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Programme de rétablissement pour le rorqual bleu, le rorqual commun et le rorqual boréal (Balaenoptera musculus, B. physalus et B. borealis) dans les eaux canadiennes du Pacifique [Projet]

5. Menaces (suite)

5.2. Menaces actuelles

Les collisions avec les navires, le bruit chronique provenant du trafic maritime et les bruits aigus des sonars actifs à basse fréquence et du matériel de prospection sismique constituent potentiellement les plus grandes menaces actuelles pour les baleinoptères. La navigation maritime, l’extraction du pétrole et du gaz et les levés sismiques peuvent réduire le nombre d’habitats potentiels pour ces espèces en rendant ces aires inhabitables en raison de l’élévation du bruit de fond, du moins pendant de courtes périodes. L’enchevêtrement dans les engins de pêche et les débris marins peut également présenter une menace pour les individus. Au fur et à mesure que la population s’accroît, les rorquals communs, en particulier, peuvent courir plus de risques d’interactions avec les activités humaines en raison de leur répartition davantage côtière. Par ailleurs, on se préoccupe de plus en plus de la pollution dans l’océan, bien qu’il y ait à l’heure actuelle peu de preuves d’une incidence importante sur les baleinoptères. Toutefois, on ne peut écarter la présence d’un effet synergique de facteurs d’agression apparemment non reliés entre eux, comme on l’a relevé pour d’autres espèces de mammifères (Sih et al. 2004 cité dans Payne 2004).

Bien qu’il soit difficile d’établir un ordre de priorité correspondant à ces menaces en raison du manque d’information, les collisions avec les navires doivent être, à l’heure actuelle, considérées comme la menace la plus importante pour les individus dans les eaux canadiennes du Pacifique, particulièrement pour les rorquals communs du fait qu’ils vivent plus près des côtes. La possibilité de dégradation des habitats (ou de perte d’utilisation) en raison de l’élévation du bruit de fond, qui pourrait limiter le rétablissement de ces espèces à proximité des routes maritimes et d’autres zones où l’on produit un bruit élevé, doit aussi être considérée comme l’une des menaces principales.

5.2.1. Collision avec les navires

Les rorquals bleu et commun occupent souvent des aires situées sur la faille de la plate-forme continentale, lesquelles coïncident fréquemment avec des routes maritimes où le trafic de grands navires est élevé. Dans un examen de 292 relevés de collisions avec les navires, Jensen et Silber (2004) énoncent que les rorquals communs sont les plus fréquemment victimes des collisions, les rorquals bleus et boréaux étant deux espèces parmi les moins susceptibles d’être frappées. Cependant, les collisions avec des espèces vivant en haute mer a davantage de chances de passer inapercue. Le taux de mortalité associé aux collisions avec les navires est de 70 à 80 % (Jensen et Silber 2004). Dans le Saint-Laurent, 16 % des rorquals bleus observés portent des marques de grandes hélices ou de coques (Sears et Calambokidis 2002). Entre 1980 et 1993, au moins quatre rorquals bleus ont été heurtés et tués au large de la Californie. En outre, quatre grandes baleines ont été blessées et deux tuées en raison de collisions entre les années 1997 et 2001 dans les eaux canadiennes du Pacifique (Carretta et al. 2003). Au moins six rorquals communs ont été déclarés heurtés et tués dans les eaux canadiennes du Pacifique ou à proximité de celles-ci entre 1999 et 2004 (COSEPAC 2004), et un rorqual boréal a été tué dans le détroit de Juan de Fuca par la proue d’un navire en 2003. Il semble que les grands navires naviguant à une vitesse supérieure à 14 nœuds (26 km/h), particulièrement les porte-conteneurs à grande vitesse, représentent le risque le plus important de mortalité chez les rorquals (Laist et al. 2001). Or, le trafic des porte-conteneurs et des navires de croisière dans les ports de la Colombie-Britannique a augmenté de 200 % depuis les années 1980 (Canada 2005), et l’on peut s’attendre à ce que cette croissance se poursuive.

Lorsque l’on disposera de davantage de données sur la répartition des rorquals bleus, communs et boréaux et sur la manière dont leurs habitats essentiels croisent les routes maritimes, on pourra plus facilement déterminer le degré de menace que posent les collisions avec les navires pour les baleinoptères.