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Pycnanthème gris (Pycnanthemum incanum (L.) Michx.)

CONTEXTE

8. Information sur l’espèce

Date de l’évaluation :                 Mai 2000

Nom commun :                             Pycnanthème gris

Nom scientifique :                      Pycnanthemum incanum (L.) Michx.

Statut selon le COSEPAC :         En voie de disparition (avril 1986)

Justification de la désignation :   Deux très petites populations voisines qui connaissent un grave

                                                      déclin et qui sont de plus en plus menacées par la présence

                                                      d’espèces exotiques.

Présence au Canada :                  Ontario

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1986. Réexamen et confirmation du statut en avril 1998 et en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

8.1 Description de l'espèce

Le pycnanthème gris est l’une des diverses espèces du genre Pycnanthemum présentes en Ontario. Il s'agit d'une herbacée vivace pouvant atteindre 1 m de hauteur. En Ontario, bien que les plants produisent des graines viables, l'espèce se multiplie essentiellement de manière végétative, par les rhizomes (tiges souterraines horizontales). Les tiges sont pourvues de fins poils blancs, surtout sur leur partie supérieure. Chez cette espèce, le nombre de tiges est un indicateur de l’âge et de la vigueur du sujet (Obee, 1994). Les feuilles sont opposées. Les feuilles principales sont longues de 5 à 10 cm et larges de 1,5 à 3,5 cm. Le dessous des feuilles et le dessus de celles de la partie supérieure de la plante sont densément pubescents. Les feuilles présentent un petit nombre de dents et dégagent un parfum de menthe. Le nom du genre décrit bien la plante, Pycnanthemum signifiant « densément fleuri ». Les fleurs, petites, blanches et tachetées de violet, se présentent en groupes denses à l'extrémité des tiges et à l’aisselle des feuilles. Les groupes de fleurs possèdent un diamètre de 1,5 à 3,5 cm et apparaissent entre le milieu et la fin de l'été.

9. Répartition

9.1 Aire de répartition mondiale

Le pycnanthème gris pousse seulement dans l'est de l'Amérique du Nord. Son aire de répartition s'étend depuis le New Hampshire jusqu'au Missouri vers le sud-ouest et, jusqu’au Tennessee et à la Géorgie vers l’est. Cependant, selon certaines sources, le pycnanthème gris serait également présent en Louisiane, au Mississippi, en Alabama et en Floride (NatureServe, 2005).

9.2 Aire de répartitionau Canada

Au Canada, le pycnanthème gris ne pousse qu’à un endroit dans le sud de l'Ontario (figure 2). On y trouve cinq sous-populations, toutes situées à moins de deux kilomètres les unes des autres le long des Burlington Bluffs, qui s’étend entre Hamilton et Burlington sur la rive du havre Hamilton. En Ontario, l’espèce est à la limite septentrionale de son aire de répartition, ce qui explique sa rareté.

Figure 1. Aire de répartition de Pyncnanthemum incanum en Amérique du Nord (Argus et al., 1982-1987).

Figure 1. Aire de répartition de Pyncnanthemum incanum en Amérique du Nord (Argus et al., 1982-1987).

9.3 Proportion de l'aire de répartition mondiale au Canada

On estime que moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale du pycnanthème gris se trouve au Canada.

9.4 Tendances en matière de répartition

La répartition du pycnanthème gris au Canada ne semble pas avoir changé de façon significative au cours des 25 dernières années.

10. Abondance de la population

10.1 Population mondiale

On ne connaît pas l’effectif mondial du pycnanthème gris, mais la cote G5 a été attribuée à l’espèce, ce qui signifie qu'elle est très commune à l’échelle mondiale et qu’elle n’est pas en péril dans les conditions actuelles. Le pycnanthème gris est répandu et relativement commun dans la majeure partie de son aire de répartition dans l’est des États-Unis. Cependant dans trois États situés en bordure de son aire de distribution, soit le Delaware, le New Hampshire et le Vermont, l’ont toutefois désigné comme extrêmement rare (S1). L’espèce est également désignée en péril (Endangered) au New Hampshire et au Vermont. Elle est jugée commune (S4) en Caroline du Nord et très commune (S5) au Kentucky et en Virginie-Occidentale et est à l'étude (SU) en Floride. Dans tous les autres États où elle est présente, on lui a attribué la cote SNR, ce qui signifie qu’elle se trouve dans l’État, mais qu'elle n'a pas été classée, probablement en raison d'un manque de données. Ces États sont l'Alabama, le Connecticut, le district de Columbia, la Géorgie, l'Illinois, la Louisiane, le Maryland, le Massachusetts, le Mississippi, le New Jersey, l’État de New York, l'Ohio, la Pennsylvanie, le Rhode Island, la Caroline du Sud, le Tennessee et la Virginie.

