Profil d'espèce

Salamandre sombre du Nord Population carolinienne

Nom scientifique : Desmognathus fuscus
Taxonomie : Amphibiens
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2012
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Salamandre sombre du Nord

Description

La salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus) appartient à la famille des Pléthodontidés (salamandres sans poumons). En règle générale, le corps de l’adulte est brunâtre et porte une rayure dorsale claire qui continue jusqu’à la première portion de la queue. Il est parsemé de mouchetures foncées concentrées sur les flancs, lesquelles deviennent blanches ou grises sur la surface ventrale. Les individus âgés sont plutôt d’un brun foncé ou noir uniforme. Dans les premières étapes de leur vie, les individus ont cinq à huit paires de taches dorsales. Chez l’adulte et la larve, les pattes postérieures sont plus grosses que les pattes antérieures et une ligne pâle s’étend de l’œil jusqu’à l’arrière de la mâchoire. La salamandre sombre du Nord est la représentante de son genre la plus répandue au Canada. (Mise à jour 2017/08/30)

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Répartition et population

La salamandre sombre du Nord est répartie dans l’ensemble des régions montagneuses de l’est de l’Amérique du Nord. La répartition canadienne représente environ 5 % de l’aire de répartition mondiale et comprend une petite zone dans la gorge de la Niagara, en Ontario, trois grandes zones au Québec (les piémonts des Adirondacks, les contreforts des Appalaches et la rive nord du fleuve Saint-Laurent) ainsi que des zones isolées dans le sud du Nouveau-Brunswick. Dans son aire de répartition, la salamandre sombre du Nord est généralement présente de façon discontinue dans les petits ruisseaux de haute altitude, dans les milieux forestiers. Il y a deux unités désignables (UD), l’UD carolinienne en Ontario, et l’UD du Québec et du Nouveau-Brunswick. (Mise à jour 2017/08/30)

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Habitat

La salamandre sombre du Nord habite à proximité des sources, des suintements et des petits affluents de ruisseaux d’amont à eau claire dans les milieux forestiers. Elle se cache sous divers abris (pierres, troncs d’arbres, litière de mousse ou de feuilles) ou dans les refuges souterrains frais près de la bordure des ruisseaux. Elle se nourrit le long de la rive des cours d’eau, le plus souvent dans l’habitat terrestre. La femelle niche habituellement dans les micromilieux cryptiques, près de la source d’un cours d’eau où le sol est saturé. Les larves sont strictement aquatiques et restent dans les interstices entre les roches du lit des ruisseaux durant leur développement. En hiver, les larves demeurent dans les eaux courantes peu profondes, tandis que les adultes se retirent dans les refuges souterrains où l’eau s’écoule de façon continue. La disponibilité et la qualité de l’habitat sont optimales dans les bassins hydrographiques non perturbés où le couvert forestier est abondant. (Mise à jour 2017/08/30)

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Biologie

Le cycle vital de la salamandre sombre du Nord est biphasique : il comporte un stade larvaire aquatique de 7 à 16 mois suivi d’un stade adulte semi-aquatique. L’espèce atteint la maturité sexuelle à 3 ou 4 ans. L’accouplement a lieu au printemps ou à l’automne, et la femelle pond chaque année à la fin du printemps et en été. La fécondité augmente avec la taille corporelle, et le nombre d’œufs varie entre 8 et 45 selon la région géographique. La femelle demeure avec ses œufs jusqu’à l’éclosion, soit 45 à 60 jours après la ponte. La durée de vie maximale est d’environ 10 ans. La salamandre sombre du Nord est particulièrement vulnérable à la perte d’eau et est plus active la nuit. La menace de dessiccation limite la dispersion de l’espèce par voie terrestre. Les déplacements se font principalement le long du chenal des cours d’eau, généralement à quelques mètres du bord de l’eau. Le domaine vital de l’adulte est petit (0,1 m² à 3,6 m²). L’espèce se nourrit d’invertébrés aquatiques et terrestres au gré des possibilités. Elle est dépourvue de mécanismes de défense contre les prédateurs, mais elle peut s’autoamputer la queue. Les principaux prédateurs de la salamandre sombre du Nord sont les poissons, les serpents, les écrevisses, les oiseaux, les petits mammifères et les grosses salamandres. Il arrive, quoique rarement, qu’il y ait hybridation entre la salamandre sombre du Nord et la salamandre sombre des montagnes. (Mise à jour 2017/08/30)

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Menaces

Au Canada, les changements de l’approvisionnement en eau et de la qualité de l’eau occasionnés par les activités humaines sont les principales menaces à la survie de la salamandre sombre du Nord. La baisse de l’approvisionnement en eau souterraine dans l’habitat de l’espèce peut être catastrophique pour les populations locales. L’augmentation artificielle des volumes d’eau rejetés dans certaines zones perturbe aussi probablement les populations de salamandres et réduit les micromilieux adéquats. Les eaux de ruissellement des zones urbaines, industrielles et agricoles peuvent contaminer les eaux souterraines et les courants d’eau. La contamination par les métaux lourds provenant des dépôts atmosphériques est sans doute responsable de la disparition de l’espèce de l’Acadia National Park dans le Maine. L’acidification des ruisseaux est aussi un facteur préoccupant pour l’espèce, car près de 40 % des ruisseaux de montagne dans le sud des Appalaches montrent des signes d’acidification. La récolte de bois, les parcs éoliens et l’urbanisation des bassins hydrographiques réduisent l’approvisionnement en eau, la qualité de l’eau et la disponibilité des micromilieux. L’envasement compte parmi les effets négatifs les plus importants de la récolte de bois, car les interstices utilisés par la salamandre pour se nourrir, s’abriter, nicher et hiverner s’en trouvent perdus. À l’échelle du bassin hydrographique, l’urbanisation a entraîné la disparition de l’espèce du parc national du mont Saint-Hilaire (Québec) et d’autres zones. L’introduction de poissons prédateurs, en particulier l’omble de fontaine, représente une menace pour l’espèce. (Mise à jour 2017/08/30)

