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Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le dard vert au Canada

Répartition

Aire de répartition mondiale

Le dard vert est présent dans les bassins hydrographiques des Grands Lacs inférieurs (sud du lac Huron, lac Érié et sud du lac Ontario) et du fleuve Mississippi, de l'État de New York et du Maryland jusqu'à l'est du Kansas et en Oklahoma, et de l'Ontario jusqu'en Géorgie, en Alabama et en Arkansas (Lee et al., 1980; Page et Burr, 1991) (figure 3). L'espèce est également présente dans les bassins hydrographiques du versant atlantique de la rivière Mohawk et des fleuves Susquehanna et Potomac, de l'État de New York jusqu'en Virginie. Il y a un hiatus dans la portion sud de l'aire de répartition, un segment isolé se trouvant au Kansas, au Missouri, en Arkansas et en Oklahoma. Alors que Schwartz (1965) considère que le fleuve Potomac fait partie de l'aire de répartition indigène du dard vert, Jenkins et Burkhead (1994) concluent quant à eux que l'espèce y a été introduite en raison de sa découverte relativement récente (fin des années 1950) et de l’expansion constante de son aire de répartition dans ce bassin hydrographique. La présence du dard vert dans le bassin hydrographique du fleuve Susquehanna (enregistrée pour la première fois en 1962) serait attribuable à un détournement naturel dans le bassin hydrographique de la rivière Allegheney (Denoncourt et al., 1977). Autrefois, le dard vert était présent dans 19 États, dans le district de Columbia et en Ontario (NatureServe, 2006). Il a disparu de plusieurs cours d'eau américains, mais son aire de répartition globale n'a pas changé de manière significative. L'espèce est cotée SH (historique – aucune mention vérifiée dans les 20 dernières années) dans le district de Columbia (NatureServe, 2006).

Figure 3. Aire de répartition mondiale du dard vert (Etheostoma Blennioides)

Figure 3. Aire de répartition mondiale du dard vert (Etheostoma Blennioides)

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l'espèce n’a été relevée que dans le sud-ouest de l'Ontario, soit dans les affluents du lac Huron, du lac Sainte-Claire et du lac Érié (figure 4). L'aire de répartition canadienne représente moins de 5 p. 100 de l'aire de répartition mondiale du dard vert. Lors de la première évaluation du statut de l'espèce par le CSEMDC (aujourd’hui le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)) en 1990, la présence du dard vert était connue dans la rivière Ausable (bassin hydrographique du sud du lac Huron), dans la rivière Sydenham, dans la rivière Thames, dans le lac Sainte-Claire (bassin hydrographique du lac Sainte-Claire) et dans le ruisseau Big (bassin hydrographique du lac Érié) (Dalton, 1991). Dalton (1991) a inscrit par erreur une mention de 1975 du ruisseau Gold près de la ville de Sarnia, sur la pointe sud du lac Huron. Le ruisseau Gold en question se trouve en fait dans le bassin hydrographique de la rivière Sydenham, dans les environs de la collectivité de Strathroy. Depuis la dernière évaluation de l'espèce en 1990, sa présence a été confirmée dans tous les bassins hydrographiques canadiens et dans la majorité des cours d'eau où elle avait déjà été capturée par le passé (figure 4). Depuis 1990, le dard vert semble avoir élargi son aire de répartition dans les rivières Ausable et Sydenham. Cette expansion est probablement attribuable à une multiplication des activités d'échantillonnage (particulièrement dans les plus petits affluents) et à une augmentation réelle de l'aire de répartition.

Figure 4. Aire de répartition canadienne du dard vert (Etheostoma blennioides).

Figure 4. Aire de répartition canadienne du dard vert (Etheostoma blennioides).

