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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Autour des palombes (2000)

Protection actuelle

L’article 34 de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique protège les Autours des palombes, leurs œufs, leurs oisillons, et leurs nids tant que ceux-ci sont occupés. La loi donne de « nid » la définition suivante : une structure ou une partie d’une structure préparée ou utilisée par une espèce d’oiseau pour y déposer ses œufs ou ses petits. Un nid est considéré occupé de sa construction jusqu’à l’envol des jeunes.

Il est interdit de persécuter un Autour des palombes en Colombie-Britannique (au moyen d’une arme à feu, d’un piège, d’un poison ou de toute autre mesure de mise à mort) en vertu du même article de la Wildlife Act, sauf dans quelques exceptions possibles pour la défense d’animaux domestiques. Les sanctions applicables à une personne reconnue coupable d’une infraction à l’article 34 comprennent une amende d’un montant maximal de 50 000 $ et une peine d’emprisonnement de six mois pour une première infraction.

La législation fédérale sur les espèces en péril est actuellement en cours d’élaboration. Au printemps 1998, la plupart des provinces avaient signé l’Accord national pour la protection des espèces en péril, qui stipule que les provinces signataires de l’accord acceptent d’établir une législation et des programmes complémentaires ou des textes législatifs qui répondront aux 14 conditions énoncées dans l’accord, notamment la protection des espèces menacées et de leur habitat, ce qui, en Colombie-Britannique, s’applique à l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte.

Le Forest Practice Code de la Colombie-Britannique contient plusieurs composantes juridiques pour la protection des espèces en péril, notamment des pratiques de gestion légalement établies qui visent à protéger l’habitat essentiel ou limitatif de certaines espèces en péril, dont l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, considéré comme une espèce sauvage désignée par le chef forestier et le sous-ministre du ministère de l’Environnement, des Terres et des Parcs (article 70 de l’Operational Planning Regulation, B.C. Reg. 107/98) (Province of British Columbia, 1999).

Aucune estimation n’a été faite de la population d’Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, ni de l’adéquation relative de l’habitat qui se trouve dans les zones protégées existantes. Une telle évaluation fait partie des recommandations découlant d’un examen récent de la situation de l’Autour des palombes en Colombie-Britannique (Cooper et Stevens, 2000). Nous convenons tout à fait de la nécessité de réaliser des relevés des couples reproducteurs et des évaluations de l’habitat dans les zones protégées afin d’estimer adéquatement la population de la province et d’établir correctement le niveau d’urgence des mesures de conservation.

Dans l’hypothèse où les Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte seraient répartis également dans les zones boisées, ce qui est peu probable, et où la plupart des populations vivraient dans les zones biogéoclimatiques côtières à douglas et à pruche de l’Ouest, alors, d’après le tableau 1, environ 10 p. 100 de la population de l’île de Vancouver et 23 p. 100 de celle des Îles-de-la-Reine-Charlotte se trouveraient dans des zones protégées. En supposant que l’île de Vancouver abrite 300 couples et les Îles-de-la-Reine-Charlotte, 50, au mieux seulement 40 couples seraient préservés dans les zones protégées.

Évaluation

L’aire de répartition mondiale de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte est relativement restreinte. et la majeure partie se trouve sur les côtes de la Colombie-Britannique. La taille des populations de la Colombie-Britannique serait faible, soit de l’ordre de 350 à 425 couples reproducteurs, dont la plupart sont concentrés sur l’île de Vancouver. L’habitat forestier protégé, qui peut abriter ou pas des Autours des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte, se limite à environ 12 p. 100 sur l’île de Vancouver et 23 p. 100 sur les Îles-de-la-Reine-Charlotte. La principale menace qui pèse sur l’habitat est l’exploitation forestière industrielle à grande échelle des habitats qui semblent avoir le plus de valeur pour l’espèce. Les deux principales sources d’inquiétude sont la récolte continue des forêts de peuplements vieux et la baisse de la durée de rotation de la récolte des peuplements secondaires. La fragmentation de peuplements contigus pourrait diminuer la disponibilité de la nourriture, réduire la disponibilité d’habitats de nidification adéquats et en abaisser les qualités d’isolation, et accroître le risque de prédation et la concurrence d’espèces mieux adaptées à une forêt fragmentée, tous ces facteurs étant susceptibles d’entraîner une baisse de la taille des populations. La capacité d’adaptation de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte à la nidification dans des peuplements secondaires plus jeunes est incertaine, et les effets à long terme des pratiques forestières actuelles risquent de compromettre gravement la stabilité des populations.

La taille des populations de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte est petite, leur aire de répartition au Canada est très limitée, leur habitat subit des menaces à grande échelle et les perspectives de croissance de ces populations sont relativement faibles. Les effets à long terme de la fragmentation accrue des forêts de peuplements vieux demeurent incertains, mais sont probablement négatifs. Sur une note plus positive, l’Autour des palombes est largement répandu dans cette aire de répartition limitée; il fait montre d’une certaine adaptabilité dans son utilisation des forêts secondaires, et la conservation de son habitat bénéficie actuellement d’un haut niveau de priorité. Toutefois, comme les menaces qui pèsent sur son habitat vont probablement perdurer, que les populations semblent petites et que l’aire de répartition est très limitée, nous suggérons que le statut de l’Autour des palombes des Îles-de-la-Reine-Charlotte passe de celui d’espèce vulnérable à celui d’espèce menacée au Canada.