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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Gérardie rude (Agalinis aspera) au Canada

COSEPAC Résumé

Gérardie rude
Agalinis aspera

Information sur l’espèce

La gérardie rude (Agalinis aspera) est une plante à fleurs dicotylédone (à graine possédant deux feuilles embryonnaires) actuellement considérée comme appartenant à la famille des Orobanchacées. Il s’agit d’une plante herbacées annuelle grêle produisant des feuilles étroites, linéaires, rudes, opposées à subopposées. Au Manitoba, la plante ne dépasse pas 35 cm de hauteur et est très peu ramifiée. Les fleurs sont rose vif, réunies en un court racème, portées par des pédicelles minces, mais presque dressés. Sur la plante, seulement une ou deux fleurs sont visibles à la fois, car chaque fleur ne reste ouverte qu’une journée. Le fruit est une capsule ovoïde brun foncé renfermant de nombreuses graines minuscules dont la forme rappelle un losange.

Répartition

L’espèce se trouve dans les plaines centrales d’Amérique du Nord, depuis le Manitoba jusqu’au Texas. Elle est probablement le plus commune en Iowa et au Nebraska, où on lui a attribué la cote S4 (signifiant que l’espèce ne semble pas en péril dans ces États). Sa présence a également été signalée en Illinois, au Kansas, en Arkansas, en Louisiane, au Missouri, en Oklahoma, dans le nord du Texas, dans le sud-ouest du Minnesota et du Wisconsin ainsi que dans l’est du Dakota du Nord et du Dakota du Sud. Au Canada, l’aire de répartition de l’espèce se limite à onze sites, répartis entre cinq municipalités rurales du sud du Manitoba.

Habitat

Il s’agit d’une espèce des prairies poussant dans les prés de baissières humides où elle est souvent menacée par le drainage agricole ou le broutage intensif. La plante se trouve dans des terrains dégagés à végétation clairsemée et à sol alcalin. Les sites canadiens se trouvent dans des vestiges de prairie situés principalement le long de routes.

Biologie

La gérardie rude est une plante herbacée annuelle hémiparasite qui a donc besoin d’autres plantes à fleurs pour obtenir une partie de ses nutriments. On ignore actuellement si l’espèce a une prédilection pour un hôte en particulier.

Taille et tendances des populations

La population canadienne était très petite en 2004, mais il est possible qu’elle fluctue d’une année à l’autre. De 209 à 229 individus seulement ont été dénombrés dans les 11 sites, pour une zone d’occupation de moins de 5 km². Il n’existe aucune étude antérieure qui permette de dégager des tendances démographiques.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Manitoba, tous les habitats prairiaux ont vu leur superficie réduite par l’expansion de l’agriculture. La plupart des sites de l’espèce situés dans cette province se trouvent sur des emprises routières.

Importance de l’espèce

L’Agalinis aspera est une espèce spécialement adaptée aux prairies. Il est possible qu’il soit l’unique représentant d’une lignée évolutive.

Protection actuelle

L’espèce ne bénéficie actuellement d’aucune protection au Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4, Note de bas de page5
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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