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Salamandre sombre du Nord, Population carolinienne, est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

7 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus) au Canada (2013)

    La salamandre sombre du Nord (Desmognathus fuscus) appartient à la famille des Pléthodontidés (salamandres sans poumons). En règle générale, le corps de l’adulte est brunâtre et porte une rayure dorsale claire qui continue jusqu’à la première portion de la queue. Il est parsemé de mouchetures foncées concentrées sur les flancs, lesquelles deviennent blanches ou grises sur la surface ventrale. Les individus âgés sont plutôt d’un brun foncé ou noir uniforme. Dans les premières étapes de leur vie, les individus ont cinq à huit paires de taches dorsales. Chez l’adulte et la larve, les pattes postérieures sont plus grosses que les pattes antérieures et une ligne pâle s’étend de l’œil jusqu’à l’arrière de la mâchoire. La salamandre sombre du Nord est la représentante de son genre la plus répandue au Canada.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Salamandre sombre du Nord, Population carolinienne (2013)

    Cette espèce est restreinte à un petit ruisseau soutenu par le suintement des eaux souterraines sur la pente raide d’une gorge vulnérable à l’érosion, au dépôt atmosphérique de polluants et à l’acidification de l’habitat. La population est petite et vulnérable à la stochasticité écologique, démographique et génétique.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2016)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    La biodiversité diminue rapidement dans le monde entier, à mesure que certaines espèces disparaissent. On estime que le taux d’extinction est maintenant de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Une corrélation positive a été établie entre la biodiversité et la productivité de l’écosystème, sa santé et sa résilience (c’est-à-dire la capacité de l’écosystème à s’adapter aux changements ou à se défendre contre les perturbations), et, compte tenu de l’interdépendance des espèces, une perte de biodiversité peut réduire les fonctions et services écosystémiques (par exemple les processus naturels comme la défense contre les ravageurs, la pollinisation, la diminution des vagues sur la côte, la régulation de la température et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santé des Canadiens et ont aussi des liens importants avec l’économie du pays. De petits changements au sein d’un écosystème qui ont pour effet la perte d’individus et d’espèces peuvent donc avoir des conséquences néfastes, irréversibles et variées. Décret concernant la Liste des espèces en péril (renvoi au COSEPAC)

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2011-2012 (2012)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (1er septembre 2011 au 30 septembre 2012), le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 21 au 25 novembre 2011, et la deuxième, du 29 avril au 4 mai 2012. Le 3 février 2012, un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC a également évalué la situation de la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus), de la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus) et de la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis). Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 67 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2011-2012 sont les suivants : Disparues : 1 Disparues du pays : 4 En voie de disparition : 29 Menacées : 10 Préoccupantes : 15 Données insuffisantes : 2 Non en péril : 6 Total : 67 Sur les 67 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 49 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente (voir le tableau 1a).

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres - Décembre 2012 (2013)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la Loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 4 mars 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières; et le 4 octobre 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées. Processus de consultation.

Renseignements connexes

  • Plan d'inscription 2016 à 2018 d’Environnement et Changement climatique Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (2017)

    Le statut des espèces sauvages est évalué par un groupe d'experts indépendants, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 149 espèces terrestres ont été évaluées comme étant en péril par le COSEPAC entre 2009 et 2016 et sont admissibles à être considérées par le gouverneur en conseil sur la recommandation de la Ministre de l'Environnement pour l'inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP): 86 espèces seraient de nouveaux ajouts, 54 espèces inscrites au registre seraient reclassifiées et l’inscription de 9 espèces serait mise à jour pour refléter les changements dans leurs unités désignables reconnues. Un plan d'inscription de trois ans a été élaboré pour les 149 espèces terrestres et les décisions d'inscription pour la majorité des espèces sont prévues d'ici la fin de 2018. Faire des modifications à l'annexe 1 de la LEP est un processus en deux étapes. La première étape consiste à ce que le gouverneur en conseil propose un amendement par décret publié dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une période de commentaires publics de 30 jours. La deuxième étape consiste à ce que le gouverneur en conseil prenne la décision finale de modifier ou non l'annexe 1 de la LEP en tenant compte des commentaires reçus pendant la période de commentaires publics de 30 jours. Les modifications sont apportées par décret publié dans la Partie II de la Gazette du Canada. Les deux décrets sont accompagnés d'un résumé de l'étude d'impact de la réglementation (REIR) qui présente les répercussions de l'inscription de l'espèce ou de la modification de son statut. La publication de ce plan dans le Registre public des espèces en péril vise à assurer la transparence au sujet du plan du gouvernement du Canada de prendre des décisions d'inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril. NOTE: Les renseignements présentés ci-dessous visent à assurer l'ouverture et la transparence en ce qui concerne le moment où les espèces terrestres pourraient être considérées pour ajout ou reclassification à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Il est destiné à aider tous ceux qui souhaiteront peut-être formuler des commentaires sur ces considérations. Comme de nombreux facteurs pourraient affecter la date de prise d’une décision d’inscription, le plan est sujet à changement. En conséquence, il sera mis à jour périodiquement.