Profil d'espèce

Baccharis à feuilles d'arroche

Nom scientifique : Baccharis halimifolia
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2011
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Baccharis à feuilles d'arroche

Description

Le baccharis à feuilles d’arroche est une plante vivace arbustive de la famille des Astéracées qui pousse dans les marais salés. Au Canada, l’arbuste peut atteindre une hauteur de 1 à 3 mètres et perd ses feuilles en automne. Les feuilles sont vert-gris et alternes. Les fleurs mâles et femelles sont produites par des individus différents. L’arbuste fleurit vers la fin de l’été, et ses inflorescences de fleurs minuscules peuvent être très nombreuses chez les plus grands individus. Les fruits sont surmontés d’un pappus (aigrette) d’un blanc éclatant qui rend les individus femelles faciles à détecter à la fin de l’été et au début de l’automne. Au Canada, le baccharis à feuilles d’arroche est une espèce rare, qui se rencontre dans une zone restreinte située à plus de 400 km de l’occurrence la plus proche, située dans le nord du Massachusetts. Le baccharis à feuilles d’arroche est la seule espèce de son genre et de sa sous-tribu à pousser à l’état indigène au Canada. L’arbuste est employé à des fins horticoles aux États-Unis. Certaines espèces du genre Baccharis renferment divers composés ayant des usages médicinaux, dont certains pourraient servir contre le cancer, mais les propriétés de ces composés ont été peu étudiées. Aux États-Unis, des premières nations auraient fait usage de certaines espèces pour le traitement de plaies et de blessures ainsi que comme antibactérien ou comme vomitif. Le baccharis à feuilles d’arroche a été introduit en Europe méditerranéenne et en Australie, où il est devenu une plante nuisible envahissante. Dans certains États des États-Unis, l’espèce est considérée comme une mauvaise herbe nuisible à l’agriculture. (Mise à jour 2017/08/30)

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Répartition et population

Le baccharis à feuilles d’arroche pousse à l’état indigène le long du golfe du Mexique et de la côte est des États-Unis, depuis l’État de Vera Cruz, au Mexique, jusqu’à la partie nord du Massachusetts. Dans le sud, vers l’intérieur des terres, l’espèce atteint l’Oklahoma, l’Arkansas, le Tennessee et le plateau du Piedmont, juste à l’est des Appalaches, mais une partie de cette répartition résulte d’une propagation postérieure à la colonisation européenne. L’arbuste pousse également à l’état indigène à Cuba et dans les Bahamas. Au Canada, toutes les occurrences sont situées dans une zone côtière de 25 km de largeur, dans l’extrême sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Comme ces populations sont dominées par de gros individus matures, l’espèce semble être présente depuis longtemps dans cette province. (Mise à jour 2017/08/30)

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Habitat

Aux États-Unis, le baccharis à feuilles d’arroche se rencontre dans divers types de milieux humides ou perturbés. Au Canada, il se rencontre uniquement en terrain dégagé, en bordure de marais salés bien développés, à l’intérieur de havres ou de baies lui conférant une certaine protection contre le vent et les vagues. L’arbuste pousse à l’intérieur ou à proximité de la zone de transition entre le marais salé et la forêt côtière, où la végétation est dominée par des plantes graminoïdes et des arbustes de 0,5 à 2 m de hauteur. Des facteurs climatiques limitent sans doute la zone d’occurrence de l’espèce. Les courants océaniques exercent un effet modérateur sur le climat de la zone côtière du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et particulièrement sur la région de Yarmouth, où pousse le baccharis à feuilles d’arroche. Les hivers y sont les plus doux au Canada, si on exclut le sud de la Colombie-Britannique, et les températures y sont beaucoup plus douces que sur la côte du Maine, pourtant située à la même latitude. (Mise à jour 2017/08/30)