Tableau 2. Sommaire des observations du pycnanthème gris au Canada depuis 1984.

Site *

19841

(Crins)

19861

(Oldham)

19911(Bradley)

19911

(Kirk et Coulson)

19971

(White et Kirk)

20002

(JBR et MRN)

20053

(Kirk et Hay)

HS141 tigesEnviron 40 tiges Aucune observation, mais la plante est difficile à repérer48 tiges12 plants15 tiges
WC1  35 tiges dans une touffe et 4 tiges individuelles Une tige (à l’endroit où la touffe de 35 tiges avait été observée)2 plants5 tiges
WC2     de 12 à 15 plants 
WC3     ~6 plants 
WC4     ~ 750 plants 
CP1  1 tige3 plants, de nombreuses tiges Aucun spécimen trouvéAucun spécimen trouvé 

*Sites – les codes correspondent à des emplacements précis qui ne sont pas divulgués afin de protéger l'espèce.

1White, 1997

2O’Hara, 2001

3 Données inédites, 2005

Figure 2. Aire de répartition de Pycnanthemum incanumau Canada.

Figure 2. Aire de répartition de Pycnanthemum incanumau Canada.

10.2 Population canadienne

On a attribué au pycnanthème gris la cote NI au Canada et S1 en Ontario, ce qui signifie que l’espèce est extrêmement rare tant à l'échelle nationale que provinciale. Entre 1885 et 1900, le pycnanthème gris a été observé plusieurs fois près de Burlington (Ontario), mais il n'a plus été revu avant 1981, moment où il a été récolté dans le même secteur. Toutes les populations actuelles et historiques ont été observées à quelques kilomètres les unes des autres, à Hamilton et à Burlington (Ontario). Il existe actuellement deux populations du pycnanthème gris au Canada, et une population a récemment disparu. Le tableau 2 présente le sommaire des observations de ces populations.

La plus grande population actuelle se trouve à Hamilton, sur les Burlington Bluffs. Elle comprend quatre sous-populations. La première est relativement importante et compte plus de 700 individus répartis sur 50 mètres le long d’une pente sèche, très escarpée (et très instable), d’accès difficile et orientée au sud. La deuxième sous-population, qui compte cinq tiges, pousse dans une assez grande clairière que l'on pourrait qualifier de « prairie suspendue ». La clairière est située sur une pente très abrupte orientée au sud, où la végétation est dominée par le barbon à balais (Schizachyrium scoparium) et le barbon de Gérard (Andropogon gerardii) (White, 1997). Les deux autres sous-populations ont été découvertes en 2000. L’une compte environ douze plants et l’autre, environ six. Aucun décompte des tiges n'a été fait à ce dernier site.

La deuxième population pousse au sommet d’une falaise qui se trouve dans une clairière au sein d’une chênaie. Elle comptait 41 tiges en 1984 mais n’en comptait plus que 15 en 2005.

10.3 Proportion de l’abondance mondiale au Canada

La population canadienne du pycnanthème gris compte probablement pour moins de 1 % de l’effectif mondial de l’espèce.

10.4 Tendance de la population

Depuis que l’espèce a été redécouverte au Canada, en 1981, plusieurs personnes ont signalé sa présence et ont même compté les tiges ou les plants. Le tableau 2 présente une compilation de toutes ces observations et montre des déclins chez les trois sous-populations qui ont été observées plus d’une fois. Les taux de ces déclins sont très préoccupants. Depuis leur première mention, le site CP1 a disparu, et les sites WC1 et HS1 ont connu un déclin de 87 % et de 68 % respectivement. On ne sait pas si les trois sous-populations trouvées en 2000 constituent des preuves du recrutement de l’espèce puisqu’il n’existe aucune mention antérieure de l’espèce pour ces localités. À l’échelle mondiale, la population de l’espèce ne semble pas être en déclin. 

