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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné d’argent de l’Ouest au Canada

Résumé du Rapport de situation de 1997

Méné d’argent de l’Ouest

Hybognathus argyritis

Description

La taille moyenne du méné d’argent de l’Ouest (Hybognathus argyritis) est d’environ 76 mm, mais l’espèce peut atteindre 125 mm. Le méné d’argent de l’Ouest est un poisson à corps effilé, moyennement comprimé latéralement, à pédoncule caudal large et épais. La tête est courte et légèrement triangulaire, le museau est arrondi, la bouche est subterminale, et les yeux sont moyennement grands. L’unique nageoire dorsale commence légèrement en avant des nageoires pelviennes et comporte 8 rayons; les nageoires pelviennes en comportent 8, parfois 7. La nageoire caudale est fourchue. La nageoire anale commence après la marge postérieure déprimée de la nageoire dorsale; elle comporte 8 rayons, parfois 9. Les nageoires pectorales sont relativement courtes et comportent 15 ou 16 rayons.

Les deux sexes sont argentés, d’où leur nom commun de méné d’argent, avec une large bande ardoise au milieu du dos. À la saison de la fraye, de petits tubercules nuptiaux apparaissent sur la tête, le dos, les flancs et les nageoires des adultes reproducteurs (clairsemés chez les femelles, plus nombreux chez les mâles), et les mâles acquièrent une coloration jaune pâle sur les flancs et les nageoires inférieures.

Répartition 

Le méné d’argent de l’Ouest vit dans les bras morts des cours d’eau des grandes plaines du bassin du Mississippi, depuis le confluent de ce fleuve et de l’Ohio en remontant vers le nord jusqu’au bassin du Missouri et à la rivière Milk, au Montana.

Au Canada, l’espèce ne se rencontre que dans le sud de l’Alberta, où elle est répertoriée pour la rivière Saskatchewan‑Sud et pour sept localités de la rivière Milk.

Taille et tendances des populations 

Tout ce que l’on sait de la présence du méné d’argent de l’Ouest au Canada est qu’il a été capturé dans une localité de la rivière Saskatchewan‑Sud et dans sept localités de la rivière Milk, dans le sud‑est de l’Alberta. L’espèce a été capturée pour la première fois en Alberta en 1961, dans la rivière Milk. Sa présence dans la Milk a été confirmée à six autres endroits entre 1971 et 1976. Le nombre de spécimens capturés dans chacune de ces localités variait entre 1 et 26; dans une des localités, 26 spécimens ont été capturés en 1974 et 2 en 1976. Depuis, il ne semble pas que l’espèce ait été recherchée dans la Milk. Elle n’a pas été observée dans la Saskatchewan‑Sud depuis la première mention.

Il n’existe aucune donnée quantitative permettant d’estimer la taille et les tendances des populations canadiennes du méné d’argent de l’Ouest. On peut penser que l’espèce était plus abondante dans le cours supérieur de la rivière Milk jusqu’à la fin du XIXe siècle et que son effectif a ensuite décliné en Alberta à cause d’une augmentation de la turbidité des eaux due à la canalisation des eaux d’irrigation vers ce cours d’eau. Après l’abandon de cette pratique, le rétablissement de la rivière et de sa végétation aurait permis le rétablissement du méné d’argent de l’Ouest dans une bonne partie de son aire albertaine.

Habitat

Il existe très peu de données sur les exigences écologiques du méné d’argent de l’Ouest, et aucune qui soit propre aux populations canadiennes de l’espèce. Les populations canadiennes semblent préférer les eaux calmes et riches en phytoplancton, comme leurs congénères des États-Unis. Le méné d’argent de l’Ouest est une espèce des plaines; on le trouve principalement dans les bras morts et les fosses des grands cours d’eau des plaines du nord, où le fond, recouvert de gravier, de sable ou de débris organiques, n’est pas envasé. L’espèce fraye uniquement dans des zones où le degré d’envasement est faible.

Biologie générale

La biologie et l’écologie du méné d’argent de l’Ouest n’ont pas été étudiées, mais on peut penser qu’elles s’apparentent à celles des autres espèces du genre Hybognathus. Au Canada, on pense que le méné d’argent de l’Ouest fraye en mai; cependant, aucune donnée d’observation n’a été publiée sur la période de fraye de l’espèce.

Les ménés d’argent se nourrissent probablement de diatomées, d’algues et de vase. On pense que les papilles pharyngiennes, présentes chez toutes les espèces d’Hybognathus, servent de filtre accessoire (aux arcs branchiaux) et constituent une adaptation à l’herbivorie.

Facteurs limitatifs 

L’Hybognathus argyrits est sensible à la turbidité des eaux et à l’envasement des fonds, causes probables du déclin des populations du Missouri et d’Ohio.

La rivière Milk coule dans la prairie à herbe courte dont l’érosion perpétuelle entraîne un apport important de particules fines dans le cours d’eau. Certaines activités, comme le creusage de canaux et le surpâturage, pourraient aggraver l’envasement déjà important de la rivière et mener à la disparition du méné d’argent de l’Ouest de son aire canadienne.

Protection 

Aux États-Unis, le méné d’argent de l’Ouest est désigné « espèce préoccupante » au Wyoming.

Au Canada, l’espèce ne bénéficie d’aucune protection particulière et ne peut bénéficier de la protection de l’habitat des poissons prévue par la Loi sur les pêches puisqu’il ne s’agit pas d’une espèce exploitée commercialement. En Alberta, où sa situation est jugée préoccupante, le méné d’argent de l’Ouest pourrait, si le besoin était démontré, être inscrit sur la liste des espèces visées par les lois provinciales sur la protection de la faune et des espèces en péril.

Conclusions 

L’aire canadienne du méné d’argent de l’Ouest et la répartition de l’espèce dans cette aire sont très restreintes. En Alberta, la situation du méné d’argent de l’Ouest est jugée préoccupante. L’espèce a besoin d’eaux claires à végétation abondante, exemptes de turbidité, de pollution et de toute autre forme de dégradation. Il y a sans doute longtemps qu’elle est présente en Alberta, mais elle serait passée inaperçue ou aurait été confondue avec le méné laiton jusqu’à récemment. Il est possible que l’aire canadienne du méné d’argent de l’Ouest soit un refuge pour l’espèce. Cependant, le développement agricole, industriel et urbain risque de causer la dégradation de l’habitat canadien du méné d’argent de l’Ouest, comme cela s’est produit dans le nord des États‑Unis pour tant d’espèces ayant les mêmes exigences écologiques.

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

EspèceToute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.
Espèce disparue (D)Toute espèce qui n’existe plus.
Espèce disparue du Canada (DC)Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.
Espèce en voie de disparition (VD)*Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.
Espèce menacée (M)Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.
Espèce préoccupante (P)**Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.
Espèce non en péril (NEP)***Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.
Données insuffisantes (DI)****Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.
  
*Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.
   

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

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Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.