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Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis)

Information sur l'espèce

Nom et classification

Pendant plus de vingt ans, le statut taxinomique des baleines franches (genre Eubalaena) du monde entier a été l’objet d’une certaine controverse. La plupart des auteurs s’entendaient pour reconnaître deux espèces, E. glacialis désignant les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord (qu’on nommait baleines noires ou baleines franches boréales), et E. australis, toutes les populations de l’hémisphère sud (baleines franches australes). Parfois, les formes de l’Atlantique Nord et du Pacifique Sud étaient considérées comme des sous-espèces, soit E. glacialis glacialis et E. g. japonica respectivement (voir Schevill, 1986). Rice (1988) a regroupé les baleines noires et les baleines boréales (Balaena mysticetus) dans le genre Balaena, et combiné toutes les baleines franches en une seule espèce, B. glacialis, divisée en deux sous-espèces, B. g. glacialis (Atlantique Nord et Pacifique Nord) et B. g. australis (hémisphère sud). Cependant, on a recommandé, lors d’un atelier de la Commission baleinière internationale (CBI) tenu en 1998, de maintenir séparé le genre Eubalaena (baleines franches), et déclaré que le comité scientifique de la CBI n’envisagerait de modifier le statut taxinomique qu’en se fondant sur des articles publiés (IWC, 2001a). Rosenbaum et al. (2001) ont passé en revue les données génétiques sur les baleines franches du monde entier et conclu que trois espèces devaient être reconnues. Le comité scientifique de la CBI, après examen des données génétiques et morphologiques, a décidé en 2000, lors de sa réunion annuelle, d’accepter l’analyse et la proposition de nomenclature de Rosenbaum et al. Il a été convenu de garder le nom générique Eubalaena pour les baleines franches, et de reconnaître trois espèces, E. glacialis dans l’Atlantique Nord, E. australis dans l’hémisphère sud et E. japonica dans le Pacifique Nord (IWC, 2001a, p. 37). 

Les baleines franches étaient autrefois communes aux latitudes tempérées de tous les océans du monde. Les populations boréales et australes étaient naturellement séparées par les ceintures tropicales des océans Atlantique et Pacifique. De plus, les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord étaient isolées l’une de l’autre par le continent nord-américain.

Deux espèces de baleines noires sont présentes dans les eaux canadiennes : E. japonica dans le Pacifique et E. glacialis dans l’Atlantique. Ce rapport traite uniquement du statut de l’E. glacialis; aucune sous-espèce n’est reconnue. Les deux noms communs utilisés en français sont baleine noire et baleine franche. Le nom commun en anglais est North Atlantic Right Whale. Bien que le COSEPAC reconnaisse le terme baleine noire, la dénomination baleine franche est davantage utilisée pour le genre, et l’Équipe de mise en œuvre du Plan de rétablissement de la baleine noire de l’Atlantique Nord l’a retenue comme nom commun français (septembre 2002).

 

Description

Les baleines noires sont des cétacés de grande taille et assez ronds, reconnaissables à leur menton carré, à leur peau généralement noire et parfois tachée de blanc au ventre et au menton, ainsi qu’à l’absence de nageoire dorsale (figure 1). Les baleines noires de l’Atlantique Nord atteignent une longueur d’environ 16 m, les femelles adultes mesurant en moyenne 1 m de plus que les mâles adultes (Allen, 1908; Andrews, 1908). Une couche de graisse mesurant jusqu’à 20 cm d’épaisseur sert à la fois au stockage de l’énergie et à l’isolation. La tête représente environ 25 p. 100 de la longueur totale du corps chez les adultes, et jusqu’à 35 p. 100 chez les jeunes. Le rostre étroit et très arqué, ainsi que la mâchoire inférieure très recourbée, sont caractéristiques de l’espèce.

Figure 1.  Illustration d’une baleine noire de l’Atlantique Nord.

Figure 1.  Illustration d’une baleine noire de l’Atlantique Nord.


Des plaques de peau épaissie grises ou noires, appelées callosités, sont observables sur le rostre (c’est le bonnet), à l’arrière de l’évent, au-dessus des yeux, aux coins du menton, et à des emplacements variables le long de la lèvre et de la mâchoire inférieures. La disposition des callosités étant unique à chaque baleine noire, les chercheurs s’en servent pour identifier les individus (Crone et Kraus, 1990; Hamilton et Martin, 1999, Kraus et al., 1986; Payne et al., 1983). Les callosités semblent jaune clair ou crème à cause des infestations de crustacés de la famille des Cyamidés (poux de baleine). Les callosités sont formées de projections cylindriques de tissu épithélial, qui ont l’apparence de balanes, mais on n’a en fait jamais trouvé de balanes sur des baleines noires de l’Atlantique Nord. Les fanons sont noirs ou marrons, au nombre de 205 à 270 de chaque côté, longs de 2 à 2,8 m en moyenne, et relativement étroits (jusqu’à 18 cm de largeur) avec de fines franges analogues à des poils vers l’intérieur de la bouche. Il n’y a aucun sillon le long de la gorge. La queue, large, mesure jusqu’à 6 m de pointe à pointe.

En mer, lorsqu’il est observé dans l’axe de l’animal, le jet prend nettement l’apparence d’un V et peut atteindre 7 m de hauteur. Des baleines noires vues en train de s’alimenter à la surface sont à l’origine de récits sur des monstres marins; en effet, ces baleines écrèment la surface la bouche grande ouverte, leur rostre étroit et couvert de callosités dressé hors de l’eau, et les fanons partiellement exposés.

 

Populations importantes à l’échelle nationale

Le statut de l’E. glacialis est considéré comme étant le même dans toute son aire de l’ouest de l’Atlantique Nord, et on ne peut y reconnaître aucune population nettement distincte.