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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gentiane blanche au Canada – Mise à jour

Résumé

Gentiane blanche
Gentiana alba

Information sur l'espèce

La gentiane blanche peut atteindre 90 cm de hauteur, mais retombe généralement sur la végétation adjacente. Chaque individu peut produire jusqu'à une douzaine de tiges, ou même davantage. Les feuilles sont opposées, charnues, vert jaunâtre. Les fleurs sont dressées, de blanc verdâtre à blanc jaunâtre, en groupes terminaux. La gentiane blanche est la seule gentiane indigène du Canada présentant les caractères susmentionnés. Outre la couleur des fleurs et des feuilles, il faut signaler les sépales carénés de l’espèce, qui permettent de la distinguer des variantes à fleurs blanches de la gentiane d'Andrews (G. andrewsii), espèce étroitement apparentée. Le nom scientifique de l'espèce ne fait pas l'unanimité parmi les taxinomistes, certains préconisant Gentiana alba et d'autres, G. flavida. Le nom commun recommandé est « gentiane blanche », mais le nom « gentiane blanche de la prairie » a déjà été utilisé. 

Répartition

Les plaines du Midwest des États-Unis constituent l'aire de répartition principale de l'espèce. Au Canada, la gentiane blanche a été découverte à la fin du 19e siècle à Healy Falls, dans le comté de Northumberland, et près d'Amherstburg, dans le comté d'Essex (Ontario). On croit que ces populations sont disparues. La seule population canadienne existante est confinée à l'île Walpole, dans le delta de la rivière Sainte-Claire, dans le comté de Lambton (Ontario).

Habitat

La gentiane blanche est présente dans les savanes à chêne et à caryer de l'île Walpole, où les sols sont riches en calcium, bien drainés et seulement partiellement ombragés. Elle s'associe aux espèces de la prairie à herbes hautes.

Biologie

La gentiane blanche est une plante herbacée vivace. À maturité, elle produit des touffes d'une douzaine de tiges ou plus, qui ne portent pas toutes des fleurs. Elle appartient à un groupe de gentianes très évoluées dont les fleurs à corolle fermée favorisent la pollinisation croisée, qui est principalement assurée par les bourdons. La floraison débute à la mi-août et se poursuit jusqu'à la fin septembre. Les capsules sont bivalves et s'ouvrent en octobre, libérant des centaines de petites graines légères et ailées. Ces dernières germent facilement après un séjour de quelques mois en milieu frais et humide. On n'a jamais observé la reproduction par graine dans la nature, parce que les individus sont très difficiles à repérer tant qu'ils n'ont pas atteint une taille suffisante pour fleurir.

Taille et tendances des populations

Le relevé le plus récent (7 septembre 2000) a permis de recenser un total de 45 individus dans les trois sites de l'île de Walpole, soit une augmentation de 26 individus par rapport aux 19 recensés en 1989. Cependant, lors de ce dernier relevé, un des sites ne comptait que deux individus. Il en reste maintenant un seul, qui semble perdre de la vigueur et être menacé par l’exploitation.

Facteurs limitatifs et menaces

Les utilisations des terres adjacentes continuent de mettre l'espèce en péril. L'exploitation des sablières a diminué, mais se poursuit. De plus, un lieu d'enfouissement a été créé à l'extrémité ouest des sablières au cours de la dernière décennie. Pour agrandir le cimetière, il faudra défricher du terrain, ce qui perturbera le sol du site abritant l'unique individu encore présent dans le nord. L'agriculture a cessé de gagner du terrain, mais des champs en friche avoisinants pourraient être remis en production. La circulation hors route des véhicules tout-terrain constitue une nouvelle menace. La construction résidentielle se poursuit. Il se peut que l'hybridation introgressive constitue également une menace.

Importance de l'espèce

Le nom générique rappelle Gentius, roi d'Illyrie qui, selon la légende, aurait découvert les vertus toniques (non précisées) des gentianes. Les Potawatomis employaient une infusion des racines comme altératif.

MANDAT DU COSEPAC


Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition  du cosepac

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.