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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le spatulaire (Polyodon spathula) au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Spatulaire
Polyodon spathula
au Canada

Spatulaire

Disparue du pays 2008

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le spatulaire (Polyodon spathula) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 22 p.

Rapports précédents

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le spatulaire (Polyodon spathula) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 9 p.

Parker, B. 1987. COSEWIC status report on the paddlefish Polyodon spathula in Canada, Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada, Ottawa, p. 1-9.

Note de production 

Le COSEPAC remercie Robert Campbell et les membres du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce pour la mise à jour du rapport de 1987 sur le spatulaire (Polyodon spathula) (Parker, 1987).

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Paddlefish (Polyodon spathula) in Canada.

Photo de la couverture

Spatulaire – Photo de Susan Laurie Bourque, reproduite avec la permission du Musée canadien de la nature, Ottawa, Canada.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.
de catalogue CW69-14/101-2008F-PDF
ISBN 978-0-662-04148-1

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun : Spatulaire

Nom scientifique : Polyodon spathula

Statut : Disparue du pays

Justification de la désignation : Ce poisson, trouvé autrefois dans les Grands Lacs, ne semble jamais avoir été commun dans la partie canadienne de son aire de répartition. La dernière observation de l’espèce dans les eaux canadiennes remonte à 1917 malgré un échantillonnage étendu et le fait qu’un poisson aussi distinctif aurait été facilement reconnaissable.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce disparue du Canada vers 1917. Espèce désignée « disparue du pays » en avril 1987. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en avril 2008. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation.

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Résumé

Spatulaire
Polyodon spathula

Information sur l’espèce

Le spatulaire (Polyodon spathula) est une espèce primitive et, tout comme son proche parent, l’esturgeon, il est pêché pour ses œufs qui sont transformés en caviar. C’est un poisson massif et robuste pourvu d’un long museau en forme de spatule et d’une large bouche édentée. Sa peau est lisse et sans écaille.

Répartition

L'aire de répartition actuelle du spatulaire est le réseau hydrographique du Mississippi qui s'étend du Montana jusqu'à la Louisiane, et quelques petites rivières qui s'écoulent dans le golfe du Mexique. Au Canada, la présence du spatulaire a été signalée pour la dernière fois il y a environ 90 ans, époque où il était parfois aperçu dans les lacs Huron, Supérieur et Érié.

Habitat

Il y a peu de renseignements, sinon aucun, sur les préférences en matière d’habitat du spatulaire au Canada. Les individus canadiens prélevés au tournant du XXe siècle provenaient de zones côtières intérieures ou d’affluents de taille moyenne des Grands Lacs.

Biologie

Il n’y a aucune donnée sur la biologie générale des populations de spatulaires qui vivaient dans les Grands Lacs; les données existantes proviennent des populations du réseau hydrographique du Mississippi. Le spatulaire a une espérance de vie d’au plus 50 ans et peut mesurer jusqu’à 2 m et peser plus de 80 kg. Le mâle atteint la maturité sexuelle entre l’âge de 7 et 10 ans; la femelle, entre l’âge de 14 et 17 ans. La femelle fraie tous les 2 à 7 ans. Le spatulaire migre sur de longues distances, préférant les réservoirs ou les lacs pendant l’hiver et les grandes rivières pendant la période du frai.

Taille et tendances des populations

Au Canada, la présence reconnue du spatulaire repose sur des individus récoltés dans le lac Huron, près de Sarnia, dans la rivière Spanish, un affluent de la baie Georgienne, et dans le lac Helen, près de la rivière Nipigon. L’espèce a également été présente dans le lac Érié d’après des individus prélevés dans la partie américaine de ses eaux. Au début du XXe siècle, l’aire de répartition périphérique du spatulaire a commencé à diminuer et la population relique des Grands Lacs a disparu. Aucun individu n’a été récolté dans les eaux canadiennes depuis plus de 90 ans.

Facteurs limitatifs et menaces

Cinq principaux facteurs limitatifs influent sur les populations de spatulaires : la dégradation ou la destruction des zones utilisées pour le frai, la construction de barrages qui limitent les déplacements de l’espèce, une réduction du niveau de l’eau dans les cours d’eau, la pollution industrielle et, étant donné que ce poisson atteint la maturité sexuelle à un âge avancé, la surpêche, qui peut rapidement réduire une population.

