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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Gérardie rude (Agalinis aspera) au Canada

Taille et tendances des populations

Avant le début de la présente étude, l’Agalinis aspera n’avait été relevé récemment que dans deux localités : Grosse Isle (population 1) et Poplar Point (population 5). Il existait également deux observations faites à Morden, dont la plus récente remontait à 1943. Scoggan (1957) mentionne d’autres observations, faites à Stony Mountain, près de Winnipeg (Macoun, 1896, sol rocheux; Fowler, 1953), et à Portage la Prairie (McMorine, 1891, 1897). Pennell (1929) signale des spécimens récoltés à Emerson et à Stony Mountain. Aucune évaluation de la population n’accompagnait ces mentions.

La taille des populations et la vigueur des plantes repérées en 2004 sont indiquées au tableau 1.

Activités de recherche

Nos activités de recherche ont d’abord consisté à retrouver tous les spécimens d’herbier et les autres mentions ainsi qu’à communiquer avec des personnes connaissant l’espèce. Toutes ces avenues ont été investiguées. Après avoir clairement établi quels types d’habitats et de communautés végétales conviennent à l’espèce, nous avons fait des relevés additionnels dans ces types d’habitats. Ces travaux de terrain ont duré 16 jours (entre le 20 juillet et le 28 septembre 2004). Durant 3 de ces journées, nous étions accompagnés d’assistants. Les premiers individus d’A. aspera ont été découverts à Grosse Isle le 11 août 2004. De Grosse Isle à Saint-Laurent, la route 6 et le chemin de fer suivent un parcours parallèle en direction nord-ouest sur environ 42 km, bien que les rails aient été retirés au nord de Warren. Cette large emprise (jusqu’à 35 m de largeur) semble accueillir à plusieurs endroits une vigoureuse communauté d’espèces des prairies. Nous avons découvert des populations d’Agalinis aspera à Warren et à Woodlands, et des recherches plus approfondies le long de cette emprise permettraient peut-être d’en découvrir d’autres.

Même si nous avons consacré 3 journées de recherche aux pâturages communautaires de l’ARAP de Portage et de Woodlands et y avons inspecté les abords de toutes les routes, nous estimons que nous n’avons pas été en mesure de faire un inventaire complet de ce secteur. Comme ces pâturages ont une superficie de plus de 10 000 hectares, des recherches plus approfondies exigeraient un cheval ou un véhicule tout-terrain.

Plusieurs localités du Manitoba accueillant des cypripèdes blancs ont été parcourues, car les besoins en matière d’habitat de cette espèce semblent similaires à ceux de la gérardie rude. C’est cette démarche qui nous a permis de découvrir le site de Saint-Laurent. Plusieurs autres zones prometteuses ont été parcourues, notamment la zone de gestion de la faune du lac Francis, le parc provincial Pembina Hills, le parc provincial Bird’s Hill et le champ de tir de St. Charles. L’Agalinis aspera est très difficile à détecter lorsqu’il n’est pas en fleurs. Par conséquent, toute activité de recherche future devrait se dérouler pendant la floraison qui en 2004 a duré du 10 août au 10 septembre.

Sommaire des populations existantes

1. Grosse Isle : Trois spécimens d’A. aspera provenant de cet endroit sont déposés à l’herbier de la University of Manitoba (WIN). Ces spécimens (nos 43190, 43478 et 44346) ont tous été récoltés par D. Punter en 1986 et 1987.

