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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le phoque commun de la sous-espèce de l'Atlantique et de l'est de l'Arctique et de la sous-espèce des Lacs des Loups Marins au Canada - Mise à jour

Résumé

Phoque commun
Phoca vitulina
sous-espèce de l'Atlantique et de l'est de l'Arctique (Phoca vitulina concolor)
sous-espèce des Lacs des Loups Marins (Phoca vitulina mellona)

Information sur l’espèce

Le phoque commun (Phoca vitulina) est un petit pinnipède au pelage de coloration variable et tachetée de brun, de noir et de blanc jaunâtre. Dans l’est du Canada, peu d’individus mesurent plus de 154 cm, pèsent plus de 100 kg et ont plus de 30 ans. Le P. v. richardsi est la sous-espèce présente sur la côte ouest du Canada. Dans l’est du pays, le phoque commun compte deux unités désignables (UD) qui constituent des sous-espèces distinctes. Une UD, le P. v. mellonae, comprend les phoques d’eau douce de la région des lacs des Loups Marins, dans la péninsule d’Ungava, au Québec. Cette UD est endémique au Québec et au Canada. L’autre unité, le P. v. concolor, comprend les phoques communs présents sur les côtes canadiennes de l’Atlantique et de l’Arctique, et s’étend jusqu’au Groenland, à Saint-Pierre-et-Miquelon et aux États-Unis.

Répartition

La compréhension de la répartition actuelle des phoques communs dans de nombreuses régions de l’est du Canada se fonde sur des observations anecdotiques plutôt que sur des relevés dirigés. Des phoques communs sont toujours présents en un certain nombre d’endroits dans l’est de l’Arctique canadien, y compris certaines rivières. Dans le passé, des phoques communs montaient occasionnellement le Saint-Laurent jusqu’aux Grands Lacs. L’espèce se trouve en de nombreux endroits le long du fleuve Saint-Laurent et son estuaire, près du golfe du Saint-Laurent, le long du littoral sud de la Nouvelle-Écosse, y compris l’île de Sable, dans la baie de Fundy et dans des zones le long des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador. Les changements dans la répartition au fil du temps sont flous.

La répartition de la population continentale du Québec est encore plus limitée. Selon les Cris et les Inuits de Whapmagoostui et de Juujjuarapik (Poste-de-la-baleine, Québec), l’aire de répartition actuelle du P. v. mellonae englobe les lacs des Loups Marins, le Petit lac des Loups Marins et le lac Bourdel, certains individus ayant déjà été observés au lac à l’Eau-Claire. Contrairement aux phoques communs qui habitent temporairement des zones d’eau douce dans d’autres parties de l’aire de répartition circumboréale septentrionale de l’espèce, la prépondérance de la preuve indique une résidence à long terme toute l’année dans la région des lacs des Loups Marins.

Habitat

Le P. v. concolor habite les eaux infralittorales des côtes canadiennes de l’Atlantique et de l’Arctique, et son habitat est terrestre et aquatique. Il se hisse sur des substrats rocheux ou sablonneux, souvent sur des rochers isolés et des îlots. Le phoque commun ne possède pas de longues griffes frontales et est incapable de percer de trous dans la glace. Il compte donc sur les zones d’eaux libres permanentes ou passe l’hiver aux extrémités de la glace fixe. Il est possible que les changements climatiques créent un nouvel habitat pour le phoque commun dans l’Arctique. Le P. v. mellonae occupe un petit nombre de lacs d’eau douce au Québec.Tout l’habitat du phoque commun au Canada, qu’il soit terrestre ou aquatique, est administré par les gouvernements fédéral, provinciaux ou territoriaux.

Biologie

La saison des naissances chez le P. v. concolor varie; elle est plus tardive à des latitudes élevées. La date moyenne estimée des naissances du P. v. mellonae est beaucoup plus hâtive que celle d’autres populations de phoques communs à des latitudes semblables, ce qui donne à penser que le P. v. mellonae est peut-être isolé du P. v. concolor sur le plan reproductif. Des analyses publiées du contenu stomacal et de selles de phoques communs de l’Atlantique Nord-Ouest indiquent que l’alimentation est variée, mais peu de données ont été recueillies sur celle des phoques communs de l’Arctique. Des analyses d’isotopes stables (carbone et azote) et d’acides gras indiquent que l’alimentation des phoques des lacs des Loups Marins provient de bassins d’eau douce. Le phoque commun est souvent sédentaire, et il est très fidèle à une ou plusieurs échoueries, même s’il a été observé à parcourir de longues distances. Le suivi des déplacements du P. v. mellonae a montré que le phoque préfère les petites zones le long de la côte des lacs et qu’il demeure dans le secteur des lacs des Loups Marins.

Taille et tendances des populations

À l’échelle de l’aire de répartition, il n’existe pas d’estimation de l’abondance du P. v. concolor ni du P. v. mellonae au Canada. Seules quelques portions de l’aire de répartition du phoque commun dans l’est du Canada ont fait l’objet de récents relevés, selon diverses méthodes et à différents degrés d’intensité. La somme des estimations de la population des plus récentes études de l’aire de répartition canadienne du P. v. concolor s’établit à 10 000 individus, estimation qui est probablement biaisée négativement. L’abondance n’affiche aucune tendance marquée. Les estimations de la taille de la population de P. v. mellonae sont imprécises, et vont de 100 à 600 individus. Il s’agit indubitablement d’une petite population, et des preuves indiquent qu’elle a connu un déclin au fil du temps.

Facteurs limitatifs et menaces

La chasse opportuniste de phoques communs a toujours lieu, mais l’importance de cette cause de décès est inconnue. Des phoques communs sont tués accidentellement dans des engins de pêche, ils sont facilement perturbés par l’activité humaine et ils peuvent être menacés par des contaminants environnementaux et certaines maladies. La compétition avec le phoque gris et la prédation des requins constituent probablement des facteurs limitatifs à l’île de Sable. Actuellement, la seule cause connue de décès d’origine humaine chez le P. v. mellonae est la chasse occasionnelle par les peuples autochtones. L’aménagement hydroélectrique dans le nord du Québec aurait probablement des incidences négatives pour la sous-espèce.

Importance de l’espèce

Le P. v. mellonae constitue la seule population de phoques communs connue au monde qui est limitée aux milieux d’eau douce. L’espèce est objet de vénération par les Cris et les Inuits du nord du Québec.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le P. v. mellonae a été désigné espèce préoccupante par le COSEPAC en avril 1996, « données insuffisantes » par l’UICN et « susceptible d’être désigné espèce menacée ou vulnérable » par le gouvernement du Québec. Il est classifié N2S1 (N2 « en péril » au Canada, S1 « gravement en péril » au Québec) par NatureServe.L’habitat de la population n’est pas protégé. Le P. v. concolor a été désigné indéterminé (données insuffisantes) par le COSEPAC en avril 1999, et « espèce non classée » par NatureServe. La gestion des mammifères marins au Canada est régie par le Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches. La chasse au phoque commun est actuellement interdite dans le Canada atlantique. Certaines échoueries sont protégées contre l’aménagement par des aires protégées fédérales et provinciales.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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