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Programme de rétablissement de la chauve souris blonde (Antrozous pallidus) au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de la chauve-souris blonde (Antrozous pallidus) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l'égard de la chauve-souris blonde et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie-Britannique et l'équipe de rétablissement de la chauve-souris blonde (Pallid Bat Recovery Team), en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L'article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l'espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement de la chauve-souris blonde ci-joint (partie 2), à titre d'avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l'espèce en Colombie-Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la chauve-souris blonde et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l'orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l'espèce, incluant la désignation de l'habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l'information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l'espèce. Lorsque l'habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d'action, la LEP exige que l'habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l'habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l'habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote 1 de bas de page soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l'ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d'action qui a désigné l'habitat essentiel. L'interdiction de détruire l'habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s'appliquera 90 jours après la publication de la description de l'habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l'habitat essentiel se trouvant sur d'autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l'habitat essentiel soient appliquées.

Si l'habitat essentiel d'un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l'intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l'interdiction de le détruire ne peut s'appliquer qu'aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l'habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s'applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu'une partie de l'habitat essentiel n'est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d'autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l'interdiction de détruire l'habitat essentiel. La décision de protéger l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n'étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

L'élaboration de la présente addition fédérale a été coordonnée par Tanya Luszcz, avec la participation et le soutien de Kella Sadler et de Matt Huntley (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Région du Pacifique [ECCC, SCF-PAC]). Des commentaires et/ou un soutien supplémentaires ont été offerts par Brian Campbell et Paul Johanson (ECCC, SCF – Région de la capitale nationale), Orville Dyer (ministère des Forêts, des Terres et de l'Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique), Purnima Govindarajulu et Peter Fielder (ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique). Les spécialistes de l'espèce Daniela Rambaldini, Mark Brigham, Mike Sarell, Allison Haney, Cori Lausen, Dave Johnson, Tom O'Shea, Greg Falxa et Lori Pruitt (Fish and Wildlife Service des États-Unis) ont eux aussi apporté une précieuse contribution sous forme de données sur les chauves-souris et/ou de conseils scientifiques connexes. Danielle Yu et Sean Butler (ECCC, SCF-PAC) ont apporté une aide supplémentaire pour la cartographie et la préparation des figures.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de rétablissement de la chauve-souris blonde (Antrozous pallidus) en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l'habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l'habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l'habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l'habitat essentiel en vertu de la LEP.

1 Habitat essentiel

La présente section remplace la section 7 intitulée « Habitat de survie et de rétablissement de l'espèce » du plan de rétablissement provincial.

En vertu de l'alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de cet habitat. Le plan de rétablissement provincial de la chauve-souris blonde comprend une description des caractéristiques biophysiques de l'habitat de survie/rétablissement de l'espèce. Cet avis scientifique a été utilisé pour orienter le contenu des sections suivantes sur l'habitat essentiel dans le présent programme de rétablissement fédéral. Les méthodes et les processus décisionnels détaillés ayant trait à la désignation de l'habitat essentiel sont archivés dans un document connexe.

Dans le présent programme de rétablissement, l'habitat essentiel est partiellement désigné. Un calendrier des études, ci-joint, présente les activités requises pour achever la désignation de l'habitat essentiel afin de soutenir les objectifs en matière de population et de répartition pour l'espèce.

L'habitat essentiel de la chauve-souris blonde est désigné dans le présent document dans la mesure du possible. À mesure que les autorités responsables et/ou d'autres parties intéressées effectuent des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances, la méthodologie et la désignation de l'habitat essentiel pourront être modifiées et/ou améliorées pour tenir compte des nouvelles connaissances.

1.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Emplacement géospatial des zones renfermant de l'habitat essentiel

L'habitat essentiel de la chauve-souris blonde est désigné en fonction de toutes les mentions d'occurrence vérifiéesNote 2 de bas de page dont on dispose pour l'espèce dans le sud de la vallée de l'Okanagan, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique (sous-zone biogéoclimatique très chaude à pin ponderosa [PPxh1] et sous-zone biogéoclimatique très chaude à graminées cespiteuses [BGxh1] [Meidinger et Pojar, 1991]). Dans ces milieux, la chauve-souris blonde a besoin à la fois d'un habitat de repos et d'un habitat d'alimentation pour mener à bien tous les stades de son cycle vital.

