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Loi sur les espèces en péril – Rapport annuel de 2014

8 Surveillance

La surveillance des espèces en péril continue dans le réseau des lieux patrimoniaux protégés de l’Agence Parcs Canada (APC) et vise à évaluer l’état à long terme des espèces ainsi que les résultats des mesures de rétablissement. L’APC examine les évaluations détaillées afin de surveiller et de saisir les changements de situation quant à la conservation des espèces, et les met à jour à mesure que de nouveaux renseignements sont disponibles. L’information aide à déterminer les progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs de rétablissement.

EC recueille des renseignements sur les espèces en péril dans ses aires protégées et par l’entremise de son Programme des oiseaux migrateurs. Les programmes de financement fédéraux administrés par EC et, dans certains cas, cogérés par EC, le MPO et l’APC, appuient également les activités de surveillance, y compris le PIH, le FAEP et le FIR. Les renseignements provenant de ces initiatives ainsi que les renseignements obtenus auprès des organismes partenaires et des chercheurs permettent de faire un suivi des progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs en matière de rétablissement.

Étude de cas : Petites chauves-souris brunes et chauves-souris nordiques au lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg

L’état de santé et les effectifs de plusieurs espèces de chauves-souris en Amérique du Nord sont compromis par une maladie relativement nouvelle appelée « syndrome du museau blanc », qui pourrait entraîner des conséquences catastrophiques pour au moins trois espèces au Canada : la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et la pipistrelle de l’Est. En 2014, ces espèces de chauves-souris ont été ajoutées, à titre de mesure d’urgence, à la liste des espèces en péril, en tant qu’espèces en voie de disparition. Les trois espèces se rencontrent dans des sites gérés par l’APC, avec d’autres espèces de chauves-souris.

L’une des initiatives de conservation consiste à effectuer une surveillance des chauves-souris à l’aide d’enregistreurs numériques dans un tunnel historique du lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg. Cette initiative est menée en partenariat avec des chercheurs spécialistes des chauves-souris de l’Université St. Mary’s et de l’Atlantic Coastal Action Program du Cap-Breton. Des détecteurs de sons automatisés placés près de l’entrée du tunnel ont enregistré des clics d’écholocation de la petite chauve-souris brune et de la petite chauve-souris nordique. Les deux espèces utilisent le tunnel pour se reposer et hiberner. Le personnel de l’APC a collaboré avec des chercheurs spécialistes des chauves-souris afin de capturer des individus à l’entrée du tunnel pour en déterminer l’espèce, le nombre, et l’état de santé. Depuis le mois d’août 2014, le champignon causant le syndrome du museau blanc n’a pas été détecté dans le tunnel.

Petite chauve-souris brune capturée à l’entrée du tunnel, au lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg. Photo : © Ian Harte, Parks Canada
Petite chauve-souris brune capturée à l’entrée du tunnel, au lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg
Photo : © Ian Harte, Parcs Canada

 

Étude de cas : Présence du brochet vermiculé finalement confirmée au Québec

En 2014, la présence du brochet vermiculé au Québec a finalement été confirmée après trois années consécutives de relevés financés par le MPO. L’espèce n’avait pas été observée dans la province depuis plus de 25 ans.

Le brochet vermiculé mesure habituellement moins de 30 cm de longueur, et il est le plus petit brochet vivant au Canada. Son aire de répartition se limite à l’Amérique du Nord, notamment au Québec et à l’Ontario. Au Québec, l’espèce a été capturée pour la dernière fois en 1988, près de Maple Grove, dans le secteur du lac Saint-Louis. On en a également capturé dans le fleuve Saint-Laurent à proximité de Coteau-du-Lac, et dans un affluent de la rive nord du lac Saint-François. En Ontario, le brochet vermiculé est encore présent, et on l’observe dans plusieurs cours d’eau entre le lac Saint-François et le sud du lac Huron.

En raison de son aire de répartition limitée et du déclin évident de plusieurs populations, le brochet vermiculé a été désigné espèce préoccupante et a été ajouté à la liste des espèces en péril en 2006. Ces relevés ont été mis en œuvre dans le cadre de la publication du plan de gestion en 2012, et étaient destinés à confirmer la présence de l’espèce dans des localités historiques et des localités potentiellement nouvelles. Les relevés effectués en 2012 et 2013 mettaient l’accent sur l’aire de répartition historique, mais aucun brochet vermiculé n’a été capturé. D’autres relevés ont été effectués durant l’été 2014, et on a insisté davantage sur les localités potentiellement nouvelles, comme les affluents entre le lac Saint-François et le lac Saint-Louis. Environ 30 spécimens ont été capturés dans 6 affluents de la rive sud du lac Saint-François, où l’espèce n’avait jamais été observée.

La présence confirmée de l’espèce dans une nouvelle région est un signe encourageant de son rétablissement. D’autres mesures seront mises en œuvre dans les années à venir afin d’en apprendre davantage sur la population de brochets vermiculés au Québec, et d’en assurer la protection.

Brochet vermiculé. Photo : © AECOM
Brochet vermiculé
Photo : © AECOM