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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation Brosme au Canada

Résumé

Brosme

Brosme brosme

 

Information sur l’espèce

Le Brosme brosme (Ascanius, 1772) est le seul membre de son genre et fait partie de la vingtaine d’espèces apparentées aux morues (Gadidés) recensées sur la côte Est du Canada. Communément appelé « brosme », ce poisson possède un seul barbillon et une seule nageoire dorsale. Cette caractéristique permet de l’identifier parmi la famille des Gadidés. Dans le présent rapport, les brosmes sont considérés comme faisant partie d’une même unité évolutionnaire significative (UES). Aucune étude n’a été faite sur la variation méristique, morphométrique et génétique du brosme dans l’ouest de l’Atlantique.

 

Répartition

Le brosme est une espèce du Nord qui vit dans les eaux de la plate-forme continentale de la zone subarctique et boréale de l’Atlantique Nord. Son centre d’abondance se trouve dans l’ouest de l’Atlantique, entre les 41e et 44e degrés de latitude nord (golfe du Maine et Sud du plateau néo-écossais). L’espèce vit aussi en eau profonde le long de la plate-forme continentale, au large de Terre-Neuve-et-Labrador, où elle est toutefois rare. Seuls trois poissons ont été capturés dans le golfe du Saint-Laurent. Dans le golfe du Maine, l’aire de répartition du brosme chevauche la frontière internationale canado-américaine.

 

Habitat

Couramment observé sur les substrats durs, accidentés et rocheux, le brosme est rarement capturé sur les fonds de sable lisse. Il préfère les eaux relativement chaudes des profondeurs intermédiaires du plateau néo-écossais et du golfe du Maine. On le trouve à des températures variant entre 2 °C et 12 °C sur le plateau néo-écossais. La plage de température privilégiée est toutefois de 6 à 10 °C. L’espèce se trouve rarement près des côtes ou à des profondeurs de moins de 20 à 30 m; elle fréquente plutôt des profondeurs de 150 à 450 m dans l’ensemble de son aire de répartition. D’après Scott (1982), au large de l’Est canadien, le brosme vit entre 73 m et 363 m, mais on peut le trouver à des profondeurs plus grandes le long de la plate-forme continentale, au large de la Nouvelle-Écosse.

 

Biologie

Le brosme adulte atteint une longueur totale maximale d’une centaine de centimètres. La fraye a lieu d’avril à juillet, avec son apogée à la fin juin sur le plateau néo-écossais. Les œufs flottent et éclosent pour donner des larves de 4 mm. Les larves restent dans la partie supérieure de la colonne d’eau avant de s’établir sur le fond lorsqu’elles mesurent environ de 50 à 60 mm. Les juvéniles et les adultes ont un mode de vie démersal et sont lents, sédentaires et solitaires (ils ne se rassemblent pas en grands bancs). Les plus importantes captures individuelles en plus de 30 ans de chalutage de fond sur le plateau néo-écossais et dans le golfe du Maine se chiffrent à 35 poissons par trait de chalut pour le ministère des Pêches et des Océans (MPO) et à 12 poissons par trait pour le National Marine Fisheries Service (NMFS). Cinquante pour cent des adultes atteignent la maturité lorsqu’ils mesurent environ 50 cm (de 5 à 6 ans), mais cela varie d’un endroit à l’autre. Dans le présent rapport, la durée d’une génération est estimée à 9 ans (environ 60 cm). L’âge maximal signalé est de 20 ans.

 

Taille et tendances des populations

Les données utilisées dans le présent rapport pour documenter le déclin des populations de brosmes au Canada proviennent du MPO. Plus de 10 000 sites ont été échantillonnés dans la région Scotia-Fundy entre 1970 et 2001. Dans la région de Terre-Neuve, plus de 15 000 sites ont été échantillonnés de 1978 à 2001.

Les données des relevés réalisés dans la région Scotia-Fundy montrent une baisse importante du nombre de captures par unité d’effort (CPUE) à partir de la fin des années 1970 jusqu’au début des années 1980. Pendant l’ensemble de la période allant de 1970 à 2001, soit 32 ans ou 3,5 générations de brosmes, les CPUE ont diminué de 93,4 p. 100. Les estimations du nombre de poissons de plus de 50 cm (taille où 50 p. 100 des individus sont matures) suivent étroitement les baisses des CPUE. On a observé un déclin de 95,5 p. 100 de 1970 à 2001, ce qui équivaut à une baisse d’un ordre de grandeur de la taille de la population. Les données combinées des relevés des navires scientifiques de toutes les sources (golfe du Maine, Scotia-Fundy et Terre-Neuve) pour tous les brosmes du nord-ouest de l’Atlantique montrent que les CPUE étaient approximativement de 0,21 individu par trait au début des années 1970 et qu’elles ont baissé régulièrement jusqu’en 1994 pour atteindre 0,02. Pendant l’ensemble de la période allant de 1970 à 1994, soit 25 ans ou environ 3 générations de brosmes, le nombre de poissons par trait a diminué de 90,4 p. 100 dans toute l’aire de répartition.

 

Facteurs limitatifs et menaces

La pêche est une importante cause de mortalité. L’être humain, la morue, le flétan et le phoque à capuchon semblent être les seuls prédateurs du brosme. La pêche rapporte en moyenne 3 469 tonnes de brosmes par année. Environ 80 p. 100 des débarquements proviennent de la division 4X de l’OPANO (baie de Fundy, Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse, banc Browns). Il semble exister une pêche dirigée au brosme. D’après les Rapports sur l’état des stocks A3-35 de 2000 et de 1998 du MPO, l’élimination de la pêche dirigée au brosme est nécessaire au rétablissement du stock. Par ailleurs, il faut noter que la plupart des brosmes correspondent à des prises accessoires des pêches à la palangre visant le flétan, la morue, l’aiglefin et la goberge. Le MPO a évalué l’ensemble du stock en 1998. Le Rapport sur l’état des stocks de 1998 ainsi que les mises à jour effectuées en 2000 et 2001 indiquent que les débarquements sont inférieurs à la moyenne à long terme depuis 1993. Aux États-Unis, le ratio des débarquements commerciaux sur l’indice des relevés scientifiques d’automne est à la hausse depuis 1986, ce qui révèle un accroissement de l’exploitation. Le stock semble être surexploité; le niveau de la biomasse est faible.

 

Importance de l’espèce

Le brosme appartient à un genre monotypique, et sa répartition spatiale est très limitée (centre de l’aire de répartition entre les 41e et 44e degrés de latitude nord) dans l’ouest de l’Atlantique.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*           Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**         Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***       Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****     Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement                       Environment
Canada                                 Canada

Service Canadien                  Canadian Wildlife
de la faune                            Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.