centre et ainsi à l’intérieur de l’aire de répartition connue auparavant pour l’espèce, ce n’est pas vraiment une extension d’aire.

Emplacements disparus

Au Québec, le Polemonium vanbruntiae n’a pas été revu depuis 1943 dans la région d’Arthabaska, ou elle ne semble plus présente (Sabourin et Paquette, 1992, 1994). Cette région se trouve un peu au nord-ouest de l’aire de répartition où cette plante est actuellement connue.

Rappelons que l’espèce n’a pas été revue depuis 1885 à Trout Lake, dans le   Sud-Ouest du Nouveau-Brunswick (Hinds, 1986). Par contre, sa situation dans cette région demeure incertaine, faute de recherches significatives. Ainsi, on n’est pas sûr si la population de Hoyt (Hinds, 1983) est introduite ou indigène. Des recherches seraient donc nécessaires dans le Sud-Ouest de la province, surtout dans les vallées des rivières Magaguadovic, Oromocto, Digdeguash et St. Croix.

Les deux disparitions d’Arthabaska et de Trout Lake réduisent l’aire de répartition globale de l’espèce.

D’autre part, au Québec, nos recherches du 4 juillet 2000 (André Sabourin et Alain Gouge) et du 12 juillet 2001 (André Sabourin et Denis Paquette) nous font croire à la disparition de l’emplacement de Wotton. Cette population se trouvait à l’intérieur de l’aire de répartition actuellement connue; ce n’est donc pas une réduction de celle-ci. De plus, une petite sous-population d’environ 100 individus qui se trouvait à la rivière Stoke semble avoir disparu. L’endroit a été nivelé au bulldozer et drainé en 2002, probablement en vue d’une mise en culture (Geoffrey Hall, comm. pers., 2002).

Zone d’occurrence

La zone d’occurrence du Polemonium vanbruntiae est de 644 kilomètres carrés (46 sur 14 km) au Canada et est essentiellement localisée au Québec. La tendance historique à long terme semble avoir été une diminution de la zone d’occurrence, surtout avec la disparition supposée des populations d’Arthabaska, au Québec, et de Trout Lake, au Nouveau-Brunswick.

La zone d’occupation est beaucoup plus réduite, soit d’environ 5,1 hectares au Québec. Chaque emplacement est occupé de la façon suivante :

Saints-Martyrs
0,45 ha (150 x 30 m)
Développement-Boisvert-Est
1,5 ha (200 x 30 m; 200 x 30 m; 100 x 30 m)
Développement-Boisvert-Ouest
0,9 ha (300 x 30 m)
Saint-Adrien
1 m²(1 x 1 m)
Saint-Camille
1,01 ha (100 x 100 m; 10 x 10 m)
Ham-Sud
0,15 ha (50 x 30 m)
Rivière Stoke
1,1 ha (200 x 50; aire de 50 x 30 m disparue en 2002).
Mont-Carrier-Sud
200 m²(20 x 10 m)

La tendance actuelle de la zone d’occupation est un déclin. Cette zone a connu une augmentation, surtout avec les découvertes de 2001 aux emplacements de Saint-Camille et de Ham-Sud (> 1 ha), qui font plus que compenser la disparition de celui de Wotton, qui était minuscule (< 10 ), selon Sabourin et Paquette (1992, 1994), et la disparition d’une sous-population à la rivière Stoke (0,15 ha), en 2002. En 2001, de nouvelles sous-populations ont été trouvées à Développement-Boisvert-Ouest, ce qui a triplé l’aire d’occupation connue en 1992 (0,3 ha, ou 150 sur 20 m); à Développement-Boisvert-Est, une troisième population a été trouvée, la plus petite, celle du centre.

Cependant, bien qu’il y ait eu une augmentation récente du nombre d’emplacements, les nouveaux emplacements correspondent sans doute à des populations qui existaient déjà mais n’étaient pas connues. Étant donné la disparition récente d’emplacements ou de parties d’emplacement, on peut dire qu’il y a eu un léger déclin de la zone d’occupation globale de l’espèce au Québec. Ce déclin correspond probablement en grande partie à une tendance historique et aurait débuté avec l’implantation de l’agriculture et de l’exploitation forestière dans la région.

Par ailleurs, aucune autre découverte récente (depuis 10 ans) n’a été mentionnée par les personnes-ressources, autant au Québec (Couillard, comm. pers., 2001) qu’au Nouveau-Brunswick (Blaney, comm. pers., 2001).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Québec, nos observations personnelles nous indiquent que le Polemonium vanbruntiae se trouve dans des habitats humides, ouverts à semi-ouverts, rarement ombragés. Il occupe des zones inondables saisonnières comme les aulnaies ou saulaies marécageuses, les herbaçaies riveraines de rivière ou de ruisseaux, les clairières humides, les cuvettes et les dépressions herbacées. De ces milieux naturels stables, il s’échappe parfois dans des milieux de transition que sont les champs humides incultes ou abandonnés, ou les fossés des chemins forestiers.

