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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur de l'épilobe densifore (Epilobium densiflorum) au Canada

COSEPAC Résumé

Épilobe densiflore
Epilobium densiflorum

Information sur l’espèce

L’Epilobium densiflorum est une plante herbacée annuelle à racine pivotante et à pubescence dense et blanche. Les feuilles sont alternes, pratiquement sessiles, longuement lancéolées à ovées-lancéolées dans l’inflorescence. Les fleurs sont violet-rose et réunies en épis latéraux sous-tendus par des bractées foliacées. À maturité, les capsules contiennent plusieurs graines dans chacune de leurs quatre loges. Trait caractéristique de l’espèce, les graines ne sont pas surmontées d’une aigrette comme chez la plupart des espèces du genre Epilobium.

Répartition

Au Canada, l’Epilobium densiflorum est présent dans le sud-est de l’île de Vancouver, où son aire de répartition s’étend de Victoria à Nanaimo. Autrefois, son aire de répartition canadienne était beaucoup plus vaste et englobait Qualicum et l’île North Pender. La population non canadienne la plus proche se trouve à l’île San Juan. L’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend vers le sud de part et d’autre de la chaîne des Cascades, depuis le Washington jusqu’à la Basse-Californie et vers l’est jusqu’en Idaho, en Utah et au Nevada. Aujourd’hui, au Canada, l’espèce a une zone d’occurrence de moins de 1 000 km² et une zone d’occupation de moins de 0,1 km².

Habitat

Au Canada, l’Epilobium densiflorum pousse dans des prés dégagés et des fossés qui sont humides au printemps, mais très secs en été, dans l’écosystème des chênes de Garry. On estime que 95 p. 100 de son habitat possible a été détruit au cours du siècle dernier par le développement agricole, urbain et industriel, ainsi que par la prévention des incendies et l’établissement d’arbustes et de graminées exotiques envahissants.

Biologie

L’Epilobium densiflorum est une plante annuelle qui fleurit et produit des fruits du milieu à la fin de l’été. La fécondation se fait principalement par autopollinisation, mais le pollen peut également être transporté par des abeilles et par des mouches de la famille des Syrphidés. Les graines sont libérées par les capsules vers la fin de l’automne et en hiver. Les graines sont dépourvues d’aigrette (touffe de poils), contrairement à celles de la plupart des espèces du genre Epilobium. Par conséquent, elles ne se dispersent pas sur de grandes distances. La germination a lieu durant la saison humide (hiver ou printemps), mais les plantes continuent de se développer pendant une bonne partie de la sécheresse estivale caractéristique du sud-est de l’île de Vancouver. Grâce à sa capacité de supporter des taux d’humidité très élevés en hiver et très faibles en été, l’espèce pousse là où bien d’autres seraient tuées par les conditions environnementales.

Taille et tendances des populations

Les données accompagnant les anciens spécimens manquent de précision, et il est possible qu’on ait donné plusieurs noms différents à certaines localités. Il semble que des spécimens d’Epilobium densiflorum aient été récoltés dans 19 à 31 localités depuis la première mention de l’espèce en Colombie-Britannique, qui remonte à 1887. Au cours des 20 dernières années, les milieux convenant à l’espèce dans sa zone d’occurrence ont fait l’objet d’études intensives, qui ont révélé un déclin rapide du nombre des populations. Il ne reste aujourd’hui que quatre populations canadiennes, et la population 2 comptait en 2003 un seul individu reproducteur. Les quatre populations canadiennes totalisent environ 2 800 à 3 400 individus. Elles sont extrêmement fragmentées, et la probabilité de rétablissement par recolonisation, en cas de disparition d’une population, est quasi nulle.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur menaçant l’Epilobium densiflorum au Canada est la destruction de son habitat par le développement résidentiel et l’altération de son habitat par les changements hydrologiques et les plantes envahissantes. La dernière grande population est menacée par un projet d’aménagement de parc de maisons mobiles. L’expansion de l’espèce est limitée par le fait que celle-ci a besoin d’un été sec et d’un hiver très humide et doux, conditions qui n’existent que dans une très étroite bande côtière du sud-est de l’île de Vancouver et dans les îles environnantes.

Importance de l’espèce

Les sites canadiens de l’espèce sont probablement les vestiges d’une répartition beaucoup plus vaste qui aurait existé lors de l’intervalle hypsithermal, durant lequel le climat était chaud et sec, il y a 4000 à 6 000 ans. Les données sur l’utilisation de cette espèce par les Autochtones ont été consignées dans une importante base de données ethnobotaniques (disponible en anglais seulement).

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’Epilobium densiflorum ne bénéficie d’aucune mesure visant spécifiquement à protéger cette espèce, ni au Canada ni ailleurs. Une seule des quatre populations canadiennes actuelles se trouve dans une zone protégée, où son habitat est menacé par l’empiétement d’espèces ligneuses.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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