L'habitat de repos est nécessaire pour permettre à la chauve-souris blonde de réaliser ses activités et de répondre aux besoins biologiques de chaque stade de son cycle vital (incluant sommeil, accouplement, élevage des petits, protection contre les prédateurs, torpeur et hibernation). Il s'agit principalement de falaises et de crevasses rocheuses, lesquelles constituent des éléments stables du paysage; toutefois, la chauve-souris blonde se sert également d'arbres comme gîtes nocturnes (p. ex. pin ponderosa [Pinus ponderosa], douglas de Menzies [Pseudotsuga menziesii], arbres à feuilles caduques en zone riveraine et arbres fruitiers dans les vergers). La chauve-souris blonde semble être fidèle à des sites de repos précis, qui sont réutilisés continuellement au fil des générations (Rambaldini et Brigham, 2004). L'habitat essentiel de repos est désigné d'après : 1) les emplacements de repos connus/observés; 2) l'application de modèles du caractère convenable de l'habitat (Warman et al., 1998Note 3 de bas de page; Sinnerman, 1982Note 4 de bas de page) à d'autres types de mentions d'occurrence (p. ex. observations d'individus en vol, vocalisations, captures au filet japonais et animaux morts). Tout habitat de repos à caractère convenable élevé à modéré pour la chauve-souris blonde se trouvant à distance de quête de nourriture (4,5 km) d'une mention d'occurrence est désigné habitat essentiel de repos.

L'habitat d'alimentation est essentiel au soutien des adultes et des juvéniles pouvant voler entre avril et octobre. Le secteur précis entourant les gîtes qui est utilisé comme habitat d'alimentation par la chauve-souris blonde en Colombie-Britannique n'a pas suffisamment été étudié; toutefois, la meilleure information accessible (c.-à-d. données provenant de la Colombie-Britannique et des États-Unis) vient appuyer la distance de quête de nourriture maximale de 4,5 kmNote 5 de bas de page. Ainsi, la zone renfermant de l'habitat essentiel d'alimentation est désignée comme étant la zone située dans un rayon de 4,5 km de l'habitat essentiel de repos.

Caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel

  • Habitat de repos : crevasses rocheuses naturelles (≥ 3 cm de largeur; Miller et Jensen, 2013; Schorr et Siemers, 2013) peu importe leur orientation (verticale ou horizontale) dans des falaises et des talus d'éboulis :
    • Gîtes diurnes (utilisés d'avril à octobre inclusivement) : crevasses rocheuses naturelles dans des falaises ou des talus de grand diamètre
    • Hibernacles (utilisés d'octobre à avril inclusivementNote 6 de bas de page) : sites des gîtes diurnes, crevasses profondes et étroites dans des cavernes et des grottes
  • Habitat d'alimentation (utilisé d'avril à octobre inclusivement) :
    • Éléments naturels (utilisation privilégiée) : types d'habitat de prairie naturelle, de steppe arbustive ou de forêt ouverte (pin ponderosa), talus d'éboulis pouvant abriter des proies terrestres relativement grosses
    • Éléments anthropiques (utilisation opportuniste) : habitat agricole et/ou modifié abritant des proies (gros arthropodes et petits vertébrés), y compris les pâturages de ranchs, les vignobles, les anciens vergers et les routes de gravier

Les zones renfermant de l'habitat essentiel de la chauve-souris blonde (superficie totale de 35 945,6 ha) sont présentées aux figures 1 et 2. L'habitat essentiel de cette espèce au Canada se trouve dans les polygones ombrés (unités) illustrés sur ces cartes, là où l'on trouve les caractéristiques biophysiques décrites dans la section qui précède. Comme la chauve-souris blonde cherche sa nourriture dans les secteurs constituant des aires de repos ou à proximité de ces secteurs, les polygones roses (unités) représentent les secteurs renfermant de l'habitat de repos et de l'habitat d'alimentation, tandis que les polygones jaunes (unités) situés hors des aires de repos représentent un habitat d'alimentation uniquement. Les habitats non convenables, par exemple la surface de roulement des routes asphaltées, la table de roulement des voies ferrées, les eaux libres (lacs et cours d'eau) et tous les habitats situés à plus de 800 m d'altitude, ne sont pas réputés posséder les caractéristiques dont a besoin la chauve-souris blonde pour se reposer et/ou s'alimenter, et ne sont donc pas désignés comme habitat essentiel, et ce, même lorsqu'ils se trouvent à l'intérieur des polygones ombrés (c.-à-d. unités géospatiales précises renfermant de l'habitat essentiel).