Importance de l’espèce

Dans les endroits où le spatulaire existe encore, il est reconnu comme étant une espèce pêchée à des fins récréatives et commerciales (principalement pour le caviar). Le public et les scientifiques accordent un grand intérêt à cette espèce étant donné qu’elle représente un des groupes de poissons les plus primitifs en Amérique du Nord; le milieu scientifique s’y intéresse à des fins d’études génétiques et évolutionnaires.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le spatulaire a été désigné « espèce disparue du pays » par le COSEPAC en avril 1987 et ce statut a été confirmé en mai 2000. Il est actuellement inscrit à la liste des espèces disparues du pays de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral [Environnement Canada, 2007]. En plus d’offrir une protection légale à l’espèce et à son habitat, la LEP exige la mise en œuvre d’initiatives de rétablissement.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Règne :

Animaux

Embranchement :

Cordés

Classe :

Actinoptérygiens

Ordre :

Acipensériformes

Famille :

Spatules

Espèce :

Polyodon spathula (Walbaum, 1792)

Nom commun

anglais :

paddlefish (Nelson, et al., 2004)

français :

spatulaire (Coad, 1995)

autres noms communs anglais :

spoonbill, spoonie, spoonbill cat, duckbill cat

L’ordre des Acipensériformes comprend deux familles existantes et une famille fossile de poissons primitifs. La famille disparue des Chondrostéens n’est connue que par le truchement de fossiles datant du Jurassique inférieur au Crétacé inférieur (Scott et Crossman, 1973). La famille des Esturgeons (Acipenséridés) compte 23 espèces classées en 4 genres de poissons d’eau douce et anadromes de l’hémisphère nord (Scott et Crossman, 1998). Cinq des seize espèces du genre Acipenser (qui datent de la période du Crétacé supérieur) sont présentes dans les eaux canadiennes : l’esturgeon blanc (A. transmontanus), l’esturgeon noir (A. oxyrhynchus), l’esturgeon vert (A. medirostris), l’esturgeon jaune (A. fulvescens) et l’esturgeon à museau court (A. brevirostrum). La famille des Spatules (Polyodontidae) compte 2 genres monotypiques existants : le spatulaire indigène de l’Amérique du Nord, le Polyodon spathula, et le spatulaire indigène de la Chine, le Psephurus gladius (Dillard et al., 1986). Le spatulaire est l’un des poissons connus les plus primitifs, ayant été signalé pour la première fois il y a environ 300 à 400 millions d’années. Au moins un genre fossile (Crossophilis) provient du shiste de la Formation de Green River de l’Éocène, au Wyoming.

Description morphologique 

Le spatulaire est un Chondrostéen primitif (poisson pourvu d’une corde dorsale qui ne disparaît pas et d’un squelette largement cartilagineux), un poisson à nageoires à rayons qui se distingue par une large bouche et un museau (un rostre) allongé et aplati en forme de spatule (d’où son nom commun), qui peut représenter jusqu’à la moitié de la longueur du corps. Son squelette est principalement composé de cartilage et sa peau est pourvue de quelques écailles rhomboïdales sur la nageoire caudale déviée vers le haut (de type hétérocerque), dont le lobe dorsal est plus développé que le lobe ventral (figure 1). Il possède également un long volet operculaire pointu qui atteint presque la nageoire pelvienne. Le mâle se distingue de la femelle par la papille urogénitale protubérante (Trautman, 1981; Becker, 1983; Scarnecchia et Schmitz, 2003).

Figure 1. Spatulaire (Polyodon spathula). Image adaptée tirée d’Environnement Canada (2007).

Figure 1. Spatulaire (Polyodon spathula). Image adaptée tirée d’Environnement Canada (2007).

La couleur uniforme du spatulaire varie du bleu-gris foncé au noir sur le dos et les flancs et est plus pâle sur le ventre. En moyenne, il mesure entre 0,5 et 1,2 m et pèse entre 0,9 et 9 kg. Ce poisson peut toutefois atteindre jusqu’à 2 m de longueur et peser plus de 80 kg (Becker, 1983; Trautman, 1981; Dillard et al., 1986; Parker, 1988).

Description génétique 

La structure génétique des populations de spatulaires au Canada est inconnue. Aux États-Unis, trois souches génétiques sont actuellement reconnues : le bassin supérieur de la rivière Missouri, au Montana et au Dakota du Nord, les bassins de la rivière Missouri et du fleuve Mississippi, dans le centre sud et le centre des États-Unis, et le réseau hydrographique de l’Alabama (NatureServe, 2007). Cependant, un faible niveau de variabilité génétique est présent parmi les populations et la possibilité de polytypisme est probablement faible étant donné que les populations dans les différents réseaux hydrographiques n’ont été isolées que plus ou moins récemment (Carlson, et al., 1982; Starnes, 1995).

Unités désignables 

Tous les individus canadiens ont été prélevés dans la zone biogéographique des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent de la classification des zones biogéographiques d’eau douce adoptée par le COSEPAC. Aucune preuve n’appuie la reconnaissance d’unités désignables inférieures à l’espèce.

