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Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis)

Résumé

Baleine noire de l’Atlantique Nord

Eubalaena glacialis

 

Information sur l’espèce

Le statut taxinomique des baleines franches (genre Eubalaena) du monde entier a été l’objet d’une certaine controverse pendant plus de 20 ans. En 2000, le comité scientifique de la Commission baleinière internationale, après examen des données génétiques et morphologiques, a décidé de conserver le nom générique Eubalaena pour les baleines franches, et de reconnaître trois espèces, E. glacialis dans l’Atlantique Nord, E. australis dans tout l’hémisphère sud et E. japonica dans le Pacifique Nord, les baleines franches de l’hémisphère boréal étant aussi appelées baleines noires. Les baleines noires sont de grande taille et assez rondes, reconnaissables à leur menton carré, à leur peau généralement noire et parfois tachée de blanc au ventre et au menton, ainsi qu’à l’absence de nageoire dorsale. Elles atteignent une longueur d’environ 16 m, les femelles adultes mesurant en moyenne 1 m de plus que les mâles adultes. Le rostre étroit et très arqué, ainsi que la mâchoire inférieure très recourbée, sont caractéristiques de l’espèce. Des plaques de peau épaissie grises ou noires, appelées callosités, sont observables sur le rostre, à l’arrière de l’évent, au-dessus des yeux, aux coins du menton, et irrégulièrement le long de la lèvre et de la mâchoire inférieures. La disposition des callosités est unique à chaque baleine noire, et c’est pourquoi les chercheurs s’en servent pour identifier les individus. En mer, lorsqu’il est observé dans l’axe du corps, le jet prend nettement l’apparence d’un V et peut atteindre 7 m de hauteur.

 

Répartition

L’aire de la population de l’ouest de l’Atlantique Nord s’étend de la Floride à Terre-Neuve et au golfe du Saint‑Laurent. Les baleines noires se rassemblent en été et en automne à l’embouchure de la baie de Fundy, surtout à l’est de l’île Grand Manan, et autour du bassin Roseway, entre les bancs Browns et Baccaro, dans la partie ouest de la plate-forme Néo-Écossaise. On les voit également l’été et l’automne en petits nombres dans d’autres secteurs de la plate-forme Néo‑Écossaise et dans le golfe du Saint‑Laurent, le long de la Basse-Côte-Nord et dans l’Est de la Gaspésie. La répartition actuelle ne représente qu’une petite partie de l’aire occupée par l’espèce dans le passé.

 

Habitat

Les baleines noires de l’Atlantique Nord migrent vers les eaux canadiennes pour se nourrir. Leur proie principale est le copépode Calanus finmarchicus, surtout aux stades de développement avancés où il est riche en huile et plus gros (C-IV et C-V), et au stade d’adulte. Pour se nourrir, les baleines nagent la bouche ouverte à la surface (écrémage) ou en profondeur et filtrent le plancton à l’aide de leurs fanons. Le zooplancton n’est pas réparti de façon homogène, mais plutôt sous forme d’« essaims » dans la colonne d’eau. Les copépodes forment des concentrations denses tant à la verticale qu’à l’horizontale aux endroits où les marées, les vents ou les courants dominants créent des convergences ou dans des secteurs où des parcelles d’eau de température, de salinité et de densité différentes se rencontrent pour former des fronts.

 

Biologie

On ne dispose pas encore de données sur la longévité moyenne, mais, d’après un rétrocalcul fondé sur les premières naissances répertoriées, les baleines noires vivraient couramment plus de 30 ans. La dernière fois qu’il a été vu, le plus vieil individu répertorié était âgé (estimation) de 70 ans. L’âge moyen de la première parturition est actuellement de 10 ans, bien qu’une femelle ait donné naissance à son premier petit à l’âge de 5 ans. Il n’existe aucune méthode infaillible pour déterminer si un mâle est sexuellement mature. L’âge de première reproduction des mâles ne pourra être connu que par un rétrocalcul faisant suite à une détermination de la paternité des baleineaux par des méthodes génétiques. Le ratio mâles/femelles est d’environ 50/50.

Les baleines noires donnent naissance à un seul petit. En 1992, l’intervalle moyen entre les naissances était de 3,67 ans (fourchette de 2 à 7 ans). Dans les années 1990, cet intervalle a augmenté considérablement pour atteindre près de 6 ans. Cette augmentation était associée à une variabilité accrue de la production annuelle de baleineaux. Au moins deux femelles ont eu des petits de façon continue sur une période de 28 ans, ce qui indique que la vie reproductive dure au moins aussi longtemps. On estime qu’entre 26 et 31 p. 100 de la population est composée de jeunes (< 9,6 ans), ce qui est nettement inférieur aux niveaux observés dans d’autres populations de mysticètes, et très loin des niveaux auxquels on pourrait s’attendre chez une population en croissance.

