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Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l'épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et la villeuse haricot au Canada (version finale)


Introduction

Les moules d’eau douce, qui ont subi des déclins un peu partout dans le monde, figurent parmi les taxons les plus en péril à l’échelle de la planète (Bogan, 1993; Lydeard et al.,2004). La riche faune d’unionidés de l’Amérique du Nord a été particulièrement affectée. En effet, plus de 70 % des quelque 300 espèces montrent des signes de déclin, et bon nombre d’entre elles sont maintenant considérées comme rares, en voie de disparition, menacée ou en péril (Allan et Flecker 1993; Williams et al.,1993). Le Canada compte cinquante-cinq espèces d’unionidés, dont 41 sont présentes en Ontario. D’ailleurs, dix-huit d’entre elles ne se trouvent que dans cette province. Les rivières du sud-ouest de l’Ontario, principalement celles qui se déversent dans le lac Sainte-Claire et le lac Érié, abritent les communautés d’unionidés les plus diversifiées au pays. La rivière Sydenham, autrefois considérée comme étant la rivière la plus riche en unionidés de tout le Canada (Clarke, 1992), compte 34 espèces en tout (Metcalfe-Smith et al., 2003). Toutefois, selon des relevés récents, les rivières Grand (Metcalfe-Smith et al., 2000) et Thames présentaient une diversité égale en nombre, soit 34 espèces de moules répertoriées antérieurement.

Malgré la diversité taxinomique historique de ces rivières, de récents événements ont mené à des déclins importants dans les communautés d’unionidés du sud-ouest de l’Ontario. Au cours des deux à trois dernières décennies, l’activité agricole intensive, l’expansion de l’urbanisation et l’introduction de la moule zébrée ont tous été liées aux déclins à grande échelle des populations de moules d’eau douce (Nalepa, 1994; Metcalfe-Smith et al., 2000; Metcalfe-Smith et al., 2003). Pendant cette période, quatre espèces ont disparu de la rivière Sydenham, dix espèces ont disparu de la rivière Thames et neuf espèces ont disparu de la communauté de la rivière Grand. Ces déclins, ajoutés au quasi-effondrement des populations des Grands Lacs (Nalepa et al.,1996), ont entraîné l’inscription de dix espèces de moules de l’Ontario sur la Liste des espèces en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

L’Équipe de rétablissement des moules d’eau douce en Ontario (ci-après Équipe de rétablissement) a été formée au printemps de 2003 pour répondre aux préoccupations concernant l’état des populations de moules d’eau douce en Ontario et pour commencer les travaux de planification du rétablissement prévus par la nouvelle Loi sur les espèces en péril du Canada (LEP). L’Équipe de rétablissement a préparé le programme national de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, de l’épioblasme tricorne, du pleurobème écarlate, de la mulette du Necturus et de la villeuse haricot avec la meilleure information disponible, et ce, afin de réduire les impacts des menaces pesant sur ces espèces, d’empêcher la perte d’autres individus ou d’autres populations et, si possible, de les rétablir à des niveaux viables. L’Équipe de rétablissement, reconnaissant les similitudes au chapitre de la répartition historique et des menaces communes auxquelles sont confrontées ces espèces de moules, a adopté une approche plurispécifique afin d’assurer leur rétablissement.