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Évaluation et rapport sur l'Autour des palombe

Taille et tendances des populations

Résultat des relevés

L’Autour des palombes est un rapace rare ou peu commun dans toutes les régions boisées de la Colombie-Britannique; jusqu’à récemment, les données provinciales sur la nidification étaient relativement peu nombreuses (Campbell et al., 1990). Depuis quelques années, on procède à des relevés des Autours des palombes nicheurs dans plusieurs régions de la Colombie-Britannique en réponse à la grande priorité accordée à la conservation de l’espèce. Les relevés effectués sur les côtes de la Colombie-Britannique ont ainsi permis de localiser 41 nids d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte sur l’île de Vancouver de 1991 à 1999 : 1 nid en 1991, 4 nids en 1994, 6 nids en 1995, 8 nids en 1996, 9 nids en 1997, 7 nids en 1998 et 6 nids en 1999 (McClaren, 1999; D. Doyle, comm. pers.). Sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte, on a signalé 5 nids actifs de 1995 à 1999 : 1 nid en 1995, 2 nids en 1996, 0 nid en 1997, 1 nid en 1998 et 1 nid en 1999 (Chytyk et Dhanwant, 1999; Chytyk et al., 1999).

Estimations des populations

Au moyen d’un modèle de capacité de l’habitat élaboré pour l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, on a estimé la population de cette sous-espèce à 1 700 couples dans les régions côtières de la Colombie-Britannique et à 800 couples dans le sud-est de l’Alaska (Crocker-Bedford, 1990b). L’estimation pour la Colombie-Britannique comprend la côte du continent, même s’il n’est pas sûr qu’il s’y trouve des Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte. Des raffinements apportés récemment au modèle ont réduit l’estimation pour le sud-est de l’Alaska à 100 à 200 couples (Crocker-Bedford, 1994). Sans toutefois avoir réalisé de nouvelle estimation pour la Colombie-Britannique, Crocker-Bedford (1994) a émis l’hypothèse que la population de Colombie-Britannique était nettement inférieure à 1 700 couples. Cette conclusion paraît raisonnable au vu des résultats des relevés effectués récemment sur l’île de Vancouver (McClaren, 1997, 1998, 1999) et les Îles-de-la-Reine-Charlotte (Chytyk et al., 1998; Chytyk et Dhanwant, 1999). Cependant, l’exactitude de ces estimations est contestée par d’autres spécialistes de l’Autour des palombes. Même dans ce cas, les résultats des relevés cités plus haut indiquent que la densité, bien qu’elle n’ait pas encore été calculée, pourrait être beaucoup plus forte sur l’île de Vancouver que sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte.

Si nous partons du maximum de l’estimation révisée par Crocker-Bedford (1994) pour la population du sud-est de l’Alaska (200 couples) et que nous appliquons la même réduction (25 p. 100 de son estimation de 1990) à sa première estimation de la population de Colombie-Britannique (1 700 couples), on estimerait alors à 425 couples le nombre d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte sur les côtes de la Colombie-Britannique.

On sait que l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte niche sur de grandes îles côtières, notamment les îles West Cracroft, Quadra et East Thurlow (E. McClaren, comm. pers.), et, peut-être, dans le nord et le centre de la côte continentale de la Colombie-Britannique (Campbell et al., 1990; Crocker-Bedford, 1994). La côte continentale se compose d’une foule de petites îles et îlets accidentés, de fjords glaciaires abrupts et de zones alpines en altitude. Ces types de terrain ne présentent guère de zones d’habitat de nidification de choix pour l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, qui préfère les pentes modérées situées à faible altitude (McClaren, 1999; Chytyk et Dhanwant, 1999). On croit que le zones biogéoclimatiques plus sèches du côté est de l’île de Vancouver renferment le meilleur habitat de nidification pour l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte en Colombie-Britannique (D. Doyle, comm. pers.). La côte continentale étant un peu plus humide que l’est de l’île de Vancouver, elle n’offre peut-être pas d’habitat de nidification d’aussi bonne qualité que l’île de Vancouver.

