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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gentiane blanche au Canada – Mise à jour

Biologie

Généralités 

Le Gentiana alba est essentiellement une espèce des prairies, des prés et des bois ouverts aux États-Unis et, à l'instar d'un certain nombre d'espèces prairiales, il est peu commun en Ontario. L’espèce est calcicole (Pringle, 1965); les deux localités de l'Ontario où il a disparu sont des alvars calcaires, et les sables (loam sableux fin de Colwood) de l'île Walpole, malgré un pH neutre (7) en surface, deviennent de plus en plus calcaires avec la profondeur. Dans cette île, le G. alba est présent dans des communautés de savane mésique perpétuées par le feu.

Un examen des publications parues depuis 1990 n'a permis de trouver aucun article ou autre document récent sur un quelconque aspect de la taxinomie, de la biologie ou de la répartition de l'espèce.

Reproduction

La gentiane blanche est une plante herbacée vivace. Elle fleurit à la fin de l'été et au début de l'automne. En Ontario, la dispersion des graines commence au début d'octobre. En raison de leur corolle « fermée », les fleurs ne peuvent être pollinisées que par les bourdons et, peut-être, par des lépidoptères. Même si elles sont adaptées à la pollinisation croisée, elles peuvent produire des graines fécondes par autopollinisation (Costelloe, 1988). La floraison de la gentiane blanche chevauche celle du G. andrewsii, et on trouve à l’île Walpole des hybrides entre ces espèces. Au début d'octobre 2000, un individu isolé poussant dans les jardins de démonstration de la végétation prairiale du Ojibway Nature Centre ne semblait pas avoir produit de graines viables.

En 1989, les graines d’individus de l'île Walpole ont été récoltées, semées dans des pots (dans un terreau commercial) à l'automne et stratifiées durant l'hiver 1989-1990. Elles ont germé au printemps 1990, et les semis ainsi obtenus ont été distribués et transplantés sur le terrain en 1991. Un des ces semis a été donné au Ojibway Nature Centre de Windsor (Ontario) et planté dans les jardins de démonstration de la végétation prairiale. Il a prospéré et a produit cinq tiges florifères en 2000. Ce succès vient corroborer l'opinion de Pringle (1965) selon laquelle la plante est facile à cultiver (même si les horticulteurs ne s'y sont pas intéressés, à cause de son aspect peu délicat), ainsi que les commentaires formulés par Sollenberger dans le rapport de 1990 (section 10, page 14). Même si la multiplication de l'espèce n'intéresse actuellement pas la Première nation de l'île Walpole, il est évident que la gentiane blanche est facile à multiplier et à cultiver. Elle se prêterait donc bien à un programme visant à la réintroduire ou, dans le cas de l'île Walpole, à étendre sa zone d'occurrence actuellement limitée.