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Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus)

Biologie

Généralités

Comme chez la plupart des autres oiseaux chanteurs, le Moqueur des armoises mâle établit un territoire de reproduction et l’annonce par son chant au début de la saison de reproduction. Les individus forment des couples monogames, et le mâle comme la femelle construisent le nid, couvent les œufs et prennent soin des oisillons. Au cours de la saison de reproduction, le Moqueur des armoises est surtout insectivore, mais il se nourrit aussi de baies à la fin de l’été et à l’automne.

Reproduction

Les moqueurs des armoises placent leur nid dans des arbustes, généralement des armoises. En Colombie-Britannique, les nids sont situés de 8 à 154 cm (moyenne de 36 cm) au-dessus du sol et, en moyenne, à 27,3 cm du bord extérieur de l’armoise et à 37,7 cm de la tige principale (R. Millikin, comm. pers.). Ces données sont très semblables à celles d’une étude réalisée récemment en Idaho, où les nids étaient situés en moyenne à 32 cm du sol et à 26 cm du bord extérieur de l’arbuste (Belthoff et Rideout, 1999). Il semble que le facteur le plus important pour le positionnement du nid est la quantité de couvert au-dessus de celui-ci; le nid est placé juste sous la végétation la plus dense selon le profil vertical (Rich, 1980; Castrale, 1982), presque invariablement à environ 50 cm sous le sommet de l’arbuste (Petersen et Best, 1991). En Idaho, les nids de moqueurs des armoises sont plus cachés (dans des arbustes plus gros et plus denses) que ceux des bruants de Brewer ou de Bell (Belthoff et Rideout, 1999). Ce couvert au-dessus du nid a une importance critique pour la protection contre les prédateurs; la totalité des 15 nids dont on a enlevé le couvert ont été attaqués par des prédateurs dans les 24 heures (Reynolds et al., 1999).

Le nombre d’œufs par couvée de six nids observés à White Lake, en Colombie-Britannique, variait de quatre à cinq, avec une moyenne de 4,5 (Cannings et al., 1987). Deux nids observés en Saskatchewan contenaient respectivement cinq œufs et cinq oisillons fraîchement éclos (Potter, 1937). Des échantillons de plus grande taille dans le sud de l’Idaho donnent un nombre moyen d’œufs par couvée de 3,5 et 4,1 (Reynolds, 1981; Gooding, 1970). Ces données laissent supposer que le nombre moyen d’œufs par couvée est plus grand à l’extrémité nord qu’au cœur de l’aire de répartition du Moqueur des armoises.

Les moqueurs des armoises peuvent élever deux couvées par saison dans la portion centrale de leur aire de reproduction (p. ex. dans le sud de l’Idaho; Reynolds, 1981), mais on n’a jamais observé ce phénomène au Canada (Cannings, 1992).

La superficie du territoire de reproduction est d’environ 1 ha : 0,96 ha en Idaho (de 0,64 à 1,64, n = 7; Reynolds et Rich, 1978); de 0,5 à 1,7 ha au Washington (n = 7, Gooding, 1970).

Survie

On ne sait pratiquement rien du taux de survie ni de la démographie des populations de moqueurs des armoises.

Déplacements

Le Moqueur des armoises est une espèce migratrice, qui quitte la Colombie-Britannique à la fin août ou en septembre (Cannings et al., 1987); l’observation la plus tardive porte sur un groupe de cinq oiseaux aperçus à Chopaka le 29 septembre 1991 (Stefan Zaremba). Certaines années, les oiseaux reviennent dès avril ou début mai, l’observation la plus hâtive étant en date du 4 avril (Cannings et al., 1987). Fait intéressant, trois des observations faites dans la région intérieure de la Colombie-Britannique au nord de l’Okanagan se sont produites en avril aussi; il s’agit de toute évidence d’oiseaux ayant dépassé la destination de leur migration printanière. Cependant, le gros de la population reproductrice n’arrive pas avant la fin mai : seulement 23 des 130 observations faites en Colombie-Britannique sont antérieures au 1er juin. Ce détail revêt un intérêt particulier quand on se rend compte que les recherches les plus intensives de moqueurs des armoises ont lieu aux alentours de la fin de semaine de la fête de la Reine, dans la deuxième moitié de mai, et que les histogrammes de la distribution saisonnière de la plupart des oiseaux rares de l’Okanagan présentent donc un sommet distinct à la fin mai (Cannings et al., 1987). Ce sommet est absent de l’histogramme du Moqueur des armoises (Cannings et al., 1987, p. 311); le nombre d’observations atteint plutôt un sommet vers le 10 juin et demeure élevé pendant le reste de ce mois. Preston (1990) n’a trouvé aucun moqueur lors d’une visite faite le 16 juin à Chopaka, mais en a vu trois ou quatre les 4 et 13 juillet, une tendance conforme aux relevés des observations récentes qu’y ont faites des ornithologues amateurs. Il paraît donc probable que beaucoup de moqueurs des armoises n’arrivent en Colombie-Britannique qu’à la fin mai ou en juin; il pourrait s’agir d’oiseaux ayant tenté de se reproduire au Washington au début mai qui se sont déplacés vers le nord après leur première tentative.