Un calendrier des études a été inclus pour obtenir l'information nécessaire à l'achèvement de la désignation de l'habitat essentiel de l'espèce. La désignation de l'habitat essentiel sera mise à jour lorsque l'information sera rendue disponible, soit dans un programme de rétablissement révisé ou dans un ou plusieurs plans d'action.

Figure 1. L'habitat essentiel de la chauve-souris blonde dans la vallée de l'Okanagan (Nord), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en rose (habitat essentiel de repos et d'alimentation) ainsi que par les polygones ombrés en jaune (habitat essentiel d'alimentation additionnel), là où les critères énoncés à la section 1.1 sont respectés.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

Cette carte montre les zones entourant la région des chutes Okanagan dans le nord de la vallée de l’Okanagan, qui renferment deux classes d’habitat essentiel de la chauve-souris blonde. Une carte de localisation (la plus petite carte) montre que l’habitat s’étend depuis la région des chutes Okanagan, dans la vallée de l’Okanagan, jusqu’à la frontière avec les États-Unis. L’habitat essentiel considéré comme « Unité(s) détaillée(s) où se trouve de l’habitat essentiel d’alimentation » couvre la vallée de l’Okanagan selon une orientation nord-sud, entourant presque tout le lac Skaha vers le nord jusqu’à Penticton et s’étendant vers le sud jusqu’à la frontière avec les États-Unis. L’habitat essentiel considéré comme « Unité(s) détaillée(s) où se trouve de l’habitat essentiel de repos et d’alimentation » occupe des parcelles discontinues délimitées par la première classe d’habitat dans la vallée. L’habitat essentiel discontinu où l’espèce à la fois s’alimente et se repose occupe une plus petite superficie totale que l’habitat essentiel où l’espèce ne fait que s’alimenter. Au centre de la vallée, il y a des petites parcelles qui ne sont pas de l’habitat essentiel.

Figure 2. L'habitat essentiel de la chauve-souris blonde dans la vallée de l'Okanagan (Sud), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones ombrés en rose (habitat essentiel de repos et d'alimentation) ainsi que dans les polygones ombrés en jaune (habitat essentiel d'alimentation additionnel), là où les critères énoncés à la section 1.1 sont respectés.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure -

Cette carte montre les zones dans le sud de la vallée de l’Okanagan, qui renferment deux classes d’habitat essentiel de la chauve-souris blonde. Une carte de localisation (la plus petite carte) montre que l’habitat s’étend depuis la région des chutes Okanagan dans la vallée de l’Okanagan jusqu’à la frontière avec les États-Unis. L’habitat essentiel considéré comme « Unité(s) détaillée(s) où se trouve de l’habitat essentiel d’alimentation » couvre la vallée de l’Okanagan selon une orientation nord-sud, s’étendant vers le nord, depuis la frontière avec les États-Unis, jusqu’au sud de la région des chutes Okanagan (qui est illustrée à la figure 1). L’habitat essentiel considéré comme « Unité(s) détaillée(s) où se trouve de l’habitat essentiel de repos et d’alimentation » occupe des parcelles discontinues délimitées par la première classe d’habitat dans la vallée. Fait important à noter, l’habitat essentiel où l’espèce à la fois s’alimente et se repose est beaucoup plus rare et épars dans le sud de la vallée de l’Okanagan que dans le nord. Au centre de la vallée, il y a des petites parcelles qui ne sont pas de l’habitat essentiel.

1.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Le calendrier des études qui suit (tableau 1) décrit les activités nécessaires pour achever la désignation de l'habitat essentiel de la chauve-souris blonde. La présente section porte sur les parties de l'habitat essentiel que l'on sait manquantes de la désignation d'après l'information accessible actuellement. Les mesures à prendre pour préciser la désignation de l'habitat essentiel dans le futur (p. ex. préciser les limites et/ou détailler l'utilisation des caractéristiques biophysiques) ne sont pas incluses ici. Les mesures de rétablissement prioritaires visant à combler ce type de lacunes dans les connaissances sont mentionnées dans le tableau de planification du rétablissement du plan de rétablissement provincial adopté.

