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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le kiyi du lac Ontario et le kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Kiyi du lac Ontario
Coregonus kiyi orientalis
et
Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs
Coregonus kiyi kiyi
au Canada

Kiyi du lac Ontario (Coregonus kiyi orientalis)

Kiyi du lac Ontario - Espèce disparue
Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs - Espèce préoccupante 2005

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le kiyi du lac Ontario (Coregonus kiyi orientalis) et le kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs (Coregonus kiyi kiyi) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 18 p.

Rapport précédent

Parker, B. 1988. COSEWIC status report on the kiyi Coregonus kiyi in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 18 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Nicholas E. Mandrak qui a rédigé le rapport de situation sur le kiyi du lac Ontario (Coregonus kiyi orientalis) et le kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs (Coregonus kiyi kiyi), en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Robert Campbell, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision. Une partie du financement a également été fournie par le ministère de Pêches et Océans Canada.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the Lake Ontario Kiyi Coregonus kiyi orientalis and the Upper Great Lakes Kiyi Coregonus kiyi kiyi in Canada.

Photo de la couverture

Kiyi - Dessin de Joe Tomelleri. Reproduit avec la permission de Pêches et Océans Canada.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005
PDF : CW69-14/431-2005F-PDF
ISBN 0-662-74181-1
HTML : CW69-14/431-2005F-HTML
ISBN 0-662-74182-X

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Kiyi du lac Ontario

Nom scientifique : Coregonus Kiyi Orientalis

Statut : Disparue

Justification de la désignation : La dernière observation de cette sous-espèce a été enregistrée dans le lac Ontario en 1964 où elle était en voie de disparaître en raison de l'exploitation commerciale ainsi que de la prédation et de la concurrence par des espèces introduites.

Répartition : Autrefois en Ontario

Historique du statut : L'espèce était « préoccupante » en avril 1988. L'espèce a été divisée en deux sous-espèces (Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs et Kiyi du lac Ontario) en mai 2005. Le Kiyi du lac Ontario a été désignée « disparue ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

 

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs

Nom scientifique : Coregonus kiyi kiyi

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Cette sous-espèce, qui ne se trouve actuellement que dans le lac Supérieur, est disparue des lacs Huron et Michigan en raison d'un ensemble de facteurs qui comprennent l'exploitation et l'introduction d'espèces exotiques. La disparition de ce poisson des lacs Huron et Michigan s'est produite sur plus de trois générations dans le passé. La population restante du lac Supérieur semble stable et fait l'objet d'une petite pêche réglementée. D'autres menaces, telles que l'introduction d'espèces exotiques, qui ont eu une incidence sur les populations dans la région inférieure des Grands Lacs, ne semblent pas importantes dans le lac Supérieur.

Répartition : Ontario

Historique du statut : L'espèce était « préoccupante » en avril 1988. L'espèce a été divisée en deux sous-espèces en mai 2005 (Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs et Kiyi du lac Ontario). Le Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs a été désignée « préoccupante » en mai 2005. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Kiyi du lac Ontario – Coregonus kiyi orientalis
et
Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs – Coregonus kiyi kiyi

Information sur l’espèce

Le kiyi est une des dix espèces de ciscos que l’on trouve au Canada, une des sept que l’on trouve dans les Grands Lacs et une des six considérées comme endémiques des Grands Lacs. On peut distinguer le kiyi des autres espèces de ciscos qui habitent les Grands Lacs par sa combinaison unique de grands yeux et de longues nageoires paires. Deux unités désignables ont été reconnues (le C. kiyi orientalis, qui ne vit que dans le lac Ontario, et le C. kiyi kiyi, qui vit dans le secteur supérieur des Grands Lacs). 

Répartition

Le kiyi était endémique de tous les Grands Lacs laurentiens d’Amérique du Nord, à l’exception du lac Érié. On pense ne plus le trouver aujourd’hui que dans le lac Supérieur.

Habitat

Le kiyi préfère les parties les plus profondes des lacs qu’il habite. Il est rarement capturé dans des eaux de moins de 108 m de profondeur; sa présence a été signalée à des profondeurs allant de 35 à 200 m.

Biologie

L’âge maximal connu est de 10 ans et plus chez les femelles et de 7 ans et plus chez les mâles, et la longueur totale (LT) maximale connue est de 250 mm (du bout du museau au bout de la nageoire caudale). La fraye avait lieu de septembre à janvier, à des profondeurs de 106 à 165 m. Le kiyi atteignait sa maturité à 2 ans et plus ou 3 ans et plus dans le lac Michigan, et la longueur standard (LS) minimale à maturité était de 132 mm dans le lac Supérieur. Les proies du kiyi dans les lacs Huron et Ontario étaient principalement de petites crevettes d’eau douce. Par ailleurs, le kiyi constitue lui-même une proie pour la lotte (Lota lota) et des formes de touladi (Salvelinus namaycush) vivant en eaux profondes.

