Profil d'espèce

Dégélie plombée

Nom scientifique : Degelia plumbea
Taxonomie : Lichens
Distribution : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse , Terre-Neuve-et-Labrador
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2010
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Dégélie plombée

Description

La dégélie plombée (Degelia plumbea) est un grand lichen foliacé gris-bleu. Le thalle peut mesurer plus de dix centimètres de diamètre et présente des crêtes longitudinales et des lignes en forme de croissants qui lui confèrent souvent un aspect festonné. Le dessous du thalle comporte un feutrage fongique (hypothalle) bien visible, généralement noir-bleu, qui dépasse de la marge du thalle. L’espèce ne produit pas de propagules végétatives. Les organes de reproduction sexuée sont généralement présents en abondance. Ces organes sont brun-rouge et deviennent souvent plus foncés avec l’âge. Ils renferment des sacs sporifères (asques) contenant chacun huit ascospores ovoïdes, incolores, non cloisonnées. L’organisme photosynthétique du lichen appartient au genre Nostoc; c’est le genre de cyanobactéries qui est le plus commun chez les lichens. (Mise à jour 2017/08/11)

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Répartition et population

La dégélie plombée, tout comme l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), est un des lichens qui se rencontrent à la fois dans l’est de l’Amérique du Nord et dans l’ouest de l’Europe. En Amérique du Nord, l’espèce ne se rencontre que sur la côte est et notamment dans trois provinces canadiennes, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador (île de Terre-Neuve seulement). La dégélie plombée est relativement commune en Nouvelle-Écosse, peu commune à Terre-Neuve et rare au Nouveau-Brunswick. Aux États-Unis, l’espèce n’a été signalée que dans deux localités du Maine. (Mise à jour 2017/08/11)

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Habitat

La dégélie plombéese rencontre généralement sur le tronc de vieux feuillus poussant en milieu humide ou à proximité de lacs ou de cours d’eau. Au Canada et dans le nord-ouest de l’Europe, le lichen pousse dans des zones côtières à climat subocéanique, mais également à une certaine distance de la mer, dans des vallées humides. L’espèce préfère les forêts fraîches et humides mixtes ou dominées par les feuillus. La dégélie plombée semble privilégier les feuillus mûrs et particulièrement les érables, les frênes et le bouleau jaune. Au Nouveau-Brunswick, dans deux des trois occurrences connues, le lichen pousse sur le thuya occidental. À Terre-Neuve, il pousse principalement sur le bouleau jaune mais pousse aussi, très occasionnellement, sur l’épinette blanche. À la limite nord de sa répartition en Nouvelle-Écosse, la dégélie plombée a été trouvée à une occasion sur des roches couvertes de mousses. (Mise à jour 2017/08/11)

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Biologie

La dégélie plombéeappartient au groupe des cyanolichens, qui réunit les lichens constitués d’un champignon et d’une cyanobactérie. La cyanobactérie fournit les glucides et les acides aminés nécessaires à la croissance du lichen, en accomplissant la photosynthèse et en fixant l’azote atmosphérique. La dégélie plombée se reproduit au moyen d’apothécies qui éjectent des spores dans l’air. Lorsqu’une de ces spores atterrit sur un substrat adéquat et rencontre une cyanobactérie compatible du genre Nostoc, un nouveau lichen s’établit. (Mise à jour 2017/08/11)