Les dates d’observation la plus hâtive et la plus tardive en Saskatchewan sont le 2 mai et le 22 août; il est difficile d’établir une phénologie significative à partir des rares observations faites en Alberta, mais on peut supposer que le Moqueur des armoises y est également présent du début mai à la fin août.

Nutrition et relations interspécifiques

Au printemps et au début de l’été, le Moqueur des armoises est un insectivore opportuniste qui cherche des fourmis, des carabes, des sauterelles, des grillons et des punaises sur le sol (Stephens, 1985; Reynolds et al., 1999). À la fin de l’été, les groupes familiaux recherchent plutôt des baies et des chenilles dans les taillis le long des ravines (Stepniewski, 1999).

Comportement et adaptabilité

Le Moqueur des armoises ne fait guère montre de souplesse quant à ses habitats de choix; on le considère comme un cas classique d’espèce associée aux armoises, tant pour la nidification que pour l’alimentation pendant la saison de reproduction (Braun et al., 1976). Presque tous les nids de moqueurs des armoises sont édifiés dans ou sous une armoise (Potter, 1937; Reynolds et Rich, 1978; Rich, 1978, 1980; Reynolds, 1981; Cannings et al., 1987; O’Shea, 1988).

Les populations sont gravement affectées par les techniques de lutte contre les armoises, notamment la plantation d’agropyre à crête (Agropyron cristata) [Reynolds et Trost, 1980], le feu et les herbicides. Les moqueurs sont encore absents des zones brûlées neuf ans après le brûlage, et les populations demeurent absentes des sites traités aux herbicides 22 ans auparavant (Kerley et Anderson, 1995). Le fait d’enlever seulement les plus gros arbustes éloigne les moqueurs des armoises, qui en ont besoin pour la nidification.

La propagation du brome des toits (Bromus tectorum) a eu un effet négatif sur les populations de moqueurs des armoises de par son influence sur le régime des incendies dans les prairies de l’Ouest (Knick et Rotenberry, 1997). Le brome des toits, espèce annuelle, tend à pousser dans de vastes monocultures qui sont très inflammables, ce qui accroît la propagation du feu et la perte d’armoises et d’autres buissons, en plus d’accélérer, par un mécanisme de rétroaction, la propagation d’annuelles (comme le brome des toits).

Ces incendies et les développements agricoles à grande échelle ont détruit et fragmenté de vastes zones d’habitat du Moqueur des armoises dans toute son aire de répartition (Knick et Rotenberry, 2000), réduisant ainsi le potentiel de pénétration de la population à la périphérie de son aire de répartition, dans le sud du Canada. Sur une note plus positive, le Moqueur des armoises semble mieux tolérer la fragmentation de l’habitat que d’autres espèces associées aux armoises (p. ex. le Bruant de Bell, Amphispiza belli, et le Bruant de Brewer, Spizella breweri), mais il préfère les habitats homogènes présentant un couvert d’armoises relativement étendu (Knick et Rotenberry, 1995). Au cours de la première année d’une étude en cours dans le sud-est de l’Idaho, les moqueurs des armoises étaient presque deux fois plus abondants dans les parcelles d’habitat fragmenté (parcelles d’habitat de 35 à 200 ha) que dans les parcelles d’habitat non fragmenté (Belthoff et Rideout, 1999).

Belthoff et Rideout (1999) ont constaté que le parasitisme exercé par le Vacher à tête brune est plus élevé pour tous les types d’espèces d’oiseaux nicheurs dans les habitats fragmentés que dans les habitats continus. Ce fait n’a toutefois aucune incidence sur le succès de reproduction du Moqueur des armoises, qui rejette les œufs de vachers (Sullivan, 1988).