Nous estimons qu’environ 10 p. 100 de l’île de Vancouver, surtout au nord-est, a fait l’objet de relevés d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte nicheurs (D. Doyle, comm. pers.). McClaren (1999) a signalé 41 nids d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte au cours des cinq dernières années. Si nous supposons que ces 41 nids ont été trouvés dans environ 10 p. 100 du paysage, que la zone des relevés est un habitat de qualité relativement bonne pour l’Autour des palombes et que le reste de l’habitat est d’une qualité un peu moindre, nous pouvons raisonnablement estimer la population de l’île de Vancouver à environ 300 couples.

Nous formulons l’hypothèse qu’une estimation conservatrice de la densité relative des Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte est d’environ 50 p. 100 de celle qu’on observe sur l’île de Vancouver, pour les raisons suivantes :

  1. On croit généralement que la superficie du territoire de l’Autour des palombes augmente avec la latitude (Squires et Reynolds, 1997). Comme les Îles-de-la-Reine-Charlotte se trouvent à près de 4º de latitude au nord de l’île de Vancouver, la superficie des territoires sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte est probablement légèrement plus élevée que sur l’île de Vancouver. Sur l’île de Vancouver, la distance interterritoriale minimale est de 3,2 km et on a observé un groupe de cinq territoires distants d’environ 6 km les uns des autres (McClaren, 1999). En prenant cette distance interterritoriale moyenne de 6 km comme diamètre de chaque territoire circulaire, on obtient une estimation grossière de la superficie des territoires sur l’île de Vancouver d’environ 2 800 ha. La superficie des territoires dans le sud-est de l’Alaska et, d’après notre impression, probablement sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte semble considérablement plus vaste que celle qu’indiquent les données sur l’île de Vancouver.

  2. Les Îles-de-la-Reine-Charlotte offrent, toutes proportions gardées, moins d’habitat de nidification potentiel que l’île de Vancouver. La portion nord-est de l’île Graham, la plus au nord des deux grandes îles de l’archipel, est une vaste zone de forêt de pins tordus rachitiques, qu’on considère généralement comme un habitat de nidification de piètre qualité (Johnsgard, 1990; Squires et Reynolds, 1997). La portion sud de l’île Moresby, la plus au sud des deux grandes îles, se compose principalement de petites îles et d’îlets accidentés qui ne renferment guère de pentes modérées ou de fonds de vallée plutôt plats, qui sont l’habitat de nidification préféré de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte (McClaren, 1999; Chytyk et Dhanwant, 1999). Par comparaison, l’île de Vancouver ne renferme pas beaucoup de forêts rabougries, d’îles ou d’îlets, mais comporte en revanche une plus forte proportion de zones alpines ou subalpines. De même, la majorité des forêts secondaires qui poussent sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte sont relativement jeunes et ne constituent généralement pas un habitat de nidification adéquat (Chytyk et Dhanwant, 1997). Ce n’est qu’après 1965 que l’exploitation forestière à grande échelle a commencé à avoir un impact important sur le paysage des Îles-de-la-Reine-Charlotte; il n’y a donc guère de vastes zones de forêt secondaire de plus de 50 ans. En revanche, sur l’île de Vancouver, le rythme de l’exploitation forestière commerciale s’est accéléré dès les années 1940; il y a donc là nettement plus de zones de forêt secondaire assez âgée pour constituer un habitat de nidification convenable.

  3. Il y a moins de proies sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte que sur l’île de Vancouver. Les relevés provinciaux indiquent en effet que plusieurs espèces proies importantes parmi les tétras, les pics et les oiseaux chanteurs de taille moyenne sont absentes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, mais se trouvent sur l’île de Vancouver (Campbell et al., 1990, 1997). L’absence de ces espèces sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte pourrait avoir un effet plus dramatique sur les populations d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte pendant les mois d’hiver (Chytyk et Dhanwant, 1999), alors que le manque de nourriture est une cause importante de décès, comme on l’a noté sur l’île de Vancouver (McClaren, 1999).