Une petite population de 8 Agalinis aspera a été retrouvée le 16 août 2004. Les individus étaient dispersés sur un axe de 60 m le long de la face exposée au sud-ouest d’une emprise routière de 24 m de largeur, entre la route et le chemin de fer. La plupart des individus occupaient un sol graveleux humide, à mi-pente d’un fossé peu profond. La communauté végétale environnante était caractéristique des prairies de grandes graminées. Les espèces suivantes se trouvaient dans le voisinage immédiat : Andropogon gerardii, Schizachyrium scoparium, Poasp., Psoralea argophylla, Allium stellatum, Lobelia spicata, Solidago missouriensis, Elaeagnus commutata etAster ptarmicoides. Parmi les autres plantes présentes dans les environs, il y avait les suivantes : Solidago sp., Salix sp., Helianthus maximiliani, Zizia aptera et Aster ericoides. Vers le nord, le fossé devenait plus profond et accueillait des espèces des marais, dont le Typha latifolia. Le 16 août, l’A. aspera était en boutons et en fleurs. Les individus atteignaient une hauteur de 16 à 30 cm, et les capsules commençaient tout juste à se développer à la suite de la chute des corolles. Le 10 septembre, lors d’une visite subséquente, les plantes semblaient encore en bonne condition. Aucune fleur n’a été observée, mais les capsules se développaient normalement. À proximité se trouve un vestige de prairie de grandes graminées d’une superficie de 3 ha, en forme de triangle ou de Y, limité par 3 voies de chemin de fer. Ce secteur a été minutieusement inspecté à 5 reprises dans le cadre de la présente étude (les 20 et 30 juillet, les 11 et 16 août ainsi que le 10 septembre 2004), mais aucun A. aspera n’y a été découvert. Cette prairie est brûlée régulièrement (Hamel, comm. pers., 2004) et maintenue à l’état d’un habitat prairial par la Prime Meridian Trail Association.

2. Warren : L’Agalinis aspera a été trouvé à cet endroit le 22 août 2004, et le site a été revisité le 10 septembre. Il s’agit d’une emprise routière de 35 m de largeur, près de la ville de Warren. Ce fossé peu profond renferme un vestige de prairie de grandes graminées. Le sol porte une croûte alcaline, et de petits cailloux se trouvent à proximité des plantes. La communauté végétale comprenait les espèces suivantes : Andropogon gerardii, Aster ptarmicoides, Liatris sp., Melilotus alba, Dalea purpurea, Gentiana puberulenta, G. linearis, Lobelia spicata, Rosa sp., Psoralea argophylla et Solidago missouriensis.

Une population d’environ 20 individus a été découverte, dispersée sur 10 m le long d’une section du fossé. Les individus atteignaient une hauteur de 15 à 25 cm le 22 août, étaient en boutons et en fleurs et commençaient à former des capsules. Le 10 septembre, deux individus étaient encore en fleurs, et les capsules se développaient normalement sur certains individus (figure 4). Un individu montrait des signes de dégénérescence des capsules; aucune graine ne s’y développait, ce qui pourrait être attribuable à la gelée survenue dans le sud du Manitoba les 19 et 20 août 2004.

3. Woodlands : À cet endroit, les rails et les bâtiments d’une ancienne station ferroviaire ont été retirés. Bien qu’une partie du terrain soit tondue en pelouse par la municipalité, une autre partie est demeurée à l’état de prairie indigène. Le 28 août 2004, cette prairie abritait une vigoureuse communauté d’espèces des prairies de grandes graminées : Andropogon gerardii, Schizachyrium scoparium, Parnassia palustris, Gentiana crinita, Gentiana puberulenta, Dalea purpurea, Aster ptarmicoides et Solidago missouriensis. Le 10 septembre, tout le secteur avait été fauché à une hauteur d’environ 15 cm.

La population d’Agalinis aspera de l’endroit comptait 27 individus dispersés sur un axe de 16 m. Les graminées étaient éparses à proximité des A. aspera, et le milieu comportait des îlots de sol dénudé, des cailloux couverts d’une croûte calcaire et des morceaux de gravier calcaire. Il est difficile de déterminer si ce gravier était présent à l’origine ou s’il faisait partie du remblai du chemin de fer.