Taille et tendances des populations

La pêche aux ciscos d’eau profonde (communément appelée pêche aux « chubs ») était très importante dans les Grands Lacs, mais les prises étaient rarement identifiées à l’espèce. Trop peu de prises de kiyis (identifiées à l’espèce) ont été documentées de manière systématique pour que l’on puisse évaluer la taille et les tendances des populations. On estime qu’il existait entre 22 et 330 tonnes de kiyis dans les parties les plus profondes du lac Supérieur en 2000 et 2001.

Facteurs limitatifs et menaces

Le déclin du kiyi dans les lacs Huron, Michigan et Ontario a probablement été causé par la surpêche commerciale. On a émis l’hypothèse que les populations restantes de kiyis ont subi les impacts de la compétition ou de la prédation par certaines espèces de poissons introduites. Ces menaces ne sont probablement pas importantes aujourd’hui dans le lac Supérieur.

Importance de l’espèce

Des six espèces de ciscos qui ont été identifiées comme étant indigènes des Grands Lacs (le cisco de fumage, le cisco à nageoires noires, le cisco de profondeur, le kiyi, le cisco à mâchoires égales et le cisco à museau court), le kiyi est l’une des trois espèces qui existent encore aujourd’hui (les deux autres étant le cisco de fumage et le cisco à mâchoires égales). Le kiyi possède des caractères adaptatifs uniques lui permettant de survivre en eaux profondes, notamment de grands yeux et des nageoires pectorales.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le kiyi et son habitat sont protégés par la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. En 1988, le COSEPAC avait attribué au kiyi le statut d’espèce préoccupante. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario lui attribue la cote S3? (rare à peu commune? [Rare to Uncommon?]). Aux États-Unis, elle a un statut de conservation dans cinq États.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Règne :

Animal

Phylum :

Cordés

Classe :

Actinoptérygiens

Ordre :

Salmoniformes

Famille :

Salmonidés

Sous-famille :

Corégoninés

Genre et espèce :

Coregonus kiyi (Koelz, 1921)

Nom commun français :

kiyi

Nom commun anglais :

kiyi (Nelson et al., 2004)

Sous-espèce :

Coregonus kiyi kiyi (Koeltz, 1929)

Nom commun français :

kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs

Nom commun anglais :

upper Great Lakes kiyi (Nelson et al., 2004)

Sous-espèce :

Coregonus kiyi orientalis (Koeltz, 1929)

Nom commun français :

kiyi du lac Ontario

Nom commun anglais :

Lake Ontario kiyi (NatureServe, 2005)

Le kiyi est une des dix espèces de ciscos que l’on trouve au Canada (Scott et Crossman, 1998), une des sept que l’on trouve dans les Grands Lacs (Cudmore-Vokey et Crossman, 2000) et une des six espèces identifiées par Koelz (1929) comme faisant partie d’un groupe de semi-espèces (ou espèces naissantes) étroitement apparentées qui sont endémiques des Grands Lacs. Ces chiffres excluent le cisco à grande bouche (C. alpenae), décrit par Koelz (1929) et inclus dans Scott et Crossman (1998), du fait qu’il s’agit d’un synonyme du cisco à mâchoires égales (C. zenithicus) selon Todd et al. (1981). Deux des six espèces valides, le cisco à nageoires noires (C. nigripinnis)et le cisco à mâchoires égales (C. zenithicus), considérées à l’origine comme endémiques des Grands Lacs par Koltz (1929), pourraient être présentes à l’extérieur du bassin des Grands Lacs (Lee et al., 1980; Mandrak et Crossman, 1992). Les trois autres espèces sont le cisco de fumage (C. hoyi), le cisco de profondeur(C. johannae) et le cisco à museau court (C. reighardi). Le septième cisco vivant dans les Grands Lacs est le cisco de lac (C. artedii), aussi connu sous le nom de hareng de lac. La répartition canadienne de ce dernier est toutefois plus grande.

Des recherches sur le cisco à mâchoires égales (C. zenithicus) ont révélé qu’il était impossible de distinguer génétiquement les populations de l’intérieur et des Grands Lacs de cette espèce des populations de cisco de lac (C. artedi). Le cisco à mâchoires égales est toutefois encore considéré comme une espèce valide (Todd et al., 1981; Turgeon et al., 1999; Turgeon et Bernatchez, 2003). Une partie ou l’ensemble des espèces de ciscos endémiques pourraient donc être en fait des écomorphotypes du cisco de lac (C. artedi) plutôt que des espèces valides. Si cela s’avérait pour le kiyi, celui-ci continuerait d’être considéré comme une unité évolutive significative (UES) ou, à tout le moins, comme un morphotype unique. Aucune révision de la taxinomie des ciscos endémiques n’a toutefois été entreprise jusqu’à maintenant; par conséquent, les espèces endémiques sont considérées comme valides.

