Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Autour des palombes (2000)

Importance de l'espèce

Situation

Le Département de l’Intérieur des États-Unis (USDI Fish and Wildlife Service, 1992, cité dans Crocker-Bedford, 1994) a désigné l’Autour des palombes (y compris l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte) comme une espèce candidate de catégorie 2 au statut d’espèce menacée ou en voie de disparition en 1991. Cependant, le Fish and Wildlife Service ne conserve plus de liste des espèces candidates de catégorie 2 (USDI Fish and Wildlife Service, 1996, cité dans Iverson et al., 1996). L’Autour des palombes figure sur la liste des espèces sensibles (sensitive species) des régions du Sud-ouest pacifique (1981), du Sud-ouest (1982), Intermontagnarde (1992), des Rocheuses (1993) et de l’Alaska (1994) du Forest Service. À l’échelle des États, il figure sur la liste des espèces prioritaires des groupes de travail du programme Partners in Flight en Alaska, en Arizona, en Californie, au Montana, au Nevada et au Nouveau-Mexique. En juin 1998, le Fish and Wildlife Service des États-Unis a rejeté la candidature de l’Autour des palombes (y compris l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte) au statut d’espèce en voie de disparition dans les États américains contigus à l’ouest du 100e méridien (USDI Fish and Wildlife Service, 1998).

Sur la côte du Pacifique, l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte est considéré « gravement en péril mondialement » ou « en péril mondialement » (T1/T2) par l’Alaska Natural Heritage Program (West, 1993, cité dans Duncan et Kirk, 1995; West, 1994). En 1994, il a été officiellement désigné comme « espèce préoccupante » par l’Alaska Department of Fish and Game (Iverson et al., 1996). Une pétition visant à le déclarer comme espèce en voie de disparition aux États-Unis a été rejetée en septembre 1997 (Federal Register, 1997).

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué les deux sous-espèces qu’on rencontre au Canada : l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte (qui ne se trouve qu’en Colombie-Britannique) a été désigné espèce vulnérable, tandis que l’Autour des palombes (A. g. atricapillus) a été désigné non en péril (Duncan et Kirk, 1995).

Le Centre de données sur la conservation (CDC) de Colombie-Britannique classe l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte dans les catégories S2B, SZN (en péril en Colombie-Britannique en raison de sa rareté et des menaces perçues à l’endroit de son habitat). La sous-espèce figure actuellement sur la « liste rouge » de la Colombie-Britannique en tant qu’espèce candidate au statut d’espèce en voie de disparition ou menacée (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1999).

Isolement géographique

L’aire de répartition de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte s’étend probablement du sud-est de l’Alaska vers le sud, sur toutes les côtes de la Colombie-Britannique, jusqu’à la presqu’île Olympic. Il y a sans aucun doute hybridation des populations du sud-est de l’Alaska et de la presqu’île Olympic avec les populations d’A. g. atricapillus (Iverson et al., 1996). Celles de l’île de Vancouver sont selon toute vraisemblance relativement isolées. Cependant, le potentiel de dispersion des individus entre l’île et la côte du continent est relativement élevé, étant donné que les îles côtières peuvent servir de pont naturel vers le nord de l’île de Vancouver et que le plus large espace d’eaux libres entre le sud de l’île de Vancouver et le continent fait environ 30 km. En 1999, une femelle adulte reproductrice munie d’un radio-émetteur dans le nord de l’île de Vancouver a été retracée à l’automne sur la terre ferme, juste de l’autre côté du détroit de Johnstone (D. Doyle, comm. pers.).

La population d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte vivant sur l’archipel du même nom est probablement la plus isolée de toutes les populations. Les Îles-de-la-Reine-Charlotte sont situées à environ 60 km des îles les plus proches du sud-est de l’Alaska et des îles adjacentes à la Colombie-Britannique continentale. Si le taux de migration et de dispersion est relativement faible, comme l’indiquent la plupart des études sur la sous-espèce (Titus et al., 1994; Iverson et al., 1996; McClaren, 1997), il est donc probable que la population de cet archipel est la plus distincte sur le plan génétique.

Urgence des mesures de conservation

La population d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte vivant sur l’archipel du même nom est la plus préoccupante du point de vue de la gestion de la faune. Malgré le manque de données sur la question, nous croyons que la densité de la population est nettement plus faible sur cet archipel que sur l’île de Vancouver (Chytyk et Dhanwant, 1999; Cooper et Stevens, 2000), et nous évaluons cette population à environ 50 couples. À cause de son isolement, cette petite population est sans doute aussi la plus distincte sur le plan génétique des populations d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte en Amérique du Nord. Par conséquent, la conservation et la protection de la population des Îles-de-la-Reine-Charlotte de cette sous-espèce revêt une importance primordiale.