4. Saint-Laurent : Une population de 30 à 50 individus d’Agalinis aspera a été trouvée à cet endroit le 22 août 2004 dans un pré humide. Les plantes poussaient 60 m à l’est d’un petit chemin de terre bordé d’un fossé rempli d’eau et de 2 à 6 m au nord d’un peuplement de Populus tremuloides. La population se trouvait à l’intérieur d’un polygone de 28 m par 7 m. La végétation du site était clairsemée et constituée principalement des espèces Andropogon gerardii (jeunes tiges vertes), Parnassia palustris, Elaeagnus commutata, Populus tremuloides (semis), Cypripedium sp., Castilleja sp., Juncus sp., Calamagrostis sp., Bromus ciliatus et Solidago missouriensis.

Cette population présente un intérêt particulier, car c’est une des deux seules à occuper un pré plutôt qu’une emprise routière.

Figure 4. Agalinis aspera avec capsules en développement, à Warren, au Manitoba, le 10 septembre 2004. Photo de M. Hughes.

Figure 4. Agalinis aspera avec capsules en développement, à Warren, au Manitoba, le 10 septembre 2004

Sites de Poplar Point : Un petit chemin de terre traverse le pâturage communautaire de Portage administré par l’ARAP, et son emprise large de 11 m renferme un vestige de prairie de grandes graminées. On a trouvé 3 populations et 2 sous-populations d’Agalinis aspera du côté nord de ce chemin (tableau 1). Parmi les A. aspera se trouvaient les taxons suivants : Andropogon gerardii, Schizachyrium scoparium, Poa sp., Carex sp., Dalea purpurea, Dalea candida, Allium stellatum, Lobelia spicata, Melilotus alba, Symphoricarpos albus, Gentiana puberulenta, Monarda fistulosa, Rosa sp. etCypripedium sp. Les populations suivantes ont été identifiées dans le secteur de Poplar Point.

5. Poplar Point. Dans ce site, 13 individus sains étaient dispersés sur 3 m le long de l’emprise routière. Les plantes se trouvaient sur le côté exposé, sur le sol graveleux humide d’un léger soulèvement du fossé. Le fossé portait des traces de pas laissées par des bovins. Au nord de la clôture, le pâturage était fortement brouté par les bovins et n’a donc pas été étudié.

6. Poplar Point. Quelque 2,4 km à l’ouest du site 5, 7 individus ont été trouvés sur un sol graveleux humide portant des traces de bovins. Certains de ces individus étaient peu vigoureux et de petite taille (de 9 à 11 cm), mais un individu vigoureux mesurant 29 cm de hauteur a été observé près d’une symphorine blanche (Symphoricarpos albus).

7. Poplar Point. Cette population a été découverte 1,4 km à l’ouest de la population 6, le long du même chemin. Elle était constituée de 3 sous-populations. La sous-population7-1 comptait 10 petits individus dispersés sur plus de 5 m dans un fossé au sol presque nu. Le Schizachyrium scoparium formait des buttes herbeuses sur le sol nu, et l’Agalinis aspera se trouvait sur ces buttes en compagnie du S. scoparium et du Lobelia spicata. La sous-population 7-2 était située au nord de la clôture, dans un pâturage adjacent peu brouté. Elle comptait 15 individus et était située environ 60 m au nord du chemin, dans un pré humide. Les espèces végétales poussant à proximité de l’A. aspera appartenaient aux taxons Andropogon gerardii, Poa sp., Carex sp., Juncus sp., Allium stellatum, Campanula rotundifolia, Dalea purpurea, Achillea millefolium, Grindelia squarrosa etAmbrosia artemisiifoliavar. elatior. Les individus d’A. aspera se trouvaient 10 m à l’est d’un bosquet de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides). Les individus poussant dans le pâturage semblaient assez vigoureux par rapport à ceux poussant dans l’emprise routière, car ils étaient plus hauts et portaient plus de fleurs et de petites ramifications (tableau 1). La sous-population 7-3 était située environ 800 m au sud et comptait 23 individus poussant dans un fossé sec de gravier nu. La plupart des individus étaient d’assez petite taille (les plus hauts mesuraient 16 cm) et peu vigoureux.