Ces habitats humides se trouvent souvent près de bas de pentes et de sites de ruissellement, à moins d’être situés près de rivières. L’espèce tolère les inondations printanières ou saisonnières, mais non permanentes ou prolongées pendant toute la saison de croissance.

Au Québec, l’aulnaie ouverte ou semi-ouverte semble être l’habitat primitif naturel. C’est donc un habitat relativement spécialisé. Aux États-Unis, cette polémoine est considérée comme une espèce facultative des milieux humides (FACW : Facultative Wetland species), c’est-à-dire qu’il y a entre 67 et 99 p. 100 des probabilités qu’elle occupe des milieux humides lorsqu’elle se trouve dans un habitat naturel (Rhoads et Klein, 1993; Magee et Ahles, 1999). Au Québec, nos observations personnelles nous font croire que c’est aussi le cas, et même qu’elle est très près d’être une plante obligée des habitats humides.

Au Québec, la polémoine de Van Brunt se trouve dans des milieux où la topographie est plane ou en pente faible, même si elle se trouve dans la région montagneuse des Appalaches. Ce type de relief favorise l’accumulation de sédiments et d’alluvions qui enrichissent les sols. Les bas de pente et autres milieux où il y a du drainage oblique ou du ruissellement sont propices à la formation des sols riches, profonds et humides que recherche la polémoine de Van Brunt. Ce substrat est généralement peu ou pas pierreux.

Le climat des régions québécoises occupées par la plante est frais puisqu’elle se trouve à des altitudes moyennement élevées, soit entre 205 et 355 mètres. Plus au sud, la polémoine recherche aussi le climat frais des montagnes, et elle atteint plus de 1 200 mètres d’altitude en Virginie-Occidentale (NatureServe, 2001).

La polémoine de Van Brunt ne croît presque jamais sur des substrats instables, et seuls les fossés de chemins forestiers correspondent un peu à ce type de milieu; en fait, nous n’avons observé cette plante dans des fossés qu’à deux emplacements, soit aux deux Développement-Boisvert.

Les espèces de plantes les plus fréquemment associées au Polemonium vanbruntiae, soit dans presque tous les emplacements québécois, sont les Alnus incana subsp. rugosa, Calamagrostis canadensis, Clematis virginiana, Carex spp., Doellingeria umbellata, Eupatorium maculatum, Salix spp., Spiraea latifolia et Thalictrum pubescens.

Les hautes vallées de la rivière Nicolet et de ses principaux affluents, ainsi que la vallée de la rivière Stoke sont les aires essentielles à la survie du Polemonium vanbruntiae au Québec et au Canada. Bien que ces vallées soient déjà fragmentées, l’espèce bénéficie encore d’aires de dimensions suffisantes pour son maintien; cependant, les industries agricoles et forestières devront limiter leur expansion autour des emplacements de polémoines. Il est à noter que ces industries sont stables ou en expansion dans les vallées des rivières Nicolet-Centre et Stoke, alors que l’agriculture décline dans la haute vallée de la rivière Nicolet.

Tendances

L’étendue passée des emplacements actuels est inconnue. La disparition de l’emplacement de Wotton, entre 1991 et 2000, s’explique par l’implantation d’une culture de sapins de Noël. Depuis 10 ans, d’autres populations ont subi des pertes en nombre d’individus, mais non en superficie occupée; il s’agit de l’emplacement de Saints-Martyrs, où il y a eu une coupe forestière, et de la partie nord de l’emplacement de la rivière Stoke, où il y a eu labour partiel et fauchage d’un champ.

Ce dernier site est le plus menacé de tous, mais les emplacements de la rivière Stoke et de Mont-Carrier-Sud sont généralement menacés par l’agriculture, qui se trouve déjà à proximité et qui pourrait éventuellement les faire disparaître.

Par ailleurs, des habitats potentiels semblent exister dans les vallées environnantes. Les plus favorables sont les vallées des rivières Nicolet-Sud-Ouest et Watopéka, situées à l’intérieur de la zone d’occurrence, et les vallées des rivières Bécancour, Bulstrode et Saint-François, à l’extérieur de la même zone d’occurrence.

En ce moment, aucun site n’est officiellement protégé par une instance publique au Québec.

Protection et propriétédes terrains

Actuellement, tous les emplacements québécois occupés par le Polemonium vanbruntiae sont situés dans des propriétés privées.