Description

Le kiyi (Coregonus kiyi) appartient à la sous-famille des Corégoninés, qui fait partie de la famille des Salmonidés (Robins et al., 1991) (figure 1). Il se caractérise par de grands yeux (de 22,2 à 26,4 p. 100 de la longueur de la tête) et une bouche terminale munie d’une mâchoire inférieure dépassant ordinairement la mâchoire supérieure. Il possède aussi une bosse ou projection symphysienne distincte, un maxillaire pigmenté, de 34 à 47 branchicténies et de longues nageoires paires (Scott et Crossman, 1998; Todd, sans date). On peut le distinguer des autres ciscos vivant dans les Grands Lacs par sa combinaison unique de grands yeux et de longues nageoires paires (Todd, sans date).

Figure 1. Kiyi (Coregonus kiyi). Il est à noter que, sur cette figure, la mâchoire supérieure dépasse la mâchoire inférieure, ce qui est moins courant que le cas contraire (mâchoire inférieure dépassant la mâchoire supérieure). Illustration de Joe Tomelleri, reproduite avec la permission de Pêches et Océans Canada.

Figure 1. Kiyi (Coregonus kiyi). Il est à noter que, sur cette figure, la mâchoire supérieure dépasse la mâchoire inférieure, ce qui est moins courant que le cas contraire (mâchoire inférieure dépassant la mâchoire supérieure). Illustration de Joe Tomelleri, reproduite avec la permission de Pêches et Océans Canada.

Unités désignables

Toutes les populations canadiennes occupent l’écozone des Grands Lacs et de l’ouest du Saint-Laurent, selon la classification des écozones d’eau douce adoptée par le COSEPAC (COSEPAC, 2003). S’appuyant sur des données morphologiques, Koelz (1929) considérait la population du lac Ontario comme une sous-espèce (C. kiyi orientalis) et celle de la section supérieure des Grands Lacs comme une autre sous-espèce (C. kiyi kiyi). Il est donc possible de reconnaître deux unités désignables si l’on se fonde sur les différences morphologiques et sur le fait que les deux espèces n’ont jamais cohabité dans un même Grand Lac (NatureServe, 2005).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le kiyi était endémique de tous les Grands Lacs laurentiens d’Amérique du Nord, à l’exception du lac Érié (Koelz, 1929; Scott et Crossman, 1998) (figure 2). On pense qu’il ne vit plus aujourd’hui que dans le lac Supérieur (Todd, 1980). Il a été observé pour la dernière fois dans le lac Ontario en 1964, dans le lac Huron en 1973 et dans le lac Michigan en 1974 (Parker, 1989).

Figure 2. Répartition mondiale du kiyi (Coregonus kiyi). Les pointillés représentent le lac où vit encore le kiyi, alors que les hachures représentent les lacs d’où l’espèce a disparu.

Figure 2. Répartition mondiale du kiyi (Coregonus kiyi). Les pointillés représentent le lac où vit encore le kiyi, alors que les hachures représentent les lacs d’où l’espèce a disparu.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le kiyi habitait les lacs Huron, Ontario et Supérieur (figure 2). On pense qu’il ne vit plus aujourd’hui que dans le lac Supérieur (Todd, 1980).

Plusieurs réserves autochtones sont situées en bordure du lac Supérieur dans l’aire de répartition de l’espèce. Toutefois, le présent rapport ne contient aucune information provenant de membres des communautés des Premières Nations.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le kiyi préfère les parties les plus profondes des lacs qu’il habite. On le capture rarement dans des eaux de moins de 108 m de profondeur; sa présence a été signalée à des profondeurs allant de 35 à 200 m (Koelz, 1929; Pritchard, 1931; Hile et Deason, 1947; Dryer, 1966; Anderson et Smith, 1971; Scott et Crossman, 1998). Il occupe donc des eaux claires, froides et plutôt sombres pendant toute l’année. On ne sait rien d’autre au sujet de ses préférences en matière d’habitat, bien que Koelz (1929) ait noté la capture de kiyis sur des substrats de boue et d’argile.

Tendances en matière d’habitat

L’habitat d’eau profonde privilégiée par le kiyi a probablement subi peu de changements au fil du temps (Allen et al., 1969; Berst et Spangler, 1973; Lawrie et Rahrer, 1973).

Protection et propriété

Les Grands Lacs sont de propriété publique, et tous les habitats des poissons de ces lacs sont protégés par la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral.