Tableau 1. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel de la chauve-souris blonde
ActivitéJustificationÉchéance
Collaborer avec les organisations visées pour terminer la désignation de l'habitat essentiel de la chauve-souris blonde présente dans des emplacements près d'Osoyoos et d'Oliver.L'habitat essentiel n'a pas été désigné pour une partie des terres dans ces régions. Cette activité est nécessaire en vue de la désignation d'un habitat essentiel suffisant pour permettre l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition (Partie 2, But et objectifs du rétablissement). 2017-2022
Établir la composition, la quantité et les caractéristiques biophysiques des arbres nécessaires comme gîtes nocturnesLa chauve-souris blonde a besoin d'un habitat de repos de nuit. Cet habitat a été partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement en fonction des crevasses rocheuses désignées comme gîtes diurnes (c.-à-d. la chauve-souris blonde utilisant ces éléments comme gîtes de tous types). Toutefois, la composition spécifique, la quantité et la qualité des arbres (résineux ou à feuilles caduques) nécessaires comme gîtes nocturnes demeurent inconnues. Cette activité est nécessaire pour achever la désignation de l'habitat essentiel.2017-2022
Déterminer les caractéristiques biophysiques de l'habitat de repos situés dans des structures anthropiquesDans d'autres parties de son aire de répartition, la chauve-souris blonde utilise comme gîtes diurnes et/ou comme hibernacles d'anciennes mines, des bâtiments et des ponts. La portée de l'information accessible est inadéquate pour permettre de décrire les caractéristiques précises des éléments anthropiques dont a besoin cette espèce au Canada. Cette activité est nécessaire pour achever la désignation de l'habitat essentiel.2017-2022

1.3 Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'un élément de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le tableau 1 donne des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'espèce; il peut toutefois exister d'autres activités destructrices.

Tableau 2. Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de la chauve-souris blonde. Les numéros de menaces de l'UICN sont fondés sur le système unifié de classification des menaces proposé par l'IUCN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation; (CMP, 2010).
Description de l'activitéDescription de l'effet (sur les caractéristiques biophysiques ou autre) relatif à la perte de fonction de l'habitat essentielDétails de l'effet et relations avec les menaces
Aménagement et/ou utilisation de voies d'escalade de rocher dans l'habitat de repos.

L'aménagement de voies d'escalade de rocher peut entraîner l'enlèvement ou la modification de la surface des rochers et des crevasses; cela peut dégrader ou détruire les caractéristiques qui font de l'endroit un gîte ou un hibernacle convenable pour la chauve-souris blonde (p. ex. modification de l'ouverture ou bris de dalles).

Les grimpeurs peuvent également détruire l'habitat de repos en y introduisant le champignon à l'origine du syndrome du museau blanc (SMB).

Menaces connexes de l'UICN 6.1, 8.1

L'escalade de rocher est une activité récréative de plus en plus pratiquée dans le secteur, et elle pourrait menacer les gîtes diurnes.

L'introduction du SMB pourrait entraîner la destruction permanente ou temporaire de l'habitat de repos. La destruction est particulièrement probable lorsque les grimpeurs ne respectent pas les protocoles de décontamination appropriés décrits dans les pratiques exemplaires de gestion provinciales [en anglais seulement].

Dynamitage, exploitation de carrières ou extraction d'éléments de falaises/rochers dans d'autres contextes (p. ex. pour l'élargissement de routes) dans l'habitat de repos.Le dynamitage d'affleurements rocheux et l'exploitation de carrières risquent fort d'entraîner la perte directe et permanente de gîtes ou d'hibernacles. Le dynamitage, l'exploitation de carrières et l'enlèvement de rochers dans d'autres contextes peuvent aussi entraîner des perturbations acoustiques ou mécaniques locales et rendre ainsi l'habitat inutilisable par la chauve-souris blonde de façon temporaire ou permanente.Menaces connexes de l'UICN 3.2, 4.1
Transformation d'habitat d'alimentation indigène aux fins de développement résidentiel ou commercial, d'agriculture ou de construction de routes et/ou de voies ferrées, ou encore toute autre modification de l'habitat (y compris le passage d'habitat indigène « à utilisation privilégiée » à des types d'habitats anthropiques « à utilisation opportuniste », comme il est mentionné à la section 1.1).Ces activités entraînent la dégradation et/ou la perte directe d'habitat d'alimentation optimal pour la chauve-souris blonde. Une telle transformation entraîne la réduction et/ou l'élimination des proies dont se nourrit l'espèce, et réduit donc la capacité du milieu de la soutenir.

