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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation Brosme au Canada

Habitat

Le brosme est généralement pêché sur des substrats durs, accidentés et rocheux. D’après Bigelow et Schroeder (1953) ainsi que Collette et Klien-MacPhee (2002), il choisit très méticuleusement son habitat. Le brosme préfère les fonds océaniques durs (surtout ceux parsemés de roches et de pierres), les fonds à gravier ou à galets, parfois les fonds vaseux où il cohabite avec les merluches (Urophycis), mais rarement les fonds de sable lisse et propre. Les fonds de pêche composés de grandes étendues de gravier, de galets et de petits cailloux ainsi que de sable et d’argile par endroits, par exemple le banc German et le haut-fond Lurcher (sur plateau néo-écossais), sont moins productifs que les autres secteurs (Bigelow et Schroeder, 1953; Collette et Klien-MacPhee, 2002). Au large du Sud-Ouest de la Norvège, on a pêché des brosmes à la palangre et au filet maillant dans des habitats coralliens (Lophelia pertusa), à des profondeurs de 150 m à 300 m (Husebø et al., 2002). On a observé que les poissons des habitats coralliens (Svedevidov, 1948) étaient souvent plus gros que ceux des autres habitats. Des brosmes ont également été observés sur des encroûtements carbonatés, parfois cachés en dessous, dans des « pockmarks » et des zones de suintement du centre de la mer du Nord (Hovland et Judd, 1988).

Il vaut la peine de noter que le brosme préfère les profondeurs intermédiaires où l’eau est relativement chaude dans l’ouest de l’Atlantique. On trouve l’espèce à des températures variant entre 2 °C et 12 °C sur le plateau néo-écossais et entre 1 °C et 10 °C dans le golfe du Maine (Scott, 1982; Scott et Scott, 1988). La plage de température privilégiée est de 6 à 10°C sur le plateau néo-écossais (Scott, 1982; Scott et Scott, 1988). On rapporte que les principaux secteurs de pêche correspondent aux régions où le fond présente une température minimale d’environ 4 °C (Oldham, 1972; Scott, 1982; Scott et Scott, 1988).

On n’observe jamais de brosmes près des côtes ni à des profondeurs de moins de 20 à 30 m (Svedevidov, 1948). La plage de profondeur globale est de 20 à 1 100 m (Cohen, 1990; Hareide et Garnes, 2001), mais on trouve rarement le brosme au-dessous de 400 m (Andriyashev, 1954). Dans l’Atlantique canadien, le brosme fréquente des profondeurs de 150 m à 450 m dans l’ensemble de son aire de répartition. Sur le plateau néo-écossais, la plage de profondeur établie d’après les données obtenues à long terme (30 ans +) au chalut de fond par des navires scientifiques du ministère des Pêches et des Océans (MPO) est de 73 à 363 m (Scott, 1982; Scott et Scott, 1988), mais le brosme est réputé fréquenter des profondeurs plus grandes le long du rebord de la plate-forme continentale au large de la Nouvelle-Écosse. Les températures et les profondeurs privilégiées par le brosme sur le plateau néo-écossais sont résumées dans le tableau 1 et la figure 2 pour la période de 1970 à 2001. Ces données, fournies par la Station biologique de St. Andrews du MPO, au Nouveau-Brunswick, sont fondées sur des relevés normalisés au chalut de fond. Le tableau 1 montre que 94 p. 100 des brosmes capturés dans la région Scotia-Fundy vivaient à une température allant de 6,0 °C à 12,9 °C; le même pourcentage de brosmes étaient pêchés à des profondeurs inférieures à 399 m. Seuls trois brosmes ont été capturés à des profondeurs situées entre 400 m et 699 m. Selon la figure 2, la répartition selon la température et la profondeur n’a pas changé en 32 ans d’échantillonnage dans la région Scotia-Fundy. Il est probable que le brosme fréquente aussi des eaux plus profondes vu sa présence le long de la plate-forme et du talus continental dans l’Atlantique canadien, comme le montrent les cartes de répartition de Harris et al. (2002).