Depuis la dernière évaluation de la situation de l'espèce en 1990, la présence du dard vert a été signalée dans cinq nouveaux bassins hydrographiques. Le dard vert a été capturé pour la première fois dans le bassin hydrographique de la rivière Grand (bassin hydrographique du lac Érié) et en a depuis colonisé la majeure partie (figure 5). Tout porte à croire que cette population a été introduite (voir la section Taille et tendances des populations). En 1998, quatre juvéniles (de 43 à 46 millimètres (mm)) ont été signalés dans une localité du ruisseau Big Otter (bassin hydrographique du lac Érié). Même s’il n'existait aucun spécimen de référence pour confirmer cette mention, l'équipe d'échantillonnage était chevronnée et connaissait cette espèce (S. Gibson, communication personnelle (comm. pers.), 2005). Des échantillonnages intensifs réalisés à bon nombre d’endroits dans le ruisseau Big Otter en 2002 et en 2003 (D. Depasquale, comm. pers., 2005) et des échantillonnages effectués par le contractuel à l'automne 2004 dans trois localités différentes, à proximité de l’endroit où avait été prélevé le spécimen de 1998, n'ont permis de capturer aucun dard vert. En 2002, deux spécimens ont été capturés dans la rivière Bayfield par le Ministère des Pêches et Océans Canada (MPO) et l'un d'eux a été confié au Musée royal de l'Ontario (MRO 75857). Il est possible que les dards verts présents dans ces deux bassins hydrographiques se soient dispersés naturellement à partir de réseaux hydrographiques adjacents (ruisseau Big et rivière Ausable, respectivement). Le dard vert a été observé dans les eaux canadiennes de la rivière Détroit (marais Ruwe) pour la première fois en 1995 (Tulen et al.,1998). D'importants travaux d'échantillonnage réalisés en 2003 et en 2004 dans les eaux canadiennes de la rivière Détroit n'ont pas permis de capturer de dard vert (Lapointe, 2005; N.E. Mandrak, données inédites). Il est possible que l'espèce ait toujours été présente sans avoir été détectée ou qu'elle se soit dispersée à partir des eaux américaines de la rivière Détroit ou en aval à partir du lac Sainte-Claire. À l'automne 2005, plusieurs dards verts ont été capturés dans le ruisseau Pefferlaw, dans le bassin hydrographique du lac Simcoe (J. Barnucz, comm. pers., 2005), lors de recensements effectués avant un traitement à la roténone destiné à éradiquer une population introduite de gobies à taches noires (Neogobius melanostomus). Cette population de gobies aurait été introduite à partir d'un bassin de poissons-appâts adjacent au ruisseau. Le dard vert a probablement été introduit dans le ruisseau par le même mécanisme. Cette localité se trouve à plus de 100 kilomètres (km) au nord-est de la population de dards verts la plus proche, dans la rivière Grand. Vu son apparence distinctive, il est fort peu probable que le dard vert ait été faussement identifié lors des prélèvements antérieurs dans ces cinq bassins hydrographiques. Il faudra procéder à d'autres échantillonnages afin de déterminer s'il y a des populations dans ces bassins et si elles y sont plus répandues. Il est fort possible que la population du ruisseau Pefferlaw ait disparu à la suite du traitement à la roténone de 2005. Un recensement mené en 2006 n'a pas permis de capturer de dard vert (N. Mandrak, comm. pers., 2006).

La zone d'occurrence du dard vert au Canada fait environ 38 400 kilomètres carrés (km²), tandis que la zone d'occupation actuelle est estimée à 33 km² (ces deux valeurs ont été calculées à partir des données de la figure 4). Il est difficile de déterminer le nombre de localités où le dard vert est présent au Canada. L'espèce a été capturée dans des centaines de localités d’au moins dix bassins hydrographiques tertiaires. Le Centre d'information sur le patrimoine naturel reconnaît 76 occurrences actuelles et historiques dans ces bassins hydrographiques (CIPN, 2005).

Figure 5. Répartition du dard vert (Etheostoma blennioides) dans le bassin hydrographique de la rivière Grand entre 1990 et 2005. La carte du coin supérieur gauche montre les activités d'échantillonnage réalisées dans le bassin hydrographique avant la découverte du premier dard vert en 1990.

Figure 5. Répartition du dard vert (Etheostoma blennioides) dans le bassin hydrographique de la rivière Grand entre 1990 et 2005