Menaces connexes de l'UICN 1.1, 1.2, 1.3, 2.1, 2.3, 4.1

Ces menaces sont continues, quoique d'importance moindre que par le passé puisque bon nombre de secteurs du genre ont déjà été transformés.

La cause de destruction la plus probable actuellement est la transformation d'habitat indigène en zones résidentielles ou urbaines et/ou agricoles (principalement vergers et vignobles). Toutefois, d'autres menaces (développement commercial, industriel, touristique et/ou récréatif, menaces négligeables lorsque prises en compte individuellement) peuvent avoir des effets cumulatifs importants.

Transformation d'habitat agricole et/ou d'autres types d'habitats anthropiques modifiés existants (p. ex. pâturages de ranchs, vignobles, anciens vergers) en zones résidentielles ou commerciales, ce qui entraîne la perte nette permanente d'habitat d'alimentation opportuniste pour la chauve-souris blonde.Les habitats modifiés ne sont pas aussi optimaux que les habitats indigènes pour l'alimentation, mais ils sont nécessaires pour garantir la disponibilité d'une quantité suffisante de proies à distance de quête de nourriture de l'habitat de repos de la chauve-souris blonde. La transformation sans remplacement d'un habitat équivalent du point de vue fonctionnel à distance de quête de nourriture de l'habitat de repos entraîne la réduction et/ou l'élimination des espèces de proies nécessaires à la survie de l'espèce, et réduit donc la capacité du milieu de la soutenir.

Menaces connexes de l'UICN 1.1, 1.2, 1.3

Voir les commentaires connexes ci-dessus.

2 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d'ici 2022.

3 Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement, et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le plan de rétablissement provincial de la chauve-souris blonde comprend une section décrivant les effets des activités de rétablissement sur les espèces non ciblées (c.-à-d. section 9). Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section du plan de rétablissement provincial à titre d'énoncé sur les effets des activités de rétablissement sur l'environnement et les espèces non ciblées.

4 Références

Baker, M.D., M.J. Lacki, G.A. Falxa, P.L. Droppelman, R.A. Slack et S.A. Slankard. 2008. Habitat use of Pallid Bats in coniferous forests of northern California. Northwest Science, 82(4):269-275.

Bell, G.P. 1982. Behavioral and ecological aspects of gleaning by a desert insectivorous bat, Antrozous pallidus (Chiroptera:Vespertilionidae). Behav. Ecol. Sociobiol.10:217-223.

Brown, P.E., R.D. Berry, K.L. Milner et H. Johnson. 1997. Roosting behavior of pallid bats Antrozous pallidus in the California desert as determined by radio-telemetry. Bat Research News 38:100.

Chapman, K., K. McGuinness et R.M. Brigham. 1994. Status of the Pallid Bat in British Columbia. BC Environment, Victoria, BC Wildlife Working Report No. WR-61. 32 pp.

CMP (Conservation Measures Partnership). 2010. Threats Taxonomy [en anglais seulement].

Lewis, S.E. 1996. Low roost-site fidelity in pallid bats: associated factors and effect on group stability. Behavior, Ecology, Sociobiology 39:335-344.

Meidinger, D. et J. Pojar. 1991. Ecosystems of British Columbia, B.C. Ministry of Forests, Victoria, BC. Special Report No. 6. 330 pp.

Miller, J.C. et W.E. Jensen. 2013. Roost-site characteristics of the pallid bat (Antrozous pallidus) in the Red Hills of Kansas and Oklahoma. Transactions of the Kansas Academy of Science 116:1-2, 1-10

Rambaldini, D.A. et R.M. Brigham. 2004. Habitat use and roost selection by Pallid bats (Antrozous pallidus) in the Okanagan Valley, British Columbia. Final Report prepared for the British Columbia Ministry of Land, Water and Air Protection, Osoyoos (Nk'Mip) Indian Band, World Wildlife Fund, Canadian Wildlife Service, Habitat Conservation Trust Fund, The Nature Trust of British Columbia, and Public Conservation Trust Fund. 65 p.

Rambaldini, D.A. 2006. Behavioural ecology of Pallid bats (Chiroptera: Antrozous pallidus) in British Columbia. Unpublished report prepared for Osoyoos (Nk'Mip) Indian Band (Oliver), BC Ministry of Environment (Penticton), and Canadian Wildlife Service (Delta). 82 p.