8. Poplar Point. Le 20 août 2004, toutes les routes longeant ou traversant les pâturages de Portage et de Woodlands ont été parcourues en véhicule, et leurs abords ont été inspectés à partir de la route. Les milieux qui semblaient convenir à l’espèce étaient examinés de plus près. Les pâturages adjacents qui semblaient prometteurs étaient également examinés. Le seul site ainsi découvert était situé du côté est du pâturage de Woodlands. Seul un petit individu de 10 cm s’y trouvait. Les graminées adjacentes étaient courtes et formaient des buttes. Les plantes associées appartenaient aux taxons Andropogon gerardii, Poa sp., Dalea purpurea, Potentilla sp. (petits arbustes) et Elaeagnus commutata.

9. Poplar Point. Au sud du pâturage de Woodlands, le long de la même route, nous avons trouvé une population de 18 petits individus d’A. aspera dispersés sur 11 m du côté ouest de l’emprise routière. Les plantes mesuraient de 8 à 16 cm de hauteur, portaient une seule petite fleur ou un seul petit bouton et présentaient peu de signes de développement des capsules. Le fossé avait un sol sableux-graveleux. Les plantes associées appartenaient aux taxons Andropogon gerardii, Aster ptarmicoides, Solidago missouriensis, Liatris sp., Campanula rotundifolia, Potentilla sp. (petits arbustes) et Elaeagnus commutata. Ce site est situé 11,32 km à l’est de la population 5.

10. Poplar Point. Ce site a été découvert du côté est de l’emprise de la route provinciale 430. Environ 28 individus y étaient dispersés sur 160 m, le long du côté est (exposé à l’ouest) du fossé. Les plantes avaient une hauteur de 8 à 25 cm et étaient très peu ramifiées (tableau 1). La communauté végétale associée était constituée des espèces suivantes : Andropogon gerardii, Poasp., Aster ptarmicoides, Solidago missouriensis, Liatris sp., Rosa sp., Oxytropis splendens, Gentiana crinitaetRudbeckia serotina. Ce site est situé 3,14 km au sud-est du site 5A.         

11. Brandon. Ce site a été découvert par M. Hughes, le 14 août 2001, durant des recherches sur le cypripède blanc. Un spécimen d’Agalinis aspera a été récolté en 2001 et déposé au centre de données sur la conservation du Manitoba. Lorsque le site a été parcouru le 24 août 2004, on n’y trouvait que 7 individus, à l’intérieur d’une superficie d’à peine 1 à 2 . Or, la superficie pouvant servir d’habitat à l’espèce dans cette emprise routière est d’environ 400 m². Les plantes étaient en boutons et en fleurs, et quelques petites capsules commençaient à se développer. Le sol de l’emprise était un loam sableux et graveleux. On exploite des gravières dans le secteur, ce qui indique la présence de crêtes morainiques graveleuses. La communauté végétale environnante était un vestige de prairie de graminées mixtes renfermant les espèces suivantes : Andropogon gerardii, Schizachyrium scoparium, Poa sp., Fragaria virginiana, Aster ptarmicoides, Gentiana puberulenta, Gentiana crinita, Elaeagnus commutata, Populus tremuloides (semis) et Equisetum sp. Les individus de cette population mesuraient entre 10 et 20 cm de hauteur. Ils étaient grêles, peu vigoureux et très peu ramifiés. La survie de cette population semble très précaire.

Tous les sites connus de cypripède blanc des secteurs de Brandon et de Brandon Hills ont été inspectés les 24 et 25 août 2004, mais aucune nouvelle population d’Agalinis aspera n’y a été découverte.

Populations historiques disparues

Morden. L’herbier de la station de recherche agricole de Morden compte deux spécimens d’A. aspera (Enns, comm. pers, 2004), récoltés le 4 août 1939, trois milles à l’ouest de Morden. Selon l’étiquette de ces spécimens, l’habitat était « un sable stérile, un sable acide ». Bien qu’aucun nom d’herborisateur ne soit mentionné, ces spécimens pourraient correspondre à la mention « Marshall, 1939 » figurant dans Scoggan (1957).