La partie nord de l’emplacement de Développement-Boisvert-Est vient d’être achetée, en septembre 2001, par la Société de conservation des milieux humides du Québec (SCMHQ), organisme privé voué à la conservation. Le but de cet achat était justement la protection du Polemonium vanbruntiae. L’emplacement de Saints-Martyrs bénéficie également d’une entente de conservation (Alain Gouge, comm. pers., 2001); c’est aussi le cas pour les parties sud et centre de l’emplacement de Développement-Boisvert-Est. Comme le premier de ces deux emplacements est le plus important en nombre d’individus et en superficie occupée et que l’emplacement de Saints-Martyrs est dans la moyenne, c’est une importante proportion de l’habitat de l’espèce qui est protégé ou pourrait l’être dans un proche avenir.

Par ailleurs, des négociations sont en cours ou prévues en vue de la protection d’autres emplacements (Line Couillard, ministère de l’Environnement du Québec, comm. pers., 2001).

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Biologie

Généralités

Les deux facteurs les plus importants pour bien comprendre le statut de conservation de cette espèce sont la reproduction et les conditions climatiques. En effet, les graines de la polémoine de Van Brunt semblent ne pouvoir germer qu’après une période de conditions froides et sèches. D’un autre côté, la plante peut se reproduire végétativement.

Reproduction

Le Polemonium vanbruntiae peut se reproduire de façon végétative ou par voie sexuée. La reproduction asexuée, ou végétative, se fait par les rhizomes horizontaux de cette plante vivace. Au Vermont, E. Thompson (1991) observa que parfois des centaines de tiges se rejoignaient dans le sol, pour former un clone de plusieurs dizaines de « pieds carrés ». Ce phénomène réduirait alors le nombre d’individus génétiquement distincts des populations québécoises, où il semble aussi y avoir des clones.

Quant à la reproduction sexuée, elle se fait par la pollinisation croisée et surtout à l’aide d’insectes. Wherry (1935) et Thompson (1991) disent qu’elle est faite par les abeilles domestiques (Apis mellifera) et les bourdons (Bombus sp.). Nos observations de 1991 et de 1992 (Sabourin et Paquette, 1992, 1994) indiquent qu’il y a plusieurs autres types d’insectes, comme des papillons, et même un oiseau, le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris), qui fréquentent les fleurs de cette polémoine. Il se peut donc que l’espèce puisse produire une grande quantité de nectar. Selon NatureServe (2001), la plante est auto-incompatible.

Un facteur très important à considérer est la germination des graines. Ainsi, Brumback (1989) note qu’après diverses expériences, les graines de cette espèce ne germent pas du tout sous des conditions de froid humide. Par contre, cet auteur ajoute que les graines germent très bien après avoir été tenues sous des conditions de froid sec (entre septembre 1986 et avril 1987). Il ne mentionne pas pendant combien de temps les graines ont été conservées avant la germination, ni dans quelles conditions de température, d’humidité et de luminosité elles l’ont été. Par ailleurs, des expériences réalisées au Jardin botanique de Montréal révèlent que l’espèce présente un faible taux de germination, de 0 à 15 p. 100 (A. Meilleur, comm. pers., 2002).

Survie

Peu de renseignements sont disponibles à ce sujet. Nos observations sur le terrain démontrent une petite prédation de la part du cerf de Virginie (Odocoilus virginianus), qui peut parfois brouter quelques tiges, mais ce n’est pas un facteur important au Canada.

Physiologie

Le Polemonium vanbruntiae atteint sa limite septentrionale au Québec, soit autour du 46° de latitude Nord, à Saint-Martyrs-Canadiens. L’altitude de cet emplacement étant aussi la plus haute au Québec pour l’espèce, avec environ 65 mètres de plus que le deuxième, il est possible que cette plante se trouve encore plus au nord.

La faculté d’adaptation de l’espèce aux changements de son environnement semble bonne puisqu’on l’a trouvée dans des fossés de chemins forestiers et des champs humides agricoles abandonnés. Il faut toutefois qu’elle y trouve une humidité suffisante et adéquate, soit sans inondation ni sécheresse prolongées pendant toute la saison végétative. À ce sujet, un phénomène intéressant se produit dans les aulnaies, où la polémoine se trouve souvent sur les monticules formés au pied des aulnes. Selon NatureServe (2001), la plante semble avoir une tolérance écologique relativement grande, même si on indique qu’elle aurait un registre limité au niveau du pH et que les milieux ouverts arrosés par des ruisseaux à pH circumneutre semblent constituer l’habitat idéal. Selon Wherry (1935), le pH varie de circumneutre à légèrement acide.