  4. Les relevés de la population réalisés sur l’île de Vancouver et les Îles-de-la-Reine-Charlotte donnent certaines indications d’une densité de population plus faible sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte. Des relevés ont été effectués sur l’île de Vancouver de 1994 à 1999 et sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte de 1995 à 1998. Au cours de ces deux périodes de relevés, on a trouvé 41 nids sur l’île de Vancouver et 5 nids (environ 12 p. 100 de 41) sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte. Les relevés ont fait l’objet d’un effort plus important sur l’île de Vancouver que sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte, mais l’écart entre les niveaux d’effort n’est pas assez important pour expliquer à lui seul le très grand écart sur le plan du succès de la détection des nids; nous sommes donc d’avis que la densité est plutôt inférieure que supérieure sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte.

La superficie des Îles-de-la-Reine-Charlotte est de 9 596 km2, soit environ 31 p. 100 de celle de l’île de Vancouver, qui est de 31 284 km2. À partir de cette proportion de 31 p. 100 de la superficie géographique et de l’estimation conservatrice selon laquelle la densité de la population sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte est moitié moindre que sur l’île de Vancouver, nous postulons que les Îles-de-la-Reine-Charlotte abritent une population estimative d’environ 50 couples d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte. D’après ces estimations, environ 14 p. 100 des couples de l’île de Vancouver (41 couples sur 300) et 10 p. 100 des couples des Îles-de-la-Reine-Charlotte (5 couples sur 50) ont été documentés par les relevés. Ces pourcentages paraissent raisonnables, compte tenu des superficies visées par les relevés, des résultats de ces relevés et de la superficie non visée par les relevés.

La présence d’Autours des palombes reproducteurs sur la côte continentale est incertaine. Il pourrait y avoir là des Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, comme le suppose Crocker-Bedford (1990, 1994), des A. g. atricapillus ou un mélange des deux sous-espèces. Cependant, si nous ignorons la population éventuelle de la côte continentale et des autres îles côtières, nous sommes d’avis qu’une estimation conservatrice de la population d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte en Colombie-Britannique est de 350 couples. Si nous incluons la côte du continent et les autres îles côtières, notre estimation passe à plus de 425 couples.

Tendances des populations

On ignore quelles sont les tendances des populations en Colombie-Britannique, tout comme partout ailleurs dans l’ouest de l’Amérique du Nord, semble-t-il. Certaines études qui concluent à un déclin paraissent n’avoir pas mis en œuvre de méthodes statistiques assez rigoureuses pour que des tendances s’en dégagent (Kennedy, 1997). Toutefois, Crocker-Bedford (1998) et Smallwood (1998) soulignent qu’il pourrait s’avérer quasi impossible (en raison de facteurs pratiques tels que les coûts) d’obtenir un ensemble de données sur cette espèce de rapace avec assez de rigueur pour prouver statistiquement l’existence d’une tendance. Pour ce qui est de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, Crocker-Bedford (1990b) estime que l’habitat de 1 150 couples a été converti en forêt aux premiers stades biotiques dans le sud-est de l’Alaska et sur les côtes de la Colombie-Britannique en raison de l’exploitation forestière des forêts de peuplements vieux. Même si ses prédictions étaient inexactes (Kennedy, 1997, 1998), Crocker-Bedford indique (Crocker-Bedford, 1998), et nous sommes d’accord avec lui sur ce point, que la tendance semble inévitablement négative pour l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte en Colombie-Britannique à cause de l’ampleur de l’exploitation forestière des peuplements vieux et des forêts secondaires à maturité sur la côte.