11. Facteurs biologiques limitatifs

Il est possible que les besoins de l’espèce en matière d'habitat l’aient empêchée de s’étendre en Ontario. De plus, il se pourrait que l’isolement relatif de la population des autres colonies situées aux États-Unis et la faible taille de la population canadienne soient deux facteurs, qui combinés, entraînent une perte de la diversité génétique au Canada. Le fait que l’espèce se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition pourrait également limiter sa capacité de rétablissement au Canada. Il est facile de reproduire cette espèce artificiellement et elle est cultivée avec succès au nord de son aire de répartition naturelle. On ne sait pas pourquoi l’espèce ne s’est pas répandue et n’est pas plus fréquente en Ontario.

12. Menaces

Plusieurs menaces aux populations canadiennes de pycnanthèmes gris ont été identifiées. Aucune étude n'a été menée pour évaluer la gravité de ces menaces. Les observations réalisées sur les sites et les connaissances actuelles permettent néanmoins de dresser la liste présentée ci-dessous. Les menaces y sont décrites par ordre décroissant d’importance,  

Succession végétale et suppression des feux

Le pycnanthème gris a besoin d’ouvertures ensoleillées dans des terrains secs. La perte d'habitat par suite de l’installation d'arbustes comme le sumac vinaigrier (Rhus typhina), le cornouiller à grappes (Cornus racemosa), la vigne des rivages (Vitis riparia), le framboisier noir (Rubus occidentalis) et le cerisier de Virginie (Prunus virginiana) est également une menace reconnue. L’augmentation de la fermeture du couvert forestier a probablement réduit la taille de certaines populations et limité leur dispersion dans les terrains adjacents en raison de l’augmentation de  l’ombrage. La suppression des feux peut avoir contribué à favoriser la succession végétale et l’installation d’arbustes et d’arbres. Selon le témoignage d’un gestionnaire foncier de longue date, au moins deux feux d'herbe ont fait rage à l'endroit où se trouve un des sites du pycnanthème gris. Il est probable que les feux périodiques contribuent à maintenir le couvert forestier ouvert et ainsi, plus propice au pycnanthème gris et à d'autres espèces des prairies. 

Espèces envahissantes

Toutes les populations du pycnanthème gris sont menacées par l’empiètement par des espèces exotiques envahissantes. La diversité de plantes ligneuses exotiques est exceptionnellement grande dans le secteur, en raison du développement horticole intensif qui a lieu sur les terrains adjacents aux pentes où pousse le pycnanthème gris. L'habitat de l’espèce abrite de nombreux arbustes non indigènes, dont le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica) et le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica). Au début des années 1980, des saules indigènes (Salix eriocephala) ont été plantés à quelques endroits sur la pente afin de combattre l'érosion et ceux-ci contribuent à l’envahissement de l’habitat du pycnanthème gris. De plus, l'alliaire officinale (Alliaria petiolata) a colonisé une grande partie de la zone boisée située le long des falaises. Ces facteurs ont contribué à une perte de diversité de la flore indigène locale. Le pycnanthème gris est probablement en concurrence avec les espèces envahissantes, lesquelles ont déjà colonisé de grandes portions du terrain le long des falaises et entraîné la disparition de la population qui était installée à Carroll’s Point.  

Éboulements

Certaines populations poussent sur des pentes très abruptes, instables et difficilement accessibles des falaises sud. La présence de nombreux sites de suintement de l’eau souterraine le long des falaises contribue aux problèmes de stabilité du sol. Il y a des indices d'effondrement au-dessus et à proximité de certaines populations. Depuis sa découverte, la population de la « prairie suspendue » a considérablement diminué. Ce déclin est peut-être attribuable à l'éboulement ou à l'érosion de la pente abrupte. Il est possible que la plus grosse touffe de plants appartenant à cette population se trouvait au bord de la pente et qu'elle soit tombée (D. Kirk, comm. pers., 2000). Même s’ils menacent les populations établies, les éboulements peuvent également être bénéfiques car ils créent des ouvertures dans le couvert forestier et ainsi des milieux dégagés pouvant être colonisés par le pycnanthème gris.  