La polémoine de Van Brunt est une plante vivace qui se rencontre dans les sols riches et profonds. Au Québec, sa floraison va environ du 20 juin au 25 juillet, selon les années, et dure donc environ cinq semaines. Les fruits sont mûrs au moins à partir de la mi-août.

Déplacements et dispersion

La dispersion des graines se fait le plus facilement pendant l’hiver. À cette période de l’année, les tiges dépassent de la couche de neige, et les graines peuvent être dispersées par le vent sur la croûte ou la surface neigeuse; parfois, les tiges peuvent se briser puis rouler au vent. La distance parcourue peut alors aller jusqu'à plusieurs centaines de mètres.

Nutrition et interactions interspécifiques

Le Polemonium vanbruntiae ne vit pas en symbiote ni en parasite avec d’autres espèces. Cependant, les plantes compagnes fournissent, en se décomposant avec l’aide des micro-organismes, la matière organique nécessaire à la formation des sols riches et profonds que fréquente la polémoine. Évidemment, les alluvions apportées par les rivières ou ruisseaux, et le drainage ou ruissellement oblique, sont aussi importants.

À part le cerf de Virginie, la plante peut être broutée par des insectes, mais ces interactions négatives ne semblent pas importantes.

Comportement et adaptabilité

La polémoine de Van Brunt tolère un certain niveau de changement de son habitat, mais ne tolère pas les grands changements, comme les inondations permanentes ou l’assèchement des sols. Au sujet des inondations permanentes, l’exemple se voit à Saint-Adrien, où la population est presque disparue (un seul individu observé en 2001) à la suite de l’élargissement de la route située à proximité, qui a modifié le drainage et provoqué une inondation prolongée.

D’autre part, à la rivière Stoke, un des deux sites, celui au nord, a été fauché et en partie labouré à la fin des années 1990. Plusieurs individus de polémoine disparurent alors. C’est aussi ce qui est arrivé à l’emplacement de Saints-Martyrs, mais cette fois, c’est une coupe forestière et le drainage qui ont été pratiqués.

La transplantation a déjà été effectuée avec succès. Il y a au moins 18 spécimens vivants au Jardin botanique de Montréal. À cet endroit, une équipe a récemment entrepris des travaux de culture et de germination sur les plantes en situation précaire ou en péril au Québec, et le Polemonium vanbruntiae est en tête de leur liste (A. Meilleur, comm. pers. 2002).

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Taille et tendances des populations

Le nombre d’individus matures de Polemonium vanbruntiae présentement connus au Canada est estimé à environ 20 000, tous au Québec. En 2001, deux nouvelles populations ainsi que deux nouvelles sous-populations furent découvertes au Québec. Cependant, ces découvertes ne veulent pas dire que l’espèce colonise de nouveaux sites, mais plutôt que ceux-ci n’avaient pas été explorés. La densité d’individus au mètre carré varie de 1 à 20, selon nos observations personnelles; des calculs de densité plus stricts, effectués en 2001, expliquent certaines différences de taille estimative des populations comparativement au rapport de 1992, surtout pour l’emplacement de Développement-Boisvert-Est. Si on tient pour acquis que les populations récemment découvertes avaient toujours existé mais étaient passées inaperçues lors des relevés antérieurs, on peut conclure qu’il y a eu un léger déclin de l’effectif total des populations canadiennes de l’espèce, à cause de la disparition récente de certaines populations et du déclin de trois autres.

Le déclin des zones d’occurrence et d’occupation correspond principalement à une tendance historique. Les découvertes récentes correspondent pour l’essentiel à des populations qui n’avaient pas encore été répertoriées. Sur une note positive, il faut noter que l’agriculture diminue dans certaines régions, comme le haut de la rivière Nicolet, et que certains champs humides abandonnés ont par la suite été envahis par la polémoine de Van Brunt.

Certains emplacements peuvent subir des changements cycliques quant au nombre d’individus, surtout ceux qui ont beaucoup d’individus croissant dans des champs humides agricoles abandonnés. Ceux-ci vont probablement subir l’envahissement progressif des arbres, à moins d’une reprise de l’activité agricole. C’est le cas des emplacements de Développement-Boisvert-Est, de Saint-Camille et de la rivière Stoke, qui abritent environ les trois quarts des individus.