Admissibilité 

Le spatulaire est reconnu comme étant une espèce indigène de l’Amérique du Nord (Nelson, et al., 2004) et du Canada. Il semble déjà avoir été plus largement répandu (Hubbs et Lager, 1958; Eddy et Underhill, 1974; Burr, 1980; Trautman, 1981; Cooper, 1983; Hubbs, et al., 2004), mais n’a jamais été commun dans les Grands Lacs. Le Canada n’a jamais constitué une partie importante de sa répartition. L’espèce a disparu du bassin des Grands Lacs et de certains États en périphérie, comme le Maryland, le Michigan, l’État de New York, la Caroline du Nord et la Pennsylvanie (Graham, 1997), qui n’ont probablement jamais représenté une partie importante de son aire de répartition (Cooper, 1983).

Très peu d’individus ont déjà été recueillis au Canada, le dernier l’ayant été en 1917. Il est donc difficile d’établir si ces individus faisaient partie d’une population autrefois plus nombreuse (Reid, et al., 2007). Les connaissances traditionnelles autochtones pourraient se révéler utiles pour répondre à la question, puisque ce poisson unique ne serait pas passé inaperçu. Cependant, ce type de renseignements n’était pas accessible au moment de la rédaction.

Le fardeau ne consiste pas à prouver que le spatulaire est une espèce indigène des eaux canadiennes, mais plutôt qu’il ne l’est pas. En ce moment, étant donné qu’il n’y a aucune preuve solide du contraire, personne ne peut, sans nier le principe de précaution, affirmer de façon absolue que l’espèce n’est pas indigène des eaux canadiennes.

L’enjeu a bien été résumé par Becker (1983) qui considérait l’espèce indigène de la faune des Grands Lacs, mais découverte au moment où elle disparaissait naturellement.

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Répartition

Aire de répartition mondiale 

Le spatulaire habite dans les eaux lentes de la vallée du Mississippi, dans les bassins hydrographiques adjacents du golfe du Mexique et dans les réseaux hydrographiques du Missouri et de l’Ohio (figure 2) (Burr, 1980; Parker, 1987, 1988), et il a autrefois été observé dans les Grands Lacs (Halkett, 1913; Trautman, 1957). L’espèce n’a jamais été commune dans les Grands Lacs; sa présence n’a été confirmée avec certitude que dans le lac Érié, où au moins deux observations bien authentifiées ont été recensées, les deux datant d’avant 1910 (Van Meter et Trautman, 1970).

Figure 2. Répartition mondiale du spatulaire. Figure modifiée tirée de Parker (1988).
●ancienne répartition canadienne
aire de répartition américaine actuelle.

Figure 2. Répartition mondiale du spatulaire. Figure modifiée tirée de Parker (1988).

Aire de répartition canadienne 

La présence de cette espèce dans les eaux canadiennes (figure 2) repose sur des individus prélevés dans le lac Huron, près de Sarnia (2 individus), dans la rivière Spanish, un affluent de la baie Georgienne (1 individu), et dans le lac Helen, en marge de la rivière Nipigon (Halkett, 1913). Le spatulaire a également été signalé dans le bassin hydrographique du lac Supérieur (1 individu) à la fin des années 1800 et au début des années 1900 (Halkett, 1913). La dernière observation canadienne remonte à 1917 (Parker, 1988; Reid et al., 2007). Les observations du lac Érié (Trautman, 1957) proviennent des eaux américaines du lac. Leur authentification est donc problématique et certains remettent en question leur validité (Parker, 1988).

L’espèce n’a pas été observée dans les eaux canadiennes au cours des 90 dernières années et est présumée disparue du pays. En ce moment, il est impossible de connaître sa zone d’occurrence réelle au Canada, mais elle aurait sans doute été supérieure à 100 000 km² [estimée d’après un polygone tracé au meilleur des connaissances existantes (voir COSEPAC, 2007) appliquées à l’aire de répartition historique connue], ce qui représente environ 3 p. 100 de l’aire de répartition mondiale. Étant donné le manque de données sur sa répartition actuelle et ses préférences en matière d’habitat, il est impossible d’établir la zone d’occupation, mais elle aurait probablement été inférieure à 100 000 km².

Le Canada n’a jamais représenté une partie importante de la répartition du spatulaire. Aux États-Unis, l’espèce est disparue du Maryland, du Michigan, de l’État de New York, de la Caroline du Nord, de la Pennsylvanie (Graham, 1997) et du bassin des Grands Lacs, toutes des zones vraiment en périphérie de son aire de répartition qui n’ont probablement jamais constitué une partie importante de celle-ci (Cooper, 1983). Le spatulaire est également considéré « en péril » (imperiled) ou « gravement en péril » (critically imperiled) dans d’autres États en périphérie, comme le Montana, le Minnesota et l’Ohio (NatureServe, 2007).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Il y a peu de renseignements, sinon aucun, sur les préférences en matière d’habitat du spatulaire au Canada. Les individus canadiens prélevés au tournant du XXe siècle provenaient de zones côtières ou d’affluents de moyenne envergure des Grands Lacs (Halkett, 1913; Parker, 1988).

