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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur de l'épilobe densifore (Epilobium densiflorum) au Canada

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition de l’Epilobium densiflorum s’étend depuis l’île de Vancouver, le sud des îles Gulf et le Washington, de part et d’autre de la chaîne des Cascades, jusqu’à la Californie (où l’espèce devient plus rare à proximité du littoral et dans la vallée centrale) et au nord de la Basse-Californie. Vers l’est, l’espèce était autrefois présente dans l’ouest du Montana, mais n’atteint plus que l’Idaho, l’Utah et le Nevada (Scoggan, 1978-1979; Hoch, 1993, Hitchcock et al., 1961; Raven et Moore, 1965). Voir la figure 2.

Figure 2. Aire de répartition mondiale de l’Epilobium densiflorum.

Figure 2. Aire de répartition mondiale de l’Epilobium densiflorum.

Aux États-Unis, la population la plus proche se trouve à l’île San Juan, dans l’État de Washington (Atkinson et Sharpe, 1993), soit à environ 20 km d’une population canadienne située à Victoria. 

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’Epilobium densiflorum a été signalé dans deux régions très éloignées l’une de l’autre, le sud-ouest de la Colombie-Britannique et le centre-sud de l’Alberta (voir figure 3). La seule mention d’Alberta est historique, étant représentée par un spécimen qui est conservé au Musée canadien de la nature (CAN) et a été récolté en 1911 par M.O. Malte, à proximité de Lethbridge (Scoggan, 1978-1979; Michael J. Shchepanek, comm. pers., le 16 déc. 2002). Cette mention est fort douteuse et sera ici considérée comme une erreur de localisation. En effet, la récolte est datée du 27 août 1911, alors que d’autres spécimens d’herbier indiquent que Malte a quitté l’Alberta à une date située entre le 3 août (date de sa dernière récolte en Alberta pendant cette période) et le 7 août (date de récoltes qu’il a faites à Fernie, en Colombie-Britannique). Malte a par la suite herborisé à Agassiz, le 18 août, et à Victoria, le 24 août, ce qui porte à croire qu’il a effectué un seul voyage vers l’Ouest. Malte a herborisé en Alberta par la suite, mais seulement à partir de 10 jours plus tard. Fait révélateur, les récoltes de Malte du 24 août comprennent un spécimen d’Epilobium densiflorum de Victoria (Ksenija Vujnovic, comm. pers., le 16 déc. 2002; Joyce Gould, comm. pers., le 30 déc. 2002; BCCDC HERB Database, le 27 déc. 2002).

Mise à part la mention douteuse de Malte, l’Epilobium densiflorum n’a jamais été signalé au Canada à l’est du détroit de Georgie (Ksenija Vujnovic, comm. pers., le 16 déc. 2002; Joyce Gould, comm. pers., le 30 déc. 2002). L’espèce a déjà été connue du Montana (d’où elle est disparue), mais elle n’y a été signalée qu’une fois. Le spécimen du Montana a été récolté dans le comté de Sanders, dans une région basse située à l’ouest de la ligne de partage des eaux (Montana Natural Heritage Program, 2003). L’ensemble des données semble donc indiquer que l’Epilobium densiflorum n’est pas présent au Canada à l’est du détroit de Georgie.

Le premier spécimen canadien a été récolté par Macoun en 1887, près de la baie Departure, à Nanaimo. L’ensemble de la zone d’occurrence historique et actuelle (de 1887 à aujourd’hui) au Canada (en Colombie-Britannique) couvre environ 2 000 km² et est entièrement située dans l’écosystème des chênes de Garry. La zone d’occurrence n’est plus que d’environ 900 km². À cause du manque de données, on ne sait pas à quel moment le gros du déclin a eu lieu, mais celui-ci est sans doute principalement imputable à la disparition de la population de Qualicum (apparemment entre 1910 et 2001) et, dans une moindre mesure, à celle de la population de l’île North Pender (entre 1981 et 2001).

Figure 3. Répartition canadienne de l’Epilobium densiflorum (les cercles noirs indiquent les populations existantes, les cercles blancs indiquent les populations disparues).

Figure 3.    Répartition canadienne de l’Epilobium densiflorum (les cercles noirs indiquent les populations existantes, les cercles blancs indiquent les populations disparues).