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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le kiyi du lac Ontario et le kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs au Canada - Mise à jour

Résumé

Kiyi du lac Ontario – Coregonus kiyi orientalis
et
Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs – Coregonus kiyi kiyi

Information sur l’espèce

Le kiyi est une des dix espèces de ciscos que l’on trouve au Canada, une des sept que l’on trouve dans les Grands Lacs et une des six considérées comme endémiques des Grands Lacs. On peut distinguer le kiyi des autres espèces de ciscos qui habitent les Grands Lacs par sa combinaison unique de grands yeux et de longues nageoires paires. Deux unités désignables ont été reconnues (le C. kiyi orientalis, qui ne vit que dans le lac Ontario, et le C. kiyi kiyi, qui vit dans le secteur supérieur des Grands Lacs). 

Répartition

Le kiyi était endémique de tous les Grands Lacs laurentiens d’Amérique du Nord, à l’exception du lac Érié. On pense ne plus le trouver aujourd’hui que dans le lac Supérieur.

Habitat

Le kiyi préfère les parties les plus profondes des lacs qu’il habite. Il est rarement capturé dans des eaux de moins de 108 m de profondeur; sa présence a été signalée à des profondeurs allant de 35 à 200 m.

Biologie

L’âge maximal connu est de 10 ans et plus chez les femelles et de 7 ans et plus chez les mâles, et la longueur totale (LT) maximale connue est de 250 mm (du bout du museau au bout de la nageoire caudale). La fraye avait lieu de septembre à janvier, à des profondeurs de 106 à 165 m. Le kiyi atteignait sa maturité à 2 ans et plus ou 3 ans et plus dans le lac Michigan, et la longueur standard (LS) minimale à maturité était de 132 mm dans le lac Supérieur. Les proies du kiyi dans les lacs Huron et Ontario étaient principalement de petites crevettes d’eau douce. Par ailleurs, le kiyi constitue lui-même une proie pour la lotte (Lota lota) et des formes de touladi (Salvelinus namaycush) vivant en eaux profondes.

Taille et tendances des populations

La pêche aux ciscos d’eau profonde (communément appelée pêche aux « chubs ») était très importante dans les Grands Lacs, mais les prises étaient rarement identifiées à l’espèce. Trop peu de prises de kiyis (identifiées à l’espèce) ont été documentées de manière systématique pour que l’on puisse évaluer la taille et les tendances des populations. On estime qu’il existait entre 22 et 330 tonnes de kiyis dans les parties les plus profondes du lac Supérieur en 2000 et 2001.

Facteurs limitatifs et menaces

Le déclin du kiyi dans les lacs Huron, Michigan et Ontario a probablement été causé par la surpêche commerciale. On a émis l’hypothèse que les populations restantes de kiyis ont subi les impacts de la compétition ou de la prédation par certaines espèces de poissons introduites. Ces menaces ne sont probablement pas importantes aujourd’hui dans le lac Supérieur.

Importance de l’espèce

Des six espèces de ciscos qui ont été identifiées comme étant indigènes des Grands Lacs (le cisco de fumage, le cisco à nageoires noires, le cisco de profondeur, le kiyi, le cisco à mâchoires égales et le cisco à museau court), le kiyi est l’une des trois espèces qui existent encore aujourd’hui (les deux autres étant le cisco de fumage et le cisco à mâchoires égales). Le kiyi possède des caractères adaptatifs uniques lui permettant de survivre en eaux profondes, notamment de grands yeux et des nageoires pectorales.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le kiyi et son habitat sont protégés par la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. En 1988, le COSEPAC avait attribué au kiyi le statut d’espèce préoccupante. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario lui attribue la cote S3? (rare à peu commune? [Rare to Uncommon?]). Aux États-Unis, elle a un statut de conservation dans cinq États.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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