Aux États-Unis, le spatulaire a été observé dans les vastes eaux lentes du fleuve Mississippi, de la rivière Missouri et de la rivière Ohio (Pflieger, 1975; Becker, 1983; Rosen et al., 1982; Parker, 1988; Etnier et Starnes, 1993; NatureServe, 2007). Dans ces cours d’eau, les habitats privilégiés par l’espèce varient en fonction des saisons et sont directement liés aux disponibilités alimentaires (c’est un poisson filtreur d’invertébrés) et aux débits (Southall et Hubert, 1984). Au cours de la période printanière de frai, les spatulaires se rassemblent sous les barrages et dans les eaux d’aval. Le frai dans la rivière Missouri a lieu sur des lits de gravier dans des eaux rapides et peu profondes (Stancil et al., 2002). Pendant d’autres périodes de l’année, le spatulaire utilise des habitats voisins du rivage d’importants cours d’eau, des zones de retenue et des zones où le courant est faible et la profondeur de l’eau dépasse 1,5 m (Rosen et al., 1982; Burkhead et Jenkins, 1991). Ces faibles vitesses d’écoulement de l’eau varient entre 0 et 30 cm/s (Southall et Hubert, 1984; Moen et al., 1992; Jennings et Zigler, 2000). À la fin de l’automne, il peut se déplacer dans des zones où l’eau est plus profonde (plus de 3 m) pour passer l’hiver (Rosen et al., 1982; Crance, 1987). Il a été établi que les spatulaires se rassemblent dans de petites zones en aval de structures comme des barres de sable, des baies protégées, des appuis de pont et des remous en aval de barrages. En l’absence de telles structures, le spatulaire cherche refuge contre la force du courant dans des habitats voisins du rivage où la vitesse du courant est faible (Southall et Hubert, 1984; Moen, et al., 1992; Jennings et Zigler, 2000).

Il est possible d’élever le spatulaire dans de grandes zones de retenue, mais ce dernier doit avoir accès à des rivières ou des fleuves de grande envergure pour assurer le succès de la reproduction (Russell et al., 1980; Russell, 1983). Les besoins en matière de reproduction sont notamment une température de l’eau de 16 ºC, un lit de gravier propre pour l’adhésion des œufs et une augmentation du débit de l’eau pour déclencher le frai (Russell, 1983).

Tendances

Les tendances liées à la qualité de l’habitat dans les Grands Lacs sont semblables à celles touchant l’esturgeon jaune (voir Dick et al., 2006). Un grand nombre des structures qui peuvent avoir limité la montaison au début du XXe siècle sont encore en place ou ont été remplacées par d’autres structures limitant aussi la migration. Le taux de changement de l’habitat est inconnu. La modification propre à un emplacement des voies de migration peut être bénéfique aux populations américaines, mais n’aurait aucune incidence sur le statut de l’espèce au Canada. Aux États-Unis, les obstacles à la migration et la perte d’habitat propice au frai ont été désignés comme des causes de la fragmentation de l’aire de répartition.

Les répercussions de la perte d’habitat sur les populations de spatulaires sont mal documentées; on considère que la perte d’habitat a joué un rôle beaucoup moins important que la surpêche dans le déclin de la population de l’espèce. D’ailleurs, bon nombre des populations avaient déjà été réduites au statut de vestige avant l’arrivée des grandes perturbations environnementales qui ont touché l’habitat du spatulaire.

La perte d’habitat et la modification des cours d’eau constituent les changements les plus évidents qui influent sur la répartition et l’abondance du spatulaire. La construction et le fonctionnement des barrages sur des cours d’eau importants ont eu de graves répercussions. Les barrages ont détruit des lieux traditionnels de frai (le spatulaire peut habiter dans des réservoirs, mais a besoin de cours d’eau pour le frai), bloqué des voies naturelles de migration de frai, modifié des régimes d’écoulement des eaux, asséché des cours d’eau et éliminé des zones de retenue qui étaient importantes comme aires de croissance et d’alimentation (voir Graham, 1997; Pflieger, 1997). Ils ont freiné les déplacements sur de longues distances qui peuvent être nécessaires au maintien des populations (Dillard et al., 1986). Il est probable que ces changements structurels dans les grands réseaux hydrographiques aient touché de façon négative la plupart de l’habitat initial de l’espèce (Sparrowe, 1986).

