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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation Brosme au Canada

Biologie

Généralités

De nombreuses lacunes demeurent dans nos connaissances de base sur la biologie du brosme, bien qu’on ait pratiqué la pêche dirigée de cette espèce dans l’ouest de l’Atlantique. Les adultes frayent entre avril et juin dans le golfe du Maine (Bigelow et Schroeder, 1953; Collette et Klien-MacPhee, 2002). La fraye atteint son apogée à la fin juin dans le secteur du banc La Have, sur le plateau néo-écossais (Oldham, 1972).

Les œufs flottent et peuvent être largement dispersés par les courants océaniques. Ils éclosent pour donner des larves de 4 mm, et le vitellus est absorbé lorsque ces dernières mesurent environ 5 mm. Les larves restent dans la partie supérieure de la colonne d’eau en tant que juvéniles pélagiques, qui s’établissent sur le fond lorsqu’ils atteignent environ de 50à 60 mm (Schmidt, 1905;Fahay, 1983; Collette et Klien-MacPhee, 2002). On ne connaît pas la durée du stade pélagique, mais elle dépend probablement de la température de l’eau et correspond sans doute à ce qu’on observe chez les autres Gadidés, soit de 1 à 4 mois. Les juvéniles et les adultes ont un mode de vie démersal. Ils sont fortement associés au substrat et ne montent pas dans la colonne d’eau (Bigelow et Schroeder, 1953; Collette et Klien-MacPhee, 2002).On décrit les brosmes adultes comme lents, sédentaires et solitaires. Ils ne se rassemblent pas en grands bancs (Svetevidov, 1948; Wheeler, 1969; Cohen, 1990). 

Les captures en 32 ans de chalutage de fond dans la région Scotia-Fundy, le golfe du Maine et la baie de Fundy – centre de l’aire de répartition du brosme – sont rarement impressionnantes. Le nombre maximal de poissons capturés au chalut de fond dans un trait de 30 minutes est de 35 poissons au Canada (MPO) et de 12 poissons aux États-Unis (NMFS). La plupart des prises non nulles se chiffrent à moins de 4 individus par trait de chalut. Les poissons (71,5 p. 100) et les crustacés (20,4 p. 100) sont les proies dominantes du brosme dans le golfe du Maine et le sud du plateau néo-écossais (Harris et al., 2002; Langton et al., 1980).

Dans l’est de l’Atlantique, le brosme est apparemment généraliste : ses principales proies sont d’autres poissons, des crustacés et des polychètes (Andriyashev, 1954;Davis, 1990;Bergstad, 1991). On a trouvé dans l’estomac de nombreux brosmes des hameçons de palangre utilisés pour la pêche commerciale dans l’est de l’Atlantique (Lukmanov et al., 1985). L’examen de l’estomac des brosmes pêchés commercialement est généralement inefficace, car l’estomac se retourne pendant la capture, ce qui fait perdre son contenu (Scott et Scott, 1988). La lenteur et la sédentarité du brosme font de lui une proie pour plusieurs poissons, notamment l’aiguillat commun, la raie tachetée, la morue franche, la merluche blanche, la baudroie d’Amérique, la donzelle fauve, l’hémitriptère atlantique, le cardeau d’été et le turbot de sable. L’aiguillat est le principal prédateur (Rountree, 1999). Les phoques, dont le phoque à capuchon (Jensen, 1948) et le phoque gris (Bowen et al. 1993), sont aussi des prédateurs connus du brosme.

 

Fraye 

Le brosme fait partie des poissons les plus féconds. En effet, il y a plus d’un million d’œufs dans une femelle mature mesurant > 60 cm sur le plateau néo-écossais (Wenner, 1983; Oldham, 1972). La fraye a habituellement lieu au printemps ou à l’été, mais le moment varie d’un endroit à l’autre (Bigelow et Schroeder, 1953; Fahay, 1983;Cohen, 1990;Scott et Scott, 1988; Collette et Klien-MacPhee, 2002). La fraye se produit de mai à août, avec un pic à la fin juin sur le plateau néo-écossais (Oldham, 1972; Rapport sur l’état des stocks A3-35 du MPO, 2000). L’emplacement des frayères, si frayères fixes il y a, n’est pas connu. On signale que la fraye a lieu partout dans la division 4X de l’OPANO. On ne rapporte aucune migration de reproduction. L’espèce se déplace peu et n’entreprend que des migrations locales, à des profondeurs plus ou moins grandes, tout en restant à peu près dans la même zone (Svedevidov, 1948; Oldham, 1972). Les poissons frayent à une température allant de 5 °C à 9 °C, 7 °C étant la moyenne.


Figure 2.  Répartition des stations de pêche en fonction de la profondeur et de la température de 1970 à 2001 (ensemble de données sur cinq ans) selon qu’elles ont capturé des brosmes (en noir) ou non (en gris) dans la région Scotia-Fundy.


Figure 2.  Répartition des stations de pêche en fonction de la profondeur et de la température de 1970 à 2001 (ensemble de données sur cinq ans) selon qu’elles ont capturé des brosmes (en noir) ou non (en gris) dans la région Scotia-Fundy.

Beacham (1982) et Oldham (1972) fournissent tous deux l’information nécessaire pour estimer la durée d’une génération. Dans le présent rapport, la durée d’une génération est définie comme l’âge où la majorité (95 p. 100) des brosmes atteignent la maturité. Beacham (1982) indique que 50 p. 100 des brosmes mâles et de femelles sont matures lorsqu’ils mesurent de 48 à 56 cm sur le plateau néo-écossais. D’après Oldham (1972), 50 p. 100 des mâles atteignent la maturité à 43,5 cm (5 ans), et 50 p. 100 des femelles, à 50,7 cm (7 ans) sur le plateau néo-écossais. Par conséquent, l’âge moyen de la maturité sur le plateau néo-écossais est de 6 ans. Beacham (1982) observe que sur le plateau néo-écossais tous les brosmes de plus de 70 cm sont matures. Une longueur de 70 cm correspond à un âge de presque 11 ans (clé âge-longueur d’Oldham fondée sur des données du début des années 1970). Oldham (1972) indique que plus de 95 p. 100 des brosmes sont matures lorsqu’ils mesurent 60 cm. Une longueur de 60 cm correspond à un âge de 9 ans; c’est l’estimation de la durée d’une génération utilisée dans le présent rapport. Svetovidov (1948), quant à lui, rapporte que, dans l’est de l’Atlantique, la maturité sexuelle est atteinte lorsque le poisson mesure 50 cm (de 8 à 10 ans).