L’espèce a probablement toujours été rare au Canada, puisque la disponibilité des habitats spécialisés qui lui conviennent semble avoir toujours été plutôt limitée, et ceci dans une région restreinte; le fait que ce soit une plante très voyante l’aurait fait remarquer dans d’autres régions si elle y avait été présente. On ne dispose pas des données voulues pour calculer le déclin global des populations, mais il est certain qu’un déclin du nombre des individus (voir plus haut) est survenu depuis dix ans dans deux des emplacements, celui de Saints-Martyrs et celui de la rivière Stoke. Le nombre d’individus disparus doit se situer entre 500 et 1000, mais il s’agit d’une estimation grossière, qui n’est pas fondée sur des inventaires systématiques réalisés sur le terrain. Il est possible que ce déclin se poursuive, mais les efforts visant à acquérir des sites ou à négocier des ententes de conservation avec les propriétaires pourraient le freiner et même l'arrêter.

L’effectif total du Polemonium vanbruntiae au Canada est composé de quelques petites populations et de quelques grandes populations, réparties entre quatre vallées, celles des rivières Nicolet, Nicolet-Nord-Est, Nicolet-Centre et Stoke.

Voici la taille estimative et la cote de qualité des occurrences (emplacements) actuellement connues au Canada (au Québec). Les critères utilisés pour évaluer la qualité des occurrences sont présentés au tableau 1.
EmplacementNombre d’individus maturesCote de qualité
Saints-Martyrs
900
C
Développement-Boisvert-Est
13 000
A
Développement-Boisvert-Ouest
330
C
Saint-Adrien
1
D
Saint-Camille
2 000
C
Ham-Sud
300
C
Rivière Stoke
3 000
C
Mont-Carrier-Sud
70
D

 

Tableau 1. CritèresNote de tableaua utilisés pour évaluer la qualité des occurrences du Polemonium vanbruntiae
Cote de qualitéDescription
Cote Apopulation de plus de 10 000 individus dans un habitat peu ou pas perturbé par les activités humaines et stable à long terme
Cote Bpopulation de 1 000 à 10 000 individus dans un habitat peu ou pas perturbé par les activités humaines et stable à long terme
Cote Cpopulation de 100 à 999 individus dans un habitat perturbé ou non par les activités humaines ou population d’au moins 1 000 individus dans un habitat fortement perturbé par les activités humaines (agriculture, exploitation forestière) et non stable à long terme
Cote Dpopulation de moins de 100 individus dans un habitat perturbé ou non par les activités humaines ou population de moins de 1 000 individus dans un habitat fortement perturbé par les activités humaines (agriculture, exploitation forestière) et non stable à long terme

Notes de tableau

Note de tableau a

Proposés par l’auteur et inspirés de la méthodologie de l’organisme américain The Nature Conservancy. La cote de qualité d’une occurrence actuelle est établie à partir de la taille et de l’état de la population de l’espèce (superficie occupée, densité, nombre d’individus fertiles et végétatifs) et du contexte environnant (intégrité de son habitat et qualité du paysage environnant sous l’angle de l’influence exercée sur la viabilité de l’occurrence). La cote D est considérée comme le seuil de viabilité présumé pour l’espèce.

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Facteurs limitatifs et menaces

Nos observations personnelles nous indiquent que les facteurs qui limitent ou menacent le plus le Polemonium vanbruntiae au Québec sont l’agriculture et l’exploitation forestière.

L’agriculture le fait par le fauchage, le labour, le drainage et la culture d’arbres (sapins) de Noël, surtout chez les prairies humides et/ou riveraines. C’est ce qui s’est produit aux emplacements de la rivière Stoke et de Wotton, et c’est ce qui risque de se produire aux emplacements de Saint-Camille et de Mont-Carrier-Sud, parce que l’agriculture est déjà pratiquée à proximité.

L’exploitation forestière, par les coupes et le drainage, a déjà fait disparaître une partie de l’emplacement de Saints-Martyrs. Ceci peut se reproduire ailleurs, mais les ententes de conservation et les achats de terrains déjà pratiqués et à venir pourraient arrêter la tendance.

Les travaux d’infrastructure routière constituent une autre menace, en modifiant le drainage, comme c’est arrivé à Saint-Adrien. Il y a seulement un autre emplacement situé à proximité d’une route, soit la partie sud de l’emplacement de la rivière Stoke. Par ailleurs, il n’y a pas de projets de barrage dans l’aire d’occurrence de la polémoine.

Finalement, la construction de chalets ou de résidences pourrait nuire, à moyen terme, à une partie de la population de l’emplacement du Développement-Boisvert-Ouest. Quant aux véhicules touts-terrain, ils peuvent piétiner, par leurs passages et leurs sentiers, des parties de populations de polémoines, comme nous l’avons déjà noté sur le site nord du Développement-Boisvert-Est.

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Importance de l'espèce

  • Le Polemonium vanbruntiae est endémique du centre des Appalaches, et se trouve au Canada et aux États-Unis.

  • L’espèce ne remplit pas un rôle écologique important, sauf peut-être pour la survie des insectes qui s’en nourrissent dans les localités où la plante existe.

