Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis)

Facteurs limitatifs et menaces

Collisions avec les navires et enchevêtrements dans les engins de pêche 

De tous les facteurs ayant un effet négatif potentiel sur le taux de croissance de la population de la baleine noire de l’Atlantique Nord, les collisions avec de grands navires et les enchevêtrements dans des engins de pêche fixe sont les facteurs les plus évidents et les mieux documentés. Entre 1970 et 2001, ces deux facteurs représentaient plus de 46 p. 100 de la mortalité documentée chez cette population (Knowlton et Kraus, 2001). La mortalité résultant de ces deux facteurs aurait des conséquences particulièrement importantes si elle touchait principalement les femelles. Fujiwara et Caswell (2001) pensent que cela a bien été le cas, et que le taux de survie des femelles de cette population est considérablement inférieur à celui des mâles. Étant donné que les femelles accompagnées de baleineaux sont généralement observées dans les eaux du littoral, il est plausible de présumer que les femelles adultes sont plus vulnérables aux menaces que représentent les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans des engins de pêche. Néanmoins, les morts connues pour les cinq dernières années n’indiquent pas une mortalité plus importante pour les femelles.

 

Reproduction 

Selon tous les indices mesurables, la reproduction a considérablement chuté chez cette population depuis 1990 environ (Kraus et al., 2001; Kraus, 2002; Caswell et al., 1999; Fujiwara et Caswell, 2001). Les raisons pourraient être, entre autres, des ressources alimentaires limitées (Moore et al., 2001), des changements dans l’utilisation de l’habitat (Kenney et al., 2001), des maladies et/ou l’effet des biotoxines marines (Reeves et al., 2001; R. Rolland, comm. pers.), des polluants (Woodley et al., 1991; Weisbrod et al., 2000; Reeves et al., 2001), des facteurs génétiques (Schaeff et al., 1997) et des changements climatiques (Kenney, 2001).

 

Réduction et dégradation de l’habitat

Reeves et al. (1978) ont émis l’hypothèse selon laquelle l’utilisation industrielle intensive des baies du Delaware et de Chesapeake par les hommes depuis le début du XIXe siècle aurait empêché leur utilisation par les baleines noires, freinant ainsi le rétablissement éventuel de la population. Les connaissances sur l’utilisation pré-coloniale de ces baies par les baleines sont toutefois trop limitées pour permettre d’évaluer cette hypothèse. Les plans de rétablissement ont tous évoqué la pollution à faible concentration, la circulation maritime, les rejets en mer et le dragage comme des facteurs qui dégradent l’habitat des baleines noires. Toutefois, aucune étude n’a été effectuée sur leurs exigences en matière d’habitat, si ce n’est par rapport aux besoins en proies (voir par exemple Mayo et Marx, 1990; Kenney et al., 1986; Wishner et al., 1995). Les débats sur l’habitat ont eu tendance à considérer la nourriture comme facteur dominant, bien que l’absence de preuve que les baleines noires se nourrissent dans le Sud-Est des États-Unis suggère que, au moins dans cette zone, d’autres facteurs sont également importants. Les observations du comportement de parade nuptiale en automne dans les aires d'alimentation du Nord indiquent que des facteurs autres que la nourriture pourraient également y avoir leur importance. Si Kenney et al. (2001) ont raison, et que cette population vestigiale de baleines noires n’occupe que la partie sud de son aire de répartition potentielle, alors d’autres zones adaptées à la fois à l’alimentation et à la parade pourraient exister au nord et à l’est de la Nouvelle-Écosse.

 

Observation des baleines par les touristes et bruit

L’observation des baleines par les touristes suscite certaines inquiétudes quant à ses effets négatifs possibles sur les baleines noires. Pourtant, étant donné que l’observation des baleines n’a commencé en Nouvelle-Angleterre et dans le Sud-Est du Canada que dans les années 1970, cela ne peut pas être la cause première de la lenteur ou de l’absence du rétablissement de la population de baleines noires. Bien que le tourisme d’observation des baleines puisse effectivement avoir des effets négatifs, en perturbant les baleines, en les éloignant des zones riches en nourriture ou en dispersant les essaims de proies par l’effet de sillage des navires ou par le mouvement des hélices, il est difficile de concevoir que ces effets soient importants par rapport aux menaces que représentent les grands navires et les engins de pêche.

Il a été suggéré que le vrombissement constant des navires dans l’Atlantique Nord aurait habitué les baleines noires aux bruits causés par les navires, les rendant moins aptes à éviter ceux qui arrivent vers elles. Il est également possible que les baleines noires soient moins en mesure d’entendre les appels nuptiaux sur de grandes distances en raison des niveaux élevés de bruit ambiant dans l’océan, ce qui réduit peut-être les occasions d’accouplement.