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Programme de rétablissement de la loutre de mer

Le tableau qui suit présente les catégories de menaces ou de causes de mortalité chez la loutre de mer attribuable à l’homme. Les maladies sont incluses du fait qu’un effet anthropique apparent est observé présentement en Californie. Voir l’annexe II pour une définition des rubriques et des termes présentés dans le tableau.

1.5.1 Classification des menaces

Tableau 3 Tableau de classification des menaces
DescriptionInformation
1Menace (Contaminants environnementaux - déversements de pétrole)Information sur la menace
Catégorie de menaceMortalités accidentelles et habitats perdus ou détériorésEnvergureLocalisée
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleTransport de pétrole et utilisation d’hydrocarbures pour alimenter les naviresOccurrencePrévue 
FréquenceRécurrente 
Menace particulièreDéversements de pétroleCertitude causaleÉlevée 
GravitéÉlevée 
ContrainteMortalité élevée par hypothermie, inhalation d’émanations ou ingestion du pétrole présent dans la fourrure provoquant des dommages aux organes internes. Succès de reproduction réduit; contamination chronique par exposition à des sédiments et à des proies contaminés.Degré de préoccupationÉlevé
2Menace (Contaminants environnementaux - toxines persistantes bioaccumulées)Information sur la menace
Catégorie de menacePollutionEnvergureÉtendue ou localisée
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleIntroduction de produits chimiques industriels et agricoles dans les réseaux trophiques marinsOccurrenceCourante 
FréquenceContinue 
Menace particulièreToxines bioaccumuléesCertitude causaleFaible 
GravitéFaible-modérée 
ContrainteSuccès de reproduction réduit, perturbation de la fonction reproductrice, capacité immunitaire réduite, mortalitéDegré de préoccupationFaible
3Menace (maladies et parasites)Information sur la menace
Catégorie de menaceMortalités accidentelles, changement de la dynamique écologique, pollutionEnvergureLocalisée et étendue
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleIntroduction de maladies et de parasitesOccurrenceAnticipée 
FréquenceInconnue 
Menace particulièreExposition à des maladies nouvellesCertitude causaleÉlevée 
GravitéInconnue 
ContrainteMortalité élevée, perte de potentiel reproducteurDegré de préoccupationFaible
4Menace (Engins de pêche)Information sur la menace
Catégorie de menaceMortalités accidentellesEnvergureLocalisée
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleEmprisonnement ou enchevêtrementOccurrenceAnticipée 
FréquenceRécurrente 
Menace particulièreEmprisonnement/enchevêtrement dans des engins de pêche ou des installations d’aquacultureCertitude causaleÉlevée 
GravitéFaible 
ContrainteMortalité accrue (noyade)Degré de préoccupationFaible
5Menace (collisions avec des navires)Information sur la menace
Catégorie de menaceMortalités (ou blessures) accidentellesEnvergureLocalisée
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleTrafic maritimeOccurrenceAnticipée 
FréquenceRécurrente 
Menace particulièreCollisions avec des naviresCertitude causaleÉlevée 
GravitéFaible 
ContrainteMortalité élevée, perte de potentiel reproducteurDegré de préoccupationFaible
6Menace (braconnage)Information sur la menace
Catégorie de menacePerturbation et harcèlementEnvergureLocalisée
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleArmes à feu, piègesOccurrenceCourante 
FréquenceRécurrente 
Menace particulièreBraconnage (harcèlement)Certitude causaleModérée 
GravitéInconnue 
ContrainteMortalité élevéeDegré de préoccupationFaible-modérée
7Menace (perturbation par l’homme)Information sur la menace
Catégorie de menacePerturbation et harcèlementEnvergureLocalisée
 LocaleAire de répartition complète
Menace généraleActivité humaine sur l’eau, trafic maritime, observation des loutres de merOccurrenceCourante 
FréquenceRécurrente 
Menace particulièrePerturbation du comportementCertitude causaleFaible 
GravitéFaible 
ContrainteSuccès reproducteur réduit (abandon possible de l’habitat de prédilection)Degré de préoccupationFaible

1.5.2 Description des menaces

Déversements de pétrole

La contamination par le pétrole a des effets immédiats et à long terme sur la loutre de mer et le rétablissement des populations. Les cinq points suivants résument la vulnérabilité de la loutre de mer au pétrole.

Les loutres de mer dépendent de l'intégrité de leur fourrure qui leur sert d'isolant. Le pétrole détruit les propriétés hydrofuges de la fourrure. En pénétrant dans la fourrure, le pétrole élimine la couche d'air et réduit la capacité isolante de la fourrure de 70 % (Williams et al., 1988). Habituellement, l'animal souffre ensuite d'hypothermie.