Dépôt de déchets ettravaux d’aménagement

Il arrive souvent qu’on jette des déchets de jardinage et d’autres objets dans les vallées profondes qui entourent le havre Hamilton. De nombreux endroits servent de dépotoirs aux résidents. Ce problème est légèrement moins aigu dans le secteur où pousse l’espèce en raison de la présence de cimetières, mais il demeure présent. Les déchets proviennent en partie des cimetières (exploitation, visiteurs). Il n'est pas rare de trouver, au bord des falaises, des pots à fleurs, des couronnes en plastique et d'autres objets de même que des déchets de tonte et d’élagage. Ces déchets sont déposés à la lisière de la forêt qui borde le cimetière et pourraient compromettre la survie des populations du pycnanthème gris. Le dépôt de matériel horticole pourrait entraîner l'introduction d'autres espèces non indigènes ou envahissantes dans le secteur. De plus, les déchets jetés sur la pente risquent d'endommager les plants du pycnanthème gris et de perturber leur habitat.

Les travaux d’aménagement réalisés dans les secteurs voisinant la pente laissent de gros tas de terre qui sont poussés au bord ou en bas des falaises. Ces travaux ne touchent pas directement les sites du pycnanthème gris mais pourraient avoir un impact sur l’habitat potentiel de l'espèce. Les falaises sont considérées comme un terrain inculte par les propriétaires fonciers et par la municipalité de Hamilton. Comme elles sont très abruptes et qu’elles bordent un plan d'eau, elles ne seront jamais aménagées.

Petite taille de la population

Vu le petit nombre d'individus et la répartition limitée de l’espèce au Canada, la taille réduite de la réserve des ressources génétiques pourrait constituer une menace. Cette menace est d’autant plus préoccupante que l’espèce semble se multiplier principalement de manière végétative. La reproduction végétative produit des tiges et des individus dont l'ADN est identique à celui de la plante mère. Ce mode de reproduction réduit la diversité génétique de la population et peut, après quelques générations, réduire sa capacité d’adaptation aux changements et entraîner ainsi sa disparition du Canada. La diversité génétique des populations canadiennes n’a pas été étudiée. Il est donc difficile d'évaluer l'ampleur de cette menace.

Menaces potentielles

Bien que certains propriétaires fonciers soient au courant de la présence de cette espèce rare sur leur terrain et que celle-ci soit protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition, il demeure possible que des plants individuels soient accidentellement détruits. Par exemple, la présence d’un sentier à proximité d’une des populations peut augmenter les chances que des plants soient piétinés.

Crins (1989) souligne que le parfum et la beauté de la plante de même que sa valeur pour la production de miel de qualité font qu'elle risque d'être cueillie ou prélevée par les jardiniers et les apiculteurs (bien qu'il n'y ait aucune preuve de cueillette pour l'instant). L'équipe de rétablissement note également que l'espèce est cultivée et qu’on peut se la procurer auprès de quelques fournisseurs. L'origine des plantes et/ou des graines utilisées pour la reproduction est inconnue. Pour l'heure, l'équipe de rétablissement recommande de ne pas récolter de graines dans les populations naturelles à des fins autres que scientifiques ou à des fins qu’elle n’a pas approuvées.