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Menaces

La dégélie plombée privilégie les localités où l’humidité est élevée. La plupart des sociétés de bois de sciage et de bois à pâte exploitent en priorité les forêts dominées par les sapins, les épinettes et les pins et évitent les secteurs marécageux. De plus, certaines règles de protection des rivages ont aidé à maintenir l’habitat de la dégélie plombée. Cependant, toute discontinuité du milieu forestier provoquée par la récolte des arbres a pour effet d’accroître l’éclairement et de diminuer l’humidité dans l’habitat de l’espèce. Ce facteur a nui et continuera de nuire à la persistance de l’espèce en Nouvelle-Écosse. En raison de ses préférences en matière de substrat et d'autres caractéristiques du milieu, la dégélie plombée a généralement été épargnée par la récolte directe. Le développement de la construction de maisons et de chalets ainsi que certains changements d’orientation de l’industrie forestière, dans le sens d’une exploitation accrue de la biomasse, risquent également de créer des ouvertures dans des forêts ayant jusqu’alors fourni un habitat à la dégélie plombée. On reconnaît actuellement la nécessité d’appliquer des mesures à l’échelle des paysages, mais il n’existe encore aucune stratégie visant à protéger les communautés lichéniques dont fait partie la dégélie plombée. En Nouvelle-Écosse, il existe plus de 80 occurrences actuelles de la dégélie plombée, et, pour les raisons déjà mentionnées, il est peu probable que l’espèce disparaisse des comtés où elle est actuellement présente. Cependant, le nombre des occurrences pourrait bien diminuer au cours des dix prochaines années, si la destruction des forêts se poursuit au rythme actuel. Les changements microclimatiques se produisant en bordure des parterres de coupe risquent de nuire à l’espèce. La dégélie plombée se rencontre le plus souvent sur les feuillus des baissières à érable rouge, et il y aura sans doute de plus en plus de travaux forestiers à l’intérieur ou à proximité de ces milieux, à mesure que gagnera en popularité l’exploitation de la biomasse forestière pour la production d’électricité. Jusqu’à présent, on n’a pas cartographié les baissières à érable rouge de la province, et on n’a pas envisagé leur protection. La dégélie plombée est beaucoup plus rare au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve. À Terre-Neuve, certaines occurrences se trouvent dans des parcelles où la récolte commerciale était jusqu’à récemment approuvée. De plus, dans cette province, l’abattage de feuillus mûrs comme bois de chauffage ainsi que le broutage dû aux grandes populations d’orignaux limiteront la disponibilité future de vieux bouleaux jaunes, principaux hôtes du lichen. Comme les autres cyanolichens, la dégélie plombée est très sensible à la pollution atmosphérique et aux pluies acides. Les émissions de substances polluantes acidifiantes devraient diminuer dans l’est de l’Amérique au cours des 12 prochaines années, mais certains projets de développement industriel risquent d’accroître ces émissions dans certains secteurs de Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Écosse. Ces projets pourraient constituer une menace pour les populations existantes du lichen. Le changement climatique constitue une autre menace. Des analyses préliminaires sur la fréquence de la brume le long de la côte atlantique de Nouvelle-Écosse et sur la presqu’île d’Avalon du sud-est de Terre-Neuve semblent indiquer que cette fréquence a connu une diminution appréciable au cours des dernières décennies. Comme la dégélie plombée est particulièrement sensible aux changements du régime d’humidité, elle pourrait souffrir d’une fréquence moindre de la brume. (Mise à jour 2017/08/11)

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la dégélie plombée (Degelia plumbea) au Canada (2011)

    La dégélie plombée (Degelia plumbea) est un grand lichen foliacé gris-bleu. Le thalle peut mesurer plus de dix centimètres de diamètre et présente des crêtes longitudinales et des lignes en forme de croissants qui lui confèrent souvent un aspect festonné. Le dessous du thalle comporte un feutrage fongique (hypothalle) bien visible, généralement noir-bleu, qui dépasse de la marge du thalle. L’espèce ne produit pas de propagules végétatives. Les organes de reproduction sexuée sont généralement présents en abondance. Ces organes sont brun-rouge et deviennent souvent plus foncés avec l’âge. Ils renferment des sacs sporifères (asques) contenant chacun huit ascospores ovoïdes, incolores, non cloisonnées. L’organisme photosynthétique du lichen appartient au genre Nostoc; c’est le genre de cyanobactéries qui est le plus commun chez les lichens.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Dégélie plombée (2011)

    Au Canada, ce lichen ne se trouve que dans la région de l'Atlantique. L’espèce est très rare au Nouveau-Brunswick, peu commune à Terre-Neuve, mais plus fréquente en Nouvelle-Écosse. Ce lichen épiphyte pousse principalement sur des feuillus dans des régions boisées et est vulnérable aux perturbations ayant pour effet une réduction de l'humidité de son habitat. L'espèce est également très sensible aux pluies acides. L’exploitation forestière représente une menace pour l’espèce par le retrait direct ou la création d’un effet de lisière, menant ainsi à une réduction de l’humidité au sein du peuplement. À Terre-Neuve, le broutage de l’arbre hôte du lichen par une densité élevée d’orignaux est également une source de préoccupation. La pollution atmosphérique est une menace, particulièrement au Nouveau-Brunswick, mais également en Nouvelle-Écosse.