  • Le genre Polemonium n’est pas monotypique, mais le P. vanbruntiae est la seule de ce genre qui soit indigène du Canada à l’est de l’Alberta (Scoggan, 1979).

  • L’espèce n’est pas en péril à l’échelle mondiale mais elle y est rare (G3) et sporadique (Lavoie, 1992; Argus et Pryer, 1990; NatureServe, 2001).

  • Le taxon est protégé au Canada, étant désigné espèce menacée au Canada depuis 1994 (COSEPAC, 2000) et au Québec depuis 1998 (ministère de l’Environnement, 2001; Coursol, 2001). Il figure sur la liste des plantes rares du Canada depuis 1990 (Argus et Pryer, 1990). Il n’y a pas de formes apparentées qui soient menacées.

  • Les populations canadiennes peuvent présenter une diversité génétique importante pour l’espèce, puisqu’elles se trouvent à la périphérie nord de l’aire de répartition.

  • La polémoine de Van Brunt présente un intérêt scientifique par son caractère primitif; selon Grant (1959), le genre Polemonium est le plus primitif de la tribu des Polémoniacées.

  • La plante est d’intérêt public par sa grande beauté, et ainsi par son potentiel horticole dans les jardins humides. De plus, selon Klimas et Cunningham (1981), les Amérindiens se lavaient les cheveux avec une décoction de ses feuilles. Cox (1985) mentionne les vertus médicinales de deux espèces parentes, les P. caeruleum et P. reptans, comme astringentes et sudorifiques, lesquelles sont recommandées contre la diarrhée, les piqûres, les morsures et les problèmes pulmonaires.

  • Il n’y a pas une opinion publique négative contre cette espèce.

  • On peut confondre le Polemonium vanbruntiae avec le P. caeruleum et le P. reptans, deux espèces cultivées qui s’échappent parfois des cultures, mais poussent dans des milieux un peu plus secs.

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Protection actuelle ou autres désignations

  • Le Polemonium vanbruntiae est désigné espèce menacée au Canada et sera donc protégé par la Loi sur les espèces en péril. Au Québec, la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (L.R.Q., c.E-12.01) interdit de la récolter, de la détruire ou de la posséder hors de son milieu naturel sous peine d’amendes sévères (Couillard, 1998).
  • Au niveau international, l’espèce n’est pas, à ma connaissance, inscrite ou désignée dans le Livre rouge de l’UICN, ou par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), ou dans la Endangered Species Act des États-Unis.
  • La polémoine de Van Brunt ne fait l’objet d’aucune entente internationale.
  • Voici les rangs de priorité les plus récents pour l’espèce (NatureServe, 2001) :
    • Rang global : G3
    • Rangs nationaux :
      • États-Unis : N3
      • Canada : N1
    • Rangs subnationaux :
      • États-Unis : Maine (S1), Maryland (S2), New Jersey (SX), New York (S3), Pennsylvanie (S1), Vermont (S2), Virginie-Occidentale (S2); l’espèce est désignée menacée au Vermont (Thompson,1989) et en voie de disparition au Maine (Magee et Ahles, 1999)
      • Canada : Nouveau-Brunswick (SH), Québec (S1)
  • Au Canada, l’espèce a été désignée menacée au Canada, en 1994, par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC, 2000), et menacée au Québec, en 1998, par le gouvernement du Québec (1998).
  • Au Canada et au Québec, il n’y a pas d’aires publiques protégées où l’espèce se trouve. Cependant, un organisme privé, la Société de conservation des milieux humides du Québec (SCMHQ), vient d’acquérir la partie nord de l’emplacement de Développement-Boisvert-Est, qui abrite la plus grande population de Polemonium vanbruntiae du Québec (Alain Gouge, verbatim, le 16 octobre 2001).

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Sommaire du rapport de situation

Le déclin des zones d’occurrence et d’occupation du Polemonium vanbruntiae correspond principalement à une tendance historique, même si des baisses d’effectif ont été constatées récemment dans certaines localités. Il existe au Canada environ 20 000 individus de l’espèce, répartis entre huit localités toutes situées au Québec. Les menaces actuelles ou potentielles, surtout liées aux activités agricoles et forestières, devraient se maintenir à court, à moyen et à long terme, si aucune mesure d’atténuation n’est prise.

Deux nouvelles populations et deux nouvelles sous-populations ont été découvertes en 2001 au Québec. Ainsi, il est évident qu’il y a encore un potentiel de découvertes au Québec, dans les vallées déjà connues pour l’espèce et aussi dans les vallées voisines, même si les recherches sont souvent infructueuses et doivent être faites dans un habitat difficile. Il y aurait aussi du potentiel dans le Sud-Ouest du Nouveau-Brunswick.