13. Désignation de l'habitat

13.1 Besoins en matière d'habitat

Le pycnanthème gris exige des habitats secs, ouverts et avec un sol de texture argile-sableuse qui sont situés dans des forêts décidues ouvertes installées sur des pentes où les températures sont plus élevées que la normale (Crins,1986). En Ontario, deux des trois habitats qui abritent le pycnanthème gris se trouvent dans une forêt-parc sèche à chêne noir, à chêne blanc et à herbes hautes et le troisième se trouve dans une falaise minérale boisée (selon la classification écologique des terres du sud de l’Ontario de Lee et al., 1998). Les données sur l’habitat des spécimens historiques indiquent que l'espèce a été trouvée dans des forêts ouvertes (probablement des savanes à chêne), en bordure de routes, dans des taillis, dans des pâturages et sur des rivages ensoleillés. Tous ces milieux ont pour seule caractéristique commune le fait qu'ils sont normalement secs et chauds (Crins, 1985). Dans le nord de son aire de répartition aux États-Unis, l'espèce ne semble pas avoir des préférences aussi étroites. Au New Hampshire, elle pousse dans des pâturages, des clairières ombragées, des forêts sèches à chêne et sur des pentes sèches. Dans tous les cas, l’espèce pousse sur une pente ou une colline (Sara Cairns, comm. pers.). En Caroline du Nord, elle pousse dans des boisés, des taillis, des champs abandonnés, des pâturages, des emprises d’installations d’utilité publique et en bordure de routes (Jame Amoroso, comm. pers.). Vers le sud en allant vers le centre de son aire de répartition, l’espèce devient beaucoup plus commune, et ses exigences en matière d’habitat deviennent beaucoup moins étroites.

13.2 Habitat essentiel

Sous le régime de la LEP, l'habitat essentiel se définit comme « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite ». L’habitat essentiel des populations actuelles de pycnanthème gris peut être désigné dès à présent, dans la mesure du possible. Il faudra peut-être ajouter des territoires à cette désignation lorsque de nouvelles populations auront été créées ou lorsque de nouvelles données seront disponibles.

Le but du présent programme de rétablissement est « d'assurer la protection des populations actuelles du pycnanthème gris et de prévenir toute nouvelle perte d’habitat ou de population. De plus, il est essentiel de mettre en œuvre des activités de gestion dans certaines parties de l’habitat de rétablissement de cette espèce de façon à permettre la possible réintroduction de populations autosuffisantes dans les emplacements historiques». Pour atteindre ce but, il faut que l'habitat essentiel du pycnanthème gris protège les environs immédiats des sites où on trouve les plants ainsi que les communautés végétales associées à ces sites. Ces territoires ont été cartographiés à titre d’habitat occupé et de communautés végétales en voie de disparition, conformément aux lignes directrices du Programme d'encouragement fiscal pour les terres protégées (MRN, 1998). Toutes ces communautés végétales se trouvent sur la rive nord du havre Hamilton, entre le canal Desjardins et un demi-kilomètre à l'est de la pointe Willo. Il s’agit d’une forêt-parc sèche à chêne noir, à chêne blanc et à herbes hautes et d’une falaise minérale boisée. Il faudra toutefois mener de plus amples recherches afin de déterminer si une plus grande superficie d’habitat sera nécessaire pour permettre l'expansion de la population. La section 13.4 présente un calendrier des études nécessaires.

13.3 Exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel

Les principales activités qui pourraient détruire l'habitat essentiel sont :

·       Les activités qui telle la suppression des feux créent des conditions favorisant l’empiètement ou l’envahissement par d’autres espèces susceptibles de créer des conditions d’ombrage peu favorable au pycnanthème gris.

·       Les activités qui augmentent l'instabilité des pentes et le risque d’éboulements produits par le processus naturel d’érosion et d’éboulement causé par le suintement de l’eau souterraine. L’absence de couvert végétal sur les pentes abruptes occupées par la plus grande population accélère le processus d’érosion. L’érosion de la base de la falaise par les eaux du lac provoque d’autres éboulements.

·       Le dépôt de déchets organiques ou autres.

·       Le piétinement par les utilisateurs des sentiers adjacents aux sites.

13.4 Calendrier des études

Les études qui devront être réalisées afin de déterminer si la population est suffisamment grande pour que sa viabilité à long terme soit assurée figurent au tableau 3. Si les recherches démontrent qu’il est nécessaire d’augmenter la distribution de la population, il faudra désigner et cartographier d’autres superficies d’habitat essentiel.

