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Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus)

Taille et tendances des populations

À l’échelle du continent, les populations sont stables dans les habitats encore de qualité, mais leur taille a connu une baisse dramatique et, dans certains cas, des populations locales ont été éliminées là où s’est faite la conversion en masse des parcours d’armoises (Reynolds et al., 1999). À l’échelle régionale, les populations de moqueurs des armoises semblent diminuer dans le sud, mais augmenter en Californie, au Colorado et en Oregon (Reynolds et al., 1999).

Comme pour bien des espèces à la périphérie de leur aire de répartition, le nombre de moqueurs des armoises au Canada fluctue d’année en année, et certains sites ne sont occupés qu’occasionnellement. Cependant, les populations de moqueurs des armoises connaissent aussi des fluctuations considérables vers le centre de l’aire de répartition de l’espèce, peut-être à cause de la variabilité locale du climat (Reynolds, 1981). À propos du nombre d’oiseaux observés d’année en année à White Lake, en Colombie-Britannique, Darcus (1932) écrit :

Le regretté C. de B. Green m’a informé qu’avant 1914 plusieurs couples séjournaient tous les ans à ce site; mais, apparemment, l’espèce était rare au cours de la période de 1920 à 1931. En 1930, on n’a observé qu’un seul individu. Au cours de la saison de 1931, un bon nombre d’oiseaux de cette espèce sont revenus à ce site de reproduction. J’ai visité la localité à cinq reprises et estimé qu’il devait y avoir là une quinzaine de couples. [Traduction]

Le recensement le plus élevé à White Lake depuis 30 ans est de cinq couples, en 1969 (Cannings et al., 1987); depuis, le nombre varie de zéro à deux couples par an. Depuis 1981, on ne signale régulièrement des moqueurs des armoises qu’à Chopaka, où nichent jusqu’à six ou même dix couples chaque année. Preston (1990) a exploré les sites de Chopaka, de Richter Pass, du lac Kilpoola et de White Lake pendant six jours en 1990 et n’y a trouvé que trois mâles chanteurs et un quatrième oiseau muet, tous à Chopaka. En faisant des relevés de bruants de Brewer dans des habitats d’armoises dans tout le sud de l’Okanagan en 1991, Dwight Harvey (comm. pers.) a compté 11 moqueurs des armoises chanteurs : un à White Lake, quatre au sud du lac Kilpoola et six à Chopaka.

À son sommet historique, la population printanière de moqueurs des armoises en Colombie-Britannique a pu atteindre ou dépasser les 30 couples, mais, récemment, le nombre maximum s’est plutôt situé entre 5 et 12 couples. Au moins deux sites de reproduction mentionnés par Darcus (1932) – l’un près d’Oliver, et l’autre, à Penticton [probablement là où se trouve aujourd’hui le West Bench] – ont probablement fait l’objet d’un développement agricole ou résidentiel; depuis, on n’a plus signalé de moqueurs reproducteurs près de ces localités.

En Saskatchewan et en Alberta, les populations sont trop petites (et souvent absentes) pour qu’on puisse y déceler une tendance (B. Luterbach, W. Harris, comm. pers.).

Les populations vivant au cœur de l’aire de répartition de l’espèce sont généralement stables là où l’habitat est de qualité. Les tendances du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1966 à 1996 indiquent un déclin significatif de 4 % par an dans les prairies intermontagnardes, mais une augmentation significative au Colorado (4,4 % par an) et en Oregon (2,6 % par an) [Sauer et al., 1997]. Ces tendances sont illustrées à la figure 6. Dans l’est du Washington, la densité de la population contiguë à la Colombie-Britannique varie de 0,09 à 0,2 individu par hectare (Dobler et al., 1996).

Un des facteurs qu’il importe de prendre en compte quant aux déplacements possibles des oiseaux de la population centrale des États-Unis à l’aire de reproduction de l’espèce au Canada est l’isolement relatif de cette dernière. Les populations les plus proches du Canada vivent dans le bassin du Columbia, au Washington et au Montana; ces deux populations sont isolées du cœur de l’aire de répartition de l’espèce, dans le Grand Bassin et les Grandes Plaines du Colorado (figure 2). Qui plus est, la population de l’Okanagan est isolée de celle du bassin du Columbia par une distance d’environ 40 km (Smith et al., 1997).