Plans d'actions

  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada Terra Nova et les lieux historiques nationaux du Canada de l’Est de Terre Neuve (2017)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada Terra-Nova et les lieux historiques nationaux du Canada de l’Est de Terre-Neuve s’applique aux terres et aux eaux situées dans les limites du parc national du Canada Terra-Nova (PNTN) et des lieux historiques nationaux du Canada situés dans l’Est de Terre-Neuve, notamment les lieux historiques nationaux du Canada de l’Établissement-Ryan, du Cottage-Hawthorne, de Castle Hill, de Signal Hill et du Phare-du-Cap-Spear. Le plan satisfait aux exigences relatives aux plans d’action établies par la Loi sur les espèces en péril (LEP, art. 47) en ce qui a trait aux espèces pour lesquelles il faut établir un plan d’action et qui sont observées régulièrement dans ce parc national et ces lieux historiques nationaux (LHN). Les mesures décrites dans ce plan profiteront également à d’autres espèces préoccupantes du point de vue de la conservation qui sont régulièrement observées dans le PNTN et les LHN de la région.
  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik (2017)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujikvise les terres et les eaux se trouvant dans les limites du parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik (PNLHNK), y compris le parc national Kejimkujik Bord de mer. Le plan satisfait aux exigences relatives aux plans d’action fixées dans la Loi sur les espèces en péril (LEP, art.47) pour les espèces qui requièrent un plan d’action et qui sont présentes de façon régulière dans ces sites. Les mesures décrites dans le présent plan profiteront également à d’autres espèces préoccupantes du point de vue de la conservation, qui fréquentent régulièrement le PNLHNK.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2016)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    La biodiversité diminue rapidement dans le monde entier, à mesure que certaines espèces disparaissent. On estime que le taux d’extinction est maintenant de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Une corrélation positive a été établie entre la biodiversité et la productivité de l’écosystème, sa santé et sa résilience (c’est-à-dire la capacité de l’écosystème à s’adapter aux changements ou à se défendre contre les perturbations), et, compte tenu de l’interdépendance des espèces, une perte de biodiversité peut réduire les fonctions et services écosystémiques (par exemple les processus naturels comme la défense contre les ravageurs, la pollinisation, la diminution des vagues sur la côte, la régulation de la température et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santé des Canadiens et ont aussi des liens importants avec l’économie du pays. De petits changements au sein d’un écosystème qui ont pour effet la perte d’individus et d’espèces peuvent donc avoir des conséquences néfastes, irréversibles et variées. Décret concernant la Liste des espèces en péril (renvoi au COSEPAC)

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2010 - 2011 (2011)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année, le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages pour évaluer le statut ou revoir la classification d'un total de 92 espèces sauvages.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres - Décembre 2011 (2011)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la Loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 8 février 2012 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 8 novembre 2012 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Renseignements connexes

  • Plan d'inscription 2016 à 2018 d’Environnement et Changement climatique Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (2017)

    Le statut des espèces sauvages est évalué par un groupe d'experts indépendants, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 149 espèces terrestres ont été évaluées comme étant en péril par le COSEPAC entre 2009 et 2016 et sont admissibles à être considérées par le gouverneur en conseil sur la recommandation de la Ministre de l'Environnement pour l'inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP): 86 espèces seraient de nouveaux ajouts, 54 espèces inscrites au registre seraient reclassifiées et l’inscription de 9 espèces serait mise à jour pour refléter les changements dans leurs unités désignables reconnues. Un plan d'inscription de trois ans a été élaboré pour les 149 espèces terrestres et les décisions d'inscription pour la majorité des espèces sont prévues d'ici la fin de 2018. Faire des modifications à l'annexe 1 de la LEP est un processus en deux étapes. La première étape consiste à ce que le gouverneur en conseil propose un amendement par décret publié dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une période de commentaires publics de 30 jours. La deuxième étape consiste à ce que le gouverneur en conseil prenne la décision finale de modifier ou non l'annexe 1 de la LEP en tenant compte des commentaires reçus pendant la période de commentaires publics de 30 jours. Les modifications sont apportées par décret publié dans la Partie II de la Gazette du Canada. Les deux décrets sont accompagnés d'un résumé de l'étude d'impact de la réglementation (REIR) qui présente les répercussions de l'inscription de l'espèce ou de la modification de son statut. La publication de ce plan dans le Registre public des espèces en péril vise à assurer la transparence au sujet du plan du gouvernement du Canada de prendre des décisions d'inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril. NOTE: Les renseignements présentés ci-dessous visent à assurer l'ouverture et la transparence en ce qui concerne le moment où les espèces terrestres pourraient être considérées pour ajout ou reclassification à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Il est destiné à aider tous ceux qui souhaiteront peut-être formuler des commentaires sur ces considérations. Comme de nombreux facteurs pourraient affecter la date de prise d’une décision d’inscription, le plan est sujet à changement. En conséquence, il sera mis à jour périodiquement.