L’herbier de la University of Manitoba (WIN) compte également un spécimen d’A. aspera (nº 48846) récolté le 20 août 1943 par G. De Ruyck dans un « pré assez bas et herbeux dans une prairie de Morden, au Manitoba ».

Un inventaire intensif de la flore des collines Pembina a été entrepris au cours des années 1970 et 1980 par H.H. Marshall (1989), mais aucun A. aspera n’y a été signalé. Il semble raisonnable de présumer que Marshall, connaissant bien les espèces de la région, aurait découvert l’espèce si elle s’y était trouvée. Dans cet ouvrage, l’espèce est associée aux prés et aux boisés humides, et les habitats humides font l’objet du commentaire suivant :

« Plusieurs grandes zones humides étaient associées aux plages lacustres, mais la plupart ont été drainées ou soumises à un broutage intensif. Le drainage a permis de construire de nouvelles maisons le long des fossés. L’habitat a été en grande partie détruit ou modifié » [traduction].

Bien que l’ouvrage fasse mention de quelques milieux qui pourraient très bien servir d’habitat à l’espèce dans la région de Morden-Thornhill, aucune population d’A. aspera n’y a été découverte.

Poplar Point. Un spécimen (nº 44121), identifié par G.M. Keleher et déposé à l’herbier de la University of Manitoba (WIN), a été récolté le 16 août 1982 par D. Punter sur la « bordure plate et dégagée de la route provinciale 227, entre les routes 240 et 430. » Ce tronçon de 19 km a été parcouru le 17 août 2004. Il s’agit d’une très large route de gravier dont la surface et le tracé ont été améliorés à la fin des années 1980 et au début des années 1990, en raison du passage d’une ligne de haute tension sur son côté nord (McKay, comm. pers., 2005). Ses fossés ne renferment plus de vestiges de prairie, car ils sont fauchés ou envahis par les mauvaises herbes. La population d’A. aspera qui y aurait existé semble en tout cas être disparue.

Abondance

Dans tous les sites, le nombre d’individus était très bas en 2004, allant de un seul à tout au plus une cinquantaine d’individus, et l’effectif total ne dépassait probablement pas 230 individus.

Fluctuations et tendances

Il est impossible à l’heure actuelle de dégager avec certitude des tendances démographiques, car il existe très peu de données historiques. Les recherches sur l’Agalinis gattingeri (Canne-Hilliker, 1988) ont révélé une énorme fluctuation interannuelle dans la taille des populations; les Agalinis sont des annuelles fragiles dont l’abondance d’une année à l’autre repose sur la germination et la production de graines. En présumant que cela est également le cas chez l’A. aspera, des études approfondies seraient requises pour évaluer l’abondance de la population.

Effet d’une immigration de source externe

Aux États-Unis, la population d’Agalinis aspera la plus proche des sites canadiens se trouve dans le comté de Stutsman, au Dakota du Nord (186 km au sud de la frontière canado-américaine et 200 km au sud des populations canadiennes). Cette information, qui provient du Northern Prairie Wildlife Research Center, a été transmise par Bruce Hanson, qui a mené des recherches approfondies sur les plantes du Dakota du Nord, mais qui n’a jamais pu observer l’A. aspera. Il en conclut donc que l’espèce est peu commune dans cet État (Hanson, comm. pers., 2004). L’A. aspera est considéré comme assez commun dans le sud et l’ouest du Minnesota (Smith, comm. pers., 2004). Même si ses capsules produisent un grand nombre de graines, leur dispersion sur une telle distance semble improbable. D’après la répartition de l’espèce dans les divers comtés du Dakota du Nord (USDA, NRCS, 2004), les sites américains les plus proches des populations canadiennes sont situés à beaucoup plus de 200 km au sud de celles-ci. Il n’existe donc pratiquement aucune possibilité d’immigration de source externe, compte tenu du fait que l’espèce n’est pas adaptée pour la dispersion sur de longues distances.