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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le spatulaire (Polyodon spathula) au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Au Canada, l’espèce a été désignée « disparue du pays » par le COSEPAC en 1987 et ce statut a été confirmé en mai 2000, étant donné qu’aucun individu n’a été observé depuis 1917. Bien qu’aucun relevé ciblé n’ait été effectué, il y a eu de nombreuses activités d’échantillonnage dans les Grands Lacs dans le cadre des dénombrements de routine du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), et la pêche commerciale a fait l’objet de surveillance. Un poisson possédant de telles caractéristiques uniques auraient difficilement pu passer inaperçu lors des dénombrements de routine ou s’il avait été capturé par un pêcheur à la ligne.

Très peu d’individus ont été prélevés au Canada; il est donc difficile d’établir si ces derniers faisaient partie d’une population autrefois plus nombreuse ou s’il s’agissait de poissons errants ayant pénétré dans les Grands Lacs (Reid et al., 2007). Cependant, plusieurs auteurs (Hubbs et Lager, 1958; Eddy et Underhill, 1974; Burr, 1980; Trautman, 1981; Cooper, 1983; Hubbs et al., 2004) présument que ces poissons ont fait partie de la faune du bassin des Grands Lacs, même si leur présence n’a été confirmée avec certitude que dans le lac Érié (Trautman, 1981). D’autres auteurs (Greene, 1935, cité dans Becker, 1983; Cavender, 1987; Hubbs et al., 2004) soutiennent que leur présence dans les Grands Lacs (du moins les Grands Lacs inférieurs) découlait du déplacement de l’espèce par les canaux construits à la fin des années 1800 pour relier le lac Érié à la rivière Ohio, de même que le fleuve Mississippi au lac Michigan. Trautman (1957) favorise la théorie d’une invasion précolombienne, dont une faible population relique aurait persisté dans le lac Érié, étant donné que la présence de l’espèce à cet endroit semble précéder la construction du canal. Cependant, Cavender (1987) propose que l’absence de fossiles de spatulaires dans le nord de l’Ohio témoigne soit de sa rareté dans le lac Érié, soit de son introduction postérieure à la colonisation européenne.

L’espèce demeure répandue aux États-Unis (malgré que sa répartition actuelle soit plus petite que sa répartition historique) dans le réseau du Mississippi et dans le versant du golfe du Mexique (figure 2), mais depuis le début des années 1900, elle a disparu de toutes les régions en périphérie, notamment en Ontario, au Michigan, en Pennsylvanie, dans l’État de New York, au Maryland et en Caroline du Nord (NatureServe, 2007). Plus récemment, le spatulaire a présenté un déclin dans la plus grande partie de son aire de répartition et des populations ont disparu dans d’autres régions en périphérie, soit le Texas, la Louisiane, le Tennessee, le Wisconsin, la Virginie et la Virginie-Occidentale (NatureServe, 2007). Parmi les 22 États comptant des populations, l’espèce n’est actuellement désignée non en péril (secure) que dans le Kentucky et le Dakota du Sud (NatureServe, 2007).

Le spatulaire a un potentiel d’aquaculture reconnu (Perschbacher, s.o.), et de nombreux États ont mis sur pied des programmes d’ensemencement pour augmenter les stocks actuels ou ont entrepris des programmes de rétablissement (Pflieger, 1997; NatureServe, 2007).