Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le kiyi du lac Ontario et le kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs au Canada - Mise à jour

Taille et tendances des populations

La pêche aux ciscos d’eau profonde (communément appelée pêche aux « chubs ») était très importante dans les Grands Lacs, mais les prises étaient rarement identifiées à l’espèce (Lawrie et Rahrer, 1973). Trop peu de prises de kiyis (identifiées à l’espèce) ont été documentées de manière systématique pour que l’on puisse évaluer la taille et les tendances des populations.

 Dans le lac Ontario, le kiyi représentait en 1927 jusqu’à 52,8 p. 100 de tous les ciscos (n=395) pris dans des filets maillants (Pritchard, 1931). Ce pourcentage a chuté à 0,01 p. 100 (n=899) en 1942 (Stone, 1947), et un seul individu (n=15) a été capturé en 1964, l’année où l’espèce a été observée pour la dernière fois dans le lac Ontario (Wells, 1969). En 2002, l’échantillonnage du MRNO ayant pour objet d’établir des indices, la pêche commerciale de ciscos et l’échantillonnage de sites historiques dans la partie ouest du lac n’ont pas permis de capturer de nouveaux spécimens (N.E. Mandrak, données inédites).

Il n’existe pratiquement pas d’information historique sur la taille des populations de kiyis (identifiées à l’espèce) dans le lac Supérieur (Lawrie et Rahrer, 1973; Selgeby et al., 1994), mais l’on possède quelques données récentes de qualité à cet égard (Petzold, 2002). Des relevés par pêche au filet maillant et par chalutage dans la partie est du lac Supérieur en 2000 et 2001 ont révélé que le kiyi représentait entre 1 et 15 p. 100 des prises de ciscos d’eau profonde. On a aussi découvert qu’il y avait environ 2 211 tonnes (de 271 à 4 452 tonnes; IC à 90 p. 100) de ciscos d’eau profonde à des profondeurs de plus de 105 m, l’habitat favori du kiyi. Selon ces estimations, on comptait entre 22 et 330 tonnes de kiyis dans les parties les plus profondes des eaux canadiennes de la partie est du lac Supérieur en 2000 et 2001 (Petzold, 2002), ce qui représente approximativement 25 p. 100 de l’habitat canadien total. D’après un poids moyen de 170 g (Scott et Crossman, 1998), cela équivaudrait à un nombre d’individus de 129 412 à 2 000 000 dans la partie est (canadienne) du lac ou de 500 000 à 8 000 000 pour l’ensemble de la partie canadienne du lac. Des données de 2003 ont révélé que le kiyi était la deuxième espèce prédatrice la plus abondante dans le lac Supérieur et qu’il était plus abondant que le cisco de fumage (Coregonus hoyi) à bien des endroits (K. Cullis, comm. pers.).

Il n’existe aucune information historique résumée par espèce de cisco pour les eaux canadiennes du lac Huron. Un examen de 1 943 ciscos capturés en eaux profondes à 46 endroits dans le lac Huron en 2002 et 2003 n’a permis de trouver aucun kiyi (N.E. Mandrak, données inédites).

Bien qu’il soit possible que les populations des lacs Huron et Michigan se soient rétablies en raison d’une migration des populations du lac Supérieur, rien ne prouve que cela se soit produit au cours des 30 années qui se sont écoulées depuis la dernière mention du kiyi dans ces lacs. Il se peut, par ailleurs, que les larves soient évacuées par la rivière St. Marys.