Protection et propriété

L’habitat du spatulaire pourrait bénéficier de la protection conférée par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, la Loi sur les pêches fédérale, la Loi sur les ressources en eau du Canada, la Loi sur la protection de l’environnement de l’Ontario, la Loi sur les évaluations environnementales de l’Ontario, la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario, la Loi sur l'aménagement des lacs et des rivières de l'Ontario et la Loi sur les ressources en eau de l’Ontario. Bien que la protection directe particulière de ces lois ne soit pas offerte, l’espèce est protégée par le truchement de la protection des terres humides et des habitats. La plupart des terres adjacentes aux aires d’occurrence connues sont des propriétés privées.

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Biologie

Biologie générale

La biologie du spatulaire n’est pas connue au Canada; toutes les données disponibles viennent des populations des États-Unis.

Reproduction

Peu de renseignements sont détenus au sujet du cycle vital de ce poisson, mais le frai aurait lieu durant les mois d’avril et de mai lorsque les températures de l’eau oscillent entre 10 et 17 ºC (Purkett, 1961; Wallus, 1986; Lein et DeVries, 1998). Les poissons adultes remontent les cours d’eau et se rassemblent à proximité des zones de frai, dans des eaux plus profondes (Purkett, 1961; Pasch et al., 1980). Le déplacement vers les zones de frai est déclenché par l’augmentation des vitesses du courant de l’eau, les vitesses optimales variant entre 60 et 140 cm/s (Crance, 1987). Le frai lui-même semble être déclenché par le débit d’eau accru (Purkett, 1961; Pasch et al., 1980; Jennings et Zigler, 2000).

Le spatulaire fraie sur des lits de gravier, des roches ou des enrochements à des profondeurs allant de 2 à 12 m (les profondeurs optimales varient entre 3 et 6 m), dans des zones où le courant est assez fort pour empêcher les œufs de manquer d’oxygène et d’être recouverts de vase (Pasch et al., 1980; Wallus, 1986; Crance, 1987). Les œufs sont collants et adhèrent au substrat (Purkett, 1961), et prennent de 7 à 9 jours pour éclore. Les femelles pesant de 9 à 36 kg peuvent pondre entre 70 et 300 000 œufs (Dillard et al., 1986), bien que des femelles plus grosses puissent en pondre plus de 500 000. 

Croissance

Les larves (jeunes poissons nouvellement éclos) ont une apparence très différente ce celle des adultes et effectuent un va-et-vient incessant entre le fond et la surface, apparemment pour tirer profit des courants qui les transportent des zones de frai où l’eau s’écoule rapidement vers des habitats de croissance. Des vitesses d’écoulement de l’eau de 30 à 122 cm/s semblent nécessaires à ce transport (Wallus, 1986). Dans les aires de croissance, les courants sont beaucoup plus faibles, ce qui permet aux larves de s’alimenter sans dépenses d’importantes quantités d’énergie (Crance, 1987). Les taux de croissance entre les populations varient (Bonislawsky, 1977; Pasch et al., 1980; Combs, 1982), mais la croissance est rapide; à un mois, les jeunes commencent à ressembler aux adultes et à 18 mois, les individus peuvent peser en moyenne de 2 à 3 kg. Dans des conditions idéales, les jeunes peuvent prendre jusqu’à 4,5 kg par année en poids corporel (Dillard et al., 1986). Les populations des eaux stagnantes (réservoirs) ont une croissance plus rapide à l’âge 0 que celles des eaux courantes, mais les taux de croissance de 2 à 10 ans sont semblables, ce qui laisse croire que les différences initiales de croissance entraînent la divergence entre les populations des eaux stagnantes et courantes. Ces deux types de populations ont la même espérance de vie.

La longueur moyenne totale des adultes de diverses populations dans les États du Midwest varie de 70 à 150 cm (Carlander, 1969). Le mâle semble croître plus lentement que la femelle et pèse généralement la moitié ou les deux tiers du poids de la femelle (Dillard et al., 1986). La maturité sexuelle est présumée atteinte vers l’âge de 7 à 10 ans pour le mâle et possiblement de 14 à 17 ans pour la femelle (Parker, 1988; Scarnecchia et Schmitz, 2003; NatureServe, 2007). Au Missouri, la maturité est atteinte à des longueurs d’environ 140 cm (longueur totale) pour la femelle et de 127 cm (longueur totale) pour le mâle (Carlson et Bonislowsky, 1981). Il semble que le mâle puisse se reproduire chaque année, mais que la femelle aurait besoin de 2 à 7 ans pour développer des ovules matures avant de se reproduire à nouveau (Parker, 1988; Jennings et Zigler, 2000).

