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Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis)

Répartition

Aire de répartition mondiale

La structure des stocks de baleines noires dans l’Atlantique Nord est mal connue. Lors d’un atelier de la CBI sur la baleine noire, on a divisé provisoirement l’Atlantique Nord en zones est et ouest « à des fins statistiques », et proposé de considérer séparément la zone située au large du cap Farewell (de 60 à 62 °N, de 33 à 35 °O). Pourtant, des photographies d’individus identifiables prises dans l’ouest de l’Atlantique Nord ont été appariées avec des photographies d’individus prises dans le bassin du Labrador au Sud-Sud-Est du Groenland et au large de la Norvège (Knowlton et al., 1992; IWC, 2001b, p. 66). Compte tenu des connaissances actuelles sur les déplacements et la répartition des baleines noires, il serait raisonnable de continuer à considérer les baleines de l’est et de l’ouest de l’Atlantique Nord comme des « stocks » distincts, tout en reconnaissant que ces animaux sont très mobiles et s’aventurent parfois loin de leurs habitats bien connus de l’ouest de l’Atlantique Nord (Knowlton et al., 1992; Reeves, 2001).

Dans le passé, l’aire de la baleine noire de l’Atlantique Nord comprenait une grande zone longeant la côte est de l’Amérique du Nord (dont les eaux du golfe du Saint-Laurent et du Canada Atlantique jusqu’au Labrador), s’étendait à l’est vers le Groenland méridional, l’Islande et la Norvège, et vers le sud le long des côtes européennes jusqu’au Nord-Ouest de l’Afrique.(Schevill et Moore 1983; IWC, 1986; Mead, 1986; Mitchell et al., 1986; Brown, 1986; Reeves et Mitchell, 1986). Depuis les années 1920, les observations dans l’est de l’Atlantique Nord ont été sporadiques – aux Canaries, à Madère, en Espagne, au Portugal, au Royaume-Uni, en Islande et en Norvège (p. ex.Brown, 1986; Martin et Walker, 1997).

Dans l’ouest de l’Atlantique Nord, la baleine noire a été chassée dans les eaux côtières depuis la Floride jusqu’au Labrador, y compris dans le détroit de Belle‑Isle et le golfe du Saint-Laurent (Aguilar, 1986; Reeves et al., 1999; Reeves, 2001). Elle a également été vue et chassée l’été dans les eaux pélagiques, notamment près du rebord oriental du Grand Banc et dans une zone située directement à l’est et au sud-est du cap Farewell, qui constitue la pointe sud du Groenland (Reeves et Mitchell, 1986).

Depuis la fin des années 1970, cinq habitats saisonniers importants de baleines noires ont été repérés le long de la côte Est de l’Amérique du Nord (figure 2). Trois d’entre eux sont situés près des côtes américaines (Sud-Est des États-Unis, baie du cap Cod, Grand chenal Sud; Kraus et Kenney, 1991).

 

Aire de répartition canadienne

Deux des cinq zones connues d’habitat à utilisation intensive sont situées dans les eaux du Canada Atlantique (figures 2 et 3). En été et en automne, on peut voir des baleines noires allaiter leurs petits, se nourrir et socialiser à l’embouchure de la baie de Fundy entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle‑Écosse, tandis que dans le bassin Roseway, entre les bancs Browns et Baccaro, dans la partie ouest de la plate-forme Néo‑Écossaise, à environ 50 km au sud de la Nouvelle-Écosse, on les voit en train de se nourrir et de socialiser (Stone et al., 1988; Kraus et Brown, 1992; Brown et al., 1995). En 1993, le ministère des Pêches et des Océans a désigné ces deux secteurs comme aires de conservation de la baleine noire (Brown, 1994; Brown et al., 1995). Depuis 1980, ces deux aires sont inventoriées annuellement par des chercheurs du New England Aquarium (NEAq, Boston [Massachusetts]).

De plus, des baleines noires ont été vues dans le fleuve Saint-Laurent près du confluent avec le Saguenay (R. Michaud, comm. pers., 1998), près des îles Mingan sur la Basse-Côte-Nord québécoise (R. Sears., comm. pers., 1994, 1995 et 1998) et près de Percé, en Gaspésie (N. Cadet, comm. pers., 1995-1998, 2000-2002). En 2001, une baleine noire morte a été trouvée près des îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent (NEAq, données inédites). La même année, un individu pris dans un filet, suivi à l’aide d’un transmetteur satellitaire, s’est déplacé le long de la partie est de la plate-forme Néo‑Écossaise vers le golfe du Saint-Laurent, pour se diriger vers les îles de la Madeleine, est revenu vers la plate-forme Néo‑Écossaise, puis est allé vers le sud jusqu’au golfe du Maine (Center for Coastal Studies, données inédites).

Fait intéressant, aucune baleine noire n’a été vue depuis plus d’un siècle dans les zones traditionnelles de chasse à la baleine du détroit de Belle‑Isle, entre le Labrador et Terre‑Neuve, région où l’aire de cette espèce semble avoir chevauché celle de la baleine boréale (Aguilar, 1986; Cumbaa, 1986). On a généralement supposé que les Balénidés chassés l’été dans cette région étaient des baleines noires, alors que l’espèce chassée entre la fin de l’automne et le printemps était la baleine boréale (voir Tuck et Grenier, 1981; Cumbaa, 1986; Reeves et Mitchell, 1986). Des analyses récentes d’ADN extrait de matériel osseux révèlent qu’une très forte proportion des baleines capturées par les baleiniers basques à Red Bay, au Labrador, étaient des baleines boréales plutôt que des baleines noires (B. White, comm. pers.). Il y a peu de preuves que des activités de chasse à la baleine noire aient pris place dans le passé dans trois des zones actuelles d’utilisation intensive, soit la baie de Fundy (Reeves et Barto, 1985), la plate-forme Néo‑Écossaise (voir Mitchell et al., 1986), et le Grand

Figure 2.  Habitats connus de la baleine noire dans l’ouest de l’Atlantique Nord.

Figure 2.  Habitats connus de la baleine noire dans l’ouest de l’Atlantique Nord.

 

Figure 3.  Répartition de la baleine noire dans l’ouest de l’Atlantique Nord, au large du Canada (carte montrant les isobathes de 200 m et de 2 000 m)

Figure 3.  Répartition de la baleine noire dans l’ouest de l’Atlantique Nord, au large du Canada (carte montrant les isobathes de 200 m et de 2 000 m)

chenal Sud (Reeves et Mitchell, 1986; mais voir Reeves et al., 1999). La répartition de la baleine noire pourrait avoir changé avec le temps ou alors, comme le suggèrent Kenney et al. (2001), la répartition actuelle correspondrait à celle d’une population vestigiale qui n’utilise que les habitats situés à la périphérie sud de l’ancienne aire de l’espèce.

En date du 11 février 2003, la base de données du North Atlantic Right Whale Consortium contenait 26 854 observations de 438 baleines identifiées sur photo, dont 322 étaient supposées être vivantes. Des 438 individus connus, 402 (92 p. 100) ont été vus au moins une fois dans les eaux canadiennes.