Tableau 3. Calendrier des études

Description de l’activité de rechercheRésultats attendusDate de début*Date d’achèvement*
Déterminer les particularités du cycle biologique, les exigences pour la germination et la dispersion, et la variation génétique de la population canadienne.Meilleure compréhension des facteurs limitant l’accroissement de la population et de son aire de répartition.Avril 2006Octobre 2007
Mener une analyse de la viabilité de la population (AVP).Déterminer la viabilité de la population dans les conditions actuelles et aider à évaluer le nombre d’individus et la quantité d’habitat nécessaire pour atteindre la viabilité.Novembre 2007Mars 2008
Si les recherches montrent que la population doit être augmentée; il faudra repérer  de l’habitat convenable le long des Burlington Bluffs pour le remettre en état. Il s’agira de définir les besoins biotiques et abiotiques de l’espèce en matière d’habitat et de repérer de l’habitat inoccupé qui présente ces caractéristiques.Inventaire de milieux pouvant être désignés comme habitat essentiel, si les résultats de l’analyse de viabilité de la population indiquent que c’est nécessaire.Avril 2008Mars 2009

* Ces échéances sont provisoires et peuvent être modifiées au besoin.

13.5 Régime foncier et protection de l’habitat

Une des populations du pycnanthème gris se trouve sur une terre publique (terre publique provinciale), et les deux autres, sur des terrains privés. Le pycnanthème gris est inscrit à la Règlementation de la Loi sur les espèces en voie de disparition, laquelle interdit de détruire ou de perturber délibérément les espèces inscrites et leur habitat. Le paragraphe 2.1 de la Déclaration de principe provinciale (DPP) faite en application de la Loi sur l'aménagement du territoire interdit l’aménagement ou la transformation des habitats importants des espèces menacées ou en voie de disparition. L’approche recommandée pour déterminer les impacts de tout projet d’aménagement exige une revue des descriptions de l’habitat dans le plan de rétablissement, une évaluation de l’habitat important et des consultations auprès des experts et du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO, 1999). Le MRNO encourage les municipalités à repérer l’habitat important et à le protéger par un zonage approprié pour assurer qu’il n’y aura aucun aménagement ou altération du site.

Le pycnanthème gris est également inscrit comme espèce en voie de disparition à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. Cette loi interdit notamment de nuire aux espèces inscrites ou de détruire leur habitat essentiel sur les terres domaniales. La LEP ne s'applique pas aux terres privées à moins qu’un décret du gouverneur en conseil soit recommandé par le ministre de l’environnement et adopté par le parlement.

14. Rôle écologique

On ne connaît pas le rôle écologique du pycnanthème gris à l’heure actuelle.

15. Importance pour l'humain

Comme plusieurs autres espèces de la famille des Lamiacées, le pycnanthème gris est employé pour traiter le rhume, la fièvre et les troubles digestifs, en particulier la flatulence (Foster et Duke, 1990). Son utilisation comme carminatif est bien établie. Les feuilles sont généralement infusées, mais les principes actifs peuvent également être administrés sous forme de teinture (Greive et Level, 1996). Les Cherokee utilisaient les feuilles en cataplasme pour traiter les maux de tête et en infusion pour traiter les troubles cardiaques et pour prévenir la diarrhée lorsqu'ils mangeaient du maïs vert (Hamel et Chiltowsky, 1975). Selon Crins (1985), le pycnanthème gris aurait une teneur élevée en caoutchouc et pourrait être cultivé comme source d'hydrocarbure de caoutchouc. Le pycnanthème gris est aussi reconnu pour le très grand attrait qu’il exerce sur les abeilles et pourrait être utile pour la production de miel. Enfin, d'autres espèces de pycnanthèmes ont des propriétés désodorisantes et antifongiques et sont employées pour assaisonner les soupes et les viandes.

 16. Conflits et défis anticipés

On ne prévoit ni conflit, ni difficulté logistique majeurs qui pourrait empêcher la poursuite des buts et objectifs à court et à long terme du présent programme de rétablissement.

17. Lacunes dans les connaissances

Les connaissances actuelles sur cette espèce se limitent à ses caractéristiques générales et à ses préférences en matière d'habitat. Ces connaissances sont toutefois suffisantes pour la mise en œuvre de certaines mesures de rétablissement. Il faudrait pousser les études sur la biologie du pycnanthème gris. L’acquisition de renseignements plus détaillés sur la situation de l’espèce et sur les menaces qui pèsent sur elles ailleurs dans le monde (États-Unis) permettrait également de mieux comprendre l’espèce et ses besoins à long terme. 

