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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la souris des moissons de la sous-espèce Megalotis et de la sous-espèce Dychei au Canada – Mise à jour

Résumé

Souris des moissons

Reithrodontomys megalotis

sous-espèce Megalotis
(Reithrodontomys megalotis megalotis)

sous-espèce Dychei
(Reithrodontomys megalotis dychei)

Information sur l’espèce

La souris des moissons (Reithrodontomys megalotis) pèse environ 11 g et mesure en moyenne 136 mm, sa queue comptant pour la moitié de sa longueur. Cette souris brunâtre a une bande dorsale longitudinale légèrement foncée qui s’étend de sa tête jusqu’à sa queue et son pelage est blanchâtre sur le ventre. Elle a de grandes oreilles dénudées, une queue peu poilue et des pattes blanches. Elle ressemble aux espèces plus grosses et plus communes que sont la souris sylvestre et la souris commune. Toutefois, les souriceaux de la souris sylvestre sont plus souvent gris et la souris commune a une queue complètement dénudée.

Répartition

Les prairies du sud de la Colombie-Britannique (C.-B.) et du sud-est de l’Alberta (Alb.) constituent la limite septentrionale de l’aire de répartition de la souris des moissons. Sa répartition s’étend partout dans le centre et dans l’ouest des États-Unis, ainsi qu’au Mexique.

Habitat

La souris des moissons occupe les steppes arbustives sèches et semble préférer les aires à vaste couvert végétal, soit sous forme d’herbes hautes ou d’arbustes tels que la purshie tridentée ou l’armoise. Elle est présente dans de nombreux types d’habitat, notamment les ravines asséchées en bordure des prairies et les parcours naturels de steppes arbustives, les champs abandonnés, les forêts de pins ponderosa, ainsi que les habitats d’armoise et de purshie tridentée pâturés ou non.

Biologie

Cette souris nocturne est omnivore, mais elle se nourrit principalement de graines, de nouvelles pousses et d’invertébrés, tels que des chenilles et des papillons nocturnes. Elle vit au-dessus du sol et construit un petit nid d’herbe au sol ou dans un arbuste à une hauteur maximale d’un mètre. Les femelles peuvent se reproduire à l’âge de quatre mois et avoir jusqu’à cinq portées par saison comptant en moyenne trois souriceaux. Bien que l’espèce puisse vivre pendant 18 mois, la plupart des individus ne vivent que six mois. La souris des moissons semble capable d’entrer en torpeur pour endurer les températures froides. Certains chercheurs supposent qu’elle hiberne, bien que cela ne semble pas se produire dans le sud de la Colombie-Britannique étant donné que l’espèce y a été capturée pendant tous les mois de l’année. Au Canada, seuls les strigidés sont les prédateurs officiellement confirmés de l’espèce, mais d’autres prédateurs possibles sont notamment les crotales des prairies, les éperviers, les geais, les pies-grièches, les ratons laveurs, les renards, les belettes, les mouffettes, les blaireaux et les coyotes. La distance de dispersion de l’espèce se limite généralement à moins de 300 mètres. Sa dispersion a été répertoriée le long des emprises routières; elle peut toutefois être limitée par les routes, que l’espèce semble éviter. 

Taille et tendances des populations

Aux États-Unis, la souris des moissons constitue une espèce dominante des communautés de petits mammifères des prairies, atteignant une densité de 60 individus par hectare dans un habitat qui lui est propice. Au Canada, l’espèce est rare à l’état sauvage et présente en faibles densités; elle représente généralement moins de 10 p. 100 de la communauté des petits mammifères. Toutefois, une densité de population aussi élevée que 80 individus par hectare a été observée en Colombie-Britannique. La taille des populations de souris des moissons semble atteindre un sommet à la fin de l’automne ou au début de l’hiver et diminuer au milieu de l’été. Aucune donnée n’existe sur la taille et les tendances des populations sur le plan provincial ou national.

Facteurs limitatifs et menaces

La souris des moissons est sensible à la modification de l’habitat engendrée par un feu, mais les populations peuvent se rétablir rapidement si elles disposent à proximité d’un habitat non brûlé qui leur est propice. La fragmentation et la perte d’habitat causées par le pâturage, la culture ou d’autres activités agricoles et l’expansion urbaine constituent probablement les principales menaces qui pèsent sur les populations au Canada.

Importance de l’espèce

Les populations de la souris des moissons de la Colombie-Britannique et de l’Alberta constituent les aires de répartition les plus au nord de deux sous-espèces distinctes séparées par les Rocheuses. Bien que ces sous-espèces soient communes et réparties presque partout aux États-Unis, les populations marginales peuvent apporter des attributs génétiques uniques au patrimoine génétique d’une espèce et ainsi améliorer la diversité génétique et la capacité d’adaptation de l’ensemble de l’espèce à de nouvelles conditions.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a attribué à la sous-espèce R. m. megalotis le statut d’espèce préoccupante en Colombie-Britannique et a inscrit la sous-espèce R. m. dychei dans la catégorie « données insuffisantes » en Alberta, en 1994. En raison de son aire de répartition limitée et de sa rareté apparente, le gouvernement de la Colombie-Britannique l’a inscrite dans la catégorie « vulnérable » (c.-à-d. sur la Liste bleue). Les cotes provinciales attribuées à cette espèce sont S2S3, ce qui signifie qu’elle est considérée comme étant en péril à non commune (imperiled to uncommun). La Colombie-Britannique compte plus de 63 000 hectares d’habitat propice à l’espèce dans des aires protégées (notamment des parcs, des réserves et des fiducies foncières). Toutefois, un grand nombre de ces aires sont peut-être trop petites et séparées par une distance supérieure à la distance de dispersion de la souris et, par conséquent, la viabilité des populations à l’intérieur de ce réseau d’aires protégées est inconnue. Plusieurs réserves indiennes peuvent contenir des quantités importantes de parcelles d’habitat de la souris des moissons. En Alberta, le gouvernement provincial a classé cette espèce dans la catégorie « statut indéterminé » en raison du manque de données. Dans les quelques localités où la présence de la souris des moissons est confirmée, la cote provinciale S1 lui a été attribuée, ce qui signifie qu’elle est grandement en péril (critically imperiled). Les habitats protégés se trouvent dans la réserve nationale de faune de Suffield (45 900 ha) et dans le parc provincial Writing-On-Stone (1 718 ha). Avant le milieu des années 1990, période où la souris des moissons était piégée dans la réserve nationale de faune de Suffield, sa présence n’avait pas été signalée dans la province depuis 1966.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
*** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****  Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.