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Biologie

En Nouvelle-Écosse, le baccharis à feuilles d’arroche fleurit depuis la fin juillet jusqu’au milieu ou à la fin septembre. Les individus femelles peuvent produire jusqu’à un million de graines. À maturité, les akènes (fruits renfermant une seule graine) sont dispersés par l’eau et le vent, cette dispersion étant facilitée par le pappus qui reste fixé à l’akène. Les akènes arrivent à maturité vers la fin août ou en septembre, et la plupart sont dispersés avant la fin octobre. En Nouvelle-Écosse (mais non dans le sud des États-Unis), les feuilles tombent à la fin octobre ou en novembre, plus tard que chez la plupart des autres arbustes poussant dans les mêmes milieux. L’établissement à partir de graines doit être rare en Nouvelle-Écosse, car les semis sont rarement observés. Par ailleurs, comme le tronc des gros individus peut atteindre 10 cm de diamètre, il doit s’agir de vieux arbustes. Les individus matures peuvent sans doute persister plusieurs dizaines d’années ou même davantage, car de nouvelles pousses se forment à leur base. L’arbuste peut également se propager par enracinement de branches basses. Le réservoir de semences du sol n’a sans doute pas un rôle important, car les graines ont une capacité de dormance limitée; elles peuvent cependant survivre au moins deux ans si elles sont enfouies. (Mise à jour 2017/08/30)

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Menaces

La seule menace imminente pour le baccharis à feuilles d’arroche est la perte d’habitat due au développement foncier du littoral et principalement à la construction de chalets et de résidences. Ce développement se poursuit de manière intensive sur la côte atlantique de Nouvelle-Écosse depuis une trentaine d’années et a entraîné une hausse fulgurante de la valeur des terrains. Le baccharis à feuilles d’arroche pousse dans des milieux côtiers esthétiquement attrayants, et la plupart des occurrences se trouvent à quelques centaines de mètres de bonnes routes. Le fait que l’habitat se trouve en bordure de la forêt côtière expose particulièrement l’espèce au débroussaillage effectué par les propriétaires souhaitant avoir vue sur la mer ou accès à la mer. L’espèce est cependant relativement protégée du développement dans de nombreux sites, y compris ceux des deux plus grandes sous-populations, qui se trouvent sur des îlots à l’intérieur de marais salés, ce qui rend la construction d’un chemin d’accès coûteuse ou contraire aux règlements de protection de l’environnement. La mort d’individus apparemment causée par une inondation en eau salée a été observée très localement, et la perte d’habitat due à l’élévation du niveau de la mer pourrait un jour constituer une menace. L’impact localisé du broutage par les bovins a également été observé dans un des sites. L’extrême concentration de l’effectif canadien (environ 88 % du total) en deux groupes denses occupant en tout 11,5 ha fait en sorte que le développement foncier, l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes de nature aléatoire risquent de réduire de manière substantielle l’effectif canadien total de l’espèce. S’il y a peu de recrutement à partir de graines, comme le laissent croire certaines observations, tout facteur pouvant détruire des individus matures constitue une menace particulièrement grave. (Mise à jour 2017/08/30)

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Baccharis à feuilles d'arroche est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

7 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le baccharis à feuilles d'arroche (Baccharis halimifolia) au Canada (2012)

    Le baccharis à feuilles d’arroche est une plante vivace arbustive de la famille des Astéracées qui pousse dans les marais salés. Au Canada, l’arbuste peut atteindre une hauteur de 1 à 3 mètres et perd ses feuilles en automne. Les feuilles sont vert-gris et alternes. Les fleurs mâles et femelles sont produites par des individus différents. L’arbuste fleurit vers la fin de l’été, et ses inflorescences de fleurs minuscules peuvent être très nombreuses chez les plus grands individus. Les fruits sont surmontés d’un pappus (aigrette) d’un blanc éclatant qui rend les individus femelles faciles à détecter à la fin de l’été et au début de l’automne. Au Canada, le baccharis à feuilles d’arroche est une espèce rare, qui se rencontre dans une zone restreinte située à plus de 400 km de l’occurrence la plus proche, située dans le nord du Massachusetts. Le baccharis à feuilles d’arroche est la seule espèce de son genre et de sa sous-tribu à pousser à l’état indigène au Canada. L’arbuste est employé à des fins horticoles aux États-Unis. Certaines espèces du genre Baccharis renferment divers composés ayant des usages médicinaux, dont certains pourraient servir contre le cancer, mais les propriétés de ces composés ont été peu étudiées. Aux États-Unis, des premières nations auraient fait usage de certaines espèces pour le traitement de plaies et de blessures ainsi que comme antibactérien ou comme vomitif. Le baccharis à feuilles d’arroche a été introduit en Europe méditerranéenne et en Australie, où il est devenu une plante nuisible envahissante. Dans certains États des États-Unis, l’espèce est considérée comme une mauvaise herbe nuisible à l’agriculture.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Baccharis à feuilles d'arroche (2013)