17.1Besoins en matière de relevés

Les recherches visant à trouver des habitats potentiels et les sites historiques des populations ont été réalisées. Elles ont mené à la redécouverte, en 2000, de la grande population des Burlington Bluffs qui n'avait pas été revue depuis 1971. Des recherches ont été réalisées dans d'autres secteurs, et un inventaire complet de tout le secteur de la falaise a été réalisé en 2001 selon la méthodologie de la classification écologique des terres. Il pourrait être utile d'explorer les habitats similaires le long de la rive du lac Ontario, mais il est peu probable qu’on y découvre d’autres populations puisque l'espèce n'a jamais été observée ailleurs que dans le secteur des Burlington Bluffs et qu'on l’a même déjà crue disparue du Canada.

17.2 Besoins en matière d’études biologiques et écologiques

Les conditions de germination des graines du pycnanthème gris doivent être étudiées. L’espèce est cultivée en Ontario, et certains producteurs de plantes indigènes possèdent peut-être des connaissances sur les conditions de germination du pycnanthème gris. Des suivis démographiques annuels répétés de grandes populations sont essentiels pour mieux comprendre le cycle biologique de l'espèce. Ces suivis permettraient de déterminer la longévité des individus ainsi que les taux de mortalité et d'établissement des semis. Les menaces qui pèsent sur les populations pourraient alors être évaluées de façon individualisée. Le suivi devrait enregistrer la taille de la population, la superficie et l’évaluation du nombre de graines produites chaque année. La progression de la succession végétale dans les milieux environnants devrait également faire l’objet d’un suivi. Toutes les conséquences de modifications, délibérée ou non-délibérée, au territoire d’une population devraient faire l’objet d’un suivi et être enregistrées. La formulation de buts quantitatifs en matière de population pourrait aussi aider l’équipe de rétablissement à évaluer le succès des initiatives de rétablissement.

Les modalités de dispersiondes graines doivent aussi être définies. Les mécanismes qui régissent le transport des graines du pycnanthème gris sont inconnus. L’identification des prédateurs et des pollinisateurs de l’espèce pourrait apporter un éclairage sur les mécanismes de dissémination des graines utilisés par cette espèce.

17.3 Besoin en matière d’études pour clarifier les menaces

Des recherches additionnelles sont requises au sujet des éboulements; il faudrait savoir comment améliorer la stabilité de la pente où se trouve la plus grosse population de pycnanthèmes gris. On croit qu'un éboulement aurait éliminé la majeure partie de la population d’un des sites (à l’exception de deux individus).

La dépendance de cette espèce envers les terrains partiellement ouverts pourrait demander une gestion particulière. Les perturbations d’origine humaine peuvent réduire ou augmenter la quantité d’habitat convenable nécessaire à la persistance de l’espèce ou à la recolonisation des sites. L’enlèvement périodique de la végétation ligneuse est peut-être nécessaire pour maintenir l’habitat dans des conditions d’ouverture convenables. Même si l’espèce dépend d’une certaine forme de perturbation pour sa survie, toutes les perturbations ne sont pas nécessairement bénéfiques. Des recherches additionnelles sont nécessaires pour déterminer les impacts de la gestion. 

18. Caractère réalisable du rétablissement sur les plans écologique et technique

Selon les connaissances actuelles, le rétablissement du pycnanthème gris est jugé réalisable sur les plans technique et biologique.

Le nombre de tiges est un paramètre important puisqu’il donne une bonne indication de l'âge et de la vigueur du plant. Selon Crins (1986), le pycnanthème gris se reproduirait principalement par voie végétative. Il a peut-être raison bien que l'espèce produise suffisamment de graines viables pour assurer sa reproduction. Il est possible que les conditions du milieu ne soient pas propices à la germination des graines de l'espèce. De plus, la concurrence des arbustes indigènes et non indigènes réduit peut-être le taux de reproduction par les graines. Le pycnanthème gris étant autocompatible, l’isolement d’une population n’a aucune incidence sur la probabilité de reproduction sexuée (Chambers, 1961, 1962). On ne sait pas si l’espèce maintient un réservoir de graines viables.