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Biologie

Généralités

L’âge maximal connu est de 10 ans et plus chez les femelles et de 7 ans et plus chez les mâles (Parker, 1989). La longueur totale (LT) maximale connue est de 250 mm (Todd, 1980; Coker et al., 2001).

Reproduction

La fraye avait lieu d’octobre à novembre dans le lac Huron (Koelz, 1929), de septembre à novembre dans le lac Michigan (Hile et Deason, 1947), d’octobre à janvier dans le lac Ontario (Pritchard, 1931) et de novembre à décembre dans le lac Supérieur (Koelz, 1929). Elle se produisait à des profondeurs de 106 à 165 m dans le lac Michigan (Hile et Deason, 1947) et à 128 m dans le lac Supérieur (Parker, 1989). L’âge de la maturité a été signalé comme étant de 2 ans et plus ou 3 ans et plus dans le lac Michigan (Hile et Deason, 1947). La longueur standard (LS) minimale à maturité était de 132 mm dans le lac Supérieur (Koelz, 1929).

Survie

L’âge maximal connu est de 10 ans et plus chez les femelles et de 7 ans et plus chez les mâles (Parker, 1989). On ne connaît pas le taux de survie.

Physiologie

On ne possède aucune donnée à ce sujet.

Déplacements et dispersion

On ne possède aucune donnée à ce sujet.

Alimentation et relations interspécifiques

Les proies dans les lacs Huron et Ontario étaient principalement les crustacés d’eau profonde Mysis relicta et Diporeia hoyi (Koelz, 1929; Pritchard, 1931). Vu la préférence du kiyi pour les eaux profondes, ses interactions avec d’autres espèces de poissons sont probablement limitées. Il est une proie pour la lotte (Lota lota) et des formes de touladi (Salvelinus namaycush) vivant en eaux profondes (Scott et Crossman, 1998). La hausse périodique du nombre de touladis dans les Grands Lacs a probablement augmenté la pression due à la prédation sur les ciscos d’eau profonde (Christie, 1973; Selgeby et al., 1994). Selon Petzold (2002), les touladis peuvent consommer annuellement jusqu’à 1 608 tonnes de ciscos d’eau profonde dans le bassin est du lac Supérieur. Il est aussi possible que la lamproie marine (Petromyzon marinus) soit devenue un prédateur des ciscos d’eau profonde et d’autres espèces à la suite du déclin des populations de touladis dans les lacs Huron et Ontario (Christie, 1973). Le déclin des ciscos d’eau profonde dans le lac Supérieur est toutefois survenu avant la colonisation par la lamproie marine (Lawrie et Rahrer, 1973). Smith (1995) a observé que le déclin des ciscos d’eau profonde dans le lac Ontario avait coïncidé avec l’augmentation du nombre de gaspareaux (Alosa pseudoharengus). Il a émis l’hypothèse que cela pouvait être dû à la compétition pour le plancton ou à la prédation exercée sur les larves de ciscos. Le déclin dans le lac Supérieur est toutefois survenu avant la colonisation par le gaspareau (Lawrie et Rahrer, 1973), qui n’y est jamais devenu abondant (Selegby et al., 1994).

Comportement et adaptabilité

On ne possède aucune donnée à ce sujet.

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Taille et tendances des populations

La pêche aux ciscos d’eau profonde (communément appelée pêche aux « chubs ») était très importante dans les Grands Lacs, mais les prises étaient rarement identifiées à l’espèce (Lawrie et Rahrer, 1973). Trop peu de prises de kiyis (identifiées à l’espèce) ont été documentées de manière systématique pour que l’on puisse évaluer la taille et les tendances des populations.

 Dans le lac Ontario, le kiyi représentait en 1927 jusqu’à 52,8 p. 100 de tous les ciscos (n=395) pris dans des filets maillants (Pritchard, 1931). Ce pourcentage a chuté à 0,01 p. 100 (n=899) en 1942 (Stone, 1947), et un seul individu (n=15) a été capturé en 1964, l’année où l’espèce a été observée pour la dernière fois dans le lac Ontario (Wells, 1969). En 2002, l’échantillonnage du MRNO ayant pour objet d’établir des indices, la pêche commerciale de ciscos et l’échantillonnage de sites historiques dans la partie ouest du lac n’ont pas permis de capturer de nouveaux spécimens (N.E. Mandrak, données inédites).