De plus, l’acquisition et les ententes en cours ou prévues entre les propriétaires d’emplacements et la Société de conservation des milieux humides du Québec, et aussi le ministère de l’Environnement du Québec, permettent d’espérer un arrêt des tendances déclinantes et une stabilisation de la situation de l’espèce.

Enfin, des recherches prochaines semblent nécessaires pour mieux connaître la situation réelle et actuelle de cette plante, autant au Québec qu’au Nouveau-Brunswick. Elles devraient faire partie d’un plan de rétablissement du Polemonium vanbruntiae au Canada, ainsi que d’une entente de partenariat entre le COSEPAC, le ministère de l’Environnement du Québec, le ministère des Ressources naturelles et de l’Énergie du Nouveau-Brunswick, la SCMHQ, le Jardin botanique de Montréal et d’autres organismes publics ou privés du Canada et des deux provinces concernées.

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Résumé technique

Polemonium vanbruntiae

Polémoine de Van Brunt – Van Brunt’s Jacob’s-ladder

Répartition au Canada :

Québec

Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km²):

644 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue):

Déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurence (ordre de grandeur < 1 )?

Non

Zone d’occupation (km²)

Environ 5 ha

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Léger déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur < 1)?

Non

Nombre d’emplacements existants

8 emplacements, renfermant 11 sous-populations

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Léger déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur < 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)

Léger déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : en années, en mois, en jours, etc.)

Chez de nombreuses espèces du genre, il faut environ 2 ans avant que la plante fleurissent amplement.

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)

20 000 (estimation)

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte)

Environ de 4 à 7 p. 100

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur < 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individus/année)?

Oui

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

  1. Saints-Martyrs : 900
  2. Développement-Boisvert-Est :13 000
  3. Développement-Boisvert-Ouest : 330
  4. Saint-Adrien : 1
  5. Saint-Camille : 2 000
  6. Ham-Sud : 300
  7. Rivière Stoke : 3 000
  8. Mont-Carrier-Sud : 70

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Tendance inconnue. Les nouvelles populations ont été découvertes dans des localités qui n’avaient jamais fait l’objet de relevés.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre des populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Agriculture (fauchage, drainage, labour, culture d’arbres de Noël);
  • exploitation forestière (coupes, drainage);
  • infrastructures routières (inondations prolongées);
  • expansion résidentielle;
  • sentiers de véhicules tout-terrain utilisation de ceux-ci.

Effet d’une immigration de source externe

Élevé / moyen / faible
Peu probable, étant donné la distance de l’aire principale de l’espèce.         

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Nouveau-Brunswick : ? (possible)

États-Unis : oui

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Maine : en voie de disparition (S1)

New York : rare (S3)

Vermont : menacée (S2)

L’immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Improbable?

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour des individus immigrants à l’endroit en question?

Oui

Analyse quantitative

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Remerciements

L’auteur voudrait remercier ses compagnons de recherche sur le terrain, les botanistes Denis Paquette et Geoffrey Hall, et le biologiste Alain Gouge, de la Société de conservation des milieux humides du Québec (SCMHQ), qui a financé une journée et fourni la liste des propriétaires des emplacements de polémoine. Je remercie Mme Line Couillard, du ministère de l’Environnement du Québec, M. Alain Meilleur, de l’Institut de recherche en biologie végétale, M. Stuart Hay, de l’Herbier Marie-Victorin, et M. Sean Blaney, du Centre de données sur la conservation du Canada atlantique, qui m’ont donné des renseignements sur l’espèce. Finalement, je remercie M. Réjean Roy, qui a réalisé et fourni le dessin de l’espèce. Le présent rapport a été financé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

Argus, G.W., et K.M. Pryer. 1990. Les plantes vasculaires rares du Canada : notre patrimoine naturel. Musée canadien de la nature, Ottawa,192 p. + cartes de répartition.

Brumback, W.E. 1989. Notes on propagation of rare New England Species. Rhodora91 : 154-162.

COSEPAC. 2000. Espèces canadiennes en péril, novembre 2000. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, 26 p.

Couillard, L. 1998. Espèces menacées au Québec - La polémoine de Van Brunt. Gouvernement du Québec, ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, Québec, 4 p.

Coursol, F. 2001. Plantes menacées au Québec - Polémoine de Van Brunt. Ministère de l’Environnement du Québec, Direction du patrimoine écologique et du développement durable, Québec, 2 p.

Cox, D.D. 1985. Common Flowering Plants of the Northeast. State University of New York Press, Albany (New York), 418 p.

