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Programme de rétablissement pour le rorqual bleu, le rorqual commun et le rorqual boréal (Balaenoptera musculus, B. physalus et B. borealis) dans les eaux canadiennes du Pacifique [Projet]

5. Menaces

Les rorquals bleus, communs et boréaux ont été et sont confrontés aux mêmes menaces. Ces espèces sont actuellement menacées par une multitude de facteurs de source anthropique, notamment les collisions avec les navires, le bruit aigu et chronique, les effets possibles de la pollution et l’enchevêtrement dans les engins de pêche. L’incidence de certaines ou de l’ensemble de ces menaces peut mener à une baisse de l’utilisation de l’habitat disponible ou du taux de reproduction. Les habitats peuvent également être altérés par des modifications à moyen et à long terme du climat océanique.

5.1. Chasse à la baleine

La chasse commerciale a dévasté les populations de rorquals bleus, communs et boréaux dans tous les océans du monde en moins de 80 ans. Elle se poursuit sous différentes formes, notamment la chasse de subsistance et celle menée à des fins de recherche scientifique (Clapham et al. 1999). Des analyses génétiques récentes des contenus de dépotoirs dans le nord-ouest du Pacifique indiquent que la chasse autochtone dans les eaux canadiennes du Pacifique ne cible pas les baleinoptères (A. D. McMillan, communication personnelle. Department of Anthropology, Douglas College, B.P. 2503, New Westminster, C.-B., V3L 5B2). La chasse menée à des fins scientifiques (c.-à-d., par le Japon) demeurera probablement centrée sur les espèces les plus abondantes (c.-à-d., le petit rorqual, le rorqual de Bryde et le cachalot [Physeter macrocephalus]). En conséquence, la chasse à la baleine n’est pas considérée à l’heure actuelle comme une menace pour les rorquals bleu, commun ou boréal dans l’est du Pacifique Nord.

Les rorquals bleus ont été les premières cibles de la chasse commerciale moderne, et leurs populations ont été grandement décimées dans tous les océans du monde. En 1966, l’espèce a été protégée à l’échelle mondiale par la CBI. Un nombre estimé de 325 000 à 360 000 rorquals bleus ont été tués dans l’Antarctique durant la première moitié du 20e siècle, ce qui a mené à la disparition presque complète de la population de l’hémisphère Sud. Dans le Pacifique Nord, les rorquals bleus ont été chassés à la fois à partir de stations côtières et par des flottes pratiquant la chasse en haute mer, ce qui a donné lieu à un nombre estimé de 9 500 prises. Presque la moitié de ces animaux ont été tués au large de la côte ouest de l’Amérique du Nord (Sears et Calambokidis 2002).

On dispose de preuves claires que la chasse à la baleine a décimé les populations de rorquals bleus au large de la Colombie-Britannique. On a tué au moins 650 rorquals bleus à partir des stations côtières de la Colombie-Britannique entre le début des années 1900 et 1967, bien que le nombre de prises annuelles ait décliné rapidement au fur et à mesure que la population diminuait (figure 2). Entre 1948 et 1965, les longueurs moyennes des rorquals bleus tués à partir de ces stations ont décliné de façon importante, de même que les proportions de baleines gravides (Gregr et al. 2000).

Les populations de rorquals communs établies au large de la Colombie-Britannique ont été réduites par la chasse parallèlement à celles du rorqual bleu à la suite de l’introduction des méthodes de chasse modernes. Les populations locales ont subi d’autres pertes lorsque la flotte côtière a été mise à niveau au cours des années 1950 (figure 2). Au moins 7 605 rorquals communs ont été capturés à partir des stations côtières de la Colombie-Britannique entre 1908 et 1967 (Gregr et al. 2000). Le rorqual commun a été exploité de façon plus intensive au cours des années 1950 et 1960, période où les prises annuelles dans le Pacifique Nord ont varié de 1 000 à 1 500 animaux. Jusqu’en 1955, la plupart des prises effectuées au large de la côte ouest de l’Amérique du Nord ont été enregistrées au large de la Colombie-Britannique, après quoi le nombre de captures a commencé à augmenter au large de la Californie. Les rorquals communs du Pacifique Nord sont protégés par la CBI depuis 1976 (Mizroch et al. 1984).

Bien que ne constituant pas une cible principale pour les chasseurs tant que les populations de rorquals bleus et communs n’ont pas été fortement décimées, les rorquals boréaux ont été exploités de façon intensive durant les dernières décennies de la chasse commerciale. À la suite de la réduction des populations de rorquals bleus et de rorquals communs, plus de 110 000 rorquals boréaux ont été tués dans l’Atlantique entre 1960 et 1970. Dans le Pacifique Nord, le nombre de prises a culminé à plus de 25 000 animaux par année à la fin des années 1960. La dernière année où la chasse du rorqual boréal a été autorisée dans le Pacifique Nord est 1975. Sur la côte Pacifique, au moins 4 002 rorquals boréaux ont été capturés à partir des stations côtières de la Colombie-Britannique entre 1908 et 1967, et la majorité d’entre eux ont été tués après 1955 (Gregr et al. 2000). Entre 1925 et 1985, le nombre de captures totales de rorquals boréaux dans le Pacifique Nord a été presque deux fois plus élevé que le nombre de captures de rorquals communs et près de vingt fois supérieur au nombre de captures de rorquals bleus (base de données de la CBI, J. Breiwick, communication personnelle).