Il n’existe pratiquement pas d’information historique sur la taille des populations de kiyis (identifiées à l’espèce) dans le lac Supérieur (Lawrie et Rahrer, 1973; Selgeby et al., 1994), mais l’on possède quelques données récentes de qualité à cet égard (Petzold, 2002). Des relevés par pêche au filet maillant et par chalutage dans la partie est du lac Supérieur en 2000 et 2001 ont révélé que le kiyi représentait entre 1 et 15 p. 100 des prises de ciscos d’eau profonde. On a aussi découvert qu’il y avait environ 2 211 tonnes (de 271 à 4 452 tonnes; IC à 90 p. 100) de ciscos d’eau profonde à des profondeurs de plus de 105 m, l’habitat favori du kiyi. Selon ces estimations, on comptait entre 22 et 330 tonnes de kiyis dans les parties les plus profondes des eaux canadiennes de la partie est du lac Supérieur en 2000 et 2001 (Petzold, 2002), ce qui représente approximativement 25 p. 100 de l’habitat canadien total. D’après un poids moyen de 170 g (Scott et Crossman, 1998), cela équivaudrait à un nombre d’individus de 129 412 à 2 000 000 dans la partie est (canadienne) du lac ou de 500 000 à 8 000 000 pour l’ensemble de la partie canadienne du lac. Des données de 2003 ont révélé que le kiyi était la deuxième espèce prédatrice la plus abondante dans le lac Supérieur et qu’il était plus abondant que le cisco de fumage (Coregonus hoyi) à bien des endroits (K. Cullis, comm. pers.).

Il n’existe aucune information historique résumée par espèce de cisco pour les eaux canadiennes du lac Huron. Un examen de 1 943 ciscos capturés en eaux profondes à 46 endroits dans le lac Huron en 2002 et 2003 n’a permis de trouver aucun kiyi (N.E. Mandrak, données inédites).

Bien qu’il soit possible que les populations des lacs Huron et Michigan se soient rétablies en raison d’une migration des populations du lac Supérieur, rien ne prouve que cela se soit produit au cours des 30 années qui se sont écoulées depuis la dernière mention du kiyi dans ces lacs. Il se peut, par ailleurs, que les larves soient évacuées par la rivière St. Marys.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le déclin du kiyi dans les lacs Huron, Michigan et Ontario est attribuable à la surpêche commerciale (Moffett, 1957; Smith, 1964; Berst et Spangler, 1973; Christie, 1973; Miller et al., 1989). La pêche commerciale aux ciscos d’eau profonde, dont le kiyi, n’est plus pratiquée dans les eaux américaines des Grands Lacs, mais elle est encore pratiquée dans les eaux canadiennes des lacs Huron et Supérieur. Le quota de ciscos d’eau profonde dans la partie est du lac Supérieur était de 220 tonnes en 2002, ce qui est inférieur à la biomasse moyenne exploitable estimée à 440 tonnes, et nettement inférieur aux 2 211 tonnes estimées dans ce lac. La surpêche ne représente donc probablement pas une menace permanente (Petzold, 2002). En anglais, le kiyi est aussi connu sous le nom de « black chub », et sa valeur marchande est plus faible que celle des autres espèces de ciscos (Petzold, 2002). Qui plus est, la demande actuelle en ciscos d’eau profonde reste faible (K. Cullis, MRNO, comm. pers.). 

On a émis l’hypothèse que les populations restantes de kiyis ont subi les impacts de la compétition ou de la prédation par certaines espèces de poissons introduites. Bien que ces interactions puissent avoir joué un rôle dans le déclin des ciscos d’eau profonde dans ces lacs (Berst et Spangler, 1973; Christie, 1973; Miller et al., 1989), elles n’étaient probablement pas significatives dans le lac Supérieur, puisque le déclin a précédé la colonisation du lac par la lamproie marine, le gaspareau et l’éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax).

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Importance de l'espèce

Des six espèces de ciscos (le cisco de fumage, le cisco à nageoires noires, le cisco de profondeur, le kiyi, le cisco à mâchoires égales et le cisco à museau court) qui ont été identifiées par Koelz (1929) comme étant endémiques des Grands Lacs laurentiens, le kiyi est l’une des trois espèces qui existent encore aujourd’hui (les deux autres étant le C. hoyi et le C. zenthicus). Les ciscos sont parmi les plus remarquables des quelques espèces endémiques des étendues d’eau relativement jeunes d’Amérique du Nord et sont perçus comme de rares exemples d’un groupe de semi-espèces (ou espèces naissantes) étroitement apparentées sur ce continent (Smith et Todd, 1984). En tant qu’espèces endémiques, ces poissons sont issus de processus écologiques et évolutionnaires uniques. Les Grands Lacs laurentiens n’ont pas plus de 18 000 ans d’âge (Dyke et Prest, 1987); par conséquent, la spéciation des ciscos endémiques des Grands Lacs remonte probablement à moins de 18 000 ans (Smith et Todd, 1984). L’évolution graduelle de la morphologie des branchicténies (p. ex. nombre et longueur) a diminué la compétition entre les espèces de ciscos endémiques (Smith et Todd, 1984). En plus de posséder ces processus caractéristiques des ciscos endémiques, le kiyi présente des caractères adaptatifs uniques lui permettant de survivre en eaux profondes, notamment de grands yeux et des nageoires pectorales.