Les conditions de l’habitat idéal sont celles où les perturbations naturelles et l’empiètement de la végétation ligneuse sur l’habitat ouvert est négligeable (Obee, 1994). La région compte une quantité limitée d’habitat convenable non colonisé. Comme cette espèce pousse principalement sur les pentes de cette région orientées au sud des Burlington Bluffs, l’habitat disponible est très restreint. De plus, la succession végétale et l’introduction d’espèces envahissantes ont éliminé la majeure partie de l’habitat convenable pour cette espèce qui est mieux adaptée aux habitats ouverts et secs. Il serait possible de réintroduire l’espèce dans des endroits convenables, mais il faudrait d’abord brûler ou enlever manuellement les arbustes pour préparer l’habitat à recevoir les plants.

Les herbacées qu’on trouve dans les secteurs dégagés des terres boisées sont souvent des espèces pionnières qui colonisent les trouées créées par les perturbations naturelles comme les chablis, les feux et l'érosion (Obee, 1994). La modification de ce processus naturel peut conduire à un stade de succession où la végétation sera dominée par des arbres matures et d'âge uniforme et, éventuellement, à la disparition du pycnanthème gris. Cependant, le potentiel de rétablissement des populations de l’espèce devrait être bon tant qu'il existe une source de graines de l’espèce à proximité des habitats nouvellement disponibles. Comme les Burlington Bluffs ne sont pas entretenus et que le développement y est impossible, il serait possible de remettre en état les secteurs adjacents en utilisant un plan de gestion qui inclut le brûlage dirigé.

Le pycnanthème gris fait l’objet de multiplications dans le cadre du projet pilote de banque de semences des Jardins botaniques royaux, à Hamilton, en Ontario. Des graines ont été cueillies et conservées. De plus, les JBR ont produit environ 400 plants. Ceux-ci ont été transplantés dans une prairie-jardin de démonstration qui sert à des fins d’éducation et de production de semences. Il serait avantageux de transplanter un certain nombre des plants produits en 1999 dans la « prairie suspendue » afin d'assurer la survie de l'espèce à cet endroit. Les taux de germination (83 % dans des conditions favorables) et de survie des populations ex situ de l’espèce sont élevés. On a également observé une vigoureuse croissance racinaire chez les sujets cultivés (P. O'Hara, comm. pers.).

19. Approche ou échelle recommandée

Comme l’habitat actuel de l’espèce ne représente qu’une petite superficie, cet habitat peut facilement être géré comme une entité distincte, et il faudrait considérer des pratiques de gestion distinctes liées spécifiquement aux besoins du pycnanthème gris en matière d’habitat.

Il serait important d’explorer les possibilités de collaboration avec l’équipe de rétablissement du tricophore à feuilles plates car les deux espèces partagent des similarités au niveau des menaces et des besoins en matière d’habitat. De plus, les deux espèces pourraient bénéficier des mêmes mesures de rétablissement.

Le pycnanthème gris était, au point de départ, considéré comme une espèce appartenant à la communauté d’herbes hautes du sud de l’Ontario (Rodger, 1998).Il n’est pas considéré comme une espèce des prairies, mais il serait possible que l’espèce se trouve dans des prairies à herbes hautes en raison de son affinité pour les habitats ouverts secs. D’autres espèces du genrePycnanthemum(P. verticillatum var. pilosum, P. virginianum, P. tenuifolium) sont considérées comme des espèces associées aux prairies et sont intégrées au programme de rétablissement des communautés à herbes hautes (Rodger, 1998). La dégradation extrême de l’habitat du pycnanthème gris et l’absence d’espèces rares associées à cet habitat font que l’espèce peut difficilement être considérée comme une espèce dont le rétablissement devrait être intégré au programme de rétablissement des communautés à herbes hautes. Toutefois, cette option devrait être discutée plus avant avec l’équipe de rétablissement des communautés à herbes hautes.

20.  Références

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