Une fois que la fourrure est souillée, les loutres de mer ingèrent du pétrole lorsqu'elles nettoient leur fourrure. Le pétrole ingéré endommage les organes internes, ce qui a par la suite des effets aigus et chroniques sur la santé et la survie des loutres de mer.

Les loutres de mer sont des animaux vivant près du rivage qui présentent une grande fidélité à l'emplacement où elles vivent et qui demeureront dans les zones souillées par le pétrole ou y retourneront; en outre, elles se reposent souvent dans les peuplements de varech, lesquels retiennent le pétrole.

Les loutres de mer vivent en groupes de même sexe, lesquels peuvent inclure 100 individus ou plus. En conséquence, un nombre important de loutres de mer représentant une proportion importante du potentiel reproducteur de la population peut être contaminé simultanément par le pétrole. La perte d'un groupe de loutres de mer mâles peut avoir moins d'effet sur la reproduction que la perte d'un groupe de loutres femelles du fait que l'espèce est polygyne.

Les loutres de mer se nourrissent d'invertébrés benthiques, lesquels peuvent accumuler et stocker des hydrocarbures toxiques au moment d'un déversement et après.

La situation de la population de loutres de mer du détroit Prince‑William illustre à la fois les impacts à court et à long terme de la contamination par le pétrole. Au printemps 1989, le pétrolier Exxon Valdez s'est échoué dans le détroit Prince‑William, déversant 42 millions de litres de pétrole brut. Près de 1 000 carcasses de loutres de mer ont été retrouvées dans les six mois qui ont suivi, mais on estime que la mortalité totale se situait entre 2 650 (Garrott et al., 1993) et 3 905 individus (DeGange et al., 1994). Présentement, les loutres de mer vivant dans les secteurs du détroit qui ont été les plus fortement contaminés par le pétrole présentent toujours des concentrations de cytochrome P4501A (un biomarqueur pour les hydrocarbures) anormalement élevées comparativement aux loutres présentes dans des zones moins contaminées par le pétrole. Cela laisse sous-entendre que l'exposition à des résidus de pétrole présents dans les proies et dans l'habitat se poursuit. La croissance de la population est beaucoup moins élevée dans les zones fortement contaminées par le pétrole, et on pense que le rétablissement est ralenti par les effets résiduels du pétrole, malgré la présence d'une nourriture abondante et malgré l'émigration (Bodkin et al., 2002). Une modélisation de la population effectuée à l'aide de données recueillies de 1976 à 1998 indique que les loutres de mer du détroit Prince‑William ont, pour toutes les classes d'âges, affiché des taux de survie moins élevés au cours des neuf années qui ont suivi le déversement. Les effets du déversement sur la survie semblent se dissiper en grande partie du fait que les animaux vivant au moment du déversement sont morts (Monson et al., 2000b), mais la population du détroit Prince‑William ne s'est pas encore rétablie entièrement aux niveaux qu'elle affichait avant le déversement.

Le risque de déversement de pétrole en C.‑B. est une préoccupation importante depuis quelques temps, particulièrement depuis le déversement du Nestucca, le 22 décembre 1988 (Waldichuk, 1989) et celui de l'Exxon Valdez, qui s'est produit moins de six mois plus tard (Loughlin, 1994). Le Nestucca a déversé 875 000 litres de mazout au large de Grays Harbour, dans l'État de Washington. Le courant, combiné aux vents côtiers, a repoussé la nappe de pétrole vers le nord, souillant le rivage de l'État de Washington et la côte ouest de l'île de Vancouver. La nappe d'hydrocarbures altérés a atteint les îles Goose, dans la région centrale de la côte de la C.‑B. (Watson, 1989). Des relevés effectués peu de temps après le déversement ont permis de découvrir une carcasse de loutre de mer contaminée par les hydrocarbures sur un îlot situé au large de la baie Checleset et des excréments de loup contenant de la fourrure de loutre de mer contaminée par les hydrocarbures sur l'île de Vancouver, dans la zone touchée. Même s'il ne fait pratiquement aucun doute que des loutres de mer sont mortes à la suite d'une contamination par les hydrocarbures, le nombre exact d'animaux morts ne peut être établi du fait que les ours et les loups envahissent rapidement les plages où se trouvent les carcasses. Au cours de relevés effectués à partir d'un navire l'été suivant, aucun effet décelable sur la population n'a été observé (Watson, 1989), bien qu'une variation concernant les dénombrements de loutres de mer puisse être assez élevée, ce qui rend souvent difficile la confirmation des tendances. Même si l'impact du déversement semble avoir été minime, l'événement, néanmoins, a démontré la vulnérabilité de la population de loutres de mer à la contamination par le pétrole.