Survie

Il y a peu de renseignements, sinon aucun, sur les taux de mortalité naturelle, mais l’espèce est très vulnérable à l’exploitation, tout comme le sont la plupart des Acipensériformes. Certaines espèces piscivores, comme le doré jaune (Sander vitreus) et le doré noir (Sander canadensis), peuvent constituer des prédateurs importants des jeunes spatulaires (Mero et al., 1994). L’espérance de vie moyenne semble être d’environ 15 ans (Burkhead et Jenkins, 1991), mais certains individus peuvent vivre jusqu’à 50 ans, ou même plus longtemps (Scarnecchia et Schmitz, 2003). La plupart des gros poissons (de 18 à 40 kg) capturés dans le Midwest sont des femelles âgées de 15 à 50 ans (la moyenne est d’environ 26 ans), alors que la plupart des plus petits poissons (de 4,5 à 18 kg) sont des mâles âgés de 9 à 50 ans, dont la moyenne est d’environ 16 ans (Scarnecchiea et Schmitz, 2003).

Alimentation

À tous les stades de son développement, le spatulaire est surtout invertivore, se nourrissant principalement de zooplancton, de petits invertébrés et de larves d’insectes, à l’aide de ses longues branchiospines qui filtrent la nourriture contenue dans l’eau (Dillard et al., 1986). Il peut également se nourrir de petits poissons (Jennings et Zigler, 2000), d’algues et de plantes aquatiques (Becker, 1983).

Dispersion et déplacements

Le spatulaire se déplace des aires d’hivernage dans les eaux plus profondes de vastes rivières, fleuves ou réservoirs aux zones de frai au printemps (voir « Habitat »). Il semble être très mobile, surtout pendant la migration printanière (voir Parker, 1988), et se déplace parfois sur de longues distances. Par exemple, un poisson marqué au Missouri a parcouru plus de 1 900 km en aval de la rivière Missouri jusqu’au fleuve Mississippi (Unkenholz, 1983), bien que les montaisons de 80 à 270 km soient plus communes (NatureServe, 2007). Au Missouri, le domaine vital maximal pendant une année a été de 92 km (Moen et al., 1992).

Relations interspécifiques

Les jeunes et les poissons plus petits peuvent être la proie de poissons piscivores, mais la prédation de poissons plus gros n’a pas été signalée (Mero et al., 1994).

Comportement et adaptabilité

La migration vers les zones de frai et le déclenchement du frai dépendent de l’absence d’obstacles sur les routes de migration et de la présence d’eaux affichant des températures et des débits précis. Les changements d’origine anthropique apportés à l’habitat des populations peuvent donc exercer une influence négative sur ces populations. Toutefois, le spatulaire peut s’adapter dans une certaine mesure. Il s’est avéré qu’il se déplace par les vannes de décharge et les déversoirs des réservoirs vers les zones en dessous des déversoirs (Pitman et Parks, 1994) et il peut passer par les vannes ouvertes des barrages (Southall et Hubert, 1984).Il peut également choisir activement des constructions artificielles, telles que des îlots, des revêtements, des écluses et les eaux d’aval des barrages, comme lieux de rassemblement (Parker, 1988). Le spatulaire peut être élevé avec succès et la production d’élevage aux États-Unis compte maintenant plusieurs populations de spatulaires (Parker, 1988; NatureServe, 2007).

L’amélioration de la qualité de l’eau dans les cours d’eau profonds de l’Ohio a également été associée à une augmentation de l’abondance et de la répartition du spatulaire (Yoder et al., 2005).

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Taille et tendances des populations

Au Canada, l’espèce a été désignée « disparue du pays » par le COSEPAC en 1987 et ce statut a été confirmé en mai 2000, étant donné qu’aucun individu n’a été observé depuis 1917. Bien qu’aucun relevé ciblé n’ait été effectué, il y a eu de nombreuses activités d’échantillonnage dans les Grands Lacs dans le cadre des dénombrements de routine du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), et la pêche commerciale a fait l’objet de surveillance. Un poisson possédant de telles caractéristiques uniques auraient difficilement pu passer inaperçu lors des dénombrements de routine ou s’il avait été capturé par un pêcheur à la ligne.