Les ciscos d’eau profonde ont déjà été des espèces importantes d’un point de vue commercial dans les Grands Lacs, et plusieurs espèces, dont le kiyi, sont toujours pêchées dans les eaux canadiennes du lac Supérieur. Les six espèces endémiques ont fait l’objet d’une évaluation par le COSEPAC. Le cisco à museau court a été considéré comme espèce menacée en 1987 (il a été réévalué en 2005 et classé en voie de disparition), tout comme le cisco à mâchoires égales (dont le classement a été confirmé de nouveau en 2003). Le cisco de profondeur (une espèce disparue depuis 1953; classement confirmé de nouveau en 2000) et le cisco à nageoires noires (espèce menacée) ont quant à eux fait l’objet d’un classement en 1988. Le kiyi a d’abord été considéré comme espèce préoccupante en 1988, tout comme le cisco de fumage, le seul cisco des Grands Lacs qui n’est pas en péril (COSEPAC, 2004).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le kiyi et son habitat sont protégés par la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. Il été désigné « espèce préoccupante » par le COSEPAC en 1988. Il est considéré comme espèce préoccupante par le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario et classé S3(?) en Ontario par le Centre d'information sur le patrimoine naturel. Aux États-Unis, elle a fait l’objet d’un classement dans cinq États. On trouvera dans le tableau 1 les classements mondiaux, nationaux (États-Unis et Canada) et infranationaux (État ou province). Les quotas de pêche commerciale relatifs aux espèces de ciscos d’eau profonde (dont le kiyi) dans le lac Supérieur sont réglementés par le Règlement de pêche de l’Ontario, mis en application par le MRNO.

Tableau 1. Classements mondiaux, nationaux et infranationaux (État ou province) du kiyi (Coregonus kiyi) (NatureServe, 2004). Cotes G/N/S : 1= gravement en péril (critically imperiled); 2= en péril (imperiled); 3= vulnérable à la disparition (vulnerable to extirpation or extinction); X = disparue (extinct).
MondialNational aux États-UnisNational au CanadaInfranational
États américains
Infranational
Ontario
G3N3Espèce préoccupante; N3?S1 (Indiana)
S2S3 (Wisconsin)
S3 (Michigan, Minnesota)
SX (New York)
S3?; Espèce préoccupante

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Résumé technique : Coregonus kiyi orientalis

Coregonus kiyi orientalis

Kiyi du lac Ontario – Lake Ontario Kiyi

Répartition au Canada :

Ontario – lac Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

19 477 km²; Mesurée selon le total des régions combinées du lac

Préciser la tendance dans la zone d’occurrence (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

8 553 km²; Mesurée selon les profondeurs des régions combinées > 100 m

Préciser la tendance dans la zone d’occupation (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés)

0 (présent dans un grand lac, mais la structure de la population est inconnue).

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Sans objet

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Stable?

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

5 ans?

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

0

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

En déclin

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

0 % au cours des 15 dernières années, dernière observation enregistrée en 1964

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Énumérer les populations et donner le nombre de populations dans chacune.

0

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • surexploitation commerciale, espèces introduites

Effet d’une immigration de source externe

Aucune?

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Non

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Sans objet

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Non

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

Analyse quantitative

Données non disponibles

Statut actuel – C. kiyi orientalis

  • Classification selon Nature Conservancy (NatureServe 2005)
    • Mondiale – G3TX
    • Nationale
      • États-Unis – NX
      • Canada – NNR
    • Régionale – X dans tous les États
  • Les espèces sauvages 2000 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril 2001)
    • Canada – NR
    • Ontario – NR
  • COSEPAC– Disparue (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : Disparue

Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation : La dernière observation de cette sous-espèce a été enregistrée dans le lac Ontario en 1964 où elle était en voie de disparaître en raison de l’exploitation commerciale ainsi que de la prédation et de la concurrence par des espèces introduites.

Application des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Sans objet – la sous-espèce n’a pas été vue dans le lac Ontario depuis 1964.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet – la sous-espèce n’a pas été vue dans le lac Ontario depuis 1964.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Sans objet – la sous-espèce n’a pas été vue dans le lac Ontario depuis 1964.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet – la sous-espèce n’a pas été vue dans le lac Ontario depuis 1964.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Les données ne sont pas disponibles.