 

Taille et tendances des populations

La taille actuelle de la population est d’environ 322 individus, dont 222 à 238 environ sont considérés comme matures. Entre 1980 et 1992, les estimations annuelles de la taille de la population rétrocalculées à partir des données concernant les naissances et les morts montraient une augmentation constante, passant de 255 individus en 1986 à 295 en 1992. Par conséquent, le taux de croissance moyen net d’une année sur l’autre a été estimé à 2,5 p. 100 (Knowlton et al., 1994). Cependant, la population semble avoir diminué à la fin des années 1990. Fujiwara et Caswell (2001) ont calculé les taux de croissance asymptotiques de la population de 1980 à 1995 et ont conclu que le taux de croissance a chuté, passant de λ=1,03 (ET=0,02) en 1980 à λ=0,98 (ET=0,03) en 1995, ce qui laisse croire que si le taux de croissance de l’année 1995 était maintenu, la population disparaîtrait dans environ 200 ans.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Un certain nombre de facteurs peuvent expliquer la diminution récente de la reproduction et le taux de rétablissement généralement bas de la population (ou même l’incapacité totale à se rétablir de ces dernières années). Les facteurs les plus évidents et les plus certains sont les blessures graves et la mortalité dues à des collisions avec des navires et à des enchevêtrements dans des engins de pêche. Selon certaines hypothèses, d’autres facteurs y contribueraient, par exemple les effets génétiques et démographiques de la taille réduite de la population, la perte et la dégradation de l’habitat, les maladies infectieuses, les contaminants, les biotoxines marines, l’insuffisance de proies à la suite de changements du climat océanique, et les perturbations créées par le tourisme.

 

Importance de l’espèce

La baleine noire de l’Atlantique Nord a été la première espèce de cétacé à faire l’objet d’une exploitation commerciale et a largement contribué au développement de l’industrie de la chasse à la baleine. Par conséquent, la population a chuté au point d’atteindre des niveaux très bas dès la fin du XIXe siècle. La population est maintenant gravement menacée par les activités humaines. La baleine noire de l’Atlantique Nord attire beaucoup d’attention et d’intérêt maintenant qu’elle est considérée comme en voie de disparition. Elle a suscité un effort de recherche considérable et est devenue une des espèces de mammifères sauvages qui ont fait l’objet des études les plus intensives dans leur milieu naturel. La recherche et les autres efforts faits pour protéger l’espèce dépendent de la collaboration transfrontalière entre des particuliers et des institutions du Canada et des États-Unis. La baleine noire de l’Atlantique Nord est une espèce importante pour l’industrie de l’observation touristique des baleines, en particulier dans la baie de Fundy, au Canada.

 

Protection existante ou autres désignations de statuts

À l’échelle mondiale, toutes les baleines franches sont protégées par la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, mise en œuvre par la Commission baleinière internationale. La baleine noire de l’Atlantique Nord est classée comme espèce en danger dans la liste rouge des animaux et végétaux menacés établie par l’UICN (Union mondiale pour la nature) et dans l’Endangered Species Act (loi sur les espèces menacées) aux États-Unis.

Au Canada, les baleines noires sont protégées contre la chasse et le harcèlement par les dispositions du Règlement sur les mammifères marins dans le cadre de la Loi sur les pêches. Le ministère des Pêches et des Océans est l’organisme chargé de sa gestion. Le Fonds mondial pour la nature (Canada) et le ministère des Pêches et des Océans ont publié conjointement en septembre 2000 le Plan canadien de rétablissement de la baleine noire de l’Atlantique Nord (WWF/MPO, 2000).

 

Sommaire du rapport de situation

De toute évidence, la baleine noire de l’Atlantique Nord est en péril. Les modèles récemment publiés indiquent qu’elle pourrait être en voie de disparition. Les facteurs limitatifs sont, entre autres, un faible taux de reproduction et une forte mortalité par collisions avec des navires et par suite d’enchevêtrements dans des engins de pêche. Dans la structure par âge de la population, les animaux âgés semblent avoir une place relative trop importante, ce qui va à l’encontre des observations normalement faites dans le cas de populations en croissance. Bien que l’interdiction de la chasse soit considérée comme efficace depuis plus d’un demi-siècle, la mortalité indirecte pourrait mener à la disparition de l’espèce. Les solutions à ce problème nécessiteront des approches multidisciplinaires bien coordonnées en matière de recherche et de gestion, et ce, à l’échelle internationale.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*         Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**       Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***     Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****   Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement         Environment
Canada                   Canada

Service Canadien     Canadian Wildlife
de la faune              Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.