Très peu d’individus ont été prélevés au Canada; il est donc difficile d’établir si ces derniers faisaient partie d’une population autrefois plus nombreuse ou s’il s’agissait de poissons errants ayant pénétré dans les Grands Lacs (Reid et al., 2007). Cependant, plusieurs auteurs (Hubbs et Lager, 1958; Eddy et Underhill, 1974; Burr, 1980; Trautman, 1981; Cooper, 1983; Hubbs et al., 2004) présument que ces poissons ont fait partie de la faune du bassin des Grands Lacs, même si leur présence n’a été confirmée avec certitude que dans le lac Érié (Trautman, 1981). D’autres auteurs (Greene, 1935, cité dans Becker, 1983; Cavender, 1987; Hubbs et al., 2004) soutiennent que leur présence dans les Grands Lacs (du moins les Grands Lacs inférieurs) découlait du déplacement de l’espèce par les canaux construits à la fin des années 1800 pour relier le lac Érié à la rivière Ohio, de même que le fleuve Mississippi au lac Michigan. Trautman (1957) favorise la théorie d’une invasion précolombienne, dont une faible population relique aurait persisté dans le lac Érié, étant donné que la présence de l’espèce à cet endroit semble précéder la construction du canal. Cependant, Cavender (1987) propose que l’absence de fossiles de spatulaires dans le nord de l’Ohio témoigne soit de sa rareté dans le lac Érié, soit de son introduction postérieure à la colonisation européenne.

L’espèce demeure répandue aux États-Unis (malgré que sa répartition actuelle soit plus petite que sa répartition historique) dans le réseau du Mississippi et dans le versant du golfe du Mexique (figure 2), mais depuis le début des années 1900, elle a disparu de toutes les régions en périphérie, notamment en Ontario, au Michigan, en Pennsylvanie, dans l’État de New York, au Maryland et en Caroline du Nord (NatureServe, 2007). Plus récemment, le spatulaire a présenté un déclin dans la plus grande partie de son aire de répartition et des populations ont disparu dans d’autres régions en périphérie, soit le Texas, la Louisiane, le Tennessee, le Wisconsin, la Virginie et la Virginie-Occidentale (NatureServe, 2007). Parmi les 22 États comptant des populations, l’espèce n’est actuellement désignée non en péril (secure) que dans le Kentucky et le Dakota du Sud (NatureServe, 2007).

Le spatulaire a un potentiel d’aquaculture reconnu (Perschbacher, s.o.), et de nombreux États ont mis sur pied des programmes d’ensemencement pour augmenter les stocks actuels ou ont entrepris des programmes de rétablissement (Pflieger, 1997; NatureServe, 2007).

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Facteurs limitatifs et menaces

La cause de la disparition du spatulaire au Canada, ou dans les Grands Lacs, est inconnue. Trautman (1981) avance que sa disparition du lac Érié pourrait avoir été causée par la construction de barrages sur des affluents, lesquels auraient limité la montaison des poissons, ou par la destruction de l’habitat de frai.

Aux États-Unis, la dégradation et la destruction de l’habitat constituent les changements les plus évidents qui auraient pu influer sur la répartition et l’abondance du spatulaire (Dillard et al., 1986). Les pratiques d’utilisation de l’eau et la construction et le fonctionnement des barrages et des zones de retenueont détruit des lieux traditionnels de frai (le spatulaire peut vivre dans des réservoirs, mais a besoin de cours d’eau pour le frai), bloqué des voies de migration, modifié des régimes d’écoulement de l’eau, asséché des cours d’eau et éliminé des aires de croissance et d’alimentation (Graham 1997; Pflieger 1997). Sparrowe (1986) propose que ces changements structurels dans les grands réseaux hydrographiques ont touché de façon négative la plus grande partie de l’habitat initial de l’espèce.

La rivière Missouri, le fleuve Mississippi et la rivière Ohio sont au cœur de l’agro-industrie américaine. Le long de ces cours d’eau et de leurs affluents, le développement agricole a entraîné la dégradation de l’habitat en raison de l’érosion du sol et du ruissellement d’engrais et de pesticides. La pollution industrielle et les problèmes liés aux déchets urbains constituent également une préoccupation majeure le long de la rivière Ohio et des affluents du Mississippi (Sparrowe, 1986; NatureServe, 2007)

Le spatulaire a une longue période de maturation, est facile à capturer et, tout comme l’esturgeon, est vulnérable à la surpêche (Mettee et al., 1996). Le braconnage constitue une préoccupation importante, car la femelle est recherchée pour ses œufs qui peuvent être transformés en caviar; le prix des œufs peut s’élever à 154 $/kg (NatureServe, 2007). En 1997, des biologistes ont estimé que près de 1 000 femelles avaient été pêchées illégalement uniquement au Kentucky (Rasmussen et Graham, 1998). Tous les poissons capturés sont tués et, comme le mâle et la femelle sont difficiles à différencier, de quatre à cinq mâles sont tués pour chaque femelle portant des œufs, ce qui signifie que de 5 000 à 6 000 poissons sont sacrifiés pour le caviar.

L’intégrité génétique de l’espèce est également menacée par l’introduction de stocks d’élevage consanguins et d’individus provenant d’autres portions de l’aire de répartition (NatureServe, 2007).