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Résumé technique : Coregonus kiyi kiyi

Coregonus kiyi kiyi

Kiyi du secteur supérieur des Grands Lacs – Upper Great Lakes Kiyi

Répartition au Canada :

Ontario – lacs Supérieur et Huron (et Michigan), disparue des lacs Huron (et Michigan)

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

  • Huron – 59 596
  • Supérieur – 82 414
  • Total – 142 010
  • Mesurée selon le total des régions combinées des lacs Huron, Ontario et Supérieur

Préciser la tendance dans la zone d’occurrence (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

  • Huron – 10 013
  • Supérieur – 57 742
  • Total – 67 755
  • Mesurée selon les profondeurs des régions combinées > 100 m pour les lacs Huron et Supérieur

Préciser la tendance dans la zone d’occupation (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés)

1

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Stable?

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

5 ans?

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). Voir la section Taille et Tendances des populations.

Supérieur : de 129 412 à ~ 2 000 000 selon un poids moyen de 170 g, entre 22 et 330 t. d’individus

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

  •   Supérieur – stable
  •   Huron – en déclin, probablement disparue
  •   Probablement disparue du lac Michigan également

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

  • Huron – 0 % au cours des 15 dernières années, dernière observation enregistrée en 1973
  • Le déclin a probablement été rapide, car le C.k. orientalis a pratiquement disparu du Lac Ontario en 15 ans (de 1927 à 1942).
  • La situation au lac Michigan était probablement semblable.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

  •   Dans les deux lacs : oui
  •   dans le lac Supérieur seulement : non

Énumérer les populations et donner le nombre de populations dans chacune.

  • Supérieur : de 129 412 à ~ 2 000 000 selon un poids moyen de 170 g,  entre 22 et 330 t. d’individus
  • Huron : 0 (Michigan 0)

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

  •   Supérieur : stable
  •   Huron (Michigan) : en déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • surexploitation commerciale, espèces introduites?

Effet d’une immigration de source externe

  • Supérieur : néant (À moins que l’on tienne compte des eaux américaines d’un même lac comme une source, la structure de la population dans le lac est inconnue)
  • Huron : faible

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Dans les eaux américaines du lac Supérieur

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

S2S3 (WI), S3 (MN), S3 (MI)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui?

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui?

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui?

Analyse quantitative

Données non disponibles

Statut actuel – C. kiyi kiyi

  • Classification selon Nature Conservancy (NatureServe 2005)
    • Mondiale – G3
    • Nationale
      • États-Unis – N3
      • Canada – N3?
    • Régionale
      • États-Unis – S1 (IN), S3 (MI), S3 (MN), SX (NY), S2S3 (WI)
      • Canada – Ontario – S3.
  • Autres
    • UICN – VU (vulnérable)
    • AFS – T (menaçée)
    • Les espèces sauvages 2000 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril 2001)
      • Canada – 1
      • Ontario – 1
    • COSEPAC– Préoccupante (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : Préoccupante

Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation : Cette sous-espèce, qui ne se trouve actuellement que dans le lac Supérieur, est disparue des lacs Huron et Michigan en raison d’un ensemble de facteurs qui comprennent l’exploitation et l’introduction d’espèces exotiques. La disparition de ce poisson des lacs Huron et Michigan s’est produite sur plus de trois générations dans le passé. La population restante du lac Supérieur semble stable et fait l’objet d’une petite pêche réglementée. D’autres menaces, telles que l’introduction d’espèces exotiques, qui ont eu une incidence sur les populations dans la région inférieure des Grands Lacs, ne semblent pas importantes dans le lac Supérieur.