Les menaces de déversements de pétrole dans les eaux marines de la C.‑B. sont posées notamment par les cargaisons des navires citernes et des barges, les eaux de cale, les réservoirs de combustible des navires, les installations de ravitaillement côtières et même les industries établies sur la côte, telles que les usines de pâtes et papiers (Shaffer et al., 1990). Au début des années 1990, plus de 7 000 passages ont été effectués chaque année par des cargos et des pétroliers dans les eaux canadiennes du Pacifique, y compris au moins 1 500 passages de pétroliers entre la C.‑B. et l'Alaska et plus de 350 passages de pétroliers chargés entrant dans le détroit de Juan de Fuca (Burger, 1992). Le plus grand volume de pétrole et le risque le plus élevé sont associés aux cargaisons de pétrole brut et de produits raffinés du pétrole. Selon les données recueillies de 1988 à 1989, plus de 26 millions de mètres cubes de pétrole brut, la majeure partie du transport étant effectuée par des pétroliers, et 15 millions de mètres cubes de produits du pétrole raffinés, transportés la majeure partie du temps par des barges, ont transité annuellement dans le détroit de Juan de Fuca (Shaffer et al., 1990). Environ 15 % de ces cargaisons ont été livrées à des dépôts côtiers situés le long de la côte ouest de l'île de Vancouver (Shaffer et al., 1990).

Il est peu probable que le volume de pétrole transporté ait décliné depuis la fin des années 1980; en fait, il est davantage plausible qu'il ait augmenté avec l'accroissement de la population humaine (Schaffer et al., 1990). Des modèles du risque élaborés à cette époque prévoyaient les fréquences de déversements de pétrole suivantes dans les eaux marines du sud de la C.‑B. et du nord de l'État de Washington :

déversements de pétrole brut ou de mazout supérieurs à 159 000 litres (1 000 barils) susceptibles de survenir tous les 2,5 ans;

déversements de tous types de produits pétroliers supérieurs à 159 000 litres (1 000 barils) susceptibles de survenir tous les 1,3 ans (Cohen et Aylesworth, 1990).

La fréquence réelle des déversements d'importance touchant la C.‑B. entre 1974 et 1991 a été assez proche de la fréquence prévue (voir tableau dans Burger, 1992). Outre les déversements de 159 000 litres et plus, on recense de nombreux déversements de plus petite importance. Les déversements supérieurs à 1 113 litres (7 barils) sont considérés comme importants par Environnement Canada et font l'objet d'un suivi. Le long de la côte ouest de l'île de Vancouver, il se produit au moins 15 déversements déclarables de plus de 1 113 litres (7 barils) chaque année (Burger, 1992). Un projet récent de livraison de pétrole brut par pétrolier à partir de Kitimat, en C.‑B., aux marchés de l'Asie du Pacifique et de la Californie (Enbridge Inc., 2005) et des projets de forage de puits de pétrole et de gaz dans le détroit d'Hecate et le bassin de la Reine‑Charlotte (ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources pétrolières de la C.‑B.) posent des risques supplémentaires et pourraient altérer les prévisions susmentionnées quant à l'envergure et à la fréquence des déversements.

