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Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus)

Habitat

Définition

Le Moqueur des armoises est une espèce obligatoirement associée aux armoises, car pendant la saison de reproduction, il dépend presque totalement des milieux où poussent ces arbustes (Braun et al., 1976). On observe à l’occasion des oiseaux nicheurs dans des habitats de steppe arbustive semblables qui abritent du sarcobate vermiculé (Sarcobatus vermiculatus) et de la purshie tridentée (Purshia tridentata) [Reynolds et al., 1999; Smith et al., 1997].

En général, le nombre de mâles territoriaux a une corrélation positive significative avec le couvert d’armoises et une corrélation négative avec la présence de graminées annuelles comme les pâturins (Poa spp.) et le brome des toits (Bromus tectorum) [Wiens et Rotenberry, 1981; Dobler et al., 1996; Reynolds et al., 1999]. Dans le centre du Washington, le Moqueur des armoises est associé à des parcours naturels de qualité bonne ou passable et généralement absent des secteurs de piètre qualité fortement surpâturés. En présence d’un couvert arbustif adéquat, le nombre d’individus a une corrélation positive avec la présence de graminées vivaces, notamment l’agropyre à épi (Elymus spicatus) [Stepniewski, 1999].

Pour la nidification, le Moqueur des armoises préfère des sites où poussent des armoises de taille moyenne (de 30 à 60 cm de haut) et des armoises plus hautes (plus de 1 m) [Wiens et Rotenberry, 1981; Reynolds et al., 1999]. Il préfère les sites ayant un bon couvert d’armoises, des buissons étendus, des perturbations peu nombreuses et un habitat homogène dans un rayon de 1 km (Knick et Rotenberry, 1995a). Le couvert d’armoises dans les sites de nidification variait de 11 à 44 % (Rich, 1980). Les sites occupés se caractérisaient par des sols glaiseux et peu profonds minces plutôt que par des sols sablonneux (Reynolds et al., 1999).

Les arbustes qu’utilise le Moqueur des armoises pour nicher sont plus gros que la moyenne; en Colombie-Britannique, ils ont une hauteur moyenne de 132 cm (écart type : ±32) et une largeur de 168,3 cm (écart type : ±57,5) [R. Millikin, comm. pers.]. En Alberta et en Saskatchewan, les armoises n’atteignent cette taille que dans les coulées et sur les sols alluviaux qui bordent les cours d’eau (Wayne Smith, Robert Gardner et Chel Macdonald, comm. pers.).

À la fin de l’été et à l’automne, le Moqueur des armoises cherche souvent de la nourriture dans les cultures de fruits et de baies adjacentes aux habitats d’armoises (Bent, 1948); l’espèce hiverne dans divers habitats de broussailles, de halliers et de taillis (American Ornithologists’ Union, 1998).

Tendances

La superficie d’habitat de qualité disponible au Canada diminue lentement depuis 50 ans. Peu de sites ont été entièrement perdus, bien que le développement de vignobles sur la réserve indienne Inkameep (bande indienne d’Osoyoos) ait détruit plusieurs centaines d’hectares de steppe arbustive à l’est du lac Osoyoos. L’habitat de ce secteur est probablement sous-optimal pour le Moqueur des armoises, car il s’agit d’un mélange de purshie tridentée (Purshia tridentata), d’armoise tridentée (Artemisia tridentata) et de bigelovie puante (Chrysothamnus nauseosus). Des moqueurs y ont toutefois niché par le passé. D’autres développements de zones agricoles, résidentielles et touristiques dans la réserve Inkameep menacent plusieurs centaines d’autres hectares de cet habitat, mais, selon certaines indications, on pourrait en protéger environ 500 ha (C. Louie, sur la foi de T. Slater, comm. pers.). La plupart des terres privées (env. 50 ha) du site de Richter Pass sont maintenant divisées en lots de 5 acres où l’habitat s’est dégradé à divers degrés.