    Cette espèce fait partie de la flore de la plaine côtière de l’Atlantique. Cet arbuste canadien rare et isolé est restreint à un habitat de marais salé très particulier dans le sud de la Nouvelle-Écosse. Son habitat côtier est en déclin en raison de l'augmentation de l'aménagement du littoral. De plus, les effets des changements climatiques, incluant  l'élévation du niveau de la mer et l'augmentation et la fréquence des ondes de tempête, mèneront à la perte et à la dégradation de l’habitat et auront des répercussions sur les individus au cours des quelques prochaines décennies.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2016)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    La biodiversité diminue rapidement dans le monde entier, à mesure que certaines espèces disparaissent. On estime que le taux d’extinction est maintenant de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Une corrélation positive a été établie entre la biodiversité et la productivité de l’écosystème, sa santé et sa résilience (c’est-à-dire la capacité de l’écosystème à s’adapter aux changements ou à se défendre contre les perturbations), et, compte tenu de l’interdépendance des espèces, une perte de biodiversité peut réduire les fonctions et services écosystémiques (par exemple les processus naturels comme la défense contre les ravageurs, la pollinisation, la diminution des vagues sur la côte, la régulation de la température et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santé des Canadiens et ont aussi des liens importants avec l’économie du pays. De petits changements au sein d’un écosystème qui ont pour effet la perte d’individus et d’espèces peuvent donc avoir des conséquences néfastes, irréversibles et variées. Décret concernant la Liste des espèces en péril (renvoi au COSEPAC)

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2011-2012 (2012)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (1er septembre 2011 au 30 septembre 2012), le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 21 au 25 novembre 2011, et la deuxième, du 29 avril au 4 mai 2012. Le 3 février 2012, un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC a également évalué la situation de la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus), de la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus) et de la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis). Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 67 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2011-2012 sont les suivants : Disparues : 1 Disparues du pays : 4 En voie de disparition : 29 Menacées : 10 Préoccupantes : 15 Données insuffisantes : 2 Non en péril : 6 Total : 67 Sur les 67 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 49 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente (voir le tableau 1a).

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres - Décembre 2012 (2013)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la Loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 4 mars 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières; et le 4 octobre 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées. Processus de consultation.

Renseignements connexes

  • Plan d'inscription 2016 à 2018 d’Environnement et Changement climatique Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (2017)

    Le statut des espèces sauvages est évalué par un groupe d'experts indépendants, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 149 espèces terrestres ont été évaluées comme étant en péril par le COSEPAC entre 2009 et 2016 et sont admissibles à être considérées par le gouverneur en conseil sur la recommandation de la Ministre de l'Environnement pour l'inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP): 86 espèces seraient de nouveaux ajouts, 54 espèces inscrites au registre seraient reclassifiées et l’inscription de 9 espèces serait mise à jour pour refléter les changements dans leurs unités désignables reconnues. Un plan d'inscription de trois ans a été élaboré pour les 149 espèces terrestres et les décisions d'inscription pour la majorité des espèces sont prévues d'ici la fin de 2018. Faire des modifications à l'annexe 1 de la LEP est un processus en deux étapes. La première étape consiste à ce que le gouverneur en conseil propose un amendement par décret publié dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une période de commentaires publics de 30 jours. La deuxième étape consiste à ce que le gouverneur en conseil prenne la décision finale de modifier ou non l'annexe 1 de la LEP en tenant compte des commentaires reçus pendant la période de commentaires publics de 30 jours. Les modifications sont apportées par décret publié dans la Partie II de la Gazette du Canada. Les deux décrets sont accompagnés d'un résumé de l'étude d'impact de la réglementation (REIR) qui présente les répercussions de l'inscription de l'espèce ou de la modification de son statut. La publication de ce plan dans le Registre public des espèces en péril vise à assurer la transparence au sujet du plan du gouvernement du Canada de prendre des décisions d'inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril. NOTE: Les renseignements présentés ci-dessous visent à assurer l'ouverture et la transparence en ce qui concerne le moment où les espèces terrestres pourraient être considérées pour ajout ou reclassification à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Il est destiné à aider tous ceux qui souhaiteront peut-être formuler des commentaires sur ces considérations. Comme de nombreux facteurs pourraient affecter la date de prise d’une décision d’inscription, le plan est sujet à changement. En conséquence, il sera mis à jour périodiquement.