Davidson, J.F. 1950. The genus Polemonium (Tournefort) L. University of California Publications in Botany 23 : 209-282.

Fernald, M.L. 1950. Gray’s Manual of Botany. American Book Company, New York, lxiv + 1632 p.

Gleason, H.A., et A. Cronquist. 1991. Manual of Vascular Plants of Northeastern United States and Adjacent Canada, 2nd Edition. The New York Botanical Garden, New York, lxxv + 910 p.

Gouvernement du Québec. 1998. Règlement sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats. Gazette officielle du Québec130 (17) : 2151-2154.

Grant, V. 1959. Natural history of the Phlox family, volume 1 : Systematic Botany. Martinus Nyhoff, La Haye, Pays-Bas.

Hinds, H.H. 1983. Les plantes vasculaires rares du Nouveau-Brunswick. Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 41 p.

Hinds, H.H. 1986. Flora of New Brunswick. Primrose Press, Fredericton (Nouveau-Brunswick), 460 p. + cartes de répartition.

Johnson, D.M., et N. Murry. 1988. Polemonium vanbruntiae (Polemoniaceae) in Maine. Rhodora 90 : 453-454.

Klimas, J.E., et J.A. Cunningham. 1981. Wildflowers of Eastern America. Galahad Books, New York, page 139.

Lavoie, G. 1992. Plantes vasculaires susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec. Direction de la conservation et du patrimoine écologique, ministère de l’Environnement du Québec, Québec, xiii + 180 p.

Magee, D.W., et H.E. Ahles.1999. Flora of the Northeast : A Manual of the Vascular Flora of New England and Adjacent New York. University of Massachusetts Press, Amherst (Massachusetts), 1213 p.

Ministère de l’Environnement du Québec. 2001. Plantes menacées au Québec - Polémoine de Van Brunt. Site Web : http ://www.menv.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/polemoine.htm

NatureServe : An online encyclopedia of life. 2001. Version 1.5, Arlington, Virginie, États-Unis : Association for Biodiversity Information.

Rhoads, A.F., et W.M. Klein, Jr. 1993. The Vascular Flora of Pennsylvania : Annotated Checklist and Atlas. American Philosophical Society, Philadelphie (Pennsylvanie) 636 p.

Sabourin, A., et D. Paquette. Septembre 1992. Rapport du CSMDC sur le statut de la polémoine de Van-Brunt (Polemonium van-bruntiae) au Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, 56 p.

Sabourin, A., et D. Paquette. 1994. COSEWIC status report on the Van Brunt’s Jacob’s-ladder, Polemonium van-bruntiae, in Canada. Comité sur les espèces en péril au Canada, 36 p.

Scoggan, H.J. 1979. The Flora of Canada, Volume 4. Musée national des sciences naturelles, Ottawa, Pages 1117-1711.

Thompson, E. 1989. Vermont’s rare, threatened and endangered plant species. Vermont Natural Heritage Program, Waterbury (Vermont).

Thompson, E.H. 1991. Polemonium vanbruntiae. Element Stewarship Abstract. Eastern Heritage Task Force, The Nature Conservancy, Boston, 10 p.

Wherry, E.T. 1935. Polemonium and Polemoniella in the Eastern States. Bartonia
17 : 5-12.

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Sommaire biographique du contractuel

André Sabourin a une formation de géographe, avec un baccalauréat spécialisé en géographie obtenu en 1972 de l’Université du Québec à Montréal. De 1973 à 1988, il fait de la botanique comme loisir, et devient botaniste autodidacte. En 1989, il obtient son premier contrat professionnel, du CSMDC. En 1991, il publie le Guide des Crucifères sauvages de l’Est du Canada. En 1991 et en 1992, il fait une recherche sur le Polemonium vanbruntiae pour le CSMDC, et produit son rapport en 1992. Dans les années 1997 et 2000, il retourne sur le terrain pour le ministère de l’Environnement du Québec et la Société de conservation des milieux humides du Québec, pour aider à la conservation de cette espèce menacée. Il est le botaniste canadien qui connaît le mieux cette plante et son habitat.

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Experts consultés

  • Couillard, L. Octobre 2001. Responsable des plantes menacées ou vulnérables, au ministère de l’Environnement du Québec, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, 675, boulevard René-Lévesque Est, 10e étage, Boîte 21, Québec (Québec) G1R 5V7.

  • Blaney, S. Octobre 2001. Botaniste, Centre de données sur la conservation du Canada atlantique, C.P. 6416, Sackville (Nouveau-Brunswick) E4l 1C6.

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Collections examinées

Herbier Marie-Victorin (MT), à Montréal : communication avec Stuart Hay, l’assistant-conservateur.

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