En Colombie-Britannique, le ministère de l’Environnement, des Terres et des Parcs (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1999) a désigné dans la partie sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen 27 478 ha d’habitats adéquats pour la reproduction et/ou l’alimentation du Moqueur des armoises, bien qu’ils ne soient pas nécessairement occupés par des moqueurs (figure 5). Cette estimation repose sur l’analyse de photos aériennes prises en 1987; elle ne tient pas compte des récentes pertes d’habitat mentionnées plus haut.

La perte d’habitat est très préoccupante aux États-Unis, où elle est presque entièrement attribuable à l’agriculture intensive. Fait particulièrement préoccupant pour les populations canadiennes, environ la moitié de l’habitat de qualité a disparu au Washington, et la majeure partie de l’habitat restant est fortement fragmentée (Reynolds et al., 1999). La situation est semblable au Montana, où la perte d’habitat a eu un impact sur les populations qui s’étendraient normalement vers la Saskatchewan et l’Alberta si les conditions climatiques s’y prêtaient (B. Luterbach, comm. pers.).

Protection et tenure

Des 27 478 ha d’habitat dans la partie sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen qui sont considérés de qualité pour la reproduction et/ou l’alimentation du Moqueur des armoises (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1999), 42 % sont des terres privées, 28 % sont sur une réserve indienne, 26 % sont des terres publiques provinciales et 4 % sont des terres de conservation (zones protégées). Une grande partie de cet habitat est probablement sous-optimale et inoccupée. En ce qui concerne le nombre de sites connus où vit le Moqueur des armoises, les trois sites à l’extrême-sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen – le poste frontalier de Chopaka, le lac Kilpoola et Richter Pass – sont un mélange de terres privées et de terres publiques. La plupart des terres publiques de ces sites font l’objet d’une proposition de protection (parc provincial) dans le cadre du plan de gestion des terres et des ressources en voie d’achèvement. Les deux sites candidats au statut de zone protégée indiqués à la figure 6 qui contiennent un habitat adéquat pour le Moqueur des armoises, Chopaka et Kobau, possèdent respectivement 753 et 400 ha d’habitat de qualité. On attend la décision finale sur ce statut d’ici septembre 2000 (G. Furness, comm. pers.).

L’habitat du Moqueur des armoises à White Lake appartient au Conseil national de recherches du Canada, mais le Nature Trust of British Columbia dispose de baux exclusifs de 67 à 70 ans (pour le pâturage ou la recherche) sur l’ensemble du bassin (1 084 ha); cet habitat est donc considéré comme étant bien protégé pour le moment. La réserve indienne Inkameep (bande indienne d’Osoyoos) contient de vastes zones d’habitat de qualité (dont le site d’Oliver cité plus haut), mais la majeure partie de cet habitat a déjà été transformée en vignobles depuis deux ans ou est réservée au développement de vignobles d’ici quelques années.

Le parc national des Prairies, dans le sud-ouest de la Saskatchewan, protège une grande quantité d’habitats de qualité, mais il n’existe aucune zone protégée d’habitat semblable en Alberta.

Figure 5.  Qualité de l’habitat pour le Moqueur des armoises dans la partie sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. Les zones en gris foncé indiquent un habitat adéquat pour la reproduction; les zones en gris moyen, un habitat adéquat pour l’alimentation

 

Figure 5.  Qualité de l’habitat pour le Moqueur des armoises dans la partie sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. Les zones en gris foncé indiquent un habitat adéquat pour la reproduction; les zones en gris moyen, un habitat adéquat pour l’alimentation (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998).

Figure 6.  Zones protégées proposées (en gris foncé) dans le plan de gestion des terres et des ressources d’Okanagan-Shuswap. Des portions des régions de Kobau, de Chopaka et de Kilpoola présentent un habitat adéquat pour le Moqueur des armoises

Figure 6.  Zones protégées proposées (en gris foncé) dans le plan de gestion des terres et des ressources d’Okanagan-Shuswap. Des portions des régions de Kobau, de Chopaka et de Kilpoola présentent un habitat adéquat pour le Moqueur des armoises.