Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la souris des moissons de la sous-espèce Megalotis et de la sous-espèce Dychei au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

La souris des moissons est probablement sensible aux effets directs du feu (c.-à-d. la mortalité; Kaufman et al., 1988) ainsi qu’aux effets indirects engendrés par le feu sur l’habitat (c.-à-d. la suppression du couvert et de la nourriture). Kaufman et al. (1988) et McMillan et al. (1995) ont remarqué des déclins de population à la suite du feu qui a eu lieu dans les prairies à hautes herbes non pâturées au Kansas. En Colombie-Britannique, un feu en 1993 a brûlé l’ensemble de la réserve écologique de Hayne’s Lease près du lac Osoyoos et un feu en 2003 a brûlé la plus grande partie du parc Okanagan Mountain ont réduit les populations de souris des moissons dans ces aires. Toutefois, une densité allant jusqu’à 13 individus par hectare a été enregistrée trois ans après un feu dans le sud de l’Okanagan (W. Klenner, comm. pers.), ce qui semble indiquer que les conséquences du feu peuvent être à court terme. De plus, Masters et al. (1998) ont constaté que l’interdiction de brûler de grands peuplements de pins dans l’État de l’Oklahoma a entraîné une augmentation de la production de fourrage herbacé et de la densité des populations de Reithrodontomys fulvescens, une espèce ayant des besoins en matière d’habitat semblables à ceux de la souris des moissons.

L’utilisation de rodenticides pour contrôler les populations de campagnols (Microtus spp.) et de gaufres gris (Thomomys talpoides) dans les champs abandonnés et les vergers en Colombie-Britannique peut avoir des conséquences notables sur les populations locales de souris des moissons. Toutefois, les vergers ne constituent pas l’habitat préféré de cette souris; le taux de mortalité par empoisonnement est donc jugée faible (Sullivan et Sullivan, 2005).

Le pâturage des bovins et des chevaux, l’agriculture et l’urbanisation sont probablement les plus grandes menaces qui pèsent sur l’habitat de la souris des moissons. Les seules observations récentes de cette espèce en Alberta proviennent toutes de la réserve nationale de faune de Suffield (Reynolds et al., 1999), une aire où il y a relativement peu de bétail ou d’autres activités agricoles, ce qui laisse entendre que la souris des moissons est peut-être particulièrement sensible aux perturbations agricoles en Alberta. En Colombie-Britannique, la transformation des prairies en vergers, en champs cultivés et, plus récemment, en zones d’urbanisation et en vignobles a éliminé de grands territoires d’habitat de steppe arbustive importants pour l’espèce (Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique, 1998; Wood, 2003). L’utilisation des habitats linéaires de lisière peut être particulièrement importante pour la dispersion de cette espèce dans les fragments d’habitat qui lui sont propices. Ainsi, étant donné que des souris des moissons ont été capturées dans des habitats en bordure de route (Whitaker et Mumford, 1972; Ford, 1977) et le long de champs cultivés (Nagorsen, 1995), le fauchage de ces habitats constitue également une grande menace. La création de nouvelles routes peut constituer un obstacle considérable à la dispersion et au déplacement de la souris des moissons. Kozel et Fleharty (1979) ont constaté qu’aucune souris n’est retournée d’où elle venait après avoir été transportée de l’autre côté d’une route en bordure de son domaine vital.