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Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis)

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les baleines noires de l’Atlantique Nord migrent vers le nord de leur aire pour se nourrir. Leur proie principale est le copépode Calanus finmarchicus, particulièrement aux stades de développement les plus avancés, où il est plus gros et plus riche en huile (C-IV et C-V), et au stade d’adulte (Murison et Gaskin, 1989; Mayo et Marx, 1990; Kenney et Wishner, 1995; Mayo et al., 2001). D’autres petits zooplanctontes, comme le Pseudocalanus minutus, les Centropages et les larves de balanes, sont quelquefois consommés (Mayo et Marx, 1990). Les baleines se nourrissent par filtration en nageant la bouche ouverte à la surface (écrémage) ou en profondeur. Les épisodes d’alimentation à la surface peuvent durer des heures. Lorsqu’elles se nourrissent en profondeur (jusqu’à 200 m), les baleines peuvent répéter, des heures durant, des plongées de 20 minutes ou plus. Dans la baie de Fundy, les baleines noires se nourrissent parfois au fond, comme en témoigne le fait qu’elles font surface avec de la vase sur la tête. Les fanons à franges fines disposés de chaque côté de la mâchoire (jusqu’à 270 fanons d’une longueur maximale d’environ 2,5 m) leur permettent de filtrer le petit zooplancton. Ces animaux n’ouvrent la bouche et n’exposent leurs fanons que lorsque la concentration de zooplancton excède une valeur seuil. Dans la baie de Fundy, où des baleines ont été détectées au sonar à des profondeurs de 90 à 150 m dans des zones à forte biomasse de copépodes, les baleines ne plongeaient pas pour s’alimenter si les concentrations étaient inférieures à 820 copépodes/m3 (170 mg/m3) (Murison et Gaskin, 1989). Par comparaison, les baleines noires observées dans la baie du cap Cod ne se nourrissaient pas par écrémage au ras de l’eau si les concentrations de zooplancton ne dépassaient pas 1 000 organismes/m3 (Mayo et Marx, 1990).

Kenney et al. (1986) ont estimé qu’une baleine noire de l’Atlantique Nord doit se nourrir dans des bancs de proies dont la densité énergétique varie entre 7,57 et 2 394 kcal/m3 pour satisfaire aux besoins de son métabolisme. Ces valeurs sont de 10 à 1 000 fois plus élevées que les plus fortes concentrations de zooplancton échantillonnées à proximité de baleines noires dans le Grand chenal Sud. Kenney et al. (1986) ont avancé que cette incohérence était attribuable au fait que les scientifiques ne sont pas capables de repérer des bancs de zooplancton avec autant de précision que les baleines. Le zooplancton, au lieu d’être réparti de façon homogène, est regroupé en essaims dans la colonne d’eau (Wu et Loucks, 1995). Les copépodes se regroupent en fortes concentrations, tant sur le plan vertical que sur le plan horizontal, aux endroits où les marées, les vents ou les courants dominants forment des convergences, ou dans des secteurs où des parcelles d’eau de température, de salinité et de densité différentes se rencontrent pour former des fronts (Wishner et al., 1988; Kenney et Wishner, 1995). La concentration peut augmenter encore du fait que le zooplancton recherche certains niveaux d’intensité lumineuse ou d’autres conditions physiques particulières pendant ses migrations verticales diurnes.

Les quatre zones où les baleines noires de l’Atlantique Nord sont vues le plus fréquemment en train de se nourrir comptent parmi les rares endroits où la présence de bancs extrêmement concentrés de copépodes est documentée. Trois de ces zones (baie de Fundy, bassin Roseway et Grand chenal Sud) comportent des bassins profonds (environ 150 m de profondeur) bordés de plates-formes relativement peu profondes. Les copépodes y sont concentrés par les convergences et les remontées d’eau causées par les courants, notamment les courants de marée. Les denses essaims de plancton de la baie du cap Cod résultent également de remontées d’eau causées par des courants de marée, bien qu’il n’y ait aucun bassin profond dans ce secteur.

Ainsi, la baleine noire est très dépendante de proies dont l’intervalle de tailles est très limité et qui sont regroupées en bancs dont l’emplacement, dans l’écosystème de l’Atlantique, est très variable et imprévisible. Il semble que les quatre habitats d’alimentation septentrionaux présentent des conditions qui favorisent la création de bancs très concentrés de copépodes. Par contre, des variations annuelles marquées caractérisent la production de copépodes, et donc l’abondance des baleines noires, dans chacun de ces habitats (Brown et al., 2001; Kenney, 2001). La baleine noire s’est adaptée à cette imprévisibilité grâce à une couche de graisse faisant office de réserve calorique (Moore et al., 2001) et à sa capacité de parcourir de longues distances en relativement peu de temps (Mate et al., 1992; Slay et Kraus, 1999; Kraus, 2002).

 

Tendances

Le nombre d’individus identifiés annuellement dans la baie de Fundy a varié de 35 en 1983 à plus de 200 au milieu des années 1990 (NEAq, données inédites). Dans le bassin Roseway, des recensements faits dans les années 1980 et au début des années 1990 ont souvent produit davantage d’identifications de baleines noires pour une année donnée que dans la baie de Fundy. Toutefois, de 1993 à 1997, les baleines noires étaient absentes ou quasi-absentes du bassin Roseway (NEAq, données inédites). Cette période de cinq ans est celle où la baie de Fundy a été la plus utilisée par les baleines noires. Des changements semblables dans l’utilisation des habitats et l’abondance des baleines noires ont aussi été observés dans le Grand chenal Sud, au large du cap Cod (Kenney et al., 2001).

Les zones du golfe du Saint-Laurent associées à des observations occasionnelles (p. ex. le long de la Basse-Côte-Nord québécoise et des côtes de la Gaspésie) n’ont pas fait l’objet de recensements des baleines noires. Celles-ci convergeraient vers des zones extérieures aux zones centrales d’alimentation bien connues pour exploiter des bancs denses de copépodes. Un bon exemple de ce phénomène s’est produit en 2001, quand au moins 30 baleines noires ont été observées pendant plus d’un mois au sud de la baie de Fundy et à l’ouest de Yarmouth (Nouvelle‑Écosse), pendant une saison où elles sont normalement concentrées dans la baie de Fundy (NEAq, données inédites).

 

Protection et propriétédes terrains

La Loi sur les pêches et la Loi sur les océans ont pour objet de protéger l’habitat des baleines noires sur l’ensemble du territoire canadien.