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Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le dard vert au Canada

Résumé

Dard vert
Etheostoma blennioides

Information sur l’espèce

Le dard vert est le plus gros des sept membres du genre Etheostoma qui sont présents au Canada. Il peut atteindre une longueur de 170 millimètres (mm), mais mesure en moyenne 76 mm au Canada. L’espèce se distingue des autres membres de son genre par sa couleur verte, par sa lèvre supérieure, qui est fusionnée au côté de sa tête, et par la présence de marques en forme de V sur ses flancs.

Répartition

Le dard vert est présent dans les bassins hydrographiques des Grands Lacs inférieurs et du fleuve Mississippi, de l'État de New York et du Maryland jusqu'à l'est du Kansas et en Oklahoma, et de l'Ontario jusqu'en Géorgie, en Alabama et en Arkansas. L'espèce se rencontre également dans les bassins hydrographiques du versant atlantique de la rivière Mohawk et des fleuves Susquehanna et Potomac, de l'État de New York jusqu'en Virginie. Au Canada, l'espèce est confinée au sud-ouest de l’Ontario, dans les affluents du lac Huron, du lac Sainte-Claire et du lac Érié. Depuis le dernier examen du statut de l'espèce en 1990, le dard vert a été recensé dans la plupart de ses localités historiques (dans quatre réseaux hydrographiques et dans le lac Sainte-Claire), et il semble avoir étendu son aire de répartition aux rivières Ausable et Sydenham. L’E. blennioides a également été observé dans cinq nouveaux bassins hydrographiques par suite de l'expansion de son aire de répartition.

Habitat

Le dard vert est largement répandu dans divers habitats, mais il occupe surtout les ruisseaux et les rivières de petite ou de moyenne taille présentant de nombreux seuils au substrat graveleux ou pierreux. L'espèce est souvent associée à la végétation, plus particulièrement aux algues vertes filamenteuses du genre Cladophora.

Le dard vert est également présent en bordure de certains grands lacs, comme le lac Sainte-Claire, en Ontario, et le lac Érié, du côté de l'Ohio. Il fraie normalement dans les seuils caillouteux au débit rapide où les plus grosses pierres sont couvertes d'algues filamenteuses du genre Cladophora ou de mousses du genre Fontinalis. Même si le développement urbain et les activités agricoles ont eu une incidence sur les milieux aquatiques et ont probablement contribué au déclin d'autres espèces en péril dans les bassins hydrographiques occupés par le dard vert, les populations de l'espèce semblent être demeurées stables ou avoir élargi leur aire de répartition. La colonisation de cinq nouveaux bassins hydrographiques par le dard vert dans les 15 dernières années a donné lieu à un accroissement de la superficie de l'habitat disponible.

Biologie

Le dard vert vit habituellement jusqu’à l’âge de trois ans. Les individus des deux sexes parviennent à la maturité au printemps qui suit leur première année de croissance. L’espèce fraie au printemps, lorsque l'eau atteint 10,6 °C. La fraye a lieu en mars et en avril dans la partie sud de l’aire de répartition, et d’avril à juin dans le nord. Le dard vert pond normalement ses œufs adhésifs sur des algues filamenteuses ou sur une mousse aquatique, près du point de fixation à la roche. Les œufs éclosent au bout de 18 à 20 jours à une température de 13 à 15 °C, et les larves parviennent au stade juvénile à la fin juin et en juillet. Le dard vert est un insectivore benthique (du fond de l’eau) qui se nourrit principalement de larves de moucherons (Chironomidés), de mouches noires (Simuliidés) et d'éphémères (Éphéméroptères). Les chercheurs ont constaté que le dard vert se nourrit d'une vaste gamme de proies, ce qui laisse croire qu'il s’agit d’un mangeur opportuniste. En été, l’espèce tolère moins bien les températures élevées de l'eau et les faibles niveaux d'oxygène que les autres dards avec qui elle coexiste couramment. L'expansion rapide du dard vert dans le fleuve Potomac, aux États-Unis, et dans la rivière Grand, en Ontario, témoigne de ses capacités de dispersion.

Taille et tendances des populations

Des recensements récents montrent que le dard vert est répandu et abondant dans les rivières Ausable, Sydenham et Thames. Des échantillons prélevés dans le lac Sainte-Claire dans les années 1990 ont révélé que les dards verts y étaient répandus et peut-être plus abondants qu’auparavant. L’espèce a été introduite dans le bassin hydrographique de la rivière Grand avant 1990, et, 15 ans plus tard, elle est établie et souvent présente en abondance dans un rayon de plus de 200 kilomètres (km). Il n'existe aucune donnée sur l'effectif de la population de dards verts dans la rivière Bayfield, le ruisseau Big, le ruisseau Big Otter, la rivière Détroit et le ruisseau Pefferlaw. L'immigration au Canada d'individus issus des populations du Michigan est possible.

Facteurs limitatifs et menaces

Plusieurs menaces potentielles planent sur les populations canadiennes de dards verts, mais aucune ne semble imminente et aucune n'a d'incidence significative. Voici quelques-unes de ces menaces possibles : les retenues, les rapports de sédiments et de nutriments associés aux activités agricoles, les contaminants associés aux activités industrielles et au lessivage des terres cultivées, la  croissance urbaine rapide dans les bassins hydrographiques des rivières Grand et Thames ainsi que la prédation et la concurrence par le gobie à taches noires (Neogobius melanostomus), une espèce introduite.

Importance de l’espèce

Le dard vert joue probablement un rôle important dans la conversion de l'énergie benthique dans les écosystèmes lotiques. Il sert également d'hôte aux larves d'une espèce de moule en voie de disparition au Canada. Le dard vert revêt un intérêt considérable pour les scientifiques et pourrait être intéressant comme poisson d'aquarium.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le dard vert a été désigné espèce préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 1990. Au Canada, il n'est protégé par aucune loi fédérale ou provinciale sur les espèces en péril. L’espèce est considérée comme non en péril à l'échelle mondiale (G5) et dans la majorité des États américains où elle est présente (S4 ou S5).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page a
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page b
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page c
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page d, Note de bas de page e
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.