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Importance de l'espèce

Les populations de l’Ontario constituaient la seule représentation du genre au Canada. Le spatulaire ne présente pas seulement un intérêt en tant que « fossile vivant », mais est également apprécié comme poisson comestible. Tout comme l’esturgeon, il est estimé pour ses œufs, qui peuvent être transformés en caviar, et pour sa chair blanche, ferme et sans arête. Il est également prisé par les pêcheurs récréatifs dans de nombreuses parties de son aire de répartition.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Les cotes mondiale, nationales (États-Unis et Canada), des États et de l'Ontario attribuées au spatulaire sont indiquées dans le résumé technique. L'espèce est désignée vulnérable par l'UICN et est protégée (y compris ses parties et ses produits) sur le plan du commerce international en vertu de l'annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Le spatulaire a été examiné pour la dernière fois et désigné « disparu du pays » par le COSEPAC en mai 2000. Le gouvernement de l'Ontario a attribué à l'espèce le statut provincial « disparue de la province » (Extirpated) (MRNO, 2007) et NatureServe lui a attribué la cote provinciale SX (disparue de la province [Extirpated]) (NatureServe, 2007). Au Canada et en Ontario, la cote générale du spatulaire est « 1 » (espèce disparue [Extirpated]) (CCCEP, 2006).

Le spatulaire est désigné comme espèce « disparue du pays » en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (Environnement Canada, 2007). En plus d'offrir une protection légale à l'espèce, la LEP exige l'élaboration d'un programme de rétablissement. Le projet de programme de rétablissement de cette espèce au Canada n'est pas réalisable du point de vue technique ou biologique en ce moment.

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Résumé technique

Polyodon spathula

Spatulaire – Paddlefish

Répartition au Canada :

Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

(historique – méthode du polygone) > 100 000 km² - actuelle : 0

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu

Superficie de la zone d’occupation (km²)

historique < 100 000 km² - actuelle : 0

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

0

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?

Inconnu

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

  • 16 ans pour le mâle
  • 26 ans pour la femelle

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

0

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Sans objet

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

 

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Oui

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

0

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?

Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Barrages limitant l’accès aux habitats de frai, dégradation de l’habitat et surpêche.

Immigration de source externe

Peu probable

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Oui, aux États-Unis.

Statut ou situation des populations de l’extérieur.

Disparues dans le bassin des Grands Lacs, disparues des États voisins (MI, PA et NY) et en déclin au MN, en IL, en OH et au WI.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Inconnu

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Inconnu

Analyse quantitative

 

Statut actuel

  • Classification selon Nature Conservancy (NatureServe, 2007)
    • Mondial – G4
    • National
      • États-Unis – N4
      • Canada – NX
    • Régional
      • États-Unis – AL (S3), AR (S2?), IL (S2S3), IN (S3), IO (S3), KS (S3), KY (S4), LA (S3), MI (SX), MN (S2), MO (S3), MS (S3), MT (S1S2), NE (S2), New York (SX), NC (SH), ND (SNR), OH (S2), OK (S1S2), PA (SX), SD (S4), TN (S3), TX (S3), VA (S1), WV (S1), WI (S2)
      • Canada – ON – SX
  • Les espèces sauvages 2005 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril, 2006)
    • Canada – 1
    • Ontario – 1
  • Ontario – Disparue de la province (Extirpated) (MRNO, 2007)
  • UICN Vulnérable (NatureServe, 2007)
  • CITES Annexe II (NatureServe, 2007)
  • SPA – Préoccupante (NatureServe, 2007)
  • COSEPAC Disparue du pays, 1987, 2000, 2008

Statut et justification de la désignation

Statut : Disparue du pays

Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation : Ce poisson, trouvé autrefois dans les Grands Lacs, ne semble jamais avoir été commun dans la partie canadienne de son aire. La dernière observation de l’espèce dans les eaux canadiennes remonte à 1917 malgré un échantillonnage étendu et le fait qu’un poisson aussi distinctif aurait été facilement reconnaissable.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Sans objet – aucun individu aperçu depuis 1917.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet – aucun individu aperçu depuis 1917.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Sans objet – aucun individu aperçu depuis 1917.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet – aucun individu aperçu depuis 1917.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet – aucune donnée.

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Remerciements

Nick Mandrak et Al Dextrase ont fourni de la documentation sur les récentes activités de recherche et un soutien à la rédaction.

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Sources d’information

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Robert Campbell est coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d'eau douce.

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Experts contactés et communications personnelles

  • Nicholas E. Mandrak. 2007. Great Lakes Laboratory for Fisheries and Aquatic Sciences, Pêches et Océans Canada, Burlington (Ontario) L7R 4A6.
  • Alan J. Dextrase. 2007. Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, C.P. 7000, Peterborough (Ontario) K9J 8M5.

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Collections examinées

Aucune.

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