Application des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Ce critère ne s’applique pas. La sous-espèce a disparu de plus de 50 % de son ancienne zone d’occurrence canadienne (ainsi que de lac Michigan, les dernières observations dans les lacs Huron et Michigan datant respectivement de 1973 et de 1974). Le déclin des zones d’occupation et d’occurrence n’est toutefois pas survenu durant les trois dernières générations ou les derniers dix ans. On trouve toujours la sous-espèce dans le lac Supérieur, mais on ne connait toutefois pas les tendances des populations. Une pêche commerciale excessive et la concurrence avec des espèces exotiques, qui semblent avoir entraîné la disparition de la sous-espèce des lacs Huron et Michigan, n’auront probablement pas une incidence aussi importante dans le lac Supérieur. On doit toutefois garder en tête le déclin rapide dans les autres lacs, qui est survenu en peu de temps (~ 15 ans dans le lac Ontario) et le fait que la sous-espèce pourrait connaître un déclin rapide pouvant aller jusqu’à sa disparition (comme cela est arrivé à d’autres ciscos des Grands Lacs) en raison de facteurs qui demeurent pour l’instant inconnus.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Ce critère ne s’applique pas. Les zones d’occurrence (82 000 km²) et d’occupation (58 000 km²) actuelles se situent nettement au-dessous du seuil relatif aux espèces en voie de disparition ou menacées (B1 ou B2). Aucune preuve ne vient suggérer une grande fragmentation de la sous-espèce et le nombre de sites dans le lac Supérieur demeure inconnu, mais dépasse sans aucun doute la valeur minimale de dix qui s’applique aux espèces menacées. Il n’y a aussi aucune donnée qui indique des fluctuations extrêmes ou un déclin continu du nombre d’habitats, de leur étendue ou de leur qualité. 
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Ce critère ne s’applique pas. Les estimations de 2000 et de 2001 relatives à la partie est du lac Supérieur indiquent entre 22 et 330 tonnes de ciscos dans les parties les plus profondes des eaux canadiennes. En fonction d’un poids moyen de 0,17 kg (Scott et Crossman, 1998), cela équivaut à entre 130 000 et 2 000 000 d’individus, ce qui dépasse le seuil de 10 000 individus (qui de toute façon ne signifie rien pour une telle espèce). Cette estimation repose toutefois sur un poids moyen et ne fournit aucune information au sujet de la proportion d’individus matures, qui serait considérablement moins élevée. On n’a tout simplement pas accès à des données qui permettraient de fournir de l’information sur les tendances des populations du lac Supérieur, malgré le fait que les niveaux de récolte récents équivalent à environ 10 % de la biomasse estimée.  
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Ce critère ne s’applique pas. On compte plus de 1 000 individus matures, une zone d’occupation de plus de 20 km² et plus de cinq sites ou emplacements.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Aucune donnée n’est disponible.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

Carolyn Bakelaar a fourni du soutien relativement au SIG et Becky Cudmore-Vokey a aidé à communiquer avec les autorités compétentes.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada et Pêches et Océans Canada.

Experts contactés 

  • John Casselman (Ph.D.). Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Glenora (Ontario).
  • Adam Cottrill. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Owen Sound (Ontario).
  • Erling Holm. Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario).
  • Mike Petzold.Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Sault Ste. Marie  (Ontario).

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Sources d'information

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Berst, A.H., et G.R. Spangler. 1973. Lake Huron: the ecology of the fish community and man’s effects on it, Great Lakes Fishery Commission Technical Report 21, 41 p.

Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril. 2001. Les Espèces Sauvages 2000 : situation générale des espèces au Canada, Ottawa, Ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux.

Christie, W.J. 1973. A review of the changes in the fish species composition in Lake Ontario, Great Lakes Fishery Commission Technical Report 23, 65 p.

Coker, G.A., C.B. Lane et C.K. Minns. 2001. Morphological and ecological characteristics of Canadian freshwater fishes, Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Science 2554, 86 p.

COSEPAC. 2003. Manuel des opérations et des procédures, mise-à-jour – novembre 2003, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa (Ontario), 44 p. + annexes.

COSEPAC. 2004. Espèces canadiennes en péril, novembre 2004, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), SCF, Ottawa, 58 p.

Cudmore-Vokey, B., et E.J. Crossman. 2000. Checklists of the fish fauna of the Laurentian Great Lakes and their connecting channels, Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Science 2550, 39 p.

Dryer, W.R. 1966. Bathymetric distribution of fish in the Apostle Islands region, Lake Superior, Transactions of the American Fisheries Society 95:248-259.

Dyke, A.S., et V.K. Prest. 1987. Paleogeography of northern North America: 18,000-5,000 years ago, Geological Survey of Canada Map 1703A.

Hile, R., et H.J. Deason. 1947. Distribution, abundance, and spawning season and grounds of the kiyi, Leucichthys kiyi (Koelz), in Lake Michigan, Transactions of the American Fisheries Society 74:143-165.

Koelz, W. 1921. Description of a new cisco from the Great Lakes, Occasional Papers of the Museum of Zoology, University of Michigan 104, 4 p.

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Petzold, M. 2002. Distribution and abundance of chub species (Coregonus sp.) in eastern Lake Superior (2000 – 2001), Upper Great Lakes Management Unit, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Technical Report 1-2002.

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Scott, W.B., et E.J. Crossman. 1998. Freshwater fishes of Canada. Fisheries Research Board of Canada Bulletin 184, 966 p. + xvii, réimprimé par Galt House Publications, Burlington (Ontario).

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Todd, T.N. Pas de date. Tom Todd’s sure-fire guide to morphological characteristics of ciscoes (Coregonus spp.) of the Great Lakes region, United States Geological Survey, Ann Arbor (Michigan), rapport inédit.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Nicholas E. Mandrak travaille comme chercheur pour le ministère des Pêches et Océans du Canada à Burlington (Ontario). Son travail porte sur la biodiversité, la biogéographie et la conservation des poissons d’eau douce canadiens. Il a corédigé 12 rapports pour le COSEPAC.

 

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Collections examinées

Aucun spécimen n’a été examiné.

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