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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Gérardie rude (Agalinis aspera) au Canada

Biologie

Toute l’information concernant la biologie de la gérardie rude est tirée d’études portant sur le genre Agalinis dans son ensemble et notamment des monographies de Pennell (1929 et 1935). Aucune publication portant exclusivement sur la gérardie rude n’a été relevée.

Cycle vital et reproduction

La gérardie rude est une plante annuelle dont la floraison commence vers la fin de juillet ou le début d’août et prend fin vers la fin d’août ou le début de septembre. Les graines sont produites en septembre. Les fleurs sont parfaites et poussent aux aisselles de bractées opposées. Elles sont réunies en racèmes (inflorescences à croissance indéterminée).

La corolle, de grande taille, attire les insectes pollinisateurs comme les bourdons (Pennell, 1935). La fleur est adaptée à la pollinisation par les bourdons et les autres abeilles, avec sa corolle à lobes étalés et ses étamines à filets courts qui gardent les anthères à l’intérieur de la corolle. Dans une étude sur l’Agalinis acuta, Neel (2002) a établi que cette espèce et d’autres du genre Agalinis sont autocompatibles. Par conséquent, la plante peut produire des graines même si elle est isolée de toute autre plante de la même espèce. Bien que l’autofécondation n’ait pas été étudiée chez l’A. aspera, la disposition des anthères et des stigmates semble indiquer que l’autogamie est possible (Canne-Hilliker, comm. pers., 2004). Cette caractéristique est importante, compte tenu de la petite taille des populations du Manitoba.

Le limbe des feuilles est étroit et a une structure peu élaborée. Cela pourrait constituer une adaptation à l’environnement aride des prairies, la plante ayant ainsi l’aspect caractéristique d’une xérophyte.

Herbivores/prédateurs

Aucune information n’est disponible à ce sujet.

Physiologie

Aucune information n’est disponible à ce sujet.

Déplacements et dispersion

Les graines mesurent de 1,2 à 1,4 mm et ont une forme ovoïde anguleuse plus ou moins losangique (Pennell, 1929). Chaque capsule produit un grand nombre de graines, petites et légères (figure 4), qui sont probablement dispersées localement par le vent, au moment de l’ouverture de la capsule. Il est également possible que certaines graines adhèrent aux pattes des oiseaux (Pennell, 1935) ou d’autres animaux.

Relations interspécifiques

Les Agalinis sont des plantes hémiparasites. Ils possèdent des racines spéciales, les haustoriums, qui sont fixés au xylème de l’hôte et permettent d’y puiser de l’eau et des nutriments dissous. La taille et la vigueur de l’hémiparasite dépendent du type d’hôte et de la disponibilité de racines d’hôte (Musselman et Mann, 1978).

Dans le cas de l’Agalinis tenuifolia, on a relevé toute une gamme d’hôtes incluant les espèces suivantes : Paspalum pubescens, Panicum dichotomum, Agrostis perennans, Juncoides campestre, Anemone virginiana, Rubus villosus, Fragaria virginiana, Potentilla pumila, Viola triloba, Mitchella repens, Solidago bicolor, S. caesia, S. nemoralis, Aster undulatus, Antennaria plantaginifolia et Achillea millefolium (Pennell, 1929). Musselman et Mann (1978) estimaient que « parmi tous les parasites racinaires existant dans le Sud, ce sont les Agalinis qui ont la plus grande gamme d’hôtes ». Bien que ces auteurs n’aient pu identifier d’hôte privilégié chez aucune espèce d’Agalinis, ils ont noté que l’Agalinis purpurea n’est jamais abondant dans les secteurs exempts de plantes ligneuses. Aucune préférence en matière d’hôte n’est connue actuellement chez l’A. aspera, mais un des individus les plus vigoureux observé lors de notre étude poussait à proximité d’une petite symphorine blanche (Symphoricarpos albus). De plus, les deux populations se trouvant dans des champs étaient à proximité de colonies de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides).

Adaptabilité

Aucune information n’est disponible à ce sujet.