Schorr, R.A. et J.L. Siemers. 2013. Characteristics of Roosts of Male Pallid Bats (Antrozous pallidus) In Southeastern Colorado. The Southwestern Naturalist, 58(4):470-474.

Sinnerman, C. 1982. Cliff Evaluation in the South Okanagan. University of Victoria, Department of Geography, Co-op Work Term Report, available on EcoCat, the Ecological Reports Catalogue, BC Provincial Government. 38 pp. . Consulté le 27 août 2014.

Warman, L., S. Robertson, A. Haney et M. Sarell. 1998. Habitat capability and suitability models for 34 wildlife species, using Terrestrial Ecosystem Mapping (1:20,000) in the South Okanagan and Lower Similkameen study area and Forest Cover Mapping (1:20,000) in the Penticton Forest District. Wildlife Branch, BC Ministry of Lands and Parks. Site Web : http://a100.gov.bc.ca/pub/acat/public/welcome.do. Consulté le 27 août 2014.

Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Ces zones protégées par le gouvernement fédéral sont les suivantes : un parc national du Canada dénommé et décrit à l'annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, un refuge d'oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Voir le paragraphe 58(2) de la LEP.

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Note 2 de bas de page

L'habitat essentiel est désigné d'après toutes les mentions d'occurrence vérifiées dont disposait Environnement et Changement climatique Canada en date de 2016. Des mentions potentielles dans deux sites (nord du lac Skaha et vallée du cours inférieur de la rivière Similkameen) n'ont pas encore été vérifiées et ont donc été exclues de la désignation de l'habitat essentiel.

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Note 3 de bas de page

Le modèle de Warman et al. (1998) désigne comme habitat de repos les crevasses rocheuses horizontales dans les falaises abruptes, les parois de canyons, les affleurements rocheux et les talus d'éboulis dans les sous-zones biogéoclimatiques PPxh1 ou BGxh1. Le modèle applique un système de classement en quatre catégories. L'habitat de repos à caractère convenable élevé ou modéré pour la chauve-souris blonde est utilisé dans la désignation de l'habitat essentiel s'il se trouve à distance de quête de nourriture (4,5 km) de mentions d'occurrence.

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Note 4 de bas de page

La couche des falaises de l'Okanagan (Sinnerman, 1982) est un produit réalisé d'après l'évaluation de 91 falaises de l'Okanagan Sud-Similkameen pour 15 espèces sauvages prioritaires, y compris la chauve-souris blonde (catégorisée, dans ce modèle, comme une « chauve-souris de grande taille »). Huit catégories de caractéristiques jouent un rôle dans l'évaluation des falaises : type de falaise, type de substratum rocheux, quantité de fractures, angle des fractures, quantité de corniches, quantité de saillies, quantité de talus d'éboulis et type de talus. Tout habitat de repos à caractère convenable élevé ou modéré pour la chauve-souris blonde est utilisé dans la désignation de l'habitat essentiel s'il se trouve à distance de quête de nourriture (4,5 km) de mentions d'occurrence.

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Note 5 de bas de page

Les renseignements connus (provenant de la Colombie-Britannique et des États-Unis) montrent une distance de quête de nourriture variant de 1,5 à 11 km (Chapman et al., 1994; Lewis, 1996; Brown et al., 1997; Rambaldini, 2006; Baker et al., 2008). D'après les conclusions de Rambaldini (2006), sept mâles conspécifiques occupant la même aire de repos ont tous cherché leur nourriture dans un rayon de 1,5 km de leur gîte diurne dans l'Okanagan. Les recherches de Chapman et al. (1994) montrent un déplacement nocturne maximal de 4,3 km du gîte diurne vers des aires d'alimentation du sud de l'Okanagan. Aux États-Unis, des chercheurs ont estimé des déplacements de 3 km (Bell, 1982), 4 km (Lewis, 1996) et 6,7 km (Baker et al., 2008). Dans la même étude, Baker et al. (2008) ont conclu que six femelles en lactation occupant six gîtes différents se sont déplacées à une distance de quête de nourriture maximale moyenne de 4,52 km. On a donc pris en compte une distance de 4,5 km, ce qui semble représenter la majorité des meilleures données disponibles pour la quête de nourriture de la chauve-souris blonde.

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Note 6 de bas de page

Des experts de la chauve-souris blonde ont récemment confirmé que l'espèce utilisait des hibernacles situés au Canada (C.Lausen et C.Corben), sur la base de cris enregistrés les 3 et 5 décembre 2015.

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