Contaminants environnementaux- Toxines persistantes bioaccumulées

Les concentrations d'organochlorés n'ont pas été mesurées chez la loutre de mer canadienne. Les concentrations de biphényles polychlorés (BPC), de pesticides organochlorés, dont le DDT, et de butylétain ont toutefois été mesurées chez les loutres de mer de la Californie, de l'État de Washington et de l'Alaska (Bacon et al., 1999; Kannan et al., 2004; Lance et al., 2004). Les concentrations de BPC étaient plus élevées chez les loutres de l'Alaska provenant des îles Aléoutiennes (309 μg/kg de poids humide) comparativement aux loutres de la Californie (185 μg/kg de poids humide) et du sud-est de l'Alaska (8 μg/kg de poids humide) (Bacon et al., 1999). Les concentrations totales de DDT étaient les plus élevées chez les loutres de mer de Californie (850 μg/kg de poids humide), comparativement à celles des îles Aléoutiennes (40 μg/kg de poids humide) et du sud-est de l'Alaska (1 μg/kg de poids humide), ce qui témoigne probablement de l'activité agricole accrue en Californie, comparativement à l'Alaska. Les concentrations de BPC mesurées chez les loutres de mer de Californie et des îles Aléoutiennes sont considérées comme préoccupantes puisque des concentrations similaires peuvent entraîner un échec de la reproduction chez le vison, une espèce étroitement apparentée (Risebrough, 1984, dans Riedman et Estes, 1990). Même si les concentrations de DDT mesurées chez les loutres de mer de Californie ne sont pas considérées comme exceptionnellement élevées lorsqu'on les compare à celles mesurées chez d'autres mammifères marins (Bacon et al., 1999), la réduction de l'immunocompétence est un effet secondaire des contaminants bien documenté chez les mammifères marins et est considérée comme un facteur potentiellement responsable du degré élevé de mortalité provoquée par les maladies au sein de la population des loutres de mer du Sud (Thomas et Cole, 1996; Reeves, 2002; Ross, 2002). Parmi un petit échantillon de carcasses recueillies sur la plage à des fins d'analyse des contaminants en Californie, celles d'animaux morts d'une maladie infectieuse contenaient, en moyenne, des concentrations plus élevées de composés à base de butylétain (composant des peintures anti salissures) et de DDT que les individus morts de traumas ou de causes inconnues (Kannan et al., 1998; Nakata et al., 1998).

Maladies et parasites

En général, on ne considère pas que les maladies constituent une cause majeure de mortalité au sein de la plupart des populations de loutres de mer (Riedman et Estes, 1990). La population de loutres de mer du Sud affiche un taux de croissance de beaucoup inférieur à celui d'autres populations et un taux de mortalité plus élevé, dont 40 % est attribuable à des maladies (Thomas et Cole, 1996). Cela est vrai même pendant les périodes d'accroissement démographique (Estes et al., 2003). Même si des taux élevés de mortalité provoquée par les maladies ont été observés chez les populations de loutres de mer du Sud depuis plusieurs décennies, l'émergence d'infections associées à des parasites pour lesquels la loutre de mer n'était pas considérée comme un hôte normal soulève des préoccupations depuis quelques temps. En outre, les maladies semblent affecter des nombres élevés d'animaux d'âge intermédiaire (Thomas et Cole, 1996; Estes et al., 2003). Un nombre important de mortalités ont été provoquées récemment par une encéphalite associée au protozoaire Toxoplasma gondii. Les chats et autres félins sont les hôtes terrestres définitifs de ce parasite. Les eaux de ruissellement provenant des zones urbaines et agricoles qui empruntent les cours d'eau peuvent être responsables du transport du parasite jusqu'aux eaux marines côtières (Miller et al., 2002; Lafferty et Gerber, 2002). Sarcocystis neurona, un agent pathogène que l'on croit d'origine terrestre et typiquement associé à l'opossum, provoque également des mortalités parmi les populations de loutres de mer du Sud (Kreuder et al., 2003). Les cas de péritonites induites par des parasites acanthocéphales ont augmenté ces dernières années (Thomas et Cole, 1996). La prévalence observée des maladies et la variété de maladies sont préoccupantes, et l'on croit que la diminution de la fonction immunitaire puisse être un facteur. La réduction de l'immunocompétence pourrait être le résultat de la présence de toxines dans l'environnement, de facteurs génétiques ou d'une détérioration de l'habitat entraînant un stress alimentaire (Thomas et Cole, 1996; Reeves, 2002).

L'exposition à diverses maladies a été documentée chez la loutre de mer en Alaska, dans l'État de Washington et en C.‑B. (Thomas et Cole, 1996; Reeves, 2002; Lance et al., 2004; Gill et al., 2005; Shrubsole et al., 2005). Depuis 2002, on a procédé à l'examen de carcasses de loutres de mer retrouvées sur les plages de l'État de Washington pour déterminer la cause des décès (Lance et al., 2004). En 2000, l'un des six animaux examinés était mort d'une infection double à T. gondii et à S. neurona. En 2002, l'un des huit animaux examinés était mort d'une infection à S. neurona et six étaient morts d'une infection à Leptospirosis. En 2004, deux des trois animaux examinés étaient morts d'une infection à S. neurona. L'un des animaux mort était porteur du virus de la maladie de Carré (CDV), un membre du genre Morbillivirus. Il s'agissait du premier cas rapporté de CDV chez la loutre de mer, bien que 81 % des 32 loutres de mer capturées vivantes en 2000 et en 2003 aient obtenu des résultats positifs à des tests sérologiques concernant l'exposition à des Morbillivirus tel que le CDV (Lance et al., 2004).

En C.‑B., les carcasses rejetées sur la plage sont rarement récupérées du fait que les aigles, les ours et les loups s'en nourrissent et également du fait de l'éloignement de l'aire de répartition de la loutre de mer. Toutefois, en 2006, un individu de la côte ouest de l'île de Vancouver a été examiné, et on a déterminé qu'il était mort d'une infection à S. neurona (Raverty, comm. pers., 2006). Parmi les 42 animaux capturés vivants sur la côte de la C.‑B. en 2003 et en 2004, huit se sont révélés séropositifs pour les Morbillivirus et deux l'ont été pour T. gondii (Shrubsole et al., 2005). Le CDV a été détecté récemment dans des loutres de rivière vivant dans l'environnement marin de la C.‑B. On pense que la transmission se produit via des hôtes terrestres (Mos et al., 2002). La maladie peut provoquer des mortalités au sein des populations qui n'ont jamais été exposées. Les polluants organiques persistants qui suppriment leur fonction immunitaire semblent exacerber les poussées de Morbillivirus chez d'autres mammifères marins (Ross, 2002).

Emprisonnement dans les engins de pêche et collisions avec des navires

La mortalité associée aux engins de pêche peut avoir des impacts importants sur une population, particulièrement lorsque des animaux d'âge intermédiaire en sont les victimes. Les noyades accidentelles dans des filets-maillants immergés ont été une cause importante de mortalité en Californie à la fin des années 1970 et au début des années 1980 et ont contribué au déclin de la population (UFWS, 2003). Suite à cela, des restrictions sur l'utilisation des filets-maillants et des trémails dans les eaux de moins de 65 mètres ont été mises en application (Riedman et Estes, 1990), ce qui a entraîné le renversement du déclin de la population. La mortalité accrue provoquée par les engins de pêche fait de nouveau l'objet d'un examen, de même que la mortalité provoquée par les maladies, dans le cadre des efforts consentis pour trouver la cause du déclin actuel des loutres de mer du Sud (USFWS, 2003).

La présence de loutres emprisonnées accidentellement dans des engins de pêche a été signalée en Alaska (USFWS, 1994) et dans l'État de Washington. On a également rapporté des prises accidentelles dans la pêche au saumon au filet fixe de la tribut Makah (Gearin et al., 1996; Gerber et VanBlaricom, 1998). L'ampleur des noyades accidentelles de loutres de mer dans des engins de pêche dans les eaux côtières de la C.‑B. demeure inconnue, mais on ne considère pas qu'il s'agisse d'un facteur important. Cependant, l'expansion des populations de loutres de mer dans les zones de pêche au filet-maillant pourra occasionner des mortalités localisées et le piège que constituent ces engins pourrait devenir une menace dans le futur (Watson et al., 1997). Des loutres de mer meurent également par noyade dans diverses pêches au casier visant le crabe et le homard en Californie et en Alaska (passé en revue dans Lance et al., 2004). Les casiers à crabe peuvent représenter une menace pour les loutres de mer, particulièrement lorsqu'ils sont déployés dans des eaux peu profondes comprises dans l'éventail de profondeurs de plongée de la loutre.

Les collisions avec les navires ne sont pas bien documentées. En C.‑B., une carcasse de loutre de mer récupérée dans la baie Kyuquot présentait des blessures qui pourraient avoir été provoquées par l'hélice d'un bateau, mais l'occurrence de telles collisions est probablement mineure et localisée présentement (Watson et al., 1997).

Braconnage et perturbation humaine

Rares dont les cas vérifiés de captures illégales de loutres de mer en C.‑B., bien que l'on suppose depuis longtemps que cette pratique a cours d'après certaines déclarations non confirmées. Quatre carcasses dépouillées ont été rapportées et vérifiées en 2006 et une carcasse abattue par arme à feu a été relevée en 2004 (MPO, non publié). L'ampleur du braconnage et de son impact demeure cependant inconnue.

L'ampleur de la perturbation des loutres de mer au repos et en quête de nourriture par le trafic des bateaux est en grande partie inconnue, mais il est peu probable qu'il s'agisse d'un phénomène important présentement. La perturbation pourrait devenir un effet local plus important dans le futur lorsque la population de loutres de mer agrandira son aire de répartition pour empiéter sur des zones de plus grande densité humaine et lorsque que la sensibilisation du public et l'intérêt à l'égard de l'observation